L'histoire des championnes de basketball féminin : Des pionnières à l'essor mondial

À l’approche des Jeux Olympiques de Paris 2024, il est essentiel de se pencher sur l'histoire riche et inspirante des équipes de France féminines de basketball. Cet article vous propose un voyage à travers les décennies, des défis de l'après-guerre aux moments de gloire qui ont marqué le sport français. Le basket féminin est en plein essor après avoir été longtemps dans l’ombre des compétitions masculines. La visibilité des compétitions et le niveau de jeu sont en nette augmentation. Dans cet article, vous retrouverez l’évolution du basket féminin de ces débuts à aujourd’hui. Que ce soit au niveau des clubs, des nations et même des joueuses les plus populaires.

Le début du basketball féminin se fait rapidement après la création de ce sport. Pour les hommes, c’est James Naismith qui est considéré comme l’inventeur de ce sport. Au niveau des femmes, c’est Senda Berenson qui est mise en avant comme la personne qui a adapté les règles pour que les femmes puissent jouer avec les normes sociales de l’époque.

On doit l’invention du basket, en 1891, à l’Américain James Naismith. Professeur de gymnastique du Springfield College, dans le Massachusetts. James est également médecin. Une activité idéale pour les élèves de Senda Berenson, également professeur de sport dans l’Etat du Massachusetts !

La première rencontre inter-universitaire, Stanford contre Berkeley, est organisée le 4 avril 1896. La même année sort le premier recueil de règles du basket-ball féminin. Pourquoi des règles spécifiques pour les filles ? Et c’est Clara Gregory Baer, une autre prof de gymnastique, qui s’y colle et adapte les règles de James Naismith, limitant les dribbles et les balles arrachées… Le basket doit pouvoir être joué par des jeunes filles en robe corsetées.

La France aussi a ses pionnières en matière de basket-ball ! On doit sa laïcisation à la sportive Alice Milliat, « l’apôtre du basket féminin ».

Les premiers championnats et compétitions internationales

L’évolution du basketball féminin a vu les nations s’affronter dans une compétition internationale pour la première fois aux Jeux Olympiques de 1924 à Paris. Néanmoins, cela a été déclaré discipline olympique officielle seulement lors des Jeux Olympiques de Montréal en 1978. Le basket masculin a connu rapidement une mise en avant dans les médias et le développement de la NBA. C’est seulement à partir des années 80/90 que le basketball féminin a connu une grande croissance.

À la suite des Jeux Olympiques de 1978 et l’officialisation de la discipline, le basket féminin a vu les projecteurs se tourner sur eux. Le basket américain a ensuite pris le relais avant de voir la Coupe du Monde féminine se développer, tout comme l’EuroBasket. Le sport se professionnalise et permet l’émergence de nouveaux talents qui offrent un spectacle de qualité et une structure de la discipline.

Avec la mise en place progressive de règles internationales, les compétitions européennes et mondiales vont pouvoir se structurer, dans la continuité des structurations nationales.

En 1934, les Jeux Mondiaux féminins étaient les seules compétitions internationale et internationalement reconnues du sport féminin. Si le titre de 1934 n’est pas officiellement entré dans les annales de la FIBA qui va intégrer les femmes quelques années après, son authenticité ne saurait être remise en cause, car à l’époque, elle ne le fut pas.

En 1938, la compétition aura lieu à Rome, et la France est parmi les favorites, même si seulement cinq nations sont représentées : l’Italie, la Lituanie, la Pologne, la Suisse et donc la France. Exit les groupes restreints, cette fois-ci on emmène dix joueuses : Marie-Antoinette Chabrel, Lily Colin, Jacqueline Dusoulier, Jeanine Garnier, Marie-Louise Gravier, Margueritte Lafiteau, Christiane Moreau, Lisette Pariente, Annette Roy-Bouligeaud et, pour l’époque il faut le constater, une joueuse noire, Sokela Mangoubel, alors que l’arrivée en football, de la légende et du pionnier Larbi Benbarek en équipe de France est un événement en soi.

Plusieurs années après, les bleues reviendront, mais elles ne seront plus les championnes d’avant, certes. Lucienne Velu et les autres, les Linnet’s, les filles de Mulhouse, de Reims, les élèves d’Alice Milliat, étaient des championnes avant l’heure, avant la FIBA, avant la FFBB.

L’après-guerre marquera une évolution pour les joueuses qui doivent pourtant encore faire face aux préjugés (« Le basket est encore très souvent présenté comme un loisir adapté aux jeunes filles, futures mères de famille, plutôt que comme un sport à part entière », confirme-t-on à la FFBB) avec, en 1946, la création de la Commission Féminine à la fédération sous la présidence d’une certaine Mademoiselle D’Almeida ; en 1953, le premier Championnat du Monde féminin officiel (FIBA) à Santiago du Chili où l’équipe de France décroche la médaille de bronze.

En 1950, la France va pouvoir aborder le tout premier Eurobasket depuis 1938. Busnel choisit ses joueuses pour cette mission : Langlois, Merle, Boisset, Montfils, Savelli, Henry, Neyraud, Bejaud, Patru, Sajous, Kloekner et bien sur Anne-Marie Colchen. Malgré un tirage difficile, les françaises terminent 4e. En 1953, au mondial au Chili, la France a l’honneur d’ouvrir le bal et donc, de jouer le tout premier match d’un mondial FIBA, contre le Pérou. La France attrape la médaille de bronze du mondial!

Équipe de France féminine de basket-ball au Mondial 1953.

Figures emblématiques du basket-ball féminin

L’évolution d’un sport ne va pas sans l’émergence de talents individuels. Il est impossible de ne pas mettre en avant certaines joueuses de basket féminines qui ont réussi à marquer l’histoire du sport comme Michael Jordan a pu le faire chez les hommes. Certaines figures ont marqué l'histoire du basket-ball féminin par leur talent exceptionnel et leur contribution au développement de ce sport.

  • Lucienne Velu : L’une des joueuses actives du groupe France pour l’équipe de basketball, mais c’est aussi l’athlète accomplie et totale, l’égérie du sport féminin en générale, et la marque de fabrique des travaux d’Alice Milliat.
  • Paoline Ekambi : Ekambi, c’est ce que, à la Fédération et à l’INSEP, on appela « L’horizon 80 ». Malgré ces obstacles, Paoline a détenu le record de sélections en équipe de France, avec 254 participations, pendant plus de vingt ans.
  • Lusia Harris : Considérée comme une pionnière du basket féminin, elle est la seule femme à avoir été drafté par une équipe de NBA.
  • Sue Bird : Ancienne légende de la WNBA, va entrer dans l’histoire en devenant la première joueuse à avoir sa statue, a annoncé ce mercredi 2 juillet son ancien club, les Seattle Storm.

Ces joueuses, parmi d'autres, ont inspiré des générations de basketteuses et ont contribué à faire du basket-ball féminin un sport majeur.

Le sacre au Mans et la génération dorée

Le 23 septembre 2001, l’Équipe de France féminine remportait, pour la première fois de son histoire, le championnat d’Europe féminin en battant en finale la Russie (73-68) au Mans. Cet événement a marqué un tournant dans l'histoire du basket français féminin. Cette génération a été la première à faire les Jeux olympiques, la première à gagner l’Euro. On a marqué les esprits et ouvert la voie. Quand je retourne dans cette salle du Mans, les souvenirs sont omniprésents. Ce titre, c’était la récompense de tout ce qui s’était passé avant.

Ce titre était d’autant plus fort à décrocher qu’on avait gravi tous les échelons, en partant du groupe C. On avait le projet un peu fou d’atteindre les sommets. L’échec de 1999 (défaite en finale de l’Euro contre la Pologne) nous avait laissé un goût d’inachevé. Il y avait tellement d’amour-propre dans ce groupe, un tempérament de gagneuse que cet Euro à la maison, on savait qu’il serait pour nous.

La WNBA : Une ligue professionnelle en plein essor

La Women's National Basketball Association (WNBA) a été fondée en 1996 par la NBA, avec une première saison disputée en 1997. La saison WNBA se compose aujourd’hui de 40 matchs de saison régulière, suivis de playoffs avec 3 tours. Jusqu’en 2024, les Finales se jouaient au meilleur des cinq matchs. Depuis 1997, la WNBA a couronné des équipes emblématiques, avec des joueuses légendaires qui ont marqué l'histoire du basketball féminin.

Depuis la création de la WNBA, certaines franchises ont marqué l’histoire par leur régularité et leur domination. Au fil des saisons, certaines équipes ont dominé la ligue sur plusieurs années, bâtissant de véritables dynasties. Voici quelques exemples :

  • Houston Comets (1997-2000) : Une entrée fracassante dans l’histoire avec 4 titres consécutifs dès les débuts de la ligue.
  • Minnesota Lynx (2011-2017) : 4 titres en 7 ans, une domination portée par Maya Moore, Lindsay Whalen, Rebekkah Brunson et Sylvia Fowles.
  • Seattle Storm (2004-2020) : Une dynastie étalée dans le temps, incarnée d’abord par Sue Bird, puis renforcée par Breanna Stewart.
  • Las Vegas Aces (2022-2023) : La nouvelle force dominante de la ligue, avec un effectif impressionnant : A’ja Wilson, Kelsey Plum (partie aux Sparks), Chelsea Gray.

Ces dynasties sont le reflet de l’évolution de la ligue, avec des styles de jeu distincts, des générations marquantes et une compétitivité croissante.

Cynthia Cooper a été sacrée MVP des Finales 4 fois de suite entre 1997 et 2000 avec les Houston Comets.

Le New York Liberty a remporté le titre WNBA en 2024, en battant les Minnesota Lynx.

Voilà pourquoi Caitlin est la meilleure joueuse de la WNBA

Les défis persistants et l'avenir du basket-ball féminin

Le sport féminin doit encore faire face à de nombreux défis pour se développer. L’une des batailles les plus présentées concerne l’inégalité salariale avec les hommes. C’est un combat dans le sport mondial, dont le basketball. En WNBA, la différence avec les hommes est énorme et cela est dû à la médiatisation du sport. Avec moins de budget, tout est un peu moins développé, dont l’accès à des infrastructures de qualité. Les joueuses ont une couverture médiatique moindre, ce qui entraîne moins de sponsoring et donc moins de bénéfices pour les équipes.

L’histoire du basketball a commencé rapidement avec des compétitions dédiées aux hommes et aux femmes. Cependant, le développement a été bien plus rapide pour les hommes qui ont pu bénéficier de la médiatisation et de la professionnalisation rapidement. Les femmes sont encore en route sur ce chemin et ont réussi à égaler le niveau de spectacle.

Compétition Fréquence Importance
Jeux Olympiques Tous les 4 ans La compétition féminine de basket la plus suivie au monde
Coupe du Monde Tous les 4 ans Regroupe les meilleures nations
EuroBasket féminin Tous les 2 ans La compétition la plus attendue en Europe

Inégalité salariale dans le sport.

Malgré ces défis, le basket-ball féminin connaît une croissance constante et un intérêt médiatique grandissant. Grâce à l'engagement des joueuses, des entraîneurs et des fédérations, le basket-ball féminin est promis à un avenir brillant.

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