Salaire Moyen des Joueurs de Hockey sur Glace à Amiens: Analyse et Perspectives

Cet article examine de près la situation financière des joueurs de hockey sur glace à Amiens, en explorant les défis auxquels le club est confronté et les perspectives d'avenir selon l'entraîneur Mario Richer.

La Situation Financière des Gothiques d'Amiens

Près de deux semaines après l’élimination en quarts de finale des play-offs face à Grenoble, Mario Richer a accordé un long entretien. Pendant plus d’une heure, l’entraineur des Gothiques s’est confié sur la saison qui vient de se terminer. Il aborde aussi, sans complexe, la situation d’Amiens face à la concurrence en Ligue Magnus qui risque d’être de plus en plus puissante dans les années à venir.

L’aspect financier semble montrer les limites du projet des Gothiques d’Amiens. Il y a les trois grosses équipes avec Rouen, Grenoble et Angers avec qui tu ne peux pas rivaliser. Maintenant tu as Bordeaux qui a réussi à trouver de l’argent, déjà cette année ils nous avaient dépassés au niveau du budget, ils ont aussi été chercher des joueurs que l’on voulait. Et puis il y a Marseille, ils sont arrivés en Magnus avec un petit budget, l’an prochain ils vont budgéter avec 5 000 personnes dans les gradins, les sponsors vont arriver et leur budget va exploser.

Cela veut dire que les cinq premières places sont déjà prises, nous il faut que l’on se batte avec Cergy-Pontoise, Chamonix, Nice et Anglet. On va être dans ces équipes classées de six à dix ou de six à douze, où on ne veut pas aller. On en est là, donc si on ne progresse pas sur certains points, on ne va pas évoluer ou on va descendre. L’environnement à Amiens n’est pas facile au niveau de l’économie. Des fois, les gens ne comprennent pas pourquoi on ne met pas plus d’argent dans l’équipe, les frais d’existence de l’équipe augmentent.

Le Rôle du Centre de Formation

Oui c’est dangereux. Moi je vois ça difficilement surtout qu’actuellement, au niveau du centre de formation, on n’arrive pas à développer les joueurs pour stabiliser l’équipe. Quand je suis parti on m’a dit qu’on allait développer le centre de formation de manière incroyable, je ne l’ai pas encore vu. C’était le chantier annoncé, d’avoir une D2 et développer des joueurs mais pour l’instant le chantier est encore en construction.

C’est bien beau d’avoir un plan quinquennal, sur huit ou dix ans mais à un moment donné il faut développer les joueurs. Aller chercher des joueurs à l’extérieur, ça coute beaucoup. Lorsqu’on a eu du succès c’est parce qu’on avait pu garder nos bons joueurs avec des gros salaires parce qu’on n’avait pas à payer les joueurs du quatrième trio qui étaient des U20. Pour l’instant on n’est pas capable de faire ça, et tant qu’on ne sera pas capable, on ne pourra pas garder de gros noms dans l’équipe. Notre progression n’est pas optimale en tant qu’organisation.

Les Salaires et le Recrutement

La filière universitaire est une filière avec des joueurs qui coûtent moins cher au départ, que des joueurs qui jouent sur la côte Est. On est capable de piocher là-dedans. Gap a été le premier club à le faire, ensuite quand je suis arrivé ici et que j’ai vu qu’ils prenaient des joueurs là-bas, j’en ai pris aussi, et ça rentrait dans notre budget. Mais depuis, les universitaires sont pris de partout en France, il y a dix ans il y en avait peu, maintenant il y en a partout, même en Angleterre, donc on n’est plus les seuls, il y a beaucoup de concurrence.

Des fois un joueur t’échappe pour 2 000 euros sur l’année parce qu’on n’est pas capable de s’aligner. Amiens devient un club tremplin, un premier club en Europe, mais aussi pour les jeunes français comme Simonsen qui va partir.

Pour cette saison par exemple, sur l’ensemble des contacts que j’ai eu pendant l’été et les joueurs qui sont prêt à venir à Amiens il y a une vraie différence. L’une des principales raisons c’est le salaire, en moyenne c’est 1600 € / mois, ici. Dans d’autres équipes comme Angers, Rouen ou Grenoble qui elles offrent des montants bien supérieurs 4, 5 ou 6 000 €. Ce n’est pas simple de faire venir des joueurs ici en essayant juste de leur vendre la cathédrale.

On a une masse salariale qui est comme une tarte, tu dépenses tant pour tel joueur, tel joueur etc., mais il y a des montants que l’on ne peut pas mettre. Mais le problème vient encore d’en bas, on pourrait avoir des jeunes joueurs qui ne nous coûtent rien mais on n’a pas de joueurs qui peuvent jouer à temps plein dans notre équipe, on n’est pas capable de le faire. Il faut qu’on équilibre notre budget pour avoir des joueurs équilibrés au niveau salarial pour survivre. Ce sera aussi la loi de l’offre et de la demande, est-ce que les joueurs veulent rester, est-ce qu’ils vont avoir des offres où est-ce qu’on les gardera, il faut prendre tout cela en compte.

En ce qui concerne le salaire, les meilleurs clubs de Ligue Magnus peuvent offrir 50 000 à 60 000 euros annuels à un très bon joueur canadien. À un très bon joueur français également, précise Reboh. Mais le Canadien sera meilleur, et le joueur français, rare.

Comme le water-polo, le hockey est de ceux-là. Avec plus dix kilos d’équipements sur eux, ses acteurs sont habitués à répéter des efforts d’une minute à vitesse max sans perdre en agilité. Cette année, les douze équipes de Ligue Magnus ont même déjà enchaîné 44 matchs en saison régulière.

Le salaire moyen, lui tourne autour de 1.800 euros, 2.500 maximum.

Les Joueurs Canadiens en Ligue Magnus

Le pays du hockey sur glace représente le contingent étranger le plus important de Ligue Magnus (56 joueurs, soit 17,7 % des effectifs, selon le site Elite Prospects, devant les Finlandais, 19). Grenoble et Angers en comptent respectivement huit et dix. La qualité de la formation au Canada et la langue commune, surtout pour les Québécois, expliquent leur nombre.

Mais les joueurs du pays à la feuille d’érable représentent aussi un très bon rapport qualité-prix. Un bon joueur suédois ou finlandais sera convoité chez lui, compare Jacques Reboh, le président de Grenoble. Les clubs chercheront à le conserver.

La France n’est pas leur choix numéro un. Les Canadiens visent les grandes ligues, comme la Suède ou la Suisse. Questions de niveau et de rémunération. Mais la France peut aussi intéresser. Comme rampe de lancement ou pour « un joueur qui a la trentaine, des enfants, qui veut encore faire un petit bout de chemin et qui sait qu’on vit très bien en France, peut se dire : pourquoi pas trois-quatre saisons là-bas ? », explique Jean-François Dufour, le manager général de Grenoble, Canadien installé dans l’Hexagone depuis bientôt vingt ans.

La Ligue Magnus intéresse davantage les Québécois (55 % des Canadiens qui y jouent), poursuit Dufour. Il y a beaucoup de médias qui en ont parlé là-bas. Des joueurs et des entraîneurs ont eu du succès en France.

Le recrutement se fait par les réseaux d’anciens joueurs, les agents et les plateformes vidéo. La concurrence est surtout entre équipes françaises. Un joueur qui a le potentiel pour la Suisse sera directement proposé là-bas. Un club de Ligue Magnus peut compter autant de joueurs étrangers qu’il souhaite. Mais il ne pourra en cocher que dix sur la feuille de match. La seule obligation concerne les joueurs formés en France (dix dans chaque équipe).

Très peu ont le mal du pays. Certains ne s’adaptent pas aux patinoires européennes, plus grandes qu’en Amérique du Nord. En fin de saison, Grenoble n’a pas de problème pour garder ceux qui sont venus chercher une stabilité. Il sera toujours temps de rentrer au pays plus tard. Et de raconter au coin du feu avoir joué chez les cousins français.

Après un beau cursus sportif dans les plus grandes universités nord-américaines, de bons joueurs du Canada ou des Etats-Unis viennent, un an ou deux, vivre l’aventure européenne dans un contexte plus cool. A Strasbourg, ils sont huit. Dont Carson Cooper, débarqué à 24 ans de la reconnue Yale University du Connecticut.

Résumé match hockey Gap / Bordeaux Ligue Magnus

Les Défis et les Objectifs des Gothiques

Globalement, c’est une saison où on aurait aimé faire plus. Sauf qu’il y a des choses qu’on ne contrôle pas, c’est pour cela que je dis toujours qu’on va regarder le classement à la fin de la saison. Comme l’an passé, le dernier match de la phase régulière a été très important, on avait accroché les play-offs au dernier match. Cette année, le match qu’on a joué à Marseille, on s’est buté au meilleur gardien de la ligue et on avait beaucoup de blessés. Si on allait chercher le nul, on finissait cinquième, ce point-là aurait pu faire une grande différence dans les play-offs parce qu’on aurait joué contre Bordeaux.

Non je n’ai pas de regret, ce n’est pas un mot que j’utilise, sinon tu peux en avoir toute ta vie (rires). Il y a des matchs qu’on a gagnés et on n’aurait pas dû, et des matchs qu’on a perdus alors qu’on aurait dû gagner donc ça s’équilibre. À la fin de la saison, c’est facile de pointer tel ou tel match. Tu as 44 chances d’aller chercher des points. Il y a des matchs où tu tentes quelque chose et ça ne fonctionne pas, sur un autre ça fonctionne.

Tableau Récapitulatif des Salaires et Budgets

Club Budget Estimé Salaire Moyen des Joueurs
Rouen Élevé Supérieur
Grenoble Élevé Supérieur
Angers Élevé Supérieur
Bordeaux En augmentation En augmentation
Amiens Restreint 1600 € / mois (Moyenne)

Quand je suis revenu, on avait neuf joueurs importés. Souvent plus tu attends, plus les salaires descendent, ou alors les joueurs qui n’ont pas de club, leurs salaires vont descendre. Mais cela veut dire qu’entre les deux, il y a trois mois durant lesquels le joueur peut partir. Il nous manquait un spot de joueur de centre qu’on n’avait pas comblé et ensuite il y a eu la perte de Joey West. Donc on s’est retrouvé avec deux joueurs de centre en moins début septembre, c’est une chose qui nous a fait très mal. Je ne veux pas répéter l’expérience et je veux m’assurer d’avoir mes quatre joueurs de centre dès que la saison commence.

Parce que le hockey a changé, il est plus axé sur le jeu. Quand tu regardes en France, il y a moins de contacts, les arbitres laissent moins place aux joueurs robustes. On a essayé d’aller chercher des joueurs avec des facilités pour compter des buts, ce qui signifie que défensivement ils sont parfois moins bons. L’année passée, la sélection des joueurs avait été faite sur des joueurs plus intenses et physiques. On a essayé de faire différemment cette année. Est-ce que ça a eu l’effet voulu ? C’est facile de dire à la fin si ça a fonctionné ou si ça n’a pas fonctionné.

On va discuter avec des joueurs, on va essayer de les attirer ici. On va encore vendre la cathédrale et les 30 jours de soleil par an à Amiens, on est à une heure de Paris. Il y a aussi beaucoup d’équipes qui discutent avec nos joueurs, certains seront difficiles à garder.

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