Le Retour des Ultras au PSG : Une Histoire de Passions et de Défis

Le retour des Ultras au Parc des Princes est une saga complexe, marquée par des espoirs de renouveau et des défis persistants. Après des années d'absence, leur réintégration progressive soulève des questions sur l'avenir de l'ambiance au stade et l'identité du supportérisme parisien.

Un Parc des Princes en quête d'ambiance

Depuis 2010 et l’instauration du plan Leproux, le Parc des Princes sonne creux. Non pas que les spectateurs ne répondent pas présent, mais l’ambiance n’était clairement pas à la folie des années 1990/2000 mais plutôt aux applaudissements polissés et aux sifflets malvenus en cas de contre-performance. Le PSG a tout à gagner dans cette affaire. Un grand club se doit d’avoir un grand stade et un douzième homme n’est jamais de trop lors de sommets entre géants. Le Parc des Princes doit se réveiller.

Depuis le rachat de Paris Saint-Germain par Qatar Sports Investments, les dirigeants cherchent des solutions pour que le Parc des Princes redevienne l'antre bruyante qu'il a été. Résultat, les tentatives de mettre en place des "chauffeurs de foule" chargés de pousser le public à encourager et à chanter ont complètement échoué. De même pour les tifos installés dans les tribunes par le club qui ont souvent été moqués et rarement réussis.

La Finale de Coupe de France comme Déclencheur

Il a donc fallu attendre la finale de la Coupe de France contre l'Olympique de Marseille (victoire 4-2 du PSG) le samedi 21 mai pour que les dirigeants parisiens réagissent. Lors de cette rencontre, quelques ultras étaient présents dans les tribunes et ont poussé leur équipe comme rarement elle l'a été ces dernières années. Une ambiance qu'a appréciée le président du club, qui a décidé de renouer le contact avec eux par le biais du CUP.

Le Rôle de Nasser Al-Khelaïfi

C’est d’ailleurs le président parisien qui a pris le dossier en main, sensible politiquement, en recevant certains groupes d’Ultras. Celui qui veut "plus d’ambiance dans le stade" s’est donc impliqué dans le dossier et a reçu le CUP (Collectif Ultra Paris) soutenu par l’ADAJIS (Association de Défense et d’Assistance Juridique Supporters).

C’est pourtant au Paris Saint-Germain que le CUP doit son retour en grâce. Et, à l’intérieur du club, à la volonté d’un homme : le président Nasser Al-Khelaïfi. Le boss du PSG espérait réveiller ses supporters mais force est de constater que ses diverses déclarations n'ont pas eu l'effet escompté.

Après une rencontre entre le Collectif Ultras Paris et les dirigeants du club de la capitale qui avait accouché d'un accord entre les deux parties, Nasser Al-Khelaifi s'était rendu à la PP jeudi 29 septembre pour négocier le retour des ultras.

Le Plan Leproux et ses Conséquences

Après la dissolution des associations de supporteurs par le plan Leproux en 2010, les ultras avaient été exclus des tribunes du Parc des Princes. En cause, les violences récurrentes entre les supporteurs des virages Auteuil et Boulogne. En 2010, le PSG est miné par la rivalité entre ses différents clubs de supporters. Le 28 février, en marge d'un match, un supporter de la tribune Boulogne subit un tabassage en règle de la part d'autres supporters appartenant à la tribune Auteuil.

Le PSG, dirigé à l'apoque par Robin Leproux, prend alors une série de mesures drastiques pour mettre fin à ces violences. Les abonnements dans les tribunes Auteuil et Boulogne, les plus violentes, sont supprimés. Il devient impossible de choisir son siège lors de l'achat de billets : le placement est aléatoire, empêchant ainsi les groupes de supporters de se retrouver tous au même endroit.

Gratuité pour les enfants, réductions pour les femmes, création d'une tribune famille... Le plan Leproux a parfaitement fonctionné. Trop parfaitement, selon ses détracteurs. Car si les violences ont cessé, l'ambiance dans le stade en a pris un coup. Depuis 2010, le Parc des Princes sonne creux.

Un Retour Encadré

Dans un premier temps, les ultras du CUP abonnés au stade pourront se regrouper du côté de la tribune Auteuil. Mais ce retour ne se fera que sous certaines conditions. La Préfecture a fait savoir qu'elle "s'opposera à la poursuite de cette présence" en cas "d'incident constaté". Ils seront donc surveillés de près et aucun écart de conduite ne sera tolérer. Quoi qu'il en soit c'est une main tendue par les autorités que les ultras doivent saisir s'ils ne veulent pas voir leurs espoirs de retour annihilés.

Si le processus a été enclenché, certaines zones d’ombre entourent toujours le dossier. Quelle liberté de parole, quelle collaboration avec le club, quel prix d’abonnement ? Toutes ces questions, primordiales aux yeux de certains, n’ont pas encore été tranchées.

Le CUP a mis en place une charte stricte destinée à ses adhérents comme le souligne Pierre Barthélemy : "Il s'agit de définir le cadre permettant à chacun de s'y épanouir, d'encourager ceux qui sont conscients de leurs droits et de leurs devoirs, de responsabiliser ceux qui ont les épaules et de sanctionner de manière honnête et proportionnée ceux qui ne veulent pas ou ne savent pas respecter les règles".

Les Défis et les Perspectives d'Avenir

Ce samedi, c’est donc un retour progressif qui sera enclenché. Comme ce fut le cas lors de la finale de Coupe de France contre l’OM en mai dernier, une centaine de membre du CUP assisteront au match et auront la possibilité de se réunir dans les gradins. Une phase de test avant le lancement des grands travaux.

Il n’empêche, la conciliation menée va dans le bon sens et suit une seule logique : celle de voir le Parc des Princes à nouveau s’embraser lorsque le doux parfum européen se fera sentir. Histoire de "rêver plus grand".

Pour ceux qui espèrent entendre Boulogne et Auteuil se répondre par chants interposés, passez votre chemin. Ce samedi, il s’agit plus d’un retour anecdotique que de la reconstitution de l’ambiance de feu qu’a pu connaître le Parc des Princes avant le plan Leproux de 2010.

Le soutien absolu et à plein temps de l’ultra est un élément central et permanent de son identité. La direction parisienne déploie une stratégie de conquête de nouveaux publics-consommateurs à l’international. Mais la foule qui anime le Parc des Princes au présent reste attachée à un passé dont elle se réclame en espérant ne pas être effacée du futur.

En effet, au sein du CUP, qui compte plusieurs milliers de membres, plusieurs groupes distincts existent. Certains, comme la K-Soce Team, sont en grande partie composés de personnes non blanches. Dans ce contexte, le virage Auteuil émerge à partir de 1991 avec les Supras. La tribune est perçue comme plus ouverte et sa composition n’est pas excluante envers les arabes et les noirs.

Malgré ça, rien n'empêche Mika d'apprécier son retour "chez lui". "Le PSG, c'est notre religion, comme l'a dit un de mes potes. Tu mets tout ton argent dedans. C'est pire qu'une drogue. Ma femme, si elle me demandait de choisir, je serai dans la merde. T'as des gens qui vont te dire: 'T'es con c'est que du foot'. Mais c'est pas que du foot. Je pourrais pas vivre sans, c'est comme ça. Pendant sept ans, j'ai souffert.

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