Depuis 33 ans, les dirigeants du CS Puy-Guillaume Rugby, un petit club auvergnat, font vivre la passion du ballon ovale dans leur commune d’un peu moins de 3 000 habitants. Évoluant en 3eme série, ils demandent à la mairie de leur fournir un lieu où se retrouver depuis la création du CSPG Rugby en 1988.

Terrain de rugby à Puy-Guillaume.
Une situation unique en Auvergne-Rhône-Alpes
Une situation rare, les dirigeants ayant appris il y a quelques années qu’ils étaient l’un des seuls clubs à ne pas posséder de club house au sein de la Ligue Auvergne-Rhône-Alpes. Un club pourtant impliqué dans la vie locale de sa commune de part son ancienneté et ses nombreuses équipes, allant des U6 aux équipes seniors féminine et masculine.
Des relations complexes avec la mairie
Pour les dirigeants du club, la mairie n’a pourtant aucune mauvaise intention. Le co-président nous l’affirme : “si ils avaient voulu enterrer le club, ils nous auraient pénalisés financièrement. Mais ce n’est pas le cas, je pense que l’on est surtout face à de la méconnaissance". A l’heure actuelle, le club est obligé de faire une demande à la mairie afin de s’octroyer une salle le temps d’un événement ou d’une réunion. Cette situation ne leur convient pas mais le CSPG “ne veut pas être en guerre avec la mairie, ça serait idiot de notre part.

Les joueurs du CS Puy-Guillaume Rugby.
Un appel à l'aide lancé en 2020
La situation du CS Puy-Guillaume Rugby avait fait parler d’elle il y a de ça un an et demi. Le 01 janvier 2020, le club avait publié sur les réseaux une lettre de vœux où sont exprimées les difficultés quant à l’acquisition d’un local. De la même manière, Philippe Sella est apparu dans une vidéo de soutien au club.
Philippe sella au soutien
L'attente d'un soutien de la Fédération Française de Rugby
Plusieurs mois sont passés et le CSPG n’aurait désormais plus de nouvelles de la part de la fédération. Le coprésident Christian Hostert comprend cependant qu’au vu de “la situation sanitaire, M. Laporte doit avoir d’autres obligations expliquant qu’il n’a toujours pas pu se rendre à Puy-Guillaume”.
Une lettre ouverte pour faire bouger les choses
Une lettre ouverte de son président, Christian Hostert, au maire de la ville, a agité l’ovalie la semaine dernière. Que serait un club de rugby sans son club-house ? La question ne se pose pas pour des centaines de clubs qui se réunissent à longueur de saisons du dimanche soir, pour le début de la troisième mi-temps, au dimanche midi, pour le repas d’avant-match, au long d’une semaine rythmée par les entraînements des plus petits aux plus grands, et le passage dans ce haut lieu de fraternité et - de plus en plus - de sororité, au fil des saisons et des années cadencées par les fêtes de fin de saison, tirage des rois, ou autres arbres de Noël.

Voeux du club en 2021.
Beaucoup de murs, s’ils pouvaient parler, nous en raconteraient sur l’histoire du rugby, ses joies et ses peines, ses larmes et ses rires. À Puy-Guillaume, ils n’auraient rien à dire, et pour cause, ce club de Troisième-Quatrième Série, qui a fêté ses trente ans l’année dernière, ne dispose pas d’un tel lieu. Lundi matin, il a publié sur les réseaux sociaux une lettre ouverte au maire de la ville pour lui demander de trouver une solution pour mettre un local à disposition du club, seul club de la ville à ne pas en disposer.
"Après trois décennies d’existence, il n’est pas correct de continuer à recevoir les joueurs et les joueuses dans un tel dénuement. "Je ne suis pas vent debout contre le maire, nous a expliqué Christian Hostert. Je n’ai aucune animosité. Je représente le club. Le club va sur ses 31 ans et nous avons juste deux vestiaires et un tout petit local pour ranger un peu de matériel. Pour le reste, on va au bar ! Mais c’est possible avec les seniors masculins et féminines. Ce n’est pas possible avec l’école de rugby. Le maire reste sur ses positions.
En quête de solutions
Pour se faire entendre, le dirigeant s’est activé et a sollicité sénateur et député de sa circonscription. La lettre ouverte a été relayée sur différents réseaux sociaux, et a même trouvé un écho auprès des plus hautes instances. Candidat à la présidence de la FFR, Florian Grill a apporté son soutien. Les rugbymen ne demandent pas le Pérou. "Nous demandons par exemple, une simple structure modulaire temporaire ou définitive", écrit le président, pour pouvoir accueillir les soixante-dix licenciés du club.