Le XV de France a terrassé les All Blacks (27-13), vendredi au Stade de France, en match d'ouverture de la Coupe du monde. De par le monde, les médias ont commenté la victoire tricolore. La presse internationale, surtout celles des pays où le rugby existe à haut niveau, a commenté la victoire des Français (et la première défaite néo-zélandaise en phase de poules dans l'histoire du Mondial).
L'équipe de France a superbement débuté la Coupe du monde vendredi, en dominant les All Blacks (27-13). Les médias néo-zélandais ont déploré la défaite historique des All Blacks.

Le XV de France face aux All Blacks. Crédit: Le Monde
Les réactions dans le monde
En Afrique du Sud, le Sunday Times a écrit que la France avait ouvert la Coupe du monde « en beauté » et était « sur la bonne voie ». En Australie, le Sydney Morning Herald a évoqué de « formidables Français qui ont lancé la fête de la Coupe du monde avec un match d'ouverture qui a donné des frissons ».
Pour le Daily Telegraph, les Bleus ont « condamné » les Néo-Zélandais à leur première défaite en phase de poules de Coupe du monde. Le Guardian, lui, a évoqué une équipe de France qui a donné aux All Blacks « un avant-goût de leur propre médecine ».
En Argentine, Clarin a déclaré : la France a fait « preuve de caractère » et signé une « solide victoire ». « La Coupe du monde, quel début ! », a titré la Gazzetta dello Sport en Italie. Enfin ESPN, aux États-Unis, a écrit : « Fantastique : la France trouve son rythme pour ouvrir la Coupe du Monde en beauté ».
La presse néo-zélandaise entre humour et déception
« Sacre Bleu » a titré le New Zealand Herald sur sa page de garde consacrée à la Coupe du monde. Le média néo-zélandais a aussi joué la carte de l'humour pour expliquer la défaite des All Blacks : seulement un match de poules, des joueurs blessés, etc... Il a également proposé un autre article : « Les raisons de croire que les All Blacks sont toujours des prétendants à la Coupe du monde ».
Le Herald Sun, basé à Melbourne, a titré « Bienvenue dans la nouvelle réalité du rugby : les faiblesses des All Blacks dévoilées » et s'est également penché sur une comparaison avec le XV d'Australie : « Ce que les Wallabies devraient retenir de la défaite des All Blacks ».
L'Angleterre souligne la force du XV de France
Du côté de l'Angleterre, le Times a écrit que la France avait d'abord été « en-dessous de la moyenne » puis « bien trop forte » pour les All Blacks.
Tournée de l'été 2024 : des Bleus critiqués après une défaite à Wellington

Le XV de France à l'entraînement avant de rencontrer les All Blacks. Crédit: Onze Mondial
Après la claque reçue à Wellington face aux All Blacks (43-17), le XV de France a fait l'objet de critiques de la part d'une presse étrangère et français pas forcément tendre. La presse néo-zélandaise, mais aussi française, ne s’est pas montrée tendre envers le XV de France après sa défaite face aux All Blacks.
Gifle monumentale en terre néo-zélandaise : les All Blacks ont pulvérisé le XV de France à Wellington (43 à 17), signant au Sky Stadium une « masterclass collective », selon le site internet Stuff.co.nz. Une démonstration de force qui scelle la série et relance dans la presse étrangère un débat bien plus vaste que celui du simple score : que vaut l’équipe de France de l’été ?
Après une première manche accrochée à Dunedin (31‑27), les Blacks ont donc haussé le ton à Wellington. Résultat : six essais, une domination physique écrasante et une intensité défensive qui a étouffé les Bleus.
Pour l’Irish Examiner, c’est simple : « New Zealand hit their stride » ; autrement dit, les All Blacks ont déroulé. Implacables, tranchants, impitoyables. Dans le Sydney Morning Herald, on souligne l’évidence : la France s’est une nouvelle fois présentée face aux All Blacks avec « une équipe B, voire C ».
Le NZ Herald, de son côté, enfonce le clou : les Bleus ont été « battus à leur propre jeu », dit le quotidien de référence en Nouvelle-Zélande. L’analyse va au-delà des chiffres : une conquête défaillante, des rucks mal gérés et un plan de jeu inexistant, aux yeux des critiques.
Le Guardian, un quotidien britannique, conclut avec lucidité : « La rivalité France-Nouvelle-Zélande est faite de chocs titanesques et de coups d’éclat. Les Bleus, capables du pire comme du sublime, sont au bout du monde vus comme les trublions capables de faire tomber les empires. Mais à Wellington, ils sont tombés sur un mur. Et cette fois, la réflexion s’impose pour le rugby hexagonal. Ce n’est pas juste une défaite, c’est un coup d’arrêt. La France, en mode expérimental, a explosé face à une équipe des All Blacks en mission.
La presse pas tendre envers le XV de France
« Les All Blacks ont infligé une victoire écrasante à la France », titre The New Zealand Herald, soulignant bien il se doit que les Bleus alignaient une « équipe résolument inexpérimentée », sujet dont s’est nourrie depuis des semaines la presse locale.
« La décision de la France de remanier son équipe s’est retournée contre elle. Là, elle a été complètement surclassée par une impitoyable équipe des All Blacks. Galthié doit assumer une grande part de responsabilité de cette défaite après avoir effectué 10 changements ahurissants dans son XV de départ après une première performance impressionnante », résume de son côté Stuff.
« Une équipe néo-zélandaise plus vive et plus clinique a surclassé une équipe française qui manquait du même tranchant qu’à Dunedin. […] De toute évidence, ce qui avait si bien fonctionné la semaine précédente a tourné au chaos : touches brouillonnes, plaquages manqués, collisions molles, coups de pied perdus », indique Rugby Pass.
Planet Rugby, lui, qui reconnaît que le XV de France s’est « effondré », n’a pas manqué de tacler les commentateurs néo-zélandais pour leur « manque de respect » envers les joueurs français.
« Les Bleus ont pris une leçon de violence pure. Arrivés bouffis d’espoir, ils ont finalement été broyés par une armée noire redevenue impitoyable », écrit Midi Olympique dans une analyse d’après-match. « Dans la capitale néo-zélandaise, les Bleus ont été fessés, culs nuls, par une équipe revancharde et ayant partiellement gommé les errements du premier test ».
Victoire de prestige au Stade de France en 2024
Sous l'eau pendant la première demi-heure, le XV de France a montré une belle résilience pour finalement signer une victoire de prestige contre la Nouvelle-Zélande (30-29) au terme d'une fin de match dingue, samedi au Stade de France. De quoi enflammer la presse française, tandis qu'en Nouvelle-Zélande, on commence à parler de malédiction.
Ce fut un combat de chaque instant. Mené à la pause (10-17), le XV de France a fini par renverser la situation pour décrocher une troisième victoire consécutive face aux All Blacks, samedi au Stade de France (30-29), au bout de l'effort et du suspense.
D'abord asphyxiés par des Néo-Zélandais revanchards après leur défaite en ouverture de la Coupe du monde il y a un an (13-27), les hommes de Fabien Galthié ont fait preuve d'orgueil et de courage pour, dans un premier temps, ne pas couler, puis ne pas céder à la toute fin du match, alors que les All Blacks étaient revenus à un petit point.
La presse française euphorique
« En gros caractère », titre ce dimanche L'Equipe dans son édition du jour pour parler de cet exploit majuscule, évoquant une « partie magnifique, monstrueuse d'intensité et indécise jusqu'au bout ».
De son côté, Le Parisien parle d'un « succès de prestige » et d'« un point d'honneur » (en référence au score) qui a permis aux Bleus de faire « chavirer » le Stade de France. Là aussi, le quotidien évoque « un mental à toute épreuve » et « la solidité des leaders » du XV de France.
« Quel pied ce fut! », « un match d'une beauté à couper le souffle », s'enthousiasme quant à lui le Midi olympique après la victoire « héroïque » des Bleus. Cette rencontre « eut ainsi à la fois la beauté du diable et le chic d'une soirée de la Belle Epoque », image le « Midol ».
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La presse néo-zélandaise et la "malédiction" du Stade de France
Dans la presse néo-zélandaise, point de superlatifs mais de l'humour pour évoquer la troisième défaite consécutive des All Blacks face aux Français. « C'est sûrement ridicule de penser qu'un terrain de rugby puisse être hanté mais... », entame le New Zealand Herald en faisant allusion au Stade de France.
Controverse autour de la composition de l'équipe de France
Attendue de longue date au pays du long nuage blanc, la tournée estivale d’un XV de France largement remanié, qui affronte la Nouvelle-Zélande, samedi, pour le premier de trois test-matchs, suscite une vive controverse.
Restant sur une série de trois défaites consécutives face aux Français, dont celle en match d’ouverture de la Coupe du monde 2023, en France (27-13), les Néo-Zélandais ont toutes les raisons de vouloir prendre leur revanche. Pourtant, à l’heure de ces retrouvailles, un mélange d’amertume et de résignation prédomine parmi les fans de l’équipe à la fougère.
Comme chaque été, la Fédération française de rugby (FFR) a choisi de laisser ses joueurs dits « premium » - à savoir ses têtes d’affiche - au repos après une saison éprouvante, et de faire sa tournée estivale avec un effectif largement remanié. Face à une formation que beaucoup présentent comme « bis », voire « expérimentale », les All Blacks savent qu’une éventuelle victoire sera moins éclatante en raison de l’absence des emblématiques Antoine Dupont, Damian Penaud, Thomas Ramos ou encore Grégory Alldritt.
Et au pays du long nuage blanc, la colère croît face à cette affiche démonétisée, ce qu’assume l’encadrement tricolore. « Cela fait cinq ou six ans que l’équipe de France fonctionne ainsi, explique Abdelatif Benazzi, vice-président de la FFR chargé de l’international. Nous alignons les joueurs les plus en forme, point. Ce n’est en aucun cas un manque de respect envers nos adversaires. »
La décision française, liée à un problème de calendrier surchargé pour les joueurs internationaux du Top 14, crée des crispations, car ces rencontres revêtent une importance qui dépasse le cadre sportif en Nouvelle-Zélande. Là-bas, chaque test-match représente un événement national, essentiel à l’équilibre financier du rugby local.
Dans la presse néo-zélandaise, l’indignation est perceptible. « Ils sont furieux, car cela dévalorise une méga série et leur capacité à la commercialiser », a déclaré le journaliste Will Kelleher sur X. NZR a dû revoir ses ambitions à la baisse : adieu l’emblématique enceinte de l’Eden Park d’Auckland et ses 50 000 places. Les matchs face aux Bleus « bis » se dérouleront dans des stades de moindre capacité, comme celui de Dunedin (30 000 places), samedi.
« Malheureusement, on ne peut pas faire mieux », a répondu, jeudi en conférence de presse, le sélectionneur français, Fabien Galthié, déclarant « comprendre » les critiques néo-zélandaises - d’autant que la France est la « seule nation » à se priver de ses cadres lors de la tournée d’été, a-t-il précisé.
Fractures entre deux modèles de rugby
Au-delà des tensions qu’elle provoque, cette controverse illustre les fractures entre deux modèles de rugby. Dans l’hémisphère Sud, les fédérations nationales conservent la mainmise sur l’ensemble du système, des clubs aux sélections, avec une priorité assumée : aligner les meilleurs joueurs en équipe nationale à chaque échéance majeure. Une stratégie dont pâtissent les clubs, aux antipodes de la puissance du Top 14, considéré comme le meilleur championnat de la planète.
En Europe, en effet, où les saisons s’étendent sur près de dix mois, les compétitions nationales occupent une place prépondérante, et les joueurs bénéficient de conventions collectives encadrant strictement leur temps de jeu. « Nous n’avons pas une fédération toute-puissante. Nous avons une ligue professionnelle autonome et une fédération chargée des internationaux, insiste Abdelatif Benazzi. Notre première responsabilité est de préserver les joueurs » - en faisant en sorte qu’ils ne disputent pas plus de 25 matchs par saison (ou 2 000 minutes de temps de jeu), limite fixée aux joueurs partis en Nouvelle-Zélande.
Un an après leur tournée obscurcie par les affaires extrasportives en Amérique du Sud - propos racistes de Melvyn Jaminet et accusations de viol visant Oscar Jegou et Hugo Auradou -, les Bleus du XV de France se frottent, samedi, à l’un des plus grands défis du rugby mondial : affronter les All Blacks sur leurs terres. En espérant que ce choc symbolique ne s’apparente pas à un rendez-vous manqué.
Composition des équipes
Pour le premier test-match du XV de France face aux Néo-Zélandais, samedi 5 juillet, Fabien Galthié a choisi d’aligner une équipe jeune et peu expérimentée, avec plusieurs joueurs qui découvriront le haut niveau international. Mais des cadres comme le capitaine Gaël Fickou ou l’ailier toulonnais Gabin Villière, finalement remis de sa gêne au genou, seront là pour encadrer les novices.
- France : Attissogbe - Spring, Gailleton, Fickou (cap.), Villière - Segonds, Le Garrec - Tixeront, Guillard, Fischer - Duguid, Auradou - Slimani, Barlot, Beria.
- Remplaçants : Bourgarit, Mallez, Montagne, Taofifenua, Woki, Van Tonder, Jauneau, Hastoy.
- Nouvelle-Zélande : Jordan - Reece, Proctor, Jordie Barrett, Ioane - Beauden Barrett, Roigard - Savea, Lio-Willie, Vaa’i - Holland, Scott Barrett (cap.) - Newell, Taylor, De Groot.
- Remplaçants : Taukei’aho, Norris, Tosi, Finau, Kirifi, Ratima, Tupaea, McKenzie.