Le hockey sur glace occupe une place unique en République tchèque, un statut comparable à celui du football en France, mais avec une popularité décuplée. L'histoire de ce sport dans le pays est riche en moments mémorables, en victoires et en défaites qui ont marqué l'identité nationale.

Disposition d'un terrain de hockey sur glace
Un sport intimement lié à l'histoire du pays
Certaines victoires et défaites tchèques (et tchécoslovaques) sont passées à l'histoire. En 1947, la Tchécoslovaquie réunifiée remporta le premier championnat du monde de l'après-guerre. D'autant plus amères furent les quatre défaites consécutives en finale contre l'Union soviétique dans les années soixante, notamment en 1968, juste quelques semaines avant l'écrasement du Printemps de Prague. Imaginez alors le bonheur lorsqu'en 1976, en pleine «normalisation» communiste, une Tchécoslovaquie humiliée et outragée gagna 3 à 2 en finale contre l'équipe de l'Union soviétique.
Depuis, l'Union soviétique a disparu - et avec elle les rancunes du passé. Mais la passion d'une nation pour son sport préféré est restée. Un sport qui a tendance à toujours être politique: la victoire de 8 à 0 de l'équipe tchèque contre les anciens concitoyens slovaques a été accueillie avec beaucoup d'enthousiasme à Prague, où le journal Lidové Noviny parlait d'une «leçon de hockey fort amusante». Et avec de nombreux grincements de dents à Bratislava, où un membre du gouvernement s'est refusé «à commenter ce résultat désastreux».
Les Championnats du Monde: Une compétition prestigieuse
Du 24 avril au 10 mai, se tient en Suisse le championnat du monde de hockey sur glace. Les championnats du monde de hockey sur glace se déroulent dans des lieux différents. C'est Anvers, en Belgique, qui a accueilli le premier Championnat du monde. Le Championnat du monde de hockey sur glace a lieu chaque année.
L'IIHF décrit le format du tournoi actuel (2020) sur son site web. Dix équipes nationales participent aux Championnats du monde de hockey sur glace féminin. Ces dernières sont réparties en deux groupes de cinq équipes, chacune d'elles étant classée en fonction de sa performance. Après le tour préliminaire, les cinq équipes du groupe A ainsi que les trois équipes du groupe B ayant obtenu le plus grand nombre de points sont qualifiées pour les quarts de finale.
Après un match nul à la fin du temps réglementaire, une prolongation de 5 minutes maximum est jouée : si un but est marqué, le jeu est terminé (d'après le principe de « mort subite »). Si les équipes sont à égalité à l'issue de la prolongation, il y aura une séance de tirs au but. Dans de cadre de la série éliminatoire, donc à partir des quarts de finale, et en cas de match nul à l'issue du temps réglementaire, la prolongation ne sera que de 10 minutes maximum, et de 20 minutes en finale.
Les champions du monde de hockey sur glace
Une poignée de nations se disputent régulièrement la première place. Voici les huit champions du monde de hockey sur glace :
- Avec 27 médailles d'or, la Russie (anciennement URSS) domine le classement.
- La République tchèque (anciennement Tchécoslovaquie) a remporté 12 Championnats du monde.
- La Suède a remporté 11 titres de Champions du monde.
- Le Canada est une nation majeure du hockey sur glace.
- La Finlande a remporté 2 médailles d'or.
- Les États-Unis ont été deux fois champions du monde.
- La Slovaquie est devenue championne du monde en 2002.
- La Grande-Bretagne a remporté le titre de champion du monde en 1936.
La Tchéquie a en effet elle aussi cédé à la tentation du "naming". Cette technique que je réprouve consiste à apporter le nom d'une marque à une salle de sport et de spectacles. De l'extérieur, cette salle ne paie pas de mine. Elle n'a a priori rien à voir avec l'écrin qu'est la Sazka Arena. Malgré la couche de peinture récente, on sent que cette arène est d'un âge déjà assez avancé. Pourtant, cela ne l'empêche pas d'être équipée de matériel moderne.
À l'intérieur, les stands de restauration sont légion, et fort variés. Le supporter lambda aura toujours la possibilité de trouver son snack préféré. D'ailleurs, ici, il semble que ce soit la "klobasa", une espèce de saucisse servie sur un bout de carton et accompagnée d'une tartine et de moutarde peu forte. On imagine facilement qu'en plein milieu de l'hiver, ce genre de coupe-faim doit être très apprécié.
La T-mobile Arena est avant tout une salle de spectacles. Tout est donc fait pour que l'amateur de hockey en prenne plein la vue. Un écran géant diffuse les images du match en temps réel avec les ralentis, un gros paquet de publicités et quelques documents sur l'histoire du club. La sono tourne évidemment à plein régime, et son rythme endiablé est suivi par tout un groupe de pom-pom-girls sur un podium aux couleurs d'une grande marque de café. Le parrainage est d'ailleurs l'une des ressources économiques majeures du Sparta Prague : la glace est complètement recouverte de publicités.
Jaromir Jagr, Tomas Plekanec & Jiri Tlusty in "The Kladno Connection" - Teaser
Jaromír Jágr: Une légende du hockey mondial
Espérons que ces résultats vont s'améliorer - d'autant plus que son capitaine Jaromír Jágr ne déteste rien de plus que de perdre. Jaromír Jágr est une légende du hockey mondial, adulée sur tous les continents, et pourtant il a été ridiculisé dans sa propre ville de Kladno par les supporters du club qu’il préside, qui ont carrément fait un happening en se moquant ouvertement de son travail. Ingratitude envers celui sans qui le club ne serait sans doute plus rien ? Ou lucidité envers ses failles ou ambiguïtés ?
Véritable légende du hockey sur glace, Jaromir Jagr a entamé vendredi 17 octobre au soir une 38e saison chez les professionnels. Une apparition qui lui permet de lancer la 38e saison de sa carrière chez les professionnels, le tout à l’âge de 53 ans et 144 jours ! Le symbole de la longévité exceptionnelle de Jagr, qui avait lancé sa carrière à Kladno déjà, sa ville natale, en 1988.
La rivalité historique avec la Russie
D’un côté, deux pays neutres, de l’autre, une rivalité entre deux membres permanents du top 6 qui a fait la légende de ce sport au temps de la guerre froide. En janvier, une des plus récentes confrontations sur la glace entre les deux nations slaves a d’ailleurs dégénéré en bagarre collective, sanctionnée par sept expulsions. Elle mettait aux prises… les sélections féminines des moins de 18 ans.
Le numéro 68 de Jaromir Jagr Chez les seniors masculins, on n’en est pas venu récemment aux mains. Le chiffre ne doit rien au hasard : il fait directement référence au Printemps de Prague et à l’écrasement de l’insurrection populaire par les troupes du Pacte de Varsovie. Jagr l’a choisi en hommage à son grand-père, mort en prison cette année-là. Toujours actif à l’âge de 45 ans au sein des Florida Panthers, dans la Ligue nord-américaine (NHL), l’ailier droit a pris sa retraite internationale en 2015, à l’issue du championnat du monde organisé à Prague et à Ostrava. Il a toujours pris soin de préciser que ce 68 n’avait rien de russophobe, lui-même ayant fait un passage en 2008 au sein du club de l’Avangard Omsk, au sud-ouest de la Sibérie.
Sur le papier, la Russie, 2e au classement de la fédération internationale (les Tchèques sont sixièmes), est en position de favori, comme cela a pratiquement été toujours le cas depuis l’avènement, dans les années 1950, de la Bolchaïa Krasnaïa Machina, la grande machine rouge. Les deux pays comptent pourtant aujourd’hui le même nombre de licenciés, autour de 100 000, alors que la population russe est quinze fois supérieure à celle de la République tchèque.
Depuis la dislocation de l’empire soviétique et la partition de la Tchécoslovaquie, en 1991 et 1992, les Tchèques ont davantage brillé que leurs adversaires aux championnats du monde, avec six titres contre cinq. Le dernier en date, en 2010, avait une saveur particulière puisqu’il fut obtenu contre la Russie (2-1) à la Lanxess Arena de Cologne. Une revanche après la défaite (4-2) concédée en phase de poules aux Jeux olympiques de Vancouver, trois mois plus tôt.
L’attaquant Tomas Fleischmann avait alors tenté de motiver ses coéquipiers en invoquant l’histoire : « Ils ont occupé notre pays, nous leur appartenions et nous avons lutté pour jouir pleinement de notre indépendance. Il n’y a pas une équipe contre laquelle nous sommes plus motivés que les Russes. » Les Tchèques ne manquent jamais de rappeler que, contrairement aux Russes depuis la fin de l’URSS, ils ont remporté un titre olympique. C’était en 1998 à Nagano, une victoire 1-0 contre leurs meilleurs ennemis, grâce à un but inscrit par Petr Svoboda - dont le patronyme signifie « liberté ».
Aux Jeux, le dernier sacre des hockeyeurs russes remonte à 1992, à Albertville, avec cette « équipe unifiée » qui regroupait six anciennes républiques soviétiques. L’événement fut aussi marqué par l’ultime apparition, à l’édition hivernale, de la Tchécoslovaquie qui, pour le coup, devait ne jamais connaître la gloire olympique en hockey. La faute, évidemment, à l’URSS, qui phagocyta les titres, sept en neuf participations entre 1956 et 1988.
Les récents succès de la République tchèque
La République tchèque a réussi son pari : remporter le Championnat du monde qu'elle organisait à domicile, quatorze ans après son dernier titre. En finale, dimanche à Prague, la sélection tchèque a battu la Suisse (2-0). Les deux buts ont été inscrits lors de la troisième et dernière période : un superbe tir de David Pastrnak, la star des Boston Bruins, arrivé en cours de Mondial après l'élimination de son équipe dans les play-offs de NHL, et un but en cage vide dans les ultimes secondes de David Kampf (Toronto Maple Leafs).
L'O2 Arena de Prague était pleine à craquer, la fan-zone également et le centre-ville débordait de supporters. Depuis 1985 - à l'époque de la Tchécoslovaquie - les fans n'avaient plus eu l'occasion d'assister à un sacre à domicile de leur sélection. En quarts de finale, elle avait mis fin aux rêves de victoire des États-Unis (1-0) et, en demies, elle avait infligé une correction à la très belle équipe de Suède (7-3). Nation historique du hockey sur glace - du temps de la Tchécoslovaquie également - la République tchèque n'avait plus été sacrée depuis 2010, et n'avait plus disputé de finale mondiale depuis cette date. Sacrée pour la septième fois, dimanche, elle est revenue en pleine lumière.
Le hockey sur glace en République tchèque est bien plus qu'un simple sport, c'est une passion nationale qui a façonné l'histoire et l'identité du pays. Des moments de gloire aux rivalités intenses, le hockey continue d'unir les Tchèques et de les faire vibrer.
| Année | Médaille |
|---|---|
| 1947 | Or |
| 1949 | Or |
| 1972 | Or |
| 1976 | Or |
| 1985 | Or |
| 1996 | Or |
| 1999 | Or |
| 2000 | Or |
| 2001 | Or |
| 2005 | Or |
| 2010 | Or |
| 2024 | Or |