Assez courante chez les footballeurs, la blessure aux adducteurs peut aller de la simple inflammation à la rupture, en passant par l’élongation, le claquage ou la déchirure. Les douleurs ressenties au niveau des adducteurs de la cuisse sont fréquentes chez les sportifs, notamment en course à pied et dans les disciplines nécessitant des changements de direction ou des appuis répétés.
Très connue et médiatisée par les internationaux du football, la pubalgie concerne 18% des sportifs quel que soit le sport pratiqué. La blessure aux adducteurs est fréquente chez les sportifs. Généralement, il s’agit d’une inflammation des tendons.
Comment soigner la pubalgie du sportif ?
Anatomie et Rôle des Adducteurs
On désigne sous le nom d’adducteurs tous les muscles impliqués dans un mouvement d’adduction, c’est-à-dire de rapprochement vers l’axe du corps. Il en existe au niveau du pouce, des pieds, mais les plus volumineux et les plus connus sont les quatre muscles adducteurs de la cuisse, qui font le lien entre le bassin et la partie haute du fémur. Les adducteurs sont un groupe de muscles situés sur la face intérieure de la cuisse, formé entre autres par le long adducteur, le court adducteur, le grand adducteur et le pectiné. Ils s’attachent pour la plupart en région pubienne ou sur la symphyse pubienne, et s’insèrent sur le fémur.
Ces muscles situés à l’intérieur de la cuisse servent à verrouiller le bassin lorsque nous sommes debout ou en appui sur une jambe. Ils sont également sollicités en cas de flexion et de rotation externe de la hanche. Les adducteurs permettent donc l’adduction de la cuisse, mais aussi la stabilisation du bassin et du membre inférieur. Certains de ces muscles interviennent aussi dans d’autres mouvements de la hanche : flexion, extension et rotation.
Les muscles adducteurs situés à l’intérieur de la cuisse jouent un rôle essentiel dans la stabilisation du bassin et la synchronisation des mouvements du membre inférieur.

Muscles adducteurs de la cuisse
Les tendons des adducteurs, particulièrement celui du long adducteur, ont une petite zone d’insertion et sont courts. L’apport sanguin y est faible, par contre la zone est très innervée. Ceci explique les douleurs parfois très vives.
5 muscles participent à l’adduction de la cuisse : le pectiné, le gracile ou droit interne, le court, le long et le grand adducteur. Ils relient le pubis à l’intérieur de la cuisse. En cas de lésion, ils peuvent provoquer des douleurs tout le long de leur trajet. Le muscle long adducteur est celui qui est le plus souvent à l’origine des douleurs, il représente 62 à 90% des blessures des adducteurs.
Causes des Douleurs aux Adducteurs
Les douleurs dans cette zone peuvent résulter de différentes causes. De manière générale, ces blessures se produisent à cause d’un surmenage des muscles ou d’un traumatisme ; c’est pourquoi on les retrouve surtout dans des sports qui sollicitent beaucoup les adducteurs : le football en premier lieu, mais aussi d’autres disciplines comme le tennis, la danse ou encore la course à pied.
Les adducteurs sont particulièrement exposés aux blessures, de par leur importance dans notre statique et leur utilisation accrue dans certains sports. Ils sont situés dans une zone de carrefour des forces entre le tronc et les membres inférieurs. On peut observer d’ailleurs une continuité des fibres tendineuses entre le long adducteur et le muscle grand droit opposé, celui des tablettes de chocolat. Cette continuité anatomique est importante pour la stabilité du bassin.
Lorsqu’ils sont sursollicités ou mal préparés, ils peuvent présenter des blessures musculaires, des microdéchirures ou même des atteintes plus graves, allant parfois jusqu’aux déchirures musculaires. Un échauffement insuffisant ou une augmentation brutale de la charge d’entraînement sont souvent en cause pour les douleurs d’apparition progressive comme la tendinopathie.
Certaines études montrent que les douleurs aux adducteurs sont prédisposées par un déséquilibre des forces entre les adducteurs et les abdominaux (souvent déficitaires). De même, un déséquilibre entre les muscles adducteurs et abducteurs (ceux écartant les jambes) augmente considérablement le risque de lésion.
Les origines possibles sont variées : fractures de fatigue du bassin, arthrose de la hanche, hernies, maladies rhumatismales, atteintes neurologiques ou encore troubles discaux. Chez le sportif amateur, la cause la plus fréquente est un manque d’échauffement.
Plusieurs types de blessures peuvent affecter les muscles adducteurs. La jonction entre le tendon et le muscle est le site le plus fréquent des lésions des adducteurs.
Facteurs de Risque
- Les déséquilibres musculaires : entre les adducteurs et les abdominaux ou les muscles de l’intérieur et de l’extérieur des cuisses.
- Une augmentation de l’activité sportive trop brutale qui entraîne une surcharge mécanique de la région du bassin et une fatigue musculaire.
- Une modification du terrain de sport : les terrains lourds et gras entraînent davantage de lésions des adducteurs.
- Des chaussures inadaptées : trop anciennes ou avec une correction inadaptée, par exemple, pour la course à pied.
- Des étirements inadéquats ou absents des adducteurs et des ischio-jambiers (muscles de l’arrière de la cuisse).
- Une diminution d’amplitude d’une des articulations du bassin : les contraintes mécaniques ne seront pas équitablement réparties entre les différentes structures. Les adducteurs seront plus sollicités.
Symptômes des Blessures aux Adducteurs
Si vos adducteurs sont blessés, cela peut se traduire par un certain nombre de symptômes, le principal étant la douleur. Cette douleur est située au bas du pubis et à l’intérieur de la cuisse. Sa localisation précise et ses manifestations varient en fonction de la pathologie en cause.
La localisation précise de la douleur, et ses circonstances d’apparition, diffèrent en fonction de la pathologie : en cas de tendinopathie, elle est ressentie lors de la pratique sportive et de certains mouvements, et disparaît généralement au repos. En cas d’élongation, les patients ont mal pendant l’effort et immédiatement après ; s’il y a déchirure, la douleur à l’intérieur de la cuisse est vive, et s’accompagne d’un hématome et d’un gonflement.
La douleur à l'adducteur correspond à une douleur du bas pubis et de l'intérieur de la cuisse. La tendinopathie des adducteurs est provoquée par une inflammation des tendons des muscles adducteurs, situés à l’intérieur de la cuisse. Les symptômes sont une douleur localisée au niveau du tendon, qui peut s’aggraver avec l’activité physique.
A noter : une tendinite au niveau des adducteurs est souvent la cause principale de la pubalgie du sportif. Cette condition se caractérise par une douleur intense dans la région pubienne.
L’atteinte est unilatérale. La douleur des adducteurs est sur la partie interne de la cuisse et/ou sur le pubis. En fonction de la blessure, on peut retrouver un gonflement ou un hématome. Il peut exister une zone sensible à la palpation. La douleur est souvent reproduite lors de l’étirement du muscle ou lors d’une contraction contre résistance. On peut aussi souffrir en se tenant debout sur une seule jambe, en montant ou descendant les escaliers…
Certaines lésions entraînent une perte de force des adducteurs. Pour les tendinites, la douleur apparait progressivement. Elle survient dans les premiers temps après l’effort et disparaît avec le repos. Petit à petit, la douleur est présente pendant le sport. Si elle n’est pas traitée, elle affecte les performances sportives puis la vie quotidienne, obligeant le sportif au repos.
Les élongations ou déchirures provoquent une douleur immédiate et invalidante. Bien souvent, nous sommes contraints d’arrêter immédiatement l’activité en cours.
Types de Blessures Musculaires
- Élongation : Étirement excessif des fibres musculaires au-delà de leur capacité normale, sans déchirure. Les symptômes incluent une douleur légère à modérée, une raideur et une gêne dans la région interne de la cuisse.
- Déchirure musculaire : Rupture partielle des fibres musculaires, plus grave qu’une élongation. Elle est généralement due à un traumatisme direct ou à un effort intense. Les symptômes comprennent une douleur aiguë, des ecchymoses, un gonflement. Le muscle peut aussi ne plus du tout fonctionner.
- Rupture : Déchirure complète du muscle, souvent accompagnée d’une séparation des fibres musculaires. C’est le résultat d’un traumatisme sévère ou d’un effort extrême. Cette affection est rare.
Diagnostic des Douleurs aux Adducteurs
Quand les douleurs aux adducteurs apparaissent, il est nécessaire d’intervenir rapidement afin d’éviter le passage à la chronicité. Il est vivement conseillé de consulter un médecin (si possible médecin du sport), pour connaître la cause de vos douleurs et bénéficier d’un traitement adapté.
Pour établir le diagnostic, il faut consulter un médecin du sport. Celui-ci va effectuer un examen comparatif avec l'autre côté qui souvent ne fait pas mal. Le médecin généraliste ou du sport pose le diagnostic. Il peut s’aider pour cela d’un IRM ou d’une échographie.
L’examen clinique de la zone douloureuse lors de la consultation médicale constitue la première étape du diagnostic. Le médecin cherche notamment à évaluer les adducteurs et l’intensité de votre douleur lors de l’étirement et de la contraction.
Un examen clinique réalisé par un médecin ou un kinésithérapeute permettra d’évaluer l’amplitude du mouvement, de localiser précisément la zone douloureuse, et de déterminer si d’autres structures, comme le tendon, sont touchées. Une échographie voir l’IRM permet de connaître exactement la nature de la lésion avec sa taille et sa gravité. Cette information permet au kinésithérapeute d’orienter ses soins et de déterminer la durée de la rééducation.
Traitements des Blessures aux Adducteurs

Traitements des blessures aux adducteurs
Le premier traitement en cas de blessure aux adducteurs consiste à mettre le membre lésé au repos, tout en soulageant les douleurs. Le traitement dépend de la cause, mais que ce soit dans le cas d'une simple tendinite ou d'une élongation, l'arrêt temporaire de l'activité sportive pratiquée est obligatoire.
En fonction de la lésion, il prescrira des anti-inflammatoires ou des antalgiques et des séances de rééducation. Pour les cas plus graves, une infiltration du tendon des adducteurs peut vous soulager. Le recours à la chirurgie est rare. La chirurgie est utile uniquement pour les cas rebelles ou les ruptures totales.
Lors d’une phase aiguë, il est primordial de réduire la sollicitation des muscles adducteurs. Diminuer ou suspendre la pratique sportive (notamment la course à pied) peut s’avérer nécessaire pour éviter d’aggraver la blessure. Les sports qui induisent des tensions latérales au niveau du bassin doivent être temporairement écartés.
Premiers Soins
- Arrêtez votre activité sportive pendant une période stricte d’au moins 4 semaines.
- Appliquez de la glace sur la zone douloureuse durant 10 minutes 3 fois par jour. Utilisez une poche de glace en vente libre en pharmacie ou un sac de petits pois congelés.
- Vous vous êtes blessé aux adducteurs pendant une session de sport ? La première chose à faire est de soulager vos symptômes, grâce à quelques principes simples : du repos, de la glace (à appliquer sur la zone douloureuses plusieurs fois par jour pendant les premiers jours) et éventuellement un traitement antalgique ou anti-inflammatoire pour soulager la douleur.
Rééducation et Kinésithérapie
Après une blessure au niveau des adducteurs, la rééducation est indispensable à votre guérison. La durée de la prise en charge et le contenu des séances vont bien sûr dépendre de votre pathologie.
Débutez la rééducation de vos adducteurs après la période de repos de 4 semaines. Une fois la phase inflammatoire contenue et la douleur stabilisée, des exercices de renforcement légers pour les adducteurs et les ischio jambiers sont recommandés. Le but est de progresser graduellement, en privilégiant la qualité du mouvement. Par exemple, un travail isométrique en position couchée, jambes fléchies, avec un ballon coincé entre les genoux que l’on serre doucement.
Des séances de kinésithérapie ou d’ostéopathie aident souvent à détendre la zone, en améliorant la circulation sanguine et en corrigeant les compensations posturales. Les massages ciblés agissent en soulageant les douleurs et en favorisant la détente musculaire.
La rééducation s’étend généralement au tronc et aux membres inférieurs : solliciter le transverse de l’abdomen, renforcer les fessiers et les muscles profonds du membre inférieur contribue à une stabilisation du bassin optimale.
Le kinésithérapeute va permettre de rétablir les déséquilibres musculaires par des exercices de renforcement des abdominaux et des adducteurs. Il vous fera travailler la stabilisation du bassin. Enfin, il vous apprendra à vous étirer correctement pour limiter de nouvelles blessures. Son intervention est importante pour éviter les récidives.
Le travail du kinésithérapeute est de comprendre le mouvement ou l’activité en lien avec la blessure. En cas de tendinopathie un protocole isométrique est recommandé avec ensuite une remise en contrainte par des exercices avec des mouvements lents et des charges lourdes tous les deux jours. L’étape suivante est la reprise des sauts et des changements d’appui. On travaille plus à cette étape sur l’élasticité.
Pour les lésions musculaires, le but est d’intervenir le plus vite possible avant de favoriser la cicatrisation. Les soins de kinésithérapie seront de la physiothérapie avec la tecarthérapie par exemple, mais aussi un travail musculaire spécifique en excentrique et des étirements. Le principe de l’excentrique est de produire une contraction du muscle tout en l’allongeant (étirer). C’est ce mode de contraction qui va permettre d’optimiser la cicatrisation de la lésion musculaire de l’adducteur.
Une fois la cicatrisation bien avancée, une échographie doit être faite de nouveau afin de garantir l’état du muscle. La reprise du sport se fait uniquement après cette échographie même si la douleur n’est plus présente.
Prévention des Blessures aux Adducteurs
La prévention est possible à l'aide d'entraînements adaptés et d'un échauffement complet avant chaque match ou entraînement. Les étirements sont, eux aussi, d'une importance primordiale, ainsi qu'une bonne hydratation avant, pendant et après l'effort.
- Écoute du corps : Toute sensation de gêne ou de douleur doit être prise au sérieux.
- Étirez-vous : il est important de pratiquer des étirements avant et après l’effort sportif, durant 10 à 15 minutes.
- Hydratez-vous !
- Soyez progressif dans vos changements d’habitudes sportives.
- Complétez votre activité sportive par d’autres pour éviter de solliciter toujours les mêmes muscles.
- Gardez un bon tonus des abdominaux.
Exercices d'Étirement et de Renforcement
- Étirement du papillon : Placez-vous au sol en position assise. Les jambes sont fléchies en papillon, pied contre pied, rassemblés vers vos fesses. Posez les mains sur vos chevilles pour stabiliser la position. Grandissez-vous en maintenant le dos droit avec une légère cambrure. Inspirez puis expirez en rapprochant vos genoux du sol jusqu’à ressentir une légère tension.
- Étirement latéral : Debout, jambes largement écartées, pieds pointés vers l’extérieur. Inspirez, descendez les mains vers le sol. Expirez, fléchissez le genou droit au-dessus de la cheville, fessiers vers l’arrière et le bas, jambe gauche tendue. Gardez le dos droit, les épaules basses et utilisez une brique si nécessaire.
- Squats adducteurs : Position de départ : debout, pieds écartés plus larges que les épaules, pointes de pieds légèrement vers l’extérieur. Exécution : inspirez et descendez en squat en gardant le dos droit, les genoux dans l’axe des pieds. Contractez les adducteurs en remontant, en expirant. Répétez 10 à 15 fois sur 3 séries.