Le rugby à Saint-Palais est plus qu'un simple sport, c'est une passion, une fidélité et une histoire riche, tissée de moments de gloire et d'épreuves surmontées.
À 82 ans, Jean-Marie Pujol, originaire de l'Aude, incarne cette passion et cette fidélité. Depuis quarante-huit ans, il est le speaker emblématique des matchs de Saint-Palais, assurant sa mission avec vigueur et enthousiasme sur le terrain du mythique stade André-Hays. Dans ce rôle qu'il maîtrise parfaitement, il exprime toute sa passion pour le rugby et son attachement à son club.
Jean-Marie Pujol a découvert le rugby sur sa terre natale, dans l'Aude, à Argeliers. En 1973, sa profession de technicien dans la production du tabac l'a conduit à Saint-Palais. La voie était tracée. Il intègre le club local, d'abord en qualité d'arbitre de Fédérale, en Première division et Groupe B de l'époque.
Les longs déplacements n'étant pas compatibles avec ses activités, l'arbitre, parvenu à saturation, stoppe l'aventure en 1985 pour s'investir plus en profondeur au sein de son club, notamment en ce qui concerne l'arbitrage, mais pas seulement. Jusqu'alors, il était intermittent speaker, compte tenu de ses nombreuses absences les jours de match, le sifflet pendu au clou. Il devient titulaire du poste… et aujourd'hui, il continue de parler dans le micro secondé par la fidèle Annie Périssé, en charge de prendre des notes et proche du commentateur de Radio Mendililia, Philippe Etchegoyen, qui lui a consacré un article dans une édition de "La semaine du Pays basque".

Les hauts et les bas du club
Quand Jean-Marie Pujol a posé ses bagages sur le sol de la capitale de Navarre, le club évoluait dans le haut du tableau de la Troisième Division. Il va même accéder à la Deuxième Division avant de connaître en 1990 une terrible dépression qui va le conduire en Honneur. Atterrissage douloureux, le séjour au purgatoire a duré dix ans.
Jean-Marie Pujol raconte : "J'ai vécu les bons et les mauvais moments du club. Parmi les meilleurs souvenirs, je conserve le titre de champion de France Honneur en 2010. Raisonnablement, j'estime que la place du club aujourd'hui se situe à hauteur de la troisième division fédérale, son niveau actuel, et tout sera fait au sein de l'USSP pour que cette position soit pérenne."
En pays de Mixe, la formation n'est pas un vain mot. Elle les appelle « les enfants ». 22 beaux bébés, désormais, qui portent le bleu saint-palaisien depuis maintenant tellement de temps qu'ils sont une famille. Sur laquelle Denise Larroudé veille depuis désormais six ans. Alors oui, comme beaucoup de bénévoles, Madame la présidente aimerait bien que quelqu'un prenne la suite. Mais pour l'heure, ce n'est pas d'actualité.
Le groupe de l'USSP, qui va disputer demain la première demi-finale de son histoire, a une particularité peut-être unique en ces temps « modernes ». Les 22 joueurs sont tous issus de l'école de rugby de Saint-Palais.
Une saison, pas au purgatoire mais presque, où l'USSP s'impose en patron. « On voulait démontrer que nous étions descendus par accident », raconte Denise Larroudé, le regard grave.
C'est chose faite, avec une phase régulière presque parfaite, un titre de champion Côte-Basque Landes et, pour l'instant, une demie nationale. À l'intersaison, l'effectif ne bouge pas. Comme lors de chaque été, quasiment. Et la ligne de conduite du club, pas franchement très riche, plutôt « loin de tout », ne risque pas de changer. Là, cet été, pas moins de 25 juniors deviendront seniors. « C'est une grande fierté », pour la présidente.
Pour permettre à tous ces jeunes de se former, de se confronter à un niveau intéressant, le club engage une équipe Reichel. Alors certes les résultats sont pour le coup anecdotiques, mais l'expérience valait sans doute mieux qu'une saison à jouer en réserve honneur, à douze, et sur deux mi-temps de 30 minutes. « Ça leur a vraiment permis de s'aguerrir », souligne encore Denise Larroudé.
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L'évolution constante du club
Cette saison, l'USSP n'aura pas d'équipe Reichel. « En Fédérale 3, on faut un effectif plus conséquent ». Il n'y aura pas, ou peu, de recrues. Et encore, il s'agira de retour au club ou de reprises.
L'objectif principal, la remontée en Fédérale 3, a donc été atteint. Comme il est désormais coutumier de le dire, le championnat de France, « c'est que du bonus ». Mais voilà, le groupe a contracté le virus des phases finales. Autour du « vieux Comets », comme dit Denise Larroudé, « l'aîné », qui n'a que 30 ans, les jeunes prennent confiance. Chaque tour passé augmente la volonté de pousser l'aventure encore un peu plus loin, dimanche après dimanche.
Si l'USSP a été épargné par des déplacements interminables sur des stades improbables, les oppositions n'ont, elles, pas été de tout repos (lire par ailleurs). « Nous n'avons rencontré que des champions de comité, ou des premiers de poule », souligne la présidente. « Là aussi, on doit prouver que nous ne sommes pas là par hasard ».
Désormais, l'USSP est une équipe complète. Alors qu'il fût un temps où se demandait si les trois-quarts n'étaient pas alignés pour faire le nombre, les lignes arrières existent désormais à Saint-Palais. La preuve, notamment, lors de la première mi-temps contre Nord-Béarn, en huitièmes de finale. Une prise de conscience qui n'est pas étrangère à la présence de Jean Servary qui a aidé aux arrières à prendre confiance, à s'exprimer. Et c'est toute l'équipe qui en tire les bénéfices.
« Avant, quand nous avions atteint notre objectif, nous avions tendance à baisser pavillon. Maintenant, nous avons un mental qui nous permet de faire un beau parcours en phases finales », se réjouit Denise Larroudé. La sérénité et la confiance sont là. Dimanche dernier, Saint-Palais a été mené d'entrée face à Adé.
Tout est réuni pour que la saison « faste » de l'USSP se transforme en une saison parfaite. La seule crainte, désormais, ce sont les blessures. Ces petits bobos de fin de saison, quand les organismes, sollicités depuis septembre commencent à fatiguer. Allez, il reste encore un dernier effort à produire, deux même, si tout va bien.
