Histoire du Rugby à Saint-Martin-de-Seignanx : De 1936 aux Quarts de Finale

L'histoire du rugby à Saint-Martin-de-Seignanx est une saga riche en passion, en dévouement et en succès. Depuis sa fondation en 1936, l'Association Sportive de Saint-Martin (ASSM rugby) a su graver son nom dans le paysage rugbystique local et national.

Avez-vous déjà vu un cœur de forme ovale ? C’est dans le rugby que cet organe vital prend la forme d’un ballon, élégamment habillé de cuir.

Pour célébrer l’anniversaire des 40 ans du club, Philippe Courtiade, le président, et Patrick Bordus, le créateur graphique, ont voulu « un livre mémoire, mais pas ennuyeux. Un récit autour du patrimoine associatif vivant, mais aussi un clin d’œil à la commune. Un ouvrage en forme de remerciement à tous les acteurs de cette aventure qui auront amené l’ASSM rugby à devenir trois fois champion de France. »

Les Débuts et les Premiers Titres

Dans les premières années, le Seignanx est terre d’hommes généreux, comme cet entrepreneur qui en 1944 transportait les joueurs grâce à son camion plateau, ou le boucher qui nourrissait les gaillards affamés de côtelettes. Puis en 1944, un pharmacien venu de Bigorre, M MARTY s’installe à Saint Martin et prend en mains les destinées du club.

Saint Martin a un autre argument de poids car, outre M. Debout : CLAVERES, EVERITT, MONDORGE, LABADIE, LANUSSE, HYPOLITE Roger, HYPOLITE Robert, PECASTAING, OTHEGUY Ernest, DUET. Accroupis : HAURE, BAUCHIRE André, PETRIACQ, CASTAGNET, OTHEGUY Paul.

Ainsi renforcée, l’équipe enregistre son premier titre de champion de Côte Basque en 1947, contre POUILLON à PEYREHORADE sur un score à l’ancienne de 3 à 0. Debout : Jean DEITIEUX, Joseph GRACIET, Maurice LASSALLE, Robert HYPOLITE, André DUCASSOU, Jean COMEX, Jean-Pierre OTHEGUY, André BARRAGUE.

Excellent troisième ligne, Daniel LABADIE regagna ensuite les Landes, en signant à L’USD avec laquelle il disputa la finale de 1956 contre le LOURDES des frères PRAT, RANCOULE, BARTHE…à TOULOUSE. Ses coéquipiers de l’époque étaient les frères ALBALADEJO, LASAOSA (capitaine), BERILHE, BACHELE… Il jouait en troisième ligne avec Gaston DUBOIS et DARRACQ.

La Renaissance du Club en 1977

En 1977, le rugby renaît à Saint Martin sous l'impulsion d'une poignée de passionnés désireux de rebâtir un club dans le village. Le choix des nouvelles couleurs se porte alors sur le rouge (couleur d'origine) et le vert afin de se différencier des trops nombreux voisins ayant opté pour le rouge et le blanc. Voilà comment, l'ASSM devient, avec St Julien en Born, le seul club landais du comité à arborer de magnifiques couleurs très ... basques.

Sous la houlette de Robert HYPOLITE, premier président et initiateur du projet, le bureau est alors composé de J. MURILLO, J.P FORTABAT, J.L COURTIADE, A. ARTECHE, J.C DUBARRY (dèjà), DARRIEUMERLOU, DIRIS, J. BREZEDEC, H. BAULT, HEGUY et J.L GUILHEMOTONIA. Les premiers entraîneurs sont GAMOY et M. GRACIA.

Les Années 1990 : L'Âge d'Or

Ce ne sera donc pas la première fois que ce club landais, se trouvant à quelques kilomètres de Bayonne, sur les bords de l'Adour, participera à une finale d'un championnat de France. En 1990 (4e série), 1992 (3e série), le bouclier avait rejoint ce village de 5 000 âmes. «Nous avions même échoué sur le fil en 1993, lors de la finale du championnat de France de seconde série», se souvient le président Philippe Courtiade, à la tête de ce club depuis 12 ans.

Le terrain est le lieu où se renouvelle la confiance, celle en soi-même et plus encore celle dans les autres, quand il s’agit de transmettre le ballon. Ce jeu partagé révélait également toute sa saveur à partir des années 1980, lors de construction chaotique des premières tribunes, où le matériel était parfois grappillé astucieusement en petits groupes chez certains fournisseurs, pas dupes pour autant.

Ainsi se trouve illustrée « la volontat de avançar », la devise du club : cette dernière convient à merveille au caractère des Gascons, prompts à échanger invectives et horions sur le terrain et tout aussi rapides à se réconcilier durant la mythique troisième mi-temps.

Le rugby demeurera à jamais ce sport aux valeurs intergénérationnelles, comme en témoignent les clichés illustratifs où l’on reconnaît, avec amusement, les traits physiques propres à certaines familles, qui ont nourri l’ASSM rugby en joueurs durant plusieurs années.

Rugby : Saint Martin de Seignanx / Monfort, 27 Janvier 2016

Saison Régionale 2 Nouvelle-Aquitaine

Début des tant attendues phases finales avec, en Régionale 2 Nouvelle-Aquitaine, ce dimanche 6 avril, le début des 8èmes. Dans son stade Goni où elle est invaincue cette saison, l’AS Saint-Martin-de-Seignanx, première de la poule 5 et promue en Régionale 1, recevait l’US Nafarroa (3), surprenant deuxième de la poule 6. Un match couperet dans les Landes qui a tenu toutes ses promesses…

Le Match ASSM vs US Nafarroa

Dès les premières minutes de jeu, les deux équipes montaient au plus haut le curseur intensité. Les impacts étaient rudes et les corps vite meurtris. Le capitaine basque, Idiart, était contraint de céder sa place sur blessure dès la 2ᵉ minute, tandis que, côté landais, le flanker Narbey devait sortir pour saignement (0-0, 8ᵉ). L’engagement physique fait vite des dégâts des deux côtés…

La rencontre s’emballait au quart d’heure de jeu, lorsque l’ASSM parvenait à toucher l’aile de Bekkaoui, qui plongeait dans l’en-but pour le premier essai de la partie, non transformé par le buteur local (5-0, 14ᵉ). Quelques instants plus tard, Nafarroa répliquait avec ses avants, en recollant immédiatement au score par l’intermédiaire de son talonneur Saparat (5-5, 19ᵉ). Les défenses prenaient ensuite le pas sur les attaques et aucune équipe ne parvenait à faire la différence dans ce match enlevé. Saint-Martin basculait tout de même devant juste avant la pause, grâce à une pénalité convertie par Marcassus (8-5, 40e).

En début de deuxième période, voyant le lactique monter plus vite que d’habitude, les deux staffs vidaient leur banc dans l’optique de faire la différence. Le trois-quarts centre de Nafarroa, Erguy, récompensait un Momentum des siens en remettant le tableau d’affichage à égalité sur pénalité (8-8, 53 e). Tout restait alors encore à faire…

Tandis que le bras de fer était équilibré, l’ASSM accélérait de nouveau, parvenant à faire basculer le destin de son côté. Caulonque finissait en terre promise et Dufourg ne manquait pas d’ajouter deux points supplémentaires (15-8, 57ᵉ), pour creuser le plus large écart de la partie.

Pas résignés pour autant, les Basques repartaient à l’assaut de la ligne adverse. Une séquence offensive payante, puisque Saint-Martin en ressortait avec un carton jaune (71ᵉ ) et l’USN avec trois points inscrits par son buteur Erguy (15-11, 72ᵉ ), histoire de relancer davantage le suspense…

Jusqu’au coup de sifflet final, la bataille faisait rage, mais les Saint-Martinois s’accrochaient à leur qualification. Le score n’évoluait plus : l’AS Saint-Martin-de-Seignanx l’emportait sur le score de 15 à 11, s’ouvrant la voie des quarts de finale, face au CO Couronnais, le 20 avril prochain, dans ce même stade Goni, où elle est donc toujours invaincue…

Réactions

Gehexan Saparart, talonneur de Nafarroa :« Match assez rude. On a essayé d’envoyer du jeu des deux côtés, je pense que ça devait être plaisant à regarder. Je leur souhaite d’aller le plus loin possible, pour que l’on puisse dire que l’on a perdu face aux champions. On est une équipe 3, un mélange de jeunes et de plus anciens, et on montait de régionale 3. Notre objectif au début de saison c’était le maintien, donc c’est déjà un beau parcours d’en être arrivés là, même si l’on est déçu de ne pas avoir le droit de participer aux France. L’histoire s’arrête pour nous aujourd’hui. »

Matthieu Combret, centre à St-Martin-de-Seignanx : « On s’attendait à un match bien différent que tout au long de la saison, face à une équipe accrocheuse, solide devant, qui allait nous pourrir un peu le jeu. On a su rester dans notre match jusqu’au bout, même s’il y a eu un petit accrochage à la fin. On a un super groupe cette année en B : des jeunes qui montent en senior, des leaders un peu plus âgés, on est complet, donc on peut ambitionner d’aller chercher un titre. C’est la victoire d’un groupe, une victoire solidaire. »

Darrieu Merlou, coach Saint-Martin-de-Seignanx :« Match très tendu contre le second de la poule basco-béarnaise, face à une équipe très joueuse qui nous a fait douter en nous mettant en difficulté. Malgré ça, on manque plusieurs occasions qui auraient pu nous mettre plus tôt à l’abri. L’opposition était vraiment différente de d’habitude, on a été constamment mis sous pression. On a senti nos joueurs commencer à douter, à râler, nous aussi, sur le banc, on a tremblé jusqu’à la fin. On sait de toute façon que les matchs faciles n’existeront plus cette saison. Heureusement, le résultat nous est favorable, on continue notre route. »

Fredo Perez, entraineur Nafarroa :« Match avec beaucoup de jeu, très intéressant à jouer avec deux équipes axées sur l’offensive. La formation de Saint-Martin s’est montrée moins approximative que nous, en faisant tomber moins de ballon. Ils ont su enchaîner les temps de jeu, contrairement à nous. Beaucoup de regrets et de frustrations, car c’est un super groupe qui vit bien. On misait tout sur cette compétition, donc déçu que ça s’arrête si tôt. C’est la fin d’un cycle, car avec Benat avec qui j’entraine depuis 4 ans, on ne reprend pas l’année prochaine. C’est dur de finir comme ça, sur un match qui aurait pu basculer chez nous.

Thomas Charabas : Arbitre de TOP 14 et Urgentiste

Thomas Charabas a deux casquettes : urgentiste à l'hôpital de Bayonne et arbitre de TOP 14. Deux métiers très différents qui regroupent pourtant ses deux passions. Rencontre avec un homme au service des patients... et des joueurs !

Thomas Charabas est né à Bayonne mais a passé son enfance entre Ondres et Saint-Martin-de-Seignanx juste à la frontière du 40 et du 64. Il a démarré le rugby assez tard à l'âge de 15 ans où il débute avec l'équipe de l'ASB (Association Sportive Bayonnaise Rugby). La pratique du rugby se poursuit aussi avec son lycée Cassin en UNSS (Union nationale du sport scolaire). On lui demande alors un peu par hasard d'arbitrer une confrontation entre deux autres lycées. Thomas a pris du plaisir mais n'a pas vraiment l'intention de s'engager dans cette voie. Lors de ce match il est tout de même repéré par un membre du Comité Côte Basque Landes qui lui propose de continuer l'arbitrage. Il accepte !

En parallèle de cette passion naissante pour l'arbitrage, Thomas Charabas poursuit ses études et s'engage dans de difficiles études de médecine. Après avoir redoublé la première année, Thomas s'engage pour 6 ans d'externat et choisit la médecine générale comme spécialité et obtient une place d'interne à Bayonne. Durant cette période, Mr. Charabas (comme l'appelle les joueurs et amateurs de rugby) grimpe les échelons sur les terrains. Il arbitre en Fédérale 3 à 21 ans, en Fédérale 1 à 23 ans et accède à l'élite, au TOP 14 à seulement 26 ans.

Ce passionné d'histoire, qui préfère regarder les matchs de rugby amateurs que les matchs professionnels, a donc la chance d'exercer dans deux domaines qui le passionnent. Thomas Charabas a-t-il de nouveaux objectifs ? Difficile d'allier l'arbitrage à l'international et son travail à l'hôpital de Bayonne. Il a donc un autre objectif (secret) en tête, arbitrer une finale de TOP 14 à une seule condition... Toujours prendre du plaisir sur les terrains !

Anecdotes et Traditions

Quand la saison s’achève, le plus dur commence souvent pour ce célèbre morceau de bois. « En troisième mi-temps, le bouclier a une durée de vie limitée, sourit Marcel Noblia, à la tête de l’US Cambo, fraîchement sacrée champion de 2e série. Je savais qu’il ne passerait pas minuit, alors à 21 h 30, je l’ai mis en sécurité. »

Au BUC (Bidart Union Club), le bouclier n’a pas vécu sa pire soirée. « Il nous a servi de djembé, glisse Jean-Louis Daramy. Faut dire qu’on est une équipe de musiciens… » Et de surfeurs. Ce qui facilite parfois les choses. « En 2008, lors du titre de champion de France de Promotion Honneur, il faisait office de skimboard », se rappelle Sébastien Dufau, capitaine à l’époque.

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