La finale Occitanie entre Maubourguet et le club de l’entente Fleury Salles Coursan a été marquée par de violents incidents. Une bagarre d’une rare violence s’est déclenchée entre supporters à l’issue de la rencontre. La police a dû intervenir pour disperser les belligérants à coups de lacrymogène. Retour sur les faits.

Déroulement des événements
Selon Thierry Guinle, le coprésident du SOMR, les incidents ont commencé avant le match des réserves :
« Tout a commencé avant le match des réserves. Nous étions en train de manger tranquillement au club-house avec les "officiels". Les supporters de l’équipe réserve des Rives d’Orb ont commencé à bousculer un de nos dirigeants, puis ils se sont bagarrés dans les tribunes. »
Il poursuit :
« Heureusement qu’ils ont décidé de rester en surveillance, car la bagarre a repris à la fin du match des équipes premières entre le SOMR et l’Entente Fleury Salles Coursan. Là, c’était d’une violence extrême. Ils ont tenu tête à la police. C’est simple : en 58 ans de rugby, je n’ai jamais vu ça. »
Toujours selon le coprésident du SOMR, « la police a été obligée d’utiliser les bombes lacrymogènes pour disperser les belligérants. À notre connaissance, l’un d’entre eux a été placé en garde à vue. L’un de nos supporters a pris un coup de poing et a été victime d’un KO. »
Il ajoute :
« D’après ce que nous avons pu apprendre sur place, les agresseurs sont des éléments perturbateurs "satellites" qui se greffent au groupe de supporters en fin de saison. Je voudrais préciser que tout s’est très bien passé entre les joueurs sur le terrain comme en dehors, et entre les dirigeants, notamment du club local qui nous ont accueillis avec une grande hospitalité. Simplement, compte tenu du contexte, il n’y a pas eu de réception "officielle" à la fin des rencontres. Personne n’avait le cœur à se retrouver. »
Agression de l'arbitre
Les policiers fuxéens ont interpellé un supporter qui a porté un coup de poing à Mathieu Nirascou, un arbitre ariégeois expérimenté. Mathieu Nirascou est malheureusement bien placé pour témoigner.
« Le match s’était très bien passé. C’est quand je suis retourné aux vestiaires qu’un individu, non identifiable par les deux équipes finalistes et qui avait réussi à se faufiler dans le tunnel, m’a asséné un coup de poing à la tête. J’ai eu le temps de voir et d’esquiver un peu le coup. Je n’ai rien compris et il n’a rien dit de particulier. Apparemment, c’est lui qui est rentré nu sur le terrain lors du match d’ouverture. J’ai déposé plainte avec constitution de partie civile pour marquer le coup par rapport aux autres agressions d’arbitres, plus sérieusement touchés. »
Frédérick Dedieu, le président du comité ariégeois de rugby, présent dans les tribunes, a rapidement appelé le commissariat de Foix.
« La violence des supporters, dès leur arrivée, m’a surpris, dit-il. J’ai rapidement eu des craintes car ils se battaient déjà dans les tribunes alors qu’il n’y avait pas de match. On sentait un mauvais climat. C’est pourquoi j’ai appelé le commissariat de Foix dès ce moment-là (1). Et heureusement que les forces de l’ordre étaient là. Cette banalisation de la violence est inquiétante. »
L'officiel a porté plainte. Mathieu Nirascou s’inquiète de ce genre de faits qui se multiplient.
« C’est la première fois que ça m’arrive mais ça prend de l’ampleur. C’est un acte complètement isolé. Il y a une montée de violence dans la société. Cela a pris de l’ampleur depuis la période Covid. »
Côté judiciaire donc, l’auteur présumé du coup de poing, originaire de l'Aude, a passé sa fin de journée dans les cellules de l’hôtel de police ariégeois. Après avoir été déféré devant le procureur de la Républque, Olivier Mouysset, il a reconnu les faits, a été placé sous contrôle judiciaire en l'attente de son procès qui aura lieu en octobre.
Réactions et condamnations
Dans communiqué de presse, la ligue Occitanie de rugby condamne les faits et de violence et annonce qu'elle va porter plainte. La Ligue Occitanie Rugby condamne avec la plus grande fermeté, les comportements inacceptables de certains individus, venus en découdre avec de « vrais » supporters venus, eux, encourager leurs équipes.
« Depuis le début des phases finales régionales, et avec plus de 150 rencontres disputées, la Ligue Occitanie Rugby pouvait se réjouir de la sérénité dans laquelle s’enchaînaient les rencontres, dans un climat apaisé et respectueux de tous les acteurs, afin de faire de ces moments un succès populaire. Or, dimanche dernier, sur les installations sportives de Foix, ce constat a malheureusement perdu toute sa véracité, alors que deux finales régionales de Promotion Honneur étaient au programme.
Ces agissements sont contraires aux valeurs de respect et de convivialité qu’incarnent notre sport favori, le rugby. Dans notre sport, les phases finales sont un moment important et rempli d’histoire que nous devons avant tout respecter. Ce n’est en aucun cas, un lieu où sont amenées à intervenir les forces de Police afin de rétablir l’ordre. »
Malgré ces incidents déplorables, il est à souligner l’accueil et la réactivité du club de l’U.S Fuxéenne et de ses dirigeants, ainsi que du Comité Départemental de l’Ariege qui ont su prendre leurs responsabilités et réagir avec immédiateté.
La Ligue Occitanie Rugby a décidé de prendre ses responsabilités. Elle porte plainte contre les auteurs de ces débordements intolérables, qui n’ont pas leur place dans une enceinte sportive !
Le club s’engage à interdire et à éloigner ces deux pseudos supporters de son périmètre sportif. Maubourguet, c’est avant tout un club formateur qui compte près de 280 licenciés.
Bagarre générale: Quand les supporters se battent avec les joueurs en plein match !
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