Le monde du rugby est en pleine effervescence, avec la Coupe du Monde 2023 qui bat son plein. Parmi les joueurs les plus en vue, on retrouve des stars internationales aux salaires confortables. Cependant, le rugby gallois traverse une période tumultueuse, marquée par une crise financière et des menaces de grève.

Les stars du rugby et leurs salaires
Lorsqu’on parle des joueurs les mieux payés de la discipline, le nom du capitaine des Bleus et stratège du Stade Toulousain, Antoine Dupont, est souvent mentionné. Antoine Dupont, âgé de 25 ans, a acquis une réputation mondiale grâce à ses performances exceptionnelles sur le terrain. Doté d’une agilité et d’une vision de jeu exceptionnelles, il est considéré par de nombreux experts comme le meilleur joueur de rugby au monde.
Il est le seul joueur des Bleus du rugby dans le top 10, mais pas l’unique pensionnaire du championnat Top 14. Avec lui pointe l’ouvreur et maître à jouer du Pays-de-Galles, Dan Biggar, sous contrat avec le RC Toulon.
Selon le site gallois Walesoneline, le demi d’ouverture du XV du Trèfle (31 ans) émarge à un million de livres annuel, soit un peu de plus de 1,15 million d’euros depuis qu’il a rejoint le club de Bath après la fin de son contrat au Racing 92 où il gagnait déjà près d’un million d’euros. Un million de livres, c’est aussi le salaire de l’arrière des Tonga et ex-Black, Charles Piutau, avec les Bristol Bears, toujours en Premiership.

Le Top 10 des joueurs les mieux payés de la Coupe du monde
Voici un aperçu des joueurs les mieux rémunérés participant à la Coupe du Monde, selon WalesOnline :
| Rang | Joueur | Équipe | Club | Salaire annuel (estimé) |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Finn Russell | Écosse | Bath | 1,15 million d'euros |
| 2 | Charles Piutau | Tonga | Bristol Bears | 1,15 million d'euros |
| 3 | Cheslin Kolbe | Afrique du Sud | Tokyo Sungoliath | 1 million d'euros |
| 4 | Maro Itoje | Angleterre | Saracens | 920 000 euros |
| 5 | Dan Biggar | Pays de Galles | Toulon | 920 000 euros |
| 6 | Owen Farrell | Angleterre | Saracens | 920 000 euros |
| 7 | Antoine Dupont | France | Toulouse | 800 000 euros |
| 8 | Steven Luatua | Samoa | Bristol Bears | 710 000 euros |
| 9 | Handre Pollard | Afrique du Sud | Leicester Tigers | 705 000 euros |
| 10 | Tadhg Furlong | Irlande | Leinster | 700 000 euros |
Crise et difficultés financières du rugby gallois
Publié le 20 février 2023 à 18h08 Scandale sexiste, crise de résultats, finances dans le rouge : le rugby gallois vit des heures difficiles, pour ne pas dire sombres.
Dans ce contexte, les joueurs du "XV du Poireau" agitent la menace d'une grève lors du match contre l'Angleterre, comptant pour le Tournoi des Six Nations. Une manière de mettre la pression sur leur Fédération, alors qu'une partie d'entre eux pourrait se retrouver sans contrat à la fin de la saison.
Ils menacent de planter le piquet de grève. "Ce n'est pas une blague. C'est mortellement sérieux", assure un cadre actuel du "XV du Poireau", sous couvert d'anonymat. En conflit ouvert avec la Fédération de rugby galloise (WRU), sur fond d'incertitude financière liée au non-renouvellement de certains contrats, les joueurs du pays de Galles sont prêts à mener une action sans précédent, en tout point inédite, dans l'histoire du Six Nations.
Désemparés face à une situation qui n'a que trop durée, les protégés de Warren Gatland pourraient marquer leur protestation, samedi 25 février (17h45), en faisant l'impasse sur le choc du week-end. Et pas n'importe quel puisqu'il s'agit ni plus ni moins du match de l'année face à l'Angleterre.
En l'état actuel, ce scénario demeure sur la table. Il prend même de l'épaisseur, selon les médias britanniques. "On est arrivé à un point critique parce que c'était censé être réglé il y a 18 mois", a dénoncé, la semaine passée, le deuxième ligne Alun Wyn Jones, rugbyman le plus capé de l'histoire (164 sélections, dont 9 avec les Lions britanniques). "Si vous traitez mal les gens assez longtemps, vous arrivez là où nous nous trouvons".
"Je suppose que (la grève) est une possibilité, je ne peux pas le nier. Mais ce sera la toute dernière option", a néanmoins tempéré la légende galloise, figure de proue de la contestation.
Alors que la WRU est empêtrée dans un scandale de harcèlement sexuel et de sexisme, qui a poussé son patron Steve Phillips à démissionner de son poste fin janvier, les "Dragons" sont au plus mal sportivement. En témoignent les deux déculottés en ouverture du Tournoi face à l'Irlande (10-34) et l'Écosse (7-35). Des résultats indigents dans la continuité d'une année 2022 désastreuse, symbolisée par les deux défaites, à domicile, contre l'Italie (21-22) et la Géorgie (12-13).
Mais la crise - le mot n'est ici pas galvaudé - est encore plus profonde qu'il n'y paraît. La faute à un chaos contractuel, en passe de faire imploser tout le pays. Plombée par la crise du Covid-19, qui l'a criblée de dettes, la Fédération est dans l'incapacité de présenter un budget viable pour la saison à venir.
Or, au pays de Galles, elle est chargée de signer des contrats avec les clubs des quatre provinces, évoluant en United Rugby Championship (URC), afin de faciliter la mise à disposition des internationaux pour l'équipe nationale. Problème, alors que de nombreux contrats fédéraux expirent prochainement, lesdites provinces - les Scarlets (Llanelli), les Ospreys (Swansea), les Blues (Cardiff) et les Dragons (Newport) - ne peuvent, sans accord financier pour boucler leurs budgets, renégocier ces contrats arrivant à échéance.
De quoi susciter l'inquiétude, et parfois plus, des 90 joueurs en fin de bail, dont certains participent actuellement au VI Nations. Sans un nouveau contrat d'ici là, ils pourraient se retrouver sur la touche. "Je ne peux pas souscrire un prêt, je suis sous antidépresseur. Je suis chaque semaine avec la sélection et la Fédération encaisse des dizaines de millions de livres après chaque match".
Des prises de parole anonymes, par peur de représailles, qui se multiplient dans les médias. "J'ai un contrat l'année prochaine mais j'en ai assez", a ainsi confié un joueur. "Toute l'incertitude ne vaut pas la peine de jouer pour le pays de Galles." "Je suis juste content de prendre ma retraite dans quelques années", a témoigné un autre. "C'est le bordel, les fous dirigent l'asile."
"L'incertitude de ne pas savoir s'ils ont un emploi pour la saison prochaine a un impact énorme sur tous les joueurs, pas seulement sur l'équipe nationale", a insisté une personnalité éminente du rugby gallois. "Ils en ont assez." Un propos étayé par un rugbyman jouant en division inférieure : "Je n'ai jamais été aussi stressé de ma vie. Ma femme est vraiment inquiète et mes parents aussi. Je joue pour ma région mais je devrais peut-être vendre ma maison... Nous sommes plusieurs dans ce cas."
Cette exaspération, partagée à tous niveaux, découle aussi sur les réseaux sociaux, où Willis Halaholo (nouvelle fenêtre) a été le premier à afficher publiquement son mécontentement. "Ça doit être bien de savoir que vous pouvez toujours subvenir aux besoins de vos enfants dans environ quatre mois", a tweeté le centre des Cardiff Blues. "Je pense en particulier à ceux qui sont blessés après avoir mis leur corps en sacrifice pour leur club et qui ont moins de chances de pouvoir trouver un nouveau contrat ailleurs. (...) Vous tous ne le savez pas, mais je ressens l'anxiété dans le vestiaire en parlant avec les coéquipiers. Restez forts les gars".
"L'avenir des joueurs n'est pas garanti", a déploré dans un communiqué (nouvelle fenêtre) l'Association galloise des joueurs de rugby (WRPA), qui fait état d'un ras-le-bol généralisé. "Cela a un effet profond sur les joueurs - en particulier ceux qui ne sont pas sous contrat - et exerce une pression inacceptable sur la santé mentale et le bien-être général. La grève est quelque chose que nous souhaitons voir évité en tant que syndicat de joueurs et nos membres veulent entrer sur le terrain, comme ils l'ont toujours fait."
Mais, pour l'heure, ce moyen d'action est le seul levier à leur disposition pour forcer une résolution. Et faire plier la Fédération, qui serait touchée directement au portefeuille, à l'heure où les finances sont dans le rouge. Ne pas jouer le "XV de la Rose" à domicile, au Principality Stadium, occasionnerait une perte sèche évaluée, selon Wales Online (nouvelle fenêtre), à plus de 9 millions d'euros. Une menace que les Gallois mettront à exécution si, d'ici à mercredi, la WRU ne revoit pas sa copie. Notamment en ce qui concerne le nouveau système fixe-variable des contrats proposés, impliquant un paiement de base, complété par des bonus.
En l'état, ce principal point d'achoppement se traduirait par une baisse du salaire de base (de 450.000 à 225.000 euros). Des sommes largement en deçà de ce qui est pratiqué en France, au Japon et, dans une moindre mesure, en Angleterre.
Sans accord, il faudrait s'attendre à un exode massif des internationaux gallois. Mais là encore, ce serait le serpent qui se mord la queue, puisque ceux qui partiraient jouer à l'étranger deviendraient en partie inéligibles pour le "XV du Poireau". C'est ce que prévoit en tout cas la règle des "60 sélections", en vigueur depuis 2017. En dessous de 60 capes, un joueur n'évoluant pas au pays de Galles à l'année ne peut prétendre à la sélection. Si la WRU ne change pas la règle, plusieurs d'entre eux - à l'instar de Josh Adams ou Will Rowlands, cités en Top 14 - ne pourraient pas participer à la Coupe du monde en France cet automne.
Le syndicat des joueurs de rugby gallois a donné son accord à une baisse de salaire de 25 % pour permettre aux clubs de surmonter la crise sanitaire.
Le Professionnal Rugby Board (PRB), l'organisme représentant la Fédération et les équipes professionnelles galloises (Cardiff Blues, Dragons, Ospreys et Scarlets) a annoncé mercredi qu'il avait trouvé un accord avec le syndicat des joueurs (WRPA) afin de baisser leurs salaires. Les rugbymans gallois ont accepté de diminuer d'un quart leur rémunération, durant trois mois, afin d'aider l'institution à surmonter la crise du coronavirus et la suspension des compétitions. Cette réduction de salaire ne s'appliquera cependant pas aux joueurs les moins bien payés (en dessous de 27 600 euros par an).
La semaine dernière, la Fédération galloise (WRU) avait annoncé que son directeur général, Martyn Phillips, ainsi que le sélectionneur du Pays de Galles, Wayne Pivac, et les membres du staff gallois allaient diminuer leurs rémunérations (entre 25 et 10 %).