Histoire du Rugby Club de Drancy: D'une Jeunesse Sportive à la Nationale 2

Le Rugby Club de Drancy (RCD) a une histoire riche et passionnante, marquée par une ascension remarquable dans le monde du rugby français. Des débuts modestes à une place convoitée en Nationale 2, le club a su surmonter les défis et se forger une identité forte, ancrée dans les valeurs de convivialité et de solidarité.

Les Débuts et l'Évolution du Club

Le rugby à Drancy date de l’après-guerre, en 1947 exactement, au sein de l’association omnisports de l’Arts et Sports drancéen, sous l’impulsion entre autres du célèbre vulcanologue Haroun Tazieff, grand amateur du sport roi. Cependant, l'histoire sportive à Drancy commence bien avant, avec la création d'une jeunesse sportive en 1919. C’est en effet en 1919 qu’un dénommé EMBOULAS écrit au comité régional de la F.S.S.G pour l’informer de la création par la section de Drancy du Parti Socialiste, d’une jeunesse et d’un club de 26 adhérents qui adhère à la F.S.S.G (Fédération Socialiste des Sports et de Gymnastique).

En 1932, un militant communiste, HARANG, crée le club sportif ouvrier drancéen où l’on pratique le football et la course à pied. A la libération, le club reprend ses activités et les aspirations sportives se diversifient. De nouvelles activités se créent : gymnastique, lutte, judo, volley, basket, hand, natation, boules. Des activités artistiques s’organiseront également : danse, théâtre, chorale ainsi que des activités de pleine nature.

Mais en même temps que le nombre d’adhérents et d’activités augmentent, des difficultés de cohabitation se font jour. En fait, nous sommes bien plus à l’époque devant une juxtaposition de sections plus ou moins amies qu’en présence d’un véritable club. C’est aussi une époque où le gouvernement entend lutter contre la vie associative, des actions sont entreprises pour diviser le monde sportif, le privé de ses droits, de ses subventions. Dans cette période 45 - 60, même si le club passe de 369 adhérents à 748, les difficultés sont nombreuses et d’ailleurs la section activité nature disparaîtra et des activités artistiques, seule la danse survivra. A noter que pour faire face à ces difficultés responsables du club et élus municipaux décident d’unir leurs efforts.

La formation des cadres et les activités pour les enfants

A partir de 1964 un effort systématique va être entrepris en direction en particulier des jeunes. Appelée Formation Sportive Nouvelle elle part du principe que l’enfant n’est pas un adulte en réduction. Entre 1970 et 1980, les effectifs du club vont doubler passant de1500 à 3000 adhérents. Les activités physiques et sportives vont en effet prendre une dimension nouvelle.

L’aspiration à vivre mieux et autrement grandit dans la société. Elle se traduit dans le club par :

  • De nouveaux besoins d’activités.
  • De nouveaux besoins de vie associative.

Il faut préciser que cela n’allait pas de soi à l’époque, n’oublions pas que le club est jusqu’alors organisé autour d’activités compétitives. Cependant des développements importants vont se produire par exemple dans la section tennis. D’autres sections : gymnastique, lutte, danse notamment propose à côté de l’activité sportive ou artistique habituelle une activité d’entretien. D’autres encore comme le volley ou le football vont orienter leurs activités dans une logique d’entretien. Cette période correspond à la venue massive des femmes, elles sont majoritaires aujourd’hui d’ailleurs (n’en déplaise à certains ! !).

Inégalités sociales

A la fin des années 1970, une autre préoccupation grandit. Il n’y a pratiquement plus aucun ouvrier dans les organismes de direction du club. Une étude socioprofessionnelle est alors engagée : les résultats sont criants . Alors que 45% de la population est constituée d’ouvriers, ils sont 25% dans leclub. Un club composé en fait à 48% d’employés, alors que ces derniers ne représentent à l’époque que 24,5% de la population.

Ainsi, le club crée par les ouvriers en 1919 leur devient de plus en plus inaccessible. Il faut se rendre à l’évidence : le club reproduit les inégalités sociales. Dès 1982 nous allons faire les premières tentatives pour inverser la démarche traditionnelle, on ne va plus se contenter de dire aux gens venez dansnos gymnases ou dans nos stades on va aller à la rencontre des gens là où ils se trouvent et quand ils ont du temps disponible :

  • dans leur quartier au pied des immeubles,
  • dans les écoles,
  • dans les fêtes
  • pendant les congés scolaires etc.

Le point culminant de cette démarche sera pendant plusieurs années l’organisation des Olympiades de la Paix en coopération avec la municipalité et les écoles de DRANCY intéressés par ce projet.

Depuis cette époque nous n’aurons de cesse que de tenter d’adapter à chaque étape notre fonctionnement pour le faire «coller» au mieux aux nécessités du moment. L’aventure continue pour l’Union Drancy-Saint-Denis !

L'Ascension du Club

En six ans, la troupe entraînée par Farid Amari a irrésistiblement gravi les échelons, s'extrayant de la 3e série pour atteindre le niveau national. Ce qui constitue une première pour cette association fondée en 1947. Grandie à l'ombre du chef de file départemental qu'est l'AC Bobigny, le RCD recense aujourd'hui 140 adhérents pour un budget qui avoisine les 76 225 €.

Au terme de la saison 2018-2019 de Fédérale 2, les joueurs de la Seine Saint Denis remportent leur huitième de finale aller- retour contre le Beauvais Rugby Club, décrochant ainsi leur promotion en Fédérale 1 pour la première fois de leur Histoire.

La Saison 2023-2024 et la Montée en Nationale 2

La saison 2023-2024 a été une année charnière pour le Rugby Club de Drancy. Après une saison pleine terminée avec le plus grand nombre de points en Fédérale 1, les 4 poules confondues, l'équipe a abordé les phases finales avec détermination.

En demi-finale, donc, les joueurs du 93 ont dominé les Gersois de L’Isle-Jourdain, après des prolongations arrachées en fin de match (35-28). Le sort de la finale fut moins heureux, avec une courte défaite (28-25) contre l’US Tyrosse (Landes), large favori. Une issue qui prive l’équipe du titre de champion de France de Fédérale 1, mais qui n’entache pas l’excellent bilan du club. Avec la belle saison des espoirs et la montée de son équipe réserve en Régionale 2, toute l’Union Drancy-Saint-Denis a réussi sa saison. Et c’est aussi du côté du public que la dynamique est forte : pas moins de 28 000 personnes ont regardé la finale de Fédérale 1 diffusée par les clubs sur YouTube.

Le club de rugby de Seine-Saint-Denis, issu de la fusion il y a moins de deux ans entre ces voisins du 93, s’est qualifié ce dimanche pour les demi-finales du Championnat de France de Fédérale 1, en battant Bagnères-de-Bigorre (34-10). Une accession au dernier carré de la Fédérale 1 (5e échelon national), également synonyme de montée en Nationale 2, la division supérieure. Une prouesse loin d’être gagnée d’avance, après un match aller largement perdu (37-22) le week-end dernier dans les Hautes-Pyrénées.

Devant une foule enthousiaste qui a bien rempli la petite tribune du stade de Drancy, mais aussi autour de la main courante, les coéquipiers du capitaine Demba Kane ont d’abord souffert en première période. Menés 10-7 à la pause, les joueurs du 93 ont laissé passer l’orage, et l’averse qui s’est abattue sur Drancy, pour tout renverser dans le second acte.

Alors que le soleil revenait, Drancy-Saint-Denis a dominé le Stade bagnérais dans tous les secteurs du jeu, et notamment en mêlée, inscrivant trois essais supplémentaires. Impuissants, les Bigourdans, venus avec un car de supporters, n’ont inscrit aucun point en deuxième période. Score final : 34-10 pour Drancy-Saint-Denis, qualifié pour les demies, montée en Nationale 2 en poche.

Sous les yeux de mamans avec des roses à la main pour la fête des mères, des dirigeants, des élus locaux, des supporters, des bénévoles, de nombreux rugbymans de la région aussi, comme le joueur du Stade Français Ryan Chapuis ou celui de Suresnes Marvin Woki, la jeune Union Drancy-Saint-Denis a fêté cette qualification et cette montée comme il se doit, sur le terrain synthétique du stade Guy-Môquet.

« On fait une seconde mi-temps extraordinaire », s’enthousiasme Olivier Glévéo, coprésident du club. « Effectivement, un incroyable retournement de situation, appuie Farid Amari, l’autre coprésident. On va poursuivre avec appétit et humilité. »

L'Esprit d'Équipe et les Valeurs du Club

« Dans ce type de situation, tant qu'on n'est pas officiellement déclaré vainqueur, on éprouve toujours quelques craintes », reconnaît le président, Franck Vizzacaro, visiblement soulagé. A égalité de points avec Chilly-Mazarin, responsables et joueurs drancéens ont dû attendre que le comité régional se « dépatouille » dans ses comptes d'apothicaire pour être finalement déclaré premier de la poule 2 du Championnat Honneur. Et à ce titre décrocher leur billet pour la 3e Division fédérale.

A première vue, pas de quoi jouer les dispendieux. Reste que les dirigeants ont fait preuve à l'intersaison d'une politique de recrutement ambitieuse, attirant des anciens Balbyniens champions de France comme le troisième ligne Paulo Fernades ou le talonneur Olivier Akerman. Sans oublier quelques vieux routards, à l'instar du deuxième ligne Emmnuel Tordjmann passé par l'ASPTT, Bobigny et Clamart plus récemment. « Je tiens tout de même à préciser qu'aucun de ces joueurs n'est payé, souligne le président. Car nous tenons à conserver un esprit convivial, mais avec des gars qui ont envie de s'investir sérieusement. » Certes, mais deux d'entre eux ont pu décrocher des emplois municipaux, ce qui a incontestablement facilité leur arrivée.

Demain, Drancy va entrer dans une nouvelle ère avec l'apprentissage du niveau national. « Il nous faudra au moins renforcer deux ou trois postes. Mais nous allons également porter nos efforts sur l'école de rugby pour préparer l'avenir », dévoile le responsable.

Président du Rugby Club de Drancy, Benjamin Périé a créé la plate-forme Rugby Link Drancy pour trouver un emploi à ses joueurs. « Je préfère leur donner un avenir qu'un gros salaire », affirme fièrement Benjamin Périé, président du Rugby Club de Drancy depuis janvier 2018. Actuellement deuxième de sa poule en Fédérale 2, le RC Drancy s'illustre aussi en dehors du terrain en remettant la solidarité au centre du débat, dans un rugby de plus en plus professionnalisé.

S'il avait d'abord pensé à un simple panneau de libre expression au sein du club, il s'est dit qu'il pouvait faire quelque chose de plus moderne et plus pro. C'est ainsi qu'est née la plate-forme Rugby Link Drancy. Le principe est simple : elle met en relation ses adhérents avec les entreprises qui ont déposé des offres, du CDI au stage. Mais plus que ses licenciés, Benjamin Périé donne un petit coup de pouce également à l'entourage des joueurs. Cette initiative repose aujourd’hui essentiellement sur deux bénévoles, qui accompagnent les adhérents dans leurs démarches, comme par exemple la création de leur CV..

Il faut dire que Benjamin Périé a voulu créer un véritable cocon au sein du club. « Le rugby c'était ma 2e famille, cela a toujours été mon leitmotiv. Que tout le monde se sente bien, en sécurité ». Pour cela, il n'a notamment pas oublié les femmes des joueurs. Depuis quelques semaines, le préparateur physique du club organise des séances de fitness ouvertes à toutes les femmes et filles du club, qui se déroulent pendant les séances d'entraînement des seniors. « Cette initiative a beaucoup plu. Et ce n’est pas fini ! Les enfants aussi sont accompagnés. Le club organise « les mercredis tout compris », offrant activités culturelles, sportives et goûter. Au début de cette année 2019, c'est l'aide au devoir qui va faire son apparition pour les enfants du club. « On est dans un quartier défavorisé, le quartier de l'Avenir, on sait que les jeunes n'ont pas forcément un endroit propice pour faire leur devoir, où des personnes peuvent les aider.

Les Joueurs et le Staff Technique

En cette saison 2021-2022, le club est sous le management de Samuel Moulioum et entrainé par Vincent Ouzet et Boris Thomas. Les mouvements de l’intersaison ont vu les arrivées du talonneur Thomas Belloc, du demi d’ouverture Maxence Macia et du troisième ligne Romain Vergé de Suresnes, du pilier Pierre-Landry Dandoit de Bédarrides, de Mathis Didier d’Oyonnax, pilier également, du deuxième ligne de Nîmes Corentin Leboulanger, des 3/4 centre Clément Querru d’Orsay et Maxime Scozzi de Lavaur, sans oublier Bernard Tokotuu pilier venu de Gex ou encore le pilier venu de Géorgie Irakli Purichamiashvili.

Autour de l’ex ¾ centre de Trélissac Hugo Detré ou de l’ancien du stade français, de Brive, Nevers, Rouen ou Suresnes Hugues Briatte, le groupe est renforcé et propre à faire valoir ses qualités dans cette poule plus homogène que prévu. Nos ciel et blanc se doivent avant tout une revanche envers eux-mêmes et nul doute qu’ils sauront dimanche mettre les ingrédients nécessaires afin de reprendre leur marche en avant.

Match contre le CAP

Pour le compte de la cinquième journée de championnat de Fédérale1, les capistes sedéplacent au stade Guy Moquet de Drancy dans la région parisienne. Match dimanche à 15h00. Suite à la défaite de dimanche dernier au stade Francis Rongiéras face au Rugby Club du Bassin d’Arcachon, le CAP se doit de réagir à l’occasion de ce déplacement qui ne sera pas de tout repos.

tags: #rugby #club #de #drancy