Rituel pour gagner un match de football: superstition

Dans le milieu du sport, les superstitions prennent une place toute particulière, voici les plus drôles d’entre elles. Pas de couverture d’un grand tournoi international du football sans articles de presse sur les rituels superstitieux qu’observent les joueurs avant le match.

Dans des articles plus récents, en proposant une revue critique de travaux de recherche anglo-américains, Stuart Vyse observe que le caractère calmant et rassurant des rituels superstitieux pratiqués par les sportifs peut effectivement permettre de produire une meilleure performance dans certaines disciplines, ce qui en retour renforce la croyance initiale.

Sa conclusion est limpide : « Oui, votre superstition fonctionne, mais c’est le rituel, et non pas la superstition qui fait que vous vous sentiez mieux. Tout bon vieux rituel fera l’affaire. » Stuart Vyse rappelle par là un élément sémantique important : dans le sport, un rituel, c’est-à-dire une action répétée et codifiée qui n’a aucun lien direct avec la performance sportive elle-même, n’est pas superstitieux par essence.

Il peut être effectué par le sportif dans le but tout à fait rationnel de mieux maîtriser ses émotions d’anxiété. Et du côté des anthropologues ? Toujours à l’affût des rituels dans la vie quotidienne, les chercheurs qui ont osé s’intéresser au football ont évidemment été frappés par la présence massive de comportements ritualisés dans le football.

La superstition et la pensée magique sont omniprésentes dans le football, quel que soit le contexte culturel. In order to gain a better understanding the origin of the irrational beliefs that seem closely linked to the game, starting with some confessions of superstitious fans, the article draws on the tentative responses provided by anthropology, the philosophy of absurdism, and the sociology of religion.

Afin de mieux comprendre le lien étroit entre ce jeu et les croyances irrationnelles, l’article mobilise, en partant de l’analyse de quelques confessions de fans superstitieux, les réponses fournies par l’anthropologie, la philosophie de l’absurde, et la sociologie des religions.

Les 8 rituels les plus bizarres des stars du foot | Oh My Goal

Exemples de superstitions dans le football

De nombreux joueurs effectuent systématiquement le même rituel avant un match : certains lancent toujours la chaussure gauche avant la chaussure droite, d’autres font le signe de croix avant d'entrer sur le terrain.

Superstitions de joueurs célèbres

  • Basile Boli a porté le même slip lors de ses matches, pendant toute sa carrière. En 1999, Basile Boli raconte le secret de ce but historique : « C’était un slip blanc, raccommodé de partout. C’était le slip que je portais lors de mon premier match professionnel avec Auxerre », déclarait-il.
  • Björn Borg garde une relation toute particulière avec sa barbe. Quatre jours avant le début de Wimbledon 1976, le Suédois Björn Borg prend une décision radicale. Il s’engage à ne plus raser sa barbe sur jusqu’à sa prochaine élimination du tournoi londonien. Un choix payant puisqu’il enchaîne cinq sacres de suite sur le plus beau tournoi de gazon au monde.
  • Luis Fernandez : Qui a oublié la légendaire sucette de Luis Fernandez ? À l’époque où il entraînait le Paris Saint-Germain, l’ancien milieu de terrain ne pouvait s’empêcher de mâchouiller une sucette comme le faisait Johan Cruyff en son temps. Avant chaque rencontre de son équipe, il jetait discrètement des poignées de sel aux quatre coins du terrain.
  • Roger Federer aime le chiffre 8. Sur sa chaise, le Suisse garde systématiquement huit bouteilles d’eau mais également huit raquettes.

Superstitions collectives

Si très souvent les superstitions relèvent de l’intime, parfois une équipe entière s’y met. C’est le cas du FC Barcelone en 2009.

Sacrés en Ligue des champions en 2006 contre Arsenal, les Catalans ont voulu reproduire à l’exact le déroulement d’avant-match contre Manchester United en 2009. Pour cela, les dirigeants du club ont envoyé les deux mêmes joueurs en conférence de presse d’avant-match (Valdès et Puyol) mais pire encore, le club aurait demandé à voyager sur le même avion que trois ans auparavant. Une requête acceptée par la compagnie aérienne. S’il est difficile de mesurer l’impact de ces rituels, toujours est-il que le club a remporté l’épreuve.

Témoignages de supporters superstitieux

Axel a 54 ans, il est professeur associé dans une université suédoise. Il est spécialiste des médias et de la littérature, ses publications portent sur la poésie et la culture populaire. Il est également l’un des plus grands fans du Bayern Munich que l’on puisse imaginer.

Il a également un ensemble de rituels pour s’assurer que son club favori gagne. Par exemple, il doit boire une bière munichoise lorsque l’équipe joue. La Paulaner est la plus sûre, mais la Spaten fonctionne aussi. Il est absolument interdit de boire de la Dab, qui vient de Dortmund.

Pour assurer la victoire du Bayern, Axel doit écrire en allemand le matin du jour du match. Cela aide aussi. Une action complémentaire concerne la manière d’ouvrir sa bière dans sa cuisine. La capsule de bière doit être placée à un endroit très précis sur le comptoir de la cuisine. Sinon, le match risque d’être désastreux pour le Bayern.

Axel porte aussi la poisse aux penalties. La capsule du Paulaner d’avant-match, cruciale pour le succès du Bayern. Lorsque nous discutons de ces petites procédures et rituels, nous sourions tous les deux, mais cela n’a rien de risible. C’est une affaire sérieuse.

Luigi est un Italien de 49 ans, un statisticien hautement qualifié, expert en IA, qui enseigne toute l’année aux étudiants la différence entre corrélation et causalité. Dans la vie quotidienne, c’est un pragmatique des plus rationnels dont le discours est empreint d’un pessimisme désabusé teinté d’humour sarcastique. En matière de football, en revanche, il est superstitieux à souhait.

Tout est basé sur des « corrélations qui ont été prouvées des centaines de fois ». Selon lui, « tout ce que vous faites en regardant un match a un effet ». Lorsque l’Italie a évité l’élimination imminente lors de la Coupe du monde 2006, le retournement de situation a été « évidemment » dû au fait qu’il a enfilé un vieux t-shirt de Che Guevara, qu’il a ensuite porté tous les jours de match jusqu’à la victoire finale.

Superstition et science

Pour un individu qui ne croit absolument pas aux pouvoirs surnaturels et qui est familier avec des concepts psychologiques tels que le « biais de confirmation », le rituel superstitieux est un élément facétieux qui rehausse encore le plaisir de regarder le football.

Les superstitions en Afrique

Par le passé, notamment suite à l’émergence des nations africaines dans le football mondial, les anecdotes de pensée magique et d’occultisme ont été relatées sur un mode condescendant, avec des relents colonialistes à peine conscients. De nombreux joueurs effectuent systématiquement le même rituel avant un match : certains lancent toujours la chaussure gauche avant la chaussure droite, d’autres font le signe de croix avant d'entrer sur le terrain.

Peau de python, dents de buffle, coquillages et racines de tous genres se vendent au marché du centre de Johannesburg. Au football, c’est la solution magique pour marquer des buts, raconte Thabang qui est un Nyanga, c’est-à-dire le vendeur de muti aux guérisseurs que l’on appelle Sangoma.

Les psychologues du sport reconnaissent que les rituels et les croyances, bien qu'irrationnels au sens purement logique, peuvent améliorer indirectement les performances. En réduisant les distractions cognitives et l'anxiété, les rituels permettent aux athlètes de se concentrer sur l'exécution plutôt que de s'inquiéter de résultats imprévisibles.

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