Helena Cazaute et les Bleues sont en route vers de nouveaux exploits. Après leur épopée au Mondial en Thaïlande, les Bleues connaissent les contours du rendez-vous majeur de leur été 2026.
Cinquante et un ans que l’équipe de France féminine attendait de prendre part aux championnats du monde de volley-ball. Pour leur grand retour sur les terrains de la plus importante compétition internationale après les Jeux olympiques, les Bleues ont lâché un set, mais elles ont assuré l’essentiel, vendredi 22 août, en remportant leur premier duel face à Porto Rico, à Chiang Mai (Thaïlande).
À Bangkok, sept des huit meilleures équipes au classement mondial ont repris leurs couverts habituels. La huitième a fracassé la porte d'entrée. Pour leur première participation au Mondial depuis 1974, les Bleues du volley ont tout taillé en pièces.
Passées de la 56e à la 15e place mondiale, les Bleues bénéficient enfin des moyens de leur ambition. L’équipe de France féminine a remporté la Challenger Cup, à l’été 2023, et avait ainsi décroché sa première qualification pour la Ligue des nations.
Le surprenant et historique parcours de l'équipe de France féminine pour son premier Mondial de volley-ball depuis 51 ans s'est arrêté en quarts de finale, jeudi à Bangkok face au Brésil (3-0: 25-27, 31-33, 19-25), mais est porteur de belles promesses pour la suite.
Les Bleues, qui disputaient le premier quart de finale de Coupe du monde de leur histoire, ne sont pas parvenues à rééditer leur exploit du tour précédent, où elles avaient éliminé (3-1) la Chine, alors quatrième mondiale.
Elles ont cette fois bousculé les Brésiliennes, menées par leur star Gabi (13 pts) et Julia Bergmann (17 pts), pendant les deux premières manches. De nouveau dans le sillage de leur capitaine Héléna Cazaute (20 pts, meilleure marqueuse du match) et de la jeune pointue Iman Ndiaye (15 pts), cependant un peu moins en réussite que sur l'ensemble du tournoi, notamment au service (aucun ace).
Cazaute et ses équipières pourront surtout regretter les cinq balles de set manquées dans cette deuxième manche. En particulier celle à 27-26, d'abord annoncée gagnante avant que le point ne soit donné au camp brésilien, après challenge vidéo de son entraîneur, pour un doigt français un peu trop long. De longues et irrespirables minutes plus tard, Gabi a conclu victorieusement et subtilement la cinquième balle de set brésilienne.
Les Bleues pourront aussi maudire les quatre points d'avance envolés dans cette deuxième manche cruciale, où elles menaient 19 à 15 avant d'encaisser un 0-4, notamment après une mauvaise réception et une rare attaque dehors de Cazaute.
Après le séisme, la réplique ? Quatre jours après avoir ébranlé le plateau si hiérarchisé du volley international et sorti la Chine (3-1), l'équipe de France a posé ses filets dans un autre monde dont elle rêvait à peine il y a quelques jours.
Il y a trois ans, Héléna Cazaute et ses coéquipières ne jouaient jamais contre des sélections extra-européennes. À l'été 2024, elles découvraient le volley universel, mais repartaient de leur première en Ligue des nations (VNL) avec dix revers en douze matches avant de s'inviter à tâtons à leur premier tournoi olympique à Paris pour un beau bain de foule mais trois défaites sans prendre le moindre set (Serbie, Chine, USA).
« On est parties de vraiment bas, on était 55es mondiales à mon arrivée en sélection en 2016 (13es aujourd'hui au classement de la Fédération internationale) », rappelle Amandine Giardino, la plus ancienne du groupe actuel (30 ans). « Mais il y a eu un avant et un après Paris 2024. On a franchi tous les caps un par un et tout s'accélère depuis qu'on multiplie les matches face aux grosses nations. Maintenant, tout le monde nous craint, à commencer par les Brésiliennes. On est complètement décomplexées, on a même de gros objectifs pour la suite », soutient-elle.
Après de trop longues années de négligences, les moyens ont été engagés en 2017-2018 par la Fédération française pour professionnaliser les Bleues.
Prise en charge par le Belge Émile Rousseaux en 2018 alors qu'elle vivotait au sous-sol, l'équipe de France s'est densifiée et recueille les fruits de l'exportation de ses fleurons.
Enfin, le sélectionneur espagnol Cesar Hernandez, en place depuis le mois de mai, a posé sa patte. Il a ouvert le groupe, libéré les initiatives sur le terrain et porte un discours ambitieux. Avant la Chine dimanche dernier, dans le vestiaire, il avait fredonné le thème de Mission impossible pour mieux sensibiliser ses filles à leur capacité de mettre à genoux le dragon.
Euro 2026 : Un Nouveau Défi
Organisé samedi soir à Bari (Italie), le tirage au sort de l'Euro (21 août - 6 septembre) les a placées dans le groupe D - comme les Bleus - avec un épouvantail redoutable : les Italiennes, championnes olympiques en 2024 puis championnes du monde cet été.
En plus de l'Italie, numéro 1 mondiale, la France retrouvera la Suède (26e), pays-hôte de ce groupe à Göteborg, la Slovaquie (33e), la Croatie (36e) et le Monténégro (43e).
À l'Euro, les Bleues restent sur deux quarts de finale acquis en 2021 (victoire contre les Croates en huitièmes, défaite contre la Serbie en quarts) et 2023 (victoire contre la Roumanie puis défaite contre l'Italie).
Mais depuis, les joueuses du coach espagnol Cesar Hernandez ont encore franchi un cap et peuvent rêver du dernier carré, plus atteint par la France depuis... 1951 ! Il faudra d'abord se qualifier dans les quatre premiers du groupe pour rallier la phase finale à élimination directe.
Les groupes de l'Euro 2026 :
| Groupe | Pays |
|---|---|
| A | Turquie, Lettonie, Pologne, Allemagne, Slovénie, Hongrie |
| B | Tchéquie, Autriche, Serbie, Ukraine, Bulgarie, Grèce |
| C | Azerbaïdjan, Portugal, Pays-Bas, Belgique, Roumanie, Espagne |
| D | Suède, Monténégro, Italie, France, Slovaquie, Croatie |
Les Bleues joueront notamment contre l'Italie, championne du monde et championne olympique en titre, et la Suède. Héléna Cazaute et ses coéquipiers ont atteint les quarts de finale du rendez-vous planétaire, un résultat historique obtenu après un exploit contre la Chine en huitièmes de finale.
Iman Ndiaye (équipe de France féminine de volley).

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