La ville d'Agen (Lot-et-Garonne) a rendu hommage au jeune rugbyman Medhi Narjissi, décédé en mer à 17 ans, lors d'une séance de récupération en Afrique du Sud.
Sur le terrain qui porte désormais son nom, les proches de Medhi Narjissi se souviennent de cet enfant du club à l'avenir si prometteur, disparu tragiquement en mer à l'âge de 17 ans lors de sa tournée avec l'équipe de France en Afrique du Sud. Ses proches sont toujours dans l'attente de réponses de la justice.
Le jeune joueur du Stade Toulousain Medhi Narjissi a disparu en Afrique du Sud, emporté par l’océan, le 7 août 2024.
Les parents de Medhi Narjissi, 17 ans, disparu le 7 août sur une plage du Cap, en Afrique du Sud alors qu’il participait à un stage de rugby avec l’équipe de France des U18, pointent "les négligences" du staff encadrant.
Ce mardi 27 août, Valérie, Jalil et leur fille Inès Narjissi, n’ont jamais imaginé parler de Medhi, 17 ans, au passé. Accompagnés de leur avocat Edouard Martial, les parents du jeune espoir international de rugby, trois-quarts centre ou demi de mêlée licencié au Stade Toulousain et domicilié dans la préfecture lot-et-garonnaise, veulent obtenir des réponses à cette tragédie.
Le récit livré par la famille de Medhi fait froid dans le dos. Il souligne l’invraisemblable impéritie dont auraient fait preuve les encadrants de la fédération française de rugby des moins de 18 ans (U18), lors de cette fameuse journée du 7 août. Ce jour-là, le groupe des vingt-huit joueurs partis en Afrique du Sud pour y disputer un stage est divisé en deux : une partie part visiter le phare, en haut des côtes, et l’autre se retrouve sur la plage de Dias Beach réputée dangereuse, avec le préparateur physique.
Selon la famille de Medhi qui s’est rendue sur les lieux et qui a eu accès au premier rapport d’enquête établi par les autorités sud africaines, "huit adultes se trouvaient sur cette plage tandis que quelques jeunes avaient déjà les pieds dans l’eau". En revanche, "les enfants étaient dans l’eau, vêtus d’un simple slip", commentent les parents de Medhi.
Vers 15 heures, Medhi semble se débattre avec les vagues et le courant qui agit comme une lame. Oscar, un coéquipier décrit comme excellent nageur, tente de se porter à sa hauteur. En vain. Le piège de Dias Beach vient de se refermer. Selon les parents du jeune espoir, "aucun des huit adultes présents n’a tenté de nager pour essayer de le sauver…" Depuis le rivage, on ne distingue plus qu’une seule tête au large. C’est le drame.
Vingt jours après ce drame, la famille de Medhi, impressionnante de dignité, veut des réponses et pointe clairement "des négligences" du staff des U18. Le parquet d’Agen est saisi d’une requête-plainte depuis le 21 août, pour rechercher les causes de la disparition.
Les parents de Medhi ont été entendus au commissariat d’Agen ce mardi. À ce jour, seuls le médecin, le manager et le préparateur physique de l’équipe de France des U18 ont été entendus en Afrique du Sud. Il reste encore beaucoup de témoins à auditionner dans le cadre de la procédure initiée à Agen. L’enquête devrait permettre de déterminer d’éventuelles responsabilités.
La plainte a été entendue. Les parents de Medhi Narjissi, s’étaient rendus au commissariat d’Agen (Lot-et-Garonne), mardi 27 août, afin de demander une suite judiciaire au drame qui a touché leur fils.
Selon nos informations, le procureur de la République a ouvert ce mardi soir une information judicaire, ce qui a pour conséquence la nomination d’un juge d’instruction qui mènera l’enquête afin de prouver l’existence d’une infraction.
La Fédération française de rugby (FFR) a communiqué les conclusions de l’enquête interne qu’elle a menée sur la disparition tragique de Medhi Narjissi. Il était alors en déplacement en Afrique du Sud pour disputer l’International Series avec l’équipe de France masculine des moins de 18 ans. Alors que ses coéquipiers et lui effectuaient une séance de récupération organisée par l’encadrement sur la plage très dangereuse de Dias Beach, au cap de Bonne Espérance, le jeune garçon a été emporté par l’océan.
Au cours de l’enquête, visant à « déterminer les causes de cette tragédie », tous les membres du staff présents sur place et quelques joueurs ont été entendus. Le staff des U18 est ciblé pour ne pas avoir tenu compte de la dangerosité du site, dû aux courants d’arrachement (appelés « rip currents »), sortes de baïnes géantes qui ont emporté Medhi Narjissi.
« La décision d’organiser une séance de récupération dans l’eau sur la plage de Dias Beach a été prise sans considérer la dangerosité du site, en particulier celle liée aux « rip currents », aux vagues et aux rochers », écrit le communiqué publié ce jeudi 12 septembre. Des panneaux, situés à l’entrée de la plage, indiquent pourtant que le site est « dangereux à la baignade », mais ils « n’auraient pas été pris en compte, ce qui apparaît particulièrement critiquable au vu des conséquences dramatiques qui en ont résulté », poursuit la FFR. Elle ajoute qu’ « au moins un conseiller technique sportif » avait pu percevoir les dangers du site, sans pour autant annuler la séance, et s’interroge sur la possibilité qu’avait le staff de porter secours au jeune rugbyman au moment de la noyade. Les conditions en mer, particulièrement dangereuses, semblent démontrer qu’il était impossible d’intervenir.
La FFR achève cette première analyse en interpellant le ministère des Sports, dont dépendent les différents membres de l’encadrement présents sur place cet été. À la suite de ces conclusions, la FFR requiert plusieurs actions.
Elle demande d’abord au ministère des Sports de « mettre fin, sans préavis, aux affectations auprès de lui, des conseillers techniques sportifs en responsabilité lors de ce déplacement, en raison de la rupture de confiance qui résulte, à ce stade, des faits relatés dans ce rapport, et ce, indépendamment des responsabilités administratives qu’il déciderait de leur imputer et des mesures de sanction qu’il pourrait prendre en conséquence ».
Les parents du jeune rugbyman Medhi Narjissi, ont été reçus par la ministre des Sports, Marie Barsacq. Elle leur a présenté le rapport de l'enquête administrative menée par l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR), en parallèle de l'enquête interne de la Fédération française de rugby. Le ministère des Sports a précisé que ce document n'était pas public, car versé au dossier judiciaire.
Le père du jeune joueur, Jalil Narjissi, a salué le travail des inspecteurs, évoquant des "fautes graves" dans l’organisation de ce séjour. "Nous espérons que la justice fera le nécessaire.
L'enquête ouverte pour homicide involontaire par le parquet d'Agen a conduit à une première garde à vue. L'ex-manager des moins de 18 ans, Stéphane Cambos, en est ressorti libre.
La famille de Mehdi Narjissi reproche aussi à la FFR d'avoir supprimé le poste de chef de délégation, chargé de veiller à la sécurité et à l’encadrement des jeunes joueurs. "Mon fils était sous la responsabilité de la Fédération. Ce n’est pas elle qui a mis mon fils à l’eau, mais elle a contribué à la catastrophe. Ils étaient douze adultes dans la délégation et neuf sur la plage. Aucun ne s'est opposé à la baignade", a ajoute Jalil Narjissi, alors que le manager rejette la responsabilité de l'organisation de cette séance sur le préparateur physique, qui dément avoir pris la décision seul.
Les conseillers techniques sportifs des U18, mis en cause dans le rapport d'enquête interne de la FFR, ont été suspendus à titre conservatoire par le ministère à la demande de la Fédération française de rugby.
L'ex-manager de l'équipe de France de rugby des moins de 18 ans et le préparateur physique, qui encadraient le jeune joueur du Stade Toulousain Medhi Narjissi disparu en mer en Afrique du Sud l'été dernier, ont été mis en examen pour homicide involontaire.
Huit mois après la noyade de Medhi Narjissi, jeune joueur du Stade Toulousain, l'ancien manager de l'équipe de France de rugby des moins de 18 ans a été placé en garde à vue. On apprend que le préparateur physique a, lui, été entendu en audition libre en janvier.
L'ex-préparateur physique de l'équipe de France U18, mis en cause dans la disparition en mer du jeune rugbyman toulousain Medhi Narjissi, a été révoqué de la fonction publique et l'ex-manager suspendu après une procédure disciplinaire.
Mis en cause dans la disparition en mer d’un jeune joueur, l’ex-préparateur physique de l’équipe de France de rugby des moins de 18 ans (U18) a été révoqué de la fonction publique, et l’ex-manageur suspendu, après une procédure disciplinaire.
Medhi Narjissi, jeune joueur du Stade toulousain, âgé de 17 ans, avait été emporté par les flots le 7 août lors d’un stage de l’équipe de France U18 en Afrique du Sud, à l’occasion d’une séance de récupération organisée sur une plage réputée dangereuse, près du cap de Bonne-Espérance. Son corps n’a jamais été retrouvé.
Selon une copie de l’arrêté consulté par l’AFP, le ministère des sports a prononcé la perte du statut de fonctionnaire pour le préparateur physique Robin Ladauge.
L’ancien manageur de l’équipe de France U18, Stéphane Cambos, a, pour sa part, été suspendu deux ans, dont un ferme.
Ces sanctions sont considérées comme « le minimum » par Jalil Narjissi, le père du joueur, qui qualifie de « crime » le fait d’avoir laissé des adolescents se baigner sur cette plage accidentogène. « Ça ne ramènera pas notre fils Medhi, mais c’est logique que ces personnes-là, dont bien sûr M. Ladauge, soient révoquées. C’est le minimum qu’ils soient radiés de la fonction publique », a-t-il réagi auprès de l’AFP.
M. Narjissi juge « honteux » que Stéphane Cambos garde pour sa part son statut de fonctionnaire. « Il doit être radié de la fonction publique, ce monsieur-là. Il a les mêmes responsabilités, il est décisionnaire de cette mise à l’eau », accuse-t-il.
Me Céline Lasek, avocate de Robin Ladauge, a déclaré à l’AFP que son client déposerait un recours contre la sanction disciplinaire de révocation, basée selon elle « sur un récit qui est complètement erroné » du déroulé de cette séance de récupération. Robin Ladauge est « effondré » pour la famille de Medhi Narjissi, fait-elle valoir. « Il tient vraiment à dire qu’il pense à eux tout le temps. »
Pour sa part, par le biais de son avocat, Stéphane Cambos a assuré ne pas avoir été informé de cette sanction disciplinaire. « Si cette information est bien réelle, il déplore que cette décision individuelle ne lui soit toujours pas communiquée et considère donc à ce jour qu’elle n’a aucun caractère officiel », a écrit Me Arnaud Dupin dans un communiqué, disant vouloir attendre « le contenu formel de la décision » pour « éventuellement formuler des recours ».
« Depuis plus d’un an, M. Stéphane Cambos vit dans la douleur et reste profondément éprouvé par la disparition de Medhi Narjissi. Ce n’est malheureusement pas en le jetant publiquement en pâture, qui plus est pour des fautes qui ne lui sont pas imputables, qu’une meilleure justice sera rendue », a fait valoir son avocat.
Dans l’enquête pénale ouverte après le drame, un juge d’instruction d’Agen a procédé aux mises en examen de Robin Ladauge et de Stéphane Cambos pour homicide involontaire.
La Fédération française de rugby avait elle diligenté une enquête interne dès la disparition du demi de mêlée toulousain de 17 ans. Les premiers éléments qui se dégagent semblent pointer la responsabilité du préparateur physique ayant décidé d’emmener les joueurs dans des eaux jugées dangereuses et fortement déconseillées par les autorités locales.
« On veut des réponses, on veut des coupables », avait lancé dans un cri douleur Valérie, la maman, après le dépôt de plainte lors d’une conférence de presse pointant du doigt « les bras cassés » de la FFR.
Le papa, ancien talonneur du SU Agen, avait lui aussi pointé des responsabilités. « Ce n’est pas un accident, il est marqué partout que cette plage est dangereuse, a souligné Jalil Narjissi. C’est le préparateur physique de l’équipe de France qui a pris la décision de les emmener là-bas. C’est incompréhensible. Aucun adulte n’a réagi lorsqu’il a été emporté. »
De son côté, le président de la FFR Florian Grill a promis que « toute la lumière sera faite sur cette affaire (...) L’enquête interne devra définir des responsabilités, qu’elles soient collectives ou individuelles. Sans attendre le résultat de cette enquête, on peut déjà dire qu’il est incompréhensible et inacceptable qu’on mette des enfants dans l’eau à cet endroit. Point. Et je comprends qu’il fasse un procès à la FFR.

Schéma explicatif des courants d'arrachement (rip currents)
Tableau récapitulatif des principaux acteurs et des sanctions :
| Acteur | Fonction | Sanction |
|---|---|---|
| Robin Ladauge | Préparateur physique de l'équipe de France U18 | Révoqué de la fonction publique |
| Stéphane Cambos | Ex-manager de l'équipe de France U18 | Suspendu deux ans, dont un ferme |
| FFR (Fédération Française de Rugby) | Institution | Enquête interne diligentée, mise à pied provisoire du staff |