Un nouvel épisode s'est ajouté au conflit interminable entre beIN Sports et LFP Media concernant les droits TV du championnat de France de Ligue 1. Ce désaccord a des implications majeures sur la diffusion des matchs et les finances du football français.
Dans le paysage des droits TV du championnat de France, Ligue 1+ prendra la relève de DAZN, avec un lancement prévu le 15 août pour l'affiche d'ouverture de la saison entre Rennes et l'OM.
Droits TV & Ligue 1 : l'histoire d'un naufrage
Les Enjeux Financiers et les Désaccords
Selon une information de l’Equipe, beIN Sports et la LFP ont trouvé un accord concernant l’affiche de Ligue 1 acquise par le diffuseur jusqu’en 2029, pour un montant de 98,5 millions d’euros annuels. Cette somme se répartit ainsi : 78,5 millions d’euros de droits + 20 millions de sponsoring. Selon le quotidien, les deux parties ont enfin signé un contrat que beIN refusait de parapher depuis le début de saison, payant régulièrement ses traites en retard. La chaîne franco-qatarienne devrait ainsi rapidement payer celles de janvier.
La raison du désaccord ? beIN estimait être lésé dans le deal des droits TV face à DAZN, qui diffuse pour 375 millions par saison les 8 autres rencontres de chaque journée, et notamment sur la qualité des matchs qui lui étaient réservés. Si beIN devait avoir chaque journée l’un des deux premiers choix de rencontres, il s’avérait, selon la chaîne, que la programmation faite par la LFP lui offrait la diffusion d’une rencontre qui n’était pas de cette qualité-là.
Par ailleurs, beIN a obtenu de la Ligue de pouvoir co-diffuser ses rencontres sur d’autres chaînes payantes. Il a ainsi été décidé que beIN Sports pouvait simplement le faire avec DAZN s’il le souhaitait jusqu’à la fin de la saison.
La situation est toujours conflictuelle entre beIN Sports et LFP Media. Selon une information de l'Equipe, le groupe qatari a refusé de payer l'intégralité de sa deuxième traite à la Ligue en ce début octobre. Sur les 18 millions d'euros attendus, la chaîne a réglé 14 millions, procédant à une retenue de 4 millions comme lors de la première échéance le 5 août dernier.
En cette saison 2025-2026 de Ligue 1, beIN Sports possède toujours une seule affiche de la première division française, celle du samedi à 17h. La chaîne conteste toutefois les restrictions imposées dans son contrat, réclamant un total de 29 millions d'euros à LFP Media.
Dans son contrat avec LFP Media, beIN Sports dispose du choix 1 ou le choix 2 en alternance. Sur les 34 journées du championnat, le diffuseur n'a pas le droit de diffuser un même club plus de huit fois. Autre spécificité, la chaîne ne peut pas programmer la même équipe deux fois de suite. Selon beIN Sports, ces restrictions imposées du temps où DAZN était le diffuseur principal, n'ont plus lieu d'être.
beIN Sports et LFP Media ont chacun assigné l'autre camp devant le tribunal des activités économiques de Paris. Dans ce feuilleton, les deux camps ont mis du temps avant de se décider à aller sur le terrain juridique. Une audience doit se tenir à la fin du mois dans ce dossier.
Pour rappel, la filiale commerciale de la Ligue a décidé cette saison de lancer Ligue 1+, sa propre plateforme dont elle espère à terme tirer de forts revenus. La LFP diffuse huit matchs par journée, le neuvième étant par contrat sur beIN Sports. Dans un contexte particulier, Ligue 1 + va faire son lancement dans les prochains jours avant la reprise du championnat. Les tensions avec beIN Sports sont toujours vives et Canal+ n’hésite pas à prendre position pour la chaîne qatarie. Pour calmer cette situation, la LFP est prête à lâcher un peu de lest sur l’affiche du samedi à 17h, mais cela pourrait ne pas être suffisant. Jusqu’à la fin de la saison 2025-2026, beIN Sports va diffuser une rencontre de Ligue 1 par journée.
Les tensions s'intensifient
À l’approche du retour de la Ligue 1, le 15 août, la Ligue Professionnelle de Football fait face à de nouvelles tensions avec la chaîne beIN Sports. Distribution de la nouvelle chaîne, affiche du samedi à 17 h, refus de vendre les encarts publicitaires, la LFP est prise dans une tempête face à Canal+ et beIN Sport avant même son lancement de Ligue 1 +.
Dans une lettre adressée à Nicolas de Tavernost, directeur de LPF Média, le dirigeant de beIN Sports France, Yousef Al-Obaidly a demandé un traitement équitable. Le litige entre les deux parties porte notamment sur l’affiche du samedi à 17 h. Pour cette rencontre, le média qatari dépense 78,50 millions d’euros, ce qui actuellement représente la seule source de revenus de la LFP concernant les droits TV.
Encore un nouvel épisode dans ce feuilleton interminable des droits TV, dans lequel beIN et Canal veulent boycotter le lancement de la plateforme Ligue 1+… Cette fois, L’Equipe nous apprend que le groupe franco-qatari, qui aura une affiche par week-end la saison prochaine, n’a pas payé une partie du montant qu’il devait verser à la Ligue. Et pour cause, beIN conteste les impératifs qui étaient prévus dans son contrat avec la Ligue, notamment dans le choix des affiches.
BeIN a le premier choix un week-end sur deux et ne peut par exemple pas diffuser deux fois de suite le même club. BeIN Sports, diffuseur d'un match par journée de Ligue 1 jusqu'à la fin de la saison 2025-2026 au moins, a écrit à la Ligue pour lui demander un "traitement équitable" dans le contrat qui lie les deux parties.
"Ce que demande beIN Sports, ce n'est pas de nouveaux droits, ni une renégociation de contrat, c'est un traitement équitable pour l'investissement exceptionnel que nous réalisons actuellement (et depuis près de deux décennies) dans les droits de la Ligue 1, de la Ligue 2 et des matches internationaux français", a expliqué Yousef Al-Obaidly le dirigeant de beIN Sports en France dans un courrier adressé à Nicolas de Tavernost, directeur de LFP Media, consulté par l'AFP.
Jeudi, L'Equipe a révélé un bras de fer entre les deux parties à propos de l'affiche du samedi à 17 heures pour laquelle beIN s'acquitte de 78,5 millions d'euros annuel, assurant le seul revenu garanti à la LFP après la fin du contrat avec DAZN, principal diffuseur en 2024-2025. Pour cette affiche, la chaîne dispose du choix 1 ou du choix 2 en alternance, mais ne peut pas diffuser plus de huit fois la rencontre d'une même équipe dans la saison, ni programmer deux fois de suite le même club.
"Ces restrictions injustifiées et disproportionnées imposées à beIN Sports ne sont plus nécessaires compte tenu de la résiliation anticipée du contrat de LFP Media avec DAZN" poursuit dans la missive le dirigeant qatarien. Pour remplacer la plateforme britannique DAZN, LFP Media, la société commerciale de la LFP, va lancer sa propre plateforme baptisée Ligue 1 + le 15 août à la reprise du championnat.
Pressé par LFP Media de s'acquitter d'une échéance de 18 millions d'euros dus au 15 juillet pour les droits internationaux de la Ligue 1, beIN va la régler "très prochainement", a assuré à l'AFP une source proche des négociations.
On le sait, depuis plusieurs semaines, beIN Sports est en conflit ouvert avec LFP Media, la filiale commerciale de la Ligue, au sujet de son affiche de L1 (le samedi à 17h pour un montant de 78,5 millions d'euros annuels). Pour ce match, le diffuseur franco-qatarien a le choix 1 ou le choix 2 en alternance, mais des contraintes pèsent sur sa programmation. Il ne peut par exemple pas diffuser plus de huit fois la même équipe dans la saison. Ni programmer deux fois de suite le même club. Ce qui revient, de fait, à réserver 26 fois le PSG ou l'OM au diffuseur principal (la plateforme Ligue 1+).
beIN réclame une liberté totale pour exercer ses choix. Pour tenter de se faire entendre, le diffuseur n'a réglé, le 5 août, que 14 millions d'euros sur les 18 millions prévus pour la première échéance de paiement. Il a également assigné LFP Media devant le tribunal des activités économiques de Paris (ex-tribunal de commerce), en référé et sur le fond, pour contester les restrictions qui lui sont imposées depuis le début de la saison dernière et réclame, selon nos informations, 29 millions d'euros d'indemnités à LFP Media.
beIN Sports considère qu'il a été forcé d'accepter des contraintes de diffusion pour que son offre puisse être complémentaire à celle de DAZN, en début de saison dernière. Ce qu'il a toujours exprimé. Et estime que ces restrictions ont encore moins de raisons d'être maintenant que DAZN n'est plus le diffuseur principal de la L1 et a été remplacé par Ligue 1+.
Pour sa part, LFP Media a également assigné en référé beIN Sports devant de même tribunal des affaires économiques de Paris pour obtenir le paiement de l'intégralité de la première échéance. Selon nos sources, une audience est prévue le 25 novembre pour trancher ce qui peut l'être, avant une décision plus tard sur le fond du dossier.
Comme l'a révélé L'Equipe, les deux parties ont tenté de trouver un accord tout récemment pour sortir de cette guerre de tranchées. Une tentative de négociation a ainsi été menée. Elle a réuni, le 26 août, Nicolas de Travernost, le directeur général de LFP Media, accompagné de Jean-Christophe Germani, un des dirigeants du fonds CVC, et Yousef Al-Obaidly, le responsable de beIN Sports. Un rendez-vous suivi de discussions entre les avocats des deux camps pour entrer dans le détail des concessions qui pouvaient être envisagées.
Du côté de LFP Media, on était manifestement prêt à autoriser deux diffusions consécutives d'un même club, à relever à le plafond de 8 à 10 retransmissions de la même équipe (avec une co-diffusion des deux matches supplémentaires entre beIN et Ligue 1+) et à permettre plus de souplesse pour la case de diffusion. Mais cette ouverture n'a pas été jugée suffisante et aucun accord n'a pu être trouvé.
Si le fil n'est pas renoué d'ici la fin novembre, le tribunal sera chargé de trancher.
La chaîne franco-qatarienne beIN Sports n'a réglé qu'une partie de sa deuxième échéance pour son affiche de L1, comme elle l'avait fait pour la première traite. Elle conteste les restrictions de diffusion qui lui sont imposées.
Cela ne s'arrange pas entre beIN Sports et LFP Media, la filiale commerciale de la Ligue. Selon nos informations, le diffuseur franco-qatarien n'a versé qu'une partie de sa deuxième échéance pour son affiche du samedi après-midi (78,5 millions d'euros annuels), soit 14 millions d'euros seulement sur les 18 millions d'euros prévus le 5 octobre dans l'échéancier de paiement.
beIN Sports conteste vigoureusement les conditions de diffusion qui lui sont imposées. Pour ce match, le diffuseur a le choix 1 ou le choix 2 en alternance, mais des contraintes pèsent sur sa programmation. Il ne peut par exemple pas diffuser plus de huit fois la même équipe dans la saison. Ni programmer deux fois de suite le même club. Ce qui revient, de fait, à réserver par exemple 26 fois le PSG ou l'OM au diffuseur principal (la plateforme Ligue 1+ lancée le 15 août).
Cette retenue de 4 millions d'euros n'est pas une première puisque beIN Sports avait déjà procédé de la même manière pour sa première échéance, le 5 août. Le diffuseur a également assigné LFP Media devant le tribunal des activités économiques de Paris (ex-tribunal de commerce), en référé et sur le fond, pour contester les restrictions qui lui sont imposées depuis le début de la saison dernière et réclame, comme l'a révélé L'Equipe, 29 millions d'euros d'indemnités à LFP Media.
beIN Sports considère qu'il a été forcé d'accepter des contraintes de diffusion pour que son offre puisse être complémentaire à celle de DAZN, en début de saison dernière. Ce qu'il a toujours exprimé. Et estime que ces restrictions ont encore moins de raisons d'être maintenant que DAZN n'est plus le diffuseur principal de la L1 et a été remplacé par Ligue 1+.
Pour sa part, LFP Media a également assigné en référé beIN Sports devant le même tribunal des activités économiques de Paris pour obtenir l'intégralité des paiements. Une audience est prévue à la fin du mois pour trancher ce qui peut l'être, avant une décision plus tard sur le fond du dossier.
Le règlement du litige par le tribunal est devenu nécessaire car les négociations entre les deux parties ont échoué. Des discussions ont en effet eu lieu entre Nicolas de Tavernost, le directeur général de LFP Media, accompagné de Jean-Christophe Germani, un des dirigeants du fonds CVC, et Yousef Al-Obaidly, le responsable de beIN Sports le 26 août. Dans la foulée, les avocats des deux parties ont été mis à contribution pour entrer dans le détail des concessions qui pourraient être envisagées.
Mais ce rapprochement a finalement échoué, laissant à la justice le soin de trancher.
Malgré un travail incroyable de Vincent Labrune et de plusieurs présidents, dont moi-même, nous étions dans une impasse, face à l’urgence de la situation », a expliqué à l’AFP, Jean-Pierre Caillot, le président du club de Reims et président du collège Ligue 1. « Il était nécessaire de trouver la meilleure solution pour les clubs, en matière d’exposition et de trésorerie. Le fait de trouver et de sécuriser cet accord avec DAZN et beIn Sports est la solution qui a fait, après plusieurs heures d’échanges, pratiquement l’unanimité chez les présidents de Ligue 1. Ce n’est évidemment pas le résultat que nous avions imaginé au départ, mais il permet de ne pas compromettre l’avenir », a ajouté Caillot.

La Réaction des Clubs et la Nouvelle Plateforme Ligue 1+
Réunis en collège avant le conseil d’administration qui a scellé l’accord, les présidents des clubs de Ligue 1, malgré des débats houleux selon un participant, ont écarté le lancement d’une chaîne 100 % L1 produite directement par la LFP, même couplée au catalogue Max de Warner Bros Discovery. Ils ont préféré prudemment des médias traditionnels qui leur garantissent une manne financière immédiate, l’argent perçu et redistribué aux clubs par les droits TV représentant un tiers de leur budget environ, ce que l’option de la chaîne LFP, plus séduisante, ne permettait pas.
Pour les convaincre, DAZN a revu à la hausse la somme qu’elle leur allouerait au démarrage de la saison 2024. Au lieu des 300 millions d’euros la première année, avec une progression jusqu’à 500 millions aux termes du contrat en 2029, DAZN se serait engagé à verser 350 millions d’euros aux clubs dès la saison prochaine.
Perplexes face à l’option DAZN-beIN, qui ne va pas dans le sens de l’histoire, les présidents de clubs de Ligue 1 restaient également traumatisés par l’épisode Mediapro, éphémère détenteur des droits TV dont la défection fin 2020 a provoqué la quasi-faillite du football français. Les garanties financières présentées par DAZN et validées dans un premier temps par la Ligue ne les avaient pas pleinement convaincus.
La plate-forme a tenté d’apaiser leurs inquiétudes en leur présentant de nouvelles garanties directement de sa maison mère, Access Industries. Avec les 500 millions de cet accord sur les droits nationaux de la Ligue 1, plus les 160 millions obtenus pour les droits à l’international, plus les 40 millions des droits de la Ligue 2, la Ligue et les clubs obtiennent un total de 700 millions d’euros annuels à se répartir, avec encore quelques lots à vendre, et sortent la tête haute d’interminables négociations.
Pendant ce temps, beIN Sports a été le seul diffuseur à rester fidèle à la LFP - et pourtant, nous sommes toujours traités comme une sorte de banque à la demande de LFP Media, et pire encore, comme des citoyens de troisième classe. « Nous espérons que LFP Media reviendra rapidement à la réalité »Puis d'enchaîner : « Tout ce que beIN Sports demande, fondamentalement, c'est un traitement équitable - pas de nouveaux droits majeurs, pas de renégociation de contrat - simplement un traitement juste, à la hauteur de l'investissement exceptionnel que nous faisons actuellement (et depuis près de vingt ans) dans la Ligue 1, la Ligue 2 et les droits internationaux du football français.
