Le match Palestine-Israël : Une histoire complexe de sport, de politique et de solidarité

Depuis que les provocations de l’extrême droite israélienne à Jérusalem-Est ont relancé les affrontements entre l’armée et le Hamas, on constate une fois de plus l’importance des regards indépendants sur place, c’est-à-dire souvent de correspondants d’agence de presse et de médias de la presse écrite.

Leurs dépêches et leurs papiers démontent les mensonges du gouvernement de Benyamin Nétanyahou, largement relayés sans nuance - tout particulièrement en France par une partie des médias audiovisuels - par les partisans d’Israël qui forment un vaste lobby politique et médiatique que nous décrivons depuis plusieurs semaines.

Le match semble inégal, tant le rouleau compresseur de la propagande est massif. Trois journalistes ayant couvert Israël-Palestine, de trois rédactions, à trois périodes différentes racontent, en demandant le strict respect de leur anonymat, les coups de fil intempestifs, les menaces à peine voilées, le double jeu de leurs rédactions en chef.

Comme la plupart des envoyés spéciaux et correspondants en Israël, ils saluent la fluidité du travail dans ce pays : la presse y est diverse, les sources nombreuses et ouvertes, les sujets variés.

Seules les informations concernant « la sécurité nationale » sont soumises à un comité de censure militaire et parfois interdites de publication, principalement pour empêcher l’identification de soldats dans les médias audiovisuels.

Mais cela concerne essentiellement une presse israélienne souvent pugnace et qui le reste, malgré les grandes manœuvres de Benyamin Nétanyahou et de ses amis milliardaires des médias pour la normaliser.

De nombreux correspondants du Monde, de Libération, ou d’autres rédactions ont publié à leur retour d’Israël des ouvrages souvent aussi passionnants que critiques sur la société israélienne.

Le problème est donc moins en Israël, « on y travaille bien, les gens ont l’habitude de la presse, on peut aller partout, tout est ouvert, dit par exemple René Backmann longtemps au Nouvel Observateur et aujourd’hui à Mediapart. C’est en France qu’on nous emmerde ».

Israël cherche depuis longtemps à normaliser son image à l’international, mais enfin le problème ce n’est pas tant Nétanyahou que ses relais en France.

Quand on fait un reportage en Cisjordanie, ils se déchaînent sur les réseaux et sur leurs sites, nous accusent d’antisémitisme, de fake news, ce sont des délires complets.

Le problème pour nous dans l’audiovisuel, c’est que contrairement à la presse écrite qui n’a pas de surveillance externe, nous sommes suivis par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Ses membres n’y connaissent rien, ils ne savent même pas comment on travaille, mais ils considèrent qu’on doit « veiller à un traitement équilibré du conflit » et peuvent nous adresser des « mises en garde ».

Je suis allé souvent en Israël et en Palestine, même si ce n’était pas le cœur de mon travail. J’y suis allé pour la première fois, il y a plus de vingt ans, pour un voyage de découverte organisé par l’American Jewish Committee de Paris (AJC).

Dans mon journal, je n’étais pas le premier ni le dernier à faire ce type de voyage, c’était entièrement organisé, tous frais payés.

L’AJC invitait d’ailleurs toutes sortes de confrères, pas seulement des reporters des services étrangers, mais aussi des éditorialistes, des rédacteurs en chef, des « rubriquards ».

Aujourd’hui, Israël et la Palestine sont plus imbriqués que jamais, des réalités non pas parallèles, mais empilées, des destins comme menottés.

Alors que les colons s’enracinent, donnant à la Cisjordanie des airs de Texas casher, un Trumpland bis où des cow-boys à kippa laineuse rejouent le mythe de la frontière avec pick-up et M16 face à des Indiens d’Arabie, le maçon de Jénine fait son beurre sur les chantiers de Tel-Aviv, par-delà le mur franchi avec ou sans permis.

Reçu quelques semaines plus tard par Dominique Vidal à l’Institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (Iremmo) [5] pour raconter une expérience professionnelle de trois ans, Gendron déplore, comme tous les journalistes français couvrant l’actualité à Tel-Aviv, Jérusalem et Ramallah, le harcèlement de quelques zélotes dévoués à la défense d’Israël… en France.

« Il y a une façon très organisée de gérer l’outrage, il y a des gens qui font cela toute la journée sur les réseaux sociaux », disséquer les reportages des correspondants pour de la soi-disant désinformation.

Entre « blancs » à l’antenne et mémoires fuyantes, le traitement médiatique de la relation France-Israël a beau être un « non-sujet », comme on me l’a rabâché de diverses manières ces derniers mois, il n’empêche que quelques vigies bien installées se chargent de régler le compte des journalistes qui ne font que leur devoir, c’est-à-dire informer : le journaliste Clément Weill-Raynal et son site InfoEquitable, l’avocat Gilles William Goldnagel qui écume les nombreux plateaux de la droite audiovisuelle, et l’inévitable député Meyer Habib, très souvent à la manœuvre pour harceler les journalistes, et qui est lui un habitué de I24News.

Pour eux, contre toute raison et simple sens de l’observation, la diabolisation d’Israël est terrifiante dans la presse française.

Ils réclament une information « équilibrée », comme si ce terme avait en sens.

« Ils ont une idée fausse de l’information "équilibrée" qui pour eux doit être systématiquement favorable à Israël », explique un confrère en poste à Jérusalem.

Plusieurs journalistes rappellent la célèbre formule attribuée à Jean-Luc Godard définissant l’objectivité à la télévision : « Cinq minutes pour les juifs, cinq minutes pour Hitler ».

L’un d’eux m’assure que Meyer Habib l’a lourdement transformée, pour critiquer sa couverture de la Palestine, en « Cinq minutes pour les juifs, cinq minutes pour Israël ».

Pourtant, ceux que Piotr Smolar, ancien correspondant du Monde à Jérusalem, qualifie de « fourmis haineuses » « finissent par provoquer l’omerta.

Je l’ai entendu maintes fois de copains, ils ont de plus en plus de mal à bosser, on leur dit : “Tu crois que cela vaut la peine, la Palestine ?

Après son reportage sur la mort de cet enfant palestinien de 12 ans tué par des snipers israéliens à Gaza en 2000, Charles Enderlin, correspondant de France 2, a subi une longue guérilla publique et judiciaire.

Mais la blessure fut profonde et la rumeur persistante. Se faire traiter de manipulateur, de menteur, entendre « À mort Enderlin » lors de rencontres publiques fut terrible pour ce journaliste.

Et si son employeur l’a soutenu tout au long de la procédure, ainsi que sa rédaction qui a presque unanimement signé une pétition initiée par le SNJ, « Charles a cependant rapidement été mis à l’écart et n’a pas eu la vie facile », raconte Dominique Pradalié, secrétaire générale du SNJ et l’une de ses ex-consœurs à France 2.

« Les chefferies » des journaux, pour reprendre le mot de Dominique Pradalié, n’ont pas manifesté la moindre solidarité à l’égard de Charles Enderlin.

Alors que le devoir d’informer était alors en jeu, sur la Palestine, mais pas seulement.

Signe des temps ? De plus, d’autres procès enclenchés par les pro-Israéliens, notamment contre Edgar Morin, Danielle Sallenave et Samïr Naïr (acquittés par la Cour de cassation au nom de la liberté d’expression pour une tribune dans Le Monde en 2002) ou Daniel Mermet alors sur France Inter (lui aussi acquitté) ont certes fait chou blanc, mais ont fini par convaincre les rédactions en chef qu’il fallait mieux se tenir à l’écart.

Tout le monde gagnait en justice contre les pro-israéliens, et pourtant, ironie amère, ils sortaient vainqueurs des polémiques pourries qu’ils initiaient.

Désormais donc, silence dans les rangs. On l’a déjà écrit ici, l’omerta s’est imposée, beaucoup d’informations ne passent tout simplement plus.

L’info du site américain The Daily Beast a largement été reprise aux États-Unis, au Royaume-Uni… et en Israël.

Pas en France, où les médias audiovisuels semblent encore plus timorés sur Israël que la presse écrite, parce que leurs chefs sont plus frileux, ou davantage pro-israéliens.

De fait, la plupart des voix critiques sont rarement présentes sur les plateaux.

Rony Brauman, franco-israélien comme Charles Enderlin, témoigne comme bien d’autres qu’on ne « l’invite plus dans les médias, je suis persona non grata à part sur France 24.

Une fois on m’a invité après un dossier de « Complément d’enquête » sur les juifs et Israël.

« Il est permis de critiquer Israël en France, on ne va pas en prison pour cela. Mais si on critique Israël on va avoir les amis d’Israël sur le dos, et ils sont nombreux, les soutiens d’Israël, explique un ambassadeur de France en retraite.

Cette vidéo t'explique le conflit historique entre Israël et Palestine

Un match historique : Palestine contre Jordanie

En octobre, l'équipe nationale de football palestinienne a rencontré son homologue jordanienne au stade de Ram, marquant le premier match international à domicile pour la Palestine à Jérusalem. Cet événement a été perçu comme une kermesse nationaliste, symbolisant les retrouvailles de l'équipe nationale et de ses supporters.

Joseph Blatter, le président de la FIFA, et le président palestinien Mahmoud Abbas ont assisté à cet événement historique. Rami Rabi, défenseur latéral de l'équipe, a souligné l'importance de prouver au monde que la Palestine existe et n'est pas seulement synonyme de violence.

Officiellement, la sélection palestinienne a vu le jour en 1934, à l'occasion d'un match contre l'Egypte, au Caire, comptant pour les qualifications de la Coupe du monde prévue cette même année à Rome.

Sous l'influence des occupants britanniques, le ballon rond avait fait de nombreux adeptes en Terre sainte.

Futur chef de la délégation palestinienne à la conférence de paix de Madrid, en 1991, Haïdar Abdel Shafi, décédé en 2007, fut l'un des meilleurs joueurs de l'époque.

Mais ce 16 mars 1934, l'équipe qui se fait étriller 7-1 par les Egyptiens est composée exclusivement de footballeurs juifs, et la musique jouée en ouverture est l'Hatikva, l'hymne officiel du mouvement sioniste.

Aucun joueur arabe ne participera aux quatre autres matches joués par la sélection palestinienne avant la guerre de 1948-1949 et la création de l'Etat d'Israël.

Et pour cause : la Palestine Football Association (PFA), créée en 1928 et adoubée l'année suivante par la FIFA, ne comptait que des juifs dans son conseil d'administration.

Les véritables débuts de l'équipe palestinienne de football datent d'un match contre la Syrie, à Damas, en 1946.

Suivent cinquante années de tribulations, indexées sur l'histoire du mouvement national palestinien.

Des sélections, composées de réfugiés et patronnées par l'OLP, se produisent sur divers terrains arabes.

Une nouvelle fédération en exil est formée en 1962.

C'est finalement en octobre 1993, dans la foulée de la poignée de main Rabin-Arafat sur la pelouse de la Maison Blanche, que la Palestine parvient pour la première fois à jouer sur son sol.

Un match plein d'émotions, sur un terrain de fortune de Jéricho, l'oppose aux anciennes stars de l'équipe tricolore - Platini, Giresse, Tigana - réunis au sein du Variétés Club de France.

En 1998, la Palestine fait enfin son entrée dans la FIFA.

Un rang qu'elle honore l'année suivante avec une médaille de bronze inattendue aux Jeux panarabes de Jordanie.

Mais les ennuis reprennent avec le début de l'Intifada en 2000.

Sa dernière victoire remonte au mois d'avril 2006 (4-0 contre le Cambodge).

La sélection atteint son meilleur classement FIFA : 115e.

Depuis le début de l'année, l'équipe n'a joué que deux fois.

Du coup, les pronostics pour le match de dimanche sont prudents.

D'autant que six des habitués de l'équipe, dont le capitaine Saëb Jendeya, sont bloqués à Gaza.

"Un match nul, ce serait bien", dit le coach Izzat Hamzeh, avant d'ajouter : "Le résultat ne compte pas. C'est l'événement qui importe..."

Carte de la Palestine

Mahmoud Sarsak : Un footballeur palestinien entre les barreaux

Pendant que l'Euro bat son plein, un autre match, autrement plus important, se joue en Israël. Espoir de toute une nation, le footballeur palestinien Mahmoud Sarsak serait aujourd'hui entre la vie et la mort, enfermé dans une prison israélienne.

Le considérant comme un "combattant ennemi", les forces israéliennes l'arrêtent sur-le-champ, avant de le placer en détention administrative.

Cette disposition spécifique, héritée du mandat britannique sur la Palestine, permet à l'État hébreu d'incarcérer sans inculpation ni jugement un suspect pour une période de six mois, renouvelable indéfiniment.

Outre Mahmoud Sarsak, deux autres joueurs palestiniens, le gardien de l'équipe olympique Omar Abou Roïs, 23 ans, et Mohammad Nimr, 22 ans, qui joue pour le club du camp de réfugiés d'al-Amari à Ramallah, ont tous deux été arrêtés en février par l'armée israélienne.

Ils sont depuis "détenus sans inculpation ni jugement".

Depuis, c'est le néant... jusqu'au 19 mars dernier. Craignant de tomber dans les oubliettes de l'histoire, le joueur recourt à la dernière arme de prisonniers palestiniens : la grève de la faim.

Mahmoud Sarsak se joint aux quelque 1 600 détenus palestiniens réclamant l'abolition de la détention administrative et de l'isolement carcéral, deux pratiques considérées comme illégales au regard du droit international.

Après une médiation de l'Égypte, Israël accède finalement aux revendications des prisonniers palestiniens, en échange d'un engagement signé de "s'abstenir de tout acte de terrorisme" ainsi que de toute nouvelle grève de la faim.

N'ayant obtenu aucun engagement écrit de la fin de sa détention administrative, Mahmoud Sarsak a de nouveau cessé de s'alimenter, se limitant à l'absorption de glucose et de vitamines.

Pour la première fois depuis le début de sa grève de la faim, un médecin indépendant (de l'ONG israélienne Médecins pour les droits humains-Israël, NDLR) a été autorisé à lui rendre visite le 6 juin dernier.

Le message n'est pas resté lettre morte. Le même jour, le président de la Fifa, Joseph Blatter, qui n'est pourtant pas réputé pour son courage, a exhorté la Fédération israélienne (IFA) à intervenir en faveur des joueurs palestiniens "détenus de manière prétendument illégale", évoquant le sort de Mahmoud Sarsak.

Jeudi, c'est le président de la Fédération palestinienne de football (PFA), Jibril Rajoub, qui a demandé à l'UEFA de sanctionner Israël en lui retirant l'organisation de l'Euro des moins de 21 ans en 2013.

La Palestine à la Coupe d’Asie des nations de football

“Depuis trois mois, constate Al-Jazeera, l’équipe de Palestine s’entraîne ensemble, mange ensemble, joue ensemble et assiste, de loin, à la tragédie en cours dans la bande de Gaza.”

L’entrée en lice de la sélection palestinienne à la Coupe d’Asie des nations de football, vient ponctuer une préparation “menée à l’ombre de la guerre” entre Israël et le Hamas, résultat du massacre par le groupe islamiste de 1 200 Israéliens (dont 700 civils), le 7 octobre dernier.

“Ce n’est pas la meilleure situation pour jouer ou tout simplement vivre, souffle le gardien de but Rami Hamadi auprès du site panarabe sis à Doha. Notre esprit est avec notre peuple.”

Pour le coup d’envoi de leur troisième participation d’affilée à la compétition, les Palestiniens affrontent l’Iran, l’une des meilleures équipes du continent.

“Il pourrait y avoir des scènes émouvantes au Qatar, où se déroule le tournoi, surtout si l’équipe parvient à remporter la première victoire de son histoire en Coupe d’Asie, s’enthousiasme The Observer, à Londres.

C’est le premier objectif de la sélection, même si le groupe, où figurent aussi les Émirats arabes unis et Hong Kong, paraît compliqué.”

Parmi les 23 joueurs présents sur le sol qatari, deux seulement sont originaires de la bande de Gaza.

Au moins 71 footballeurs tués Car impossible, même dans le refuge qu’offre un terrain de football, d’échapper aux tensions géopolitiques.

Membre de la Fifa depuis 1998, “l’une des plus importantes arènes où la Palestine est reconnue à l’échelle internationale”, la fédération palestinienne a d’ailleurs fustigé, par la voix de sa vice-Présidente Susan Shalabi, le silence de l’instance face aux morts et aux dégâts matériels “alors qu’elle a réagi rapidement à l’invasion russe de l’Ukraine”.

Au Qatar, la 99ᵉ nation au classement international “sera sans doute galvanisée par la situation tragique à Gaza”, veut croire The Observer.

Le dernier match de poule contre les Hongkongais (23 janvier), 150ᵉ équipe mondiale, offre la meilleure occasion d’écrire l’histoire.

“Malgré les circonstances, la Palestine peut même s’inspirer de l’Irak, lance Al-Jazeera. En 2007, alors que le pays brûlait, l’équipe nationale était parvenue à remporter la compétition contre toute attente.”

Victoire historique de la Palestine à la Coupe d’Asie

À plus de 2 000 kilomètres de Gaza, une victoire va donner du baume au cœur à tous les Palestiniens. Leur équipe nationale s'est imposée 3-0 ce mardi 23 janvier à Doha en match de groupe de la Coupe d’Asie des nations.

Grâce à cette victoire, les Palestiniens terminent troisième de leur groupe composé de Hong-Kong, les Émirats arabes unis et l'Iran.

Avant la rencontre, une minute de silence dédiée aux victimes de la violence avait été perturbée par les cris de "Libérez la Palestine !".

La Palestine a doublé la mise juste après la pause (48e) par Zeid Qunbar, sur une nouvelle passe décisive de Battat depuis son côté droit.

Match amical : Palestine contre Pays basque

Les footballeurs palestiniens, symboles d'un sport dévasté par deux ans de conflit à Gaza, ont disputé un match amical contre l'équipe du Pays basque. La soirée fut riche en émotions. Les joueurs palestiniens brandissant une banderole de remerciement envers le Pays basque.

Les deux équipes, unies par une quête d'indépendance encore inassouvie, ont célébré côte à côte, en se tenant par les épaules, sur la pelouse de San Mamés, devant plus de 50.000 spectateurs. Et la soirée, riche en émotions, s'est terminée comme elle avait commencé, avec un message clair: le Pays basque soutient et soutiendra toujours la Palestine.

Avant le coup d'envoi, un bandeau circulant sur les panneaux publicitaires de l'antre de l'Athletic Bilbao avait résumé la quête de la sélection palestinienne: "Dignité, liberté, paix".

"Je ne peux que remercier chacun d'entre vous. Plus de 50.000 personnes nous ont témoigné leur solidarité. Nous avons disputé un match historique pour défendre le peuple palestinien et son droit à l'existence", a réagi après la rencontre le sélectionneur palestinien, Ehab Abou Jazar, très ému.

Jagoba Arrasate, le sélectionneur basque, a lui aussi exprimé son immense émotion: "Parler de football n'est pas facile, car il passe au second plan. Nous étions tous submergés par l'émotion de soutenir la Palestine. Je suis fier du cœur dont a fait preuve le Pays basque. Nous voulons transmettre cette image au monde entier. Ce fut un moment inoubliable. Les joueurs savaient qu'ils allaient vivre une expérience unique et sont incroyablement fiers. Ils s'en souviendront toute leur vie."

Contrairement à leur coach, la plupart des joueurs palestiniens sélectionnés n’ont jamais mis les pieds dans la bande de Gaza. Ils jouent au Qatar, au Chili, en Islande, ou aux États-Unis.

Match amical entre le Pays basque et la Palestine

Racisme et tensions dans le football israélien

Pris au piège entre le massacre et la guerre à Gaza, les deux millions d’Arabes israéliens, qui se définissent comme des Palestiniens citoyens d'Israël, naviguent comme ils peuvent dans une société désormais extrêmement polarisée. Leur club étendard, le Bnei Sakhnin est devenu l'équipe de football la plus détestée d'Israël. Chants et cris racistes accompagnent ses joueurs dans tous les stades du pays.

Cyclisme et politique : Les défis d'Israel-Premier Tech

Sylvan Adams est un personnage incontournable du cyclisme israélien, donateur et promoteur de la discipline dans son pays. Proche du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, Sylvan Adams est le copropriétaire de l'ex-équipe Israel-Premier Tech (IPT), qui va être « rebrandée » pour retrouver son nom d'origine - Cycling Academy - en World Tour, l'année prochaine, et sous licence désormais canadienne.

Un virage sémantique qui fait suite aux incidents à répétition sur la Vuelta, perturbée à de nombreuses reprises par des manifestations pro-palestiniennes ou anti-israéliennes, selon le point de vue des observateurs, tout au long de son parcours.

Autant de polémiques et de blocages qui ont poussé Adams à se mettre en retrait.

En basket, l'Euroligue a fixé « au 1er décembre la date de reprise des matches en Israël »

En football, la sélection nationale espère retrouver son stade Ramat-Gan (ou bien le stade Bloomfield, à Tel-Aviv) en début d'année prochaine, puisque deux matches amicaux sont prévus en mars.

À l'extérieur, les footballeurs israéliens et leurs instances doivent, eux aussi, composer avec des manifestations récurrentes en soutien à la Palestine et son peuple en immense souffrance.

Pour leurs matches « à domicile », les clubs et la sélection évoluent également en Europe de l'Est (Hongrie, Serbie), où l'importation du conflit et les tensions politiques et communautaires qu'elles engendrent sont beaucoup moins fortes dans les populations locales.

Les obstacles à la normalisation sportive

Ces voeux de « normalisation » se heurtent encore à de fortes résistances : les six athlètes israéliens qui auraient dû participer aux récents Championnats du monde de gymnastique artistique à Jakarta, en Indonésie ont vu leur visa annulé au dernier moment.

Une décision justifiée, par le gouvernement indonésien, par sa « politique fermement établie de ne pas avoir de contact avec Israël tant qu'il ne reconnaîtra pas l'existence d'une Palestine libre et souveraine ».

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