Le club de rugby de Saint-Médard-en-Jalles (SMRC) est un des plus grands et des plus anciens de Gironde, fort de 115 ans d'histoire et comptant 450 licenciés.

La ville de Saint-Médard-en-Jalles s'est portée candidate pour devenir camp de base lors du mondial de rugby 2023. Une occasion de rénover les installations et de booster la pratique du rugby. Pour l'occasion, la municipalité a décidé de débloquer une enveloppe de 2,5 millions d'euros pour rénover les vestiaires, les tribunes et un nouveau bâtiment avec un lieu réceptif et de travail.
"Cela va renforcer le club et nous pourrons accueillir de nouveaux partenaires et de nouveaux licenciés. On espère dépasser les 500 licenciés d'ici 2023 et devenir un des plus grands clubs de la Gironde", explique Jean Luc Castaing, Co président du club. Le club porte aussi l'ambition de créer une équipe féminine. Fin décembre, sur les 80 candidatures françaises, 60 seront sélectionnées par la fédération de rugby.
Le club de rugby de Saint-Médard-en-Jalles se lance dans un crowdfunding, ou souscription populaire. Le but est de récolter de l'argent pour pouvoir évoluer en Férérale 1 dès la saison prochaine. Le club a besoin de consolider son budget, car la saison prochaine, il va jouer en Fédérale 1, alors que les dirigeants envisageaient la montée pour la saison 2016-2017. Mais la Fédération Française de Rugby a invité le club à franchir le pas plus tôt que prévu.
"C'est une véritable mobilisation générale de Saint-Médart !"
Avec l'aide de la mairie de Saint-Médard-en-Jalles, les dirigeants ont donc décidé de se lancer dans un crowfunding sur internet, sur le site sponsorise.me, une plateforme de participations financières sur Internet.
"Nous avons lancé l'opération sur une base de 20 000 euros, avec différents paliers, pour tous les niveaux, des supporters aux partenaires, tous ceux qui ont envie d'encourager cette formidable opération. Avec un niveau qui commence à 15 euros et qui finit à 1.000 euros , nous avons donc cinq niveaux d'aide".
"Nous devons atteindre ces 20 000 euros pour les avoir, sinon ils sont reversés. Si le 7 septembre nous ne les avons pas, ils sont reversés aux donateurs. Donc il faut à tous prix que nous obtenions ce budget".
Le 4 mai dernier, après un nul synonyme d’élimination (15-15 ; 3-16 à l’aller) face à l’Isle-Jourdain en 16es de Fédérale 2, il était difficile d’imaginer la suite. Penser que Nîmes, promu, se verrait refuser l’accession par la DNACG ; que Villeurbanne, premier repêchable, déclinerait le remplacement et que, début juillet, Saint--Médard se retrouverait propulsé en Fédérale 1.
Il était difficile de se douter que Lille, en route vers une montée historique en Pro D2, était en fait aux débuts d’une descente aux enfers financière et que les Poudriers recevraient Langon le 24 avril 2016, quatrième place et billet en 8es de finale en jeu. Le SMRC a su profiter des circonstances. Mais son improbable aventure, il la doit aussi à lui-même.
« L’objectif n’était pas de monter la saison dernière, mais à la fin de celle-ci. Aujourd’hui, on se dit qu’on a bien fait d’accepter » dit Pierre Poitevin, devenu seul président après le retrait en février de son binôme - resté proche - Stéphane Brochard, las après 13 ans au poste.
Benjamin Andreu, co-entraîneur avec Patrick Vergé, se souvient du jour où le club, relégué à la fin de 2012-2013, a décidé de dire oui : « On ne va pas dire qu’on était serein, dit l’ex demi de mêlée. Il y avait beaucoup d’incertitudes et de craintes sur notre capacité à bien figurer. On savait qu’on avait des bases dans certains secteurs de jeu et qu’avec cinq-six joueurs en plus, on pouvait tenir la route. Mais vu la date, on n’était pas sûr de les trouver. »
Recrutement et Maintien en Fédérale 1
Un recrutement « dans l’urgence », mais un mal pour un bien. « On est parti sur des joueurs méconnus et on a eu de la réussite : ils ont donné de la confiance au groupe, poursuit Benjamin Andreu. Et le fait d’avoir garder la même ossature a permis d’avoir du lien et d’être efficace dès le début de saison. On a repris tardivement, mais avec des joueurs reposés. On avait fixé le premier match contre Vannes, où on n’avait rien à perdre, pour s’étalonner. On a pris un bonus défensif (18-24) et ça nous a mis en confiance. »
Au final, le SMRC, côté amateur d’une F1 à la part croissante de pros, n’a jamais vraiment trembler dans la quête de son but initial : le maintien. « À partir de la mi-saison, on a commencé à penser à la qualification » reconnaît Benjamin Andreu. « La victoire à Lille (17-18, le 31 octobre) a été un déclencheur. Il y a eu une fusion staff - joueur et l’expérience de nos deux coachs a été déterminante » souligne Pierre Poitevin, qui « garde les pieds sur terre ».
« C’est la première saison en Fédérale 1. Le plus compliqué sera d’enchaîner. Accepter la montée représentait un surcoût de « 100 à 150 000 euros », que les dirigeants ont essayé de trouver « un peu partout » : subventions, partenaires, financement coopératif.
« Dimanche (demain, NDLR), on va lancer officiellement notre club partenaires. On va faire rentrer des professionnels à des postes clé. L’objectif est de tendre à moyen terme vers le million d’euros pour ne plus faire l’ascenseur et asseoir le club à ce niveau », cimetière financier pour des associations trop fragiles et/ou pressées. « On a besoin de rigueur, au niveau structurel et sportif. »
Sur le terrain, la continuité sera de mise sous la houlette du do Vergé-Andreu. « La priorité sera de remplacer judicieusement les trois ou quatre départs/arrêts pour faire une aussi bonne saison » dit le second.
Avant, il y a le derby et un éventuel 8es de finale. « On serait heureux d’y être et si c’est le cas, on veut y disputer nos chances à fond, poursuit le coach. On est des compétiteurs et on ne sait jamais si ça se représentera un jour.
L'Ère Titou Lamaison
Ami d’Olivier Roumat, l’ex-international, Stéphane Brochard a réussi un joli tour de force en janvier dernier. Ancien joueur du club, ce promoteur immobilier a fait signer Titou Lamaison, courtisé par de nombreux clubs.
« On a tous une envie commune : se faire plaisir. Et pour assouvir le plaisir, il y a des ambitions », rappelle l’ancien ouvreur de l’équipe de France, utilisé le plus souvent au centre ou à la mêlée. « Titou, c’est une énorme publicité, il nous a ramené quelques supporteurs en plus. Faire signer un joueur de cette trempe en troisième division, ça n’arrive pas souvent », lâche Denis Lartigue.
A 34 ans, le meilleur marqueur de points en équipe de France (380 réalisations en 37 sélections) espère simplement « qu’il y aura une belle fête dimanche à Saint-Médard ».
Le SMRC a connu une progression fulgurante, passant d'une élimination en 16e de finale de Fédérale 2 à une qualification en Fédérale 1 en peu de temps.