À l'approche des Jeux Olympiques de Paris 2024, il est essentiel de se pencher sur l'histoire riche et inspirante des équipes de France féminines de basketball. Cet article vous propose un voyage à travers les décennies, des défis de l'après-guerre aux moments de gloire qui ont marqué le sport français.

Les débuts difficiles et la reconstruction d'après-guerre
Après la Seconde Guerre mondiale, le basketball français était en ruine. Cependant, la structure de la FFBB a tenu le coup, et dès 1945, les championnats de France se sont remis en route. Les filles étaient présentes, à l’image du Stade Marseillais Fémina qui remporte le premier championnat de France post-guerre. C'est dans ce contexte difficile qu'un homme, Robert Busnel, va jouer un rôle capital pour la sélection féminine.
Busnel, surnommé le "Magicien du basket", apporte une véritable technique au basket français. On semble retrouver les filles en bleus à partir de 1946, à Bruxelles, lors d’un match amical largement perdu face à la Belgique. Les nouvelles patronnes du basket français s’appellent Balue, Bernard, Cantier, Colchen, De la Haille, Fourneaud, Hennape, Loquet, Pelatan, Reni. Anne-Marie Colchen se distingue, de par son investissement non seulement sur le terrain, mais aussi au sein des institutions régionales.
En 1950, la France va pouvoir aborder le tout premier Eurobasket depuis 1938. Busnel choisit ses joueuses pour cette mission : Langlois, Merle, Boisset, Montfils, Savelli, Henry, Neyraud, Bejaud, Patru, Sajous, Kloekner et bien sur Anne-Marie Colchen. Malgré un tirage difficile, les françaises terminent 4e. En 1953, au mondial au Chili, la France a l’honneur d’ouvrir le bal et donc, de jouer le tout premier match d’un mondial FIBA, contre le Pérou. La France attrape la médaille de bronze du mondial!

Les années 1980 : Une période de transition
À l’entrée des années 1980, et à l’instar de leurs homologues masculin, les bleues vont devoir malheureusement passer dans une période discrète, durant laquelle il faudra être patient avant de voir l’équipe resurgir. Le sélectionneur Jean-Paul Cormy savait qu’il devait assurer la transition. Un groupe vraiment renouvelé. Mais les françaises ne profitent pas de ne pas tomber, pour une fois, dans un groupe remplie d’équipes soviétiques. Résultat : 11e place sur 14, et aucun espoir de jouer l’Eurobasket 1981.
C’est effectivement en 1980 que cette génération de joueuses, au parcours junior prestigieux peut apporter au renouveau du basket féminin. Professionnelle dès 17 ans, et championne de France dès sa première saison, Ekambi est remarquée très jeune ! Leur ambition était claire : s’inspirer des américains pour faire évoluer le basket. Un objectif sympathique quand on sait qu’ils seront totalement boycottés par l’Ouest.
À cette époque, l’encadrement technique sera mixte et les Head-coaches en grande majorité féminins. Notre équipe est coachée par Jackie Delachet et Manue Doussain, Irène Guidotti, Suzy Bastié font partie du staff technique jusqu’en 1981. Colette Passemard sera Head-coach des juniors à partir de 1981, poste qui lui sera confié par le nouveau DTN d’alors, André Ostrics.
Absente de l’Eurobasket 1981, la France disparaît, et rate les jeux de 1982, l’Eurobasket 1983 et le mondial de cette même année. Mais cela se fera sans le sélectionneur Cormy dont le bilan est maussade : 33 victoires, 77 défaites. La fédération souhaite prendre une autre direction et s’en sépare en 1984.
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Paoline Ekambi : L'horizon 80 et l'influence américaine
Paoline Ekambi est l’une d’elles. Ekambi, c’est ce que, à la Fédération et à l’INSEP, on appela « L’horizon 80 ». « Joé Jaunay me disait un jour qu’il souhaitait plus de diversité avec des joueuses noires au sein des équipes de France féminines.
Dès lors, les heureuses élues de l’INSEP sont invitées à se rendre au Kansas pour une première tournée avec les juniors de l’équipe de France. Cette même année, nous remportons notre premier titre de championne de France en faisant tomber le légendaire club de Clermont. Notre équipe est composée de 7 jeunes internationales pensionnaires à l’INSEP aux côtés de l’internationale et ancienne joueuse du CUC Irène Guidotti, et l’internationale américaine Mary-Ann O’Connor qui participera aux JO de Montréal en 1976 avec Team USA.
Aux USA, Paoline progresse et s’épanouit, et pas seulement sur le terrain. Sur le campus de Marist, elle vivra d’autres choses, qu’elle avait du mal à retrouver en France : « Le mélange entre les étudiants, j’aimais ça aux USA, on n’était pas dans l’entre-soi. On y reviendra, Paoline a du faire ses preuves en Amérique, mais aussi face au contexte parfois inégalitaire qui régnait dans le basket et le basket français à l’époque.
Malgré ces obstacles, Paoline a détenu le record de sélections en équipe de France, avec 254 participations, pendant plus de vingt ans. En octobre 2017, elle passe le relais à Céline Dumerc, sélectionnée à 262 reprises. Mais elle reste la seconde joueuse la plus capée et occupe la troisième place, femmes et hommes confondus. Elle reste aujourd’hui la 6ème meilleure marqueuse (2321pts) en équipe de France.
L'Euro 2001 : Le sacre au Mans et la génération dorée
Le 23 septembre 2001, l’Équipe de France féminine remportait, pour la première fois de son histoire, le championnat d’Europe féminin en battant en finale la Russie (73-68) au Mans. Cet événement a marqué un tournant dans l'histoire du basket français féminin.
Pour Ouest-France, les joueuses championnes d’Europe en 2001 au Mans, ont accepté de replonger dans leurs souvenirs. Les salles étaient plaines, il y avait une ambiance de fou, c’est ce qui a donné encore plus de saveur à ce titre.
Cette génération a été la première à faire les Jeux olympiques, la première à gagner l’Euro. On a marqué les esprits et ouvert la voie. L’Euro 2001, c’est aussi cette tenue mauve horrible. Quand les gens revoient les images aujourd’hui, ils me chambrent sur cette tenue.
On a travaillé pour ça pendant de nombreuses années, on s’est programmées pour gagner, et on a gagné. Ce n’est pas tombé du ciel, par hasard. Et on l’a fait en France, aux yeux du grand public français, et c’est allé au-delà du basket.
En 2001, on avait envie d’écrire une page de l’histoire du basket français. Et on y était parvenu. Quand je retourne dans cette salle du Mans, les souvenirs sont omniprésents. Ce titre, c’était la récompense de tout ce qui s’était passé avant.
Ce titre était d’autant plus fort à décrocher qu’on avait gravi tous les échelons, en partant du groupe C. On avait le projet un peu fou d’atteindre les sommets. L’échec de 1999 (défaite en finale de l’Euro contre la Pologne) nous avait laissé un goût d’inachevé. Il y avait tellement d’amour-propre dans ce groupe, un tempérament de gagneuse que cet Euro à la maison, on savait qu’il serait pour nous.
Avant cet Euro, il y avait eu le championnat d’Europe 1999, puis les Jeux de Sydney en 2000. Le noyau s’était formé et le groupe était soudé. Au fil de la compétition, on était passé en mode rouleau compresseur, on mettait 20 points à tout le monde. On restera pour toujours les premières à avoir décroché la qualification pour les Jeux olympiques et à être devenues championnes d’Europe.
Tableau des médailles de l'équipe de France féminine de basket-ball
| Compétition | Médaille | Année |
|---|---|---|
| Championnat du Monde | Bronze | 1953 |
| Championnat d'Europe | Or | 2001 |

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