L'Histoire du Hockey à Saint-Pétersbourg: De ses Racines à Aujourd'hui

Deux sports sont incontournables en Russie : le football et le hockey sur glace. Alors que le football russe dégringole petit à petit, le hockey a encore de beaux jours devant eux. Que ce soit avec la KHL, Kontinentalnaïa Hokkeïnaïa Liga ou Ligue continentale de Hockey, soit le championnat pour les équipes eurasiennes, ou avec la sélection nationale de hockey. Il n’est ainsi pas rare de trouver sur internet des sondages pour déterminer lequel de ces deux sports est le plus populaire du pays.

Le hockey sur glace est un sport majeur en Russie, et Saint-Pétersbourg a une place importante dans son histoire. Bien que le football reste populaire, le hockey sur glace suscite une passion particulière dans certaines villes russes, et Saint-Pétersbourg ne fait pas exception.

L'occasion d'y apporter un bref retour, afin d'y poser les bases.

Le Lien Historique entre Football et Hockey

Au cours de l’histoire sportive soviétique, le hockey et le football furent liés. Les équipes étaient régies par des Sociétés Sportives intégrant de nombreux sports. De ces joueurs, nombreuses sont les légendes soviétiques.

Ainsi, on peut également citer Valentin Granatkin, l’esprit soviétique oublié, lui, le premier vice-président de la FIFA, longtemps président de la fédération de football de l’Union soviétique et gardien de but lors de sa carrière de joueur, étant, dans l’histoire, le seul gardien à jouer pour la sélection nationale d’URSS à la fois avec l’équipe de football et celle de hockey.

Joueur de football légendaire, Lev Yashin s’est également retrouvé sur les patinoires soviétiques entre 1950 et 1953 où le jeune homme ne se débrouillait pas si mal que ça. S’il était candidat à la sélection nationale avec le hockey également, le joueur a finalement préféré se concentrer sur le football avant le Championnat du monde de hockey de 1954. Un choix judicieux, qui place, encore aujourd’hui, Yashin comme l’un des plus grands gardiens de l’histoire du ballon rond.

La première, Vsevolod Babrov. Premier capitaine de l’équipe soviétique de hockey, il score pas moins de 254 buts en 130 matchs de championnat d’URSS. Avant de se tourner vers le hockey sur glace, sport où il devient quatre fois champion olympique et multiple fois champion du monde, Tchernyshiov joue au football sous les couleurs du Dinamo avec lequel il remporte deux championnats d’URSS.

Cet aparté historique met en évidence les liens sportifs très forts qui existent entre ces deux sports. De nos jours, le professionnalisme sportif fait qu’on ne retrouve plus ce caractère de polyvalence, les Sociétés Sportives n’existent plus réellement et les clubs de hockey et de football sont assez distincts. Au point que, dans certaines villes, l’un ait pris le dessus sur l’autre.

Il faut dire, aussi, que le climat russe favorise ce type de comportement, et que, s’il n’est plus d’actualité aux hauts niveaux, les enfants russes, eux, n’hésitent pas à faire perdurer cette tradition.

En Russie, certaines villes sont plus connues pour leur club de hockey que pour leur club de football.

Les performances ont sûrement une influence sur le choix sportif. Différentes recherches ont montré que les résultats de l’équipe nationale influençaient le nombre d’abonnés la saison suivante.

Ce constat se retrouve aussi au niveau local. Lorsque le Metallurg Magnitogorsk remporte deux fois la Coupe Gagarine en trois ans (2014, 2016), il est évidemment logique que les locaux se passionnent pour le hockey plutôt que pour le FC Magnitogorsk qui évolue en quatrième division du football russe.

Table: Villes Russes et Clubs de Hockey/Football

Ville Population (approx.) Club de Football (Division) Club de Hockey (Niveau)
Moscou 13 millions Plusieurs clubs en élite CSKA Moscou (KHL)
Saint-Pétersbourg 5.5 millions Zenit Saint-Pétersbourg (élite) SKA Saint-Pétersbourg (KHL)
Novossibirsk 1.5 million Division inférieure Sibir Novossibirsk (KHL)
Chelyabinsk 1.2 million Division inférieure Traktor Chelyabinsk (KHL)
Nizhni Novgorod 1.2 million Division inférieure Torpedo Nijni Novgorod (KHL)

Le SKA Saint-Pétersbourg : Un Club Historique

Le club de Saint-Pétersbourg, connu sous le nom de SKA (Sportivnij Klub Armii), a été créé en 1946. La ville elle-même a une histoire riche, ayant changé plusieurs fois de nom (Petrograd, Leningrad) avant de reprendre son nom actuel à la fin du régime communiste.

Saint-Pétersbourg, située au nord-ouest de Moscou, est la deuxième ville du pays en nombre d’habitants et fut autrefois la capitale de l’Empire Russe, où les Tsars résidaient dans le Palais d’hiver.

Malgré sa longue histoire et ses nombreuses participations aux championnats élite, le SKA n’a jamais remporté de titre avant les années 2010. Le club évolue au Ledovyj Dvorets.

En Russie, on écoute toujours avec attention ce que dit Gennady Timchenko. L'homme, président du SKA Saint-Pétersbourg et milliardaire, a du pouvoir dans les patinoires du pays.

En Russie plus qu'ailleurs, le hockey est une question de palais.

Si elle peut se trouver (peut-être) des sparring-partners dans d’autres sports plus répandus, cela semble difficile en hockey sur glace.

Logo du SKA Saint-Pétersbourg

Ambitions de Grandeur

Si la KHL a dû modérer ses ambitions et ne prétend plus rivaliser sportivement avec la NHL, elle peut cependant déplacer le point de comparaison. L’obsession du toujours plus grand n’existe pas qu’en Amérique.

Alors que son club a été étonnamment discret pendant l’été en matière de transferts de choc, le président du SKA Saint-Pétersbourg Gennadi Timchenko a quand même fait parler de lui par une grande annonce.

Where Does SKA Saint Petersburg Play Their Home Games? - Hockey Fan Network

Il avait jusqu’ici été uniquement question d’une reconstruction de la patinoire actuelle, qui date de 1991. Il projette maintenant rien moins que la plus grande aréna du monde : 22 400 places, soit plus que le Centre Bell de Montréal (21 288).

L’idée est qu’elle soit prête pour le championnat du monde 2023, dont l’attribution à la Russie ne serait qu’une formalité avec un tel atout. Timchenko a évalué ce projet à 20 milliards de roubles (260 millions d’euros), plus qu’un stade de la récente coupe de monde de football - et Timchenko sait de quoi il parle en la matière puisque sa compagnie Stroytransgaz a construit ceux de Volgograd et Nijni Novgorod.

Certes le SKA a fait du bon travail pour populariser le hockey à Saint-Pétersbourg, mais il y a une marge avec l’adoration quasi-religieuse pour ce sport à Montréal. La salle ne se remplirait que pour les grandes occasions, alors que le Centre Bell est tout le temps plein.

La Saison et les Joueurs Clés

Quid, en attendant ce grand projet, de la saison qui commence ? Le SKA n’a pas recruté de nom de résonance équivalente. Sa recrue la plus célèbre est Naïl Yakupov, ancien n°1 de draft NHL qui y a toujours déçu, pas par manque d’envie mais par manque de résultats : s’il a appris à travailler défensivement en devenant un simple joueur de troisième ou quatrième ligne ces dernières années, il n’a plus guère exprimé son potentiel offensif avec un faible temps de jeu.

Ce joueur qui fonctionne à la confiance est « chouchouté » à Saint-Pétersbourg : il a tout de suite été placé dans des conditions idéales à l’aile droite de la première ligne avec Nikita Gusev et Pavel Datsyuk, deux joueurs subtils qui peuvent libérer par leur intelligence de jeu les espaces dans lesquels il peut s’engouffrer avec sa vitesse.

En finissant par convaincre le CSKA de l’échanger contre le plus polyvalent et défensif Sergei Kalinin, le SKA a offert à ce talent offensif ce que les Moscovites ne pouvaient pas lui offrir : une place en deuxième ligne aux côtés de Nikolaï Prokhorkin et de la révélation de la dernière saison en équipe de Russie, Aleksandr Barabanov. Saint-Pétersbourg semble avoir gagné dans cet échange, surtout à moyen terme.

S’il y a une faiblesse par rapport à ce grand rival, c’est qu’il semble y avoir moins de solutions et de polyvalence au centre : après la non-reconduction de Shipachyov, l’équipe de Saint-Pétersbourg est plus que jamais dépendante de la bonne santé du désormais quarantenaire Pavel Datsyuk. Mais aux ailes, en défense et même dans les cages (c’est maintenant Magnus Hellberg qui a remplacé Koskinen comme partenaire gênant du jeune gardien russe Igor Shestyorkin), la profondeur de banc reste forte.

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