Analyse du Résultat du Match de Rugby Féminin France - Nouvelle-Zélande

Le match pour la troisième place de la Coupe du Monde de Rugby Féminin a vu la France affronter la Nouvelle-Zélande. Cette rencontre, disputée à Twickenham, s'est soldée par une victoire des Black Ferns, laissant les Bleues au pied du podium. Cet article propose une analyse détaillée de ce match, en mettant en lumière les moments clés, les performances individuelles et les enjeux pour l'avenir du rugby féminin français.

Un Match à Double Enjeu

Pour les Bleues, conclure la Coupe du Monde sur une bonne note était impératif. Outre la médaille de bronze, ce match revêtait une importance capitale pour le classement des nations. Depuis mai 2024, la France n'est plus sur le podium et n'a plus gagné contre une équipe du top 3 depuis sa victoire contre la Nouvelle-Zélande en 2023. Cependant, la Nouvelle-Zélande a décroché la médaille de bronze de la Coupe du monde féminine 2025 en dominant la France, 42 à 26.

Malgré une belle entrée en matière, les joueuses de Gaëlle Mignot et David Ortiz ont vite perdu pied dans la rencontre, pliant face à la vitesse et la puissance de leurs adversaires. Si elles ont réussi à revenir en deuxième période - inscrivant 19 points consécutifs -, cela n’aura toutefois pas suffi à combler l’écart.

La France signe ainsi l’un des pires résultats de son histoire dans le tournoi, après une élimination en quarts lors de l’édition 1998 et la 4e place glanée en 2010. Cette déroute est une vraie déception, car le duel de ce jour revêtait un double enjeu.

Déroulement du Match

Les Françaises avaient pourtant entamé cette petite finale de la meilleure des manières, en transformant un essai de Pauline Bourdon Sansus, dès la 10e minute de jeu. Mais les six essais suivants ont été l'oeuvre des Black Ferns, qui se sont montrées sans pitié pour des Françaises dépassées.

Ballotées pendant une grosse quinzaine de minutes - le temps pour les Françaises de marquer un essai par Pauline Bourdon Sansus (10') et de manque deux autres grosses occasions -, les Black Ferns ont largement pris le dessus, lors de la petite finale du Mondial 2025 (42-26), ce samedi, à Twickenham. Les joueuses de David Ortiz et Gaëlle Mignot signent leur plus mauvaise performance dans la compétition depuis 2010.

Comme contre les Irlandaises et les Anglaises, elles se sont également montré à la peine au pied, avec une occupation défaillante (seulement 39% du temps dans le camp adverse).

30 Minutes en Enfer

Autre secteur défaillant, la défense (seulement 73% de plaquages réussis), avec notamment d'énormes largesses entre la 30e et la 60e minutes. "On s’est laissé déborder et on a réagi trop tard", analyse sans concession la capitaine Marine Ménager, qui disputait son dernier match en carrière, au micro de TF1. Cinq des six essais encaissés par les Françaises l'ont été au cours de cette période noire, avec les réalisations de Sylvia Brunt (32'), Renee Holmes (37'), Laura Bayfield (40').

Pourtant, pendant quelques minutes, les 80.000 spectateurs de Twickenham ont bien cru que les Bleues pourraient réussir une improbable remontée, lorsqu'elles ont inscrit trois essais (Léa Champon (62'), Gaby Vernier (66'), Émilie Boulard (72')) en l'espace de dix minutes, dont certains après de très belles phases offensives.

Finalement, l'écart au score est large et confirme un certain déclassement du XV de France, distancé par les trois meilleures nations mondiales.

Le Haka de la Nouvelle-Zélande face à la France

Les Joueuses Clés

Plusieurs joueuses se sont distinguées lors de ce match, tant du côté français que néo-zélandais :

  • Léa Champon (France): Elle a été présente aux quatre coins du terrain, infatigable. Son essai vient d'un ballon hérité dans cette même position.
  • Pauline Bourdon Sansus (France): Elle a marqué un essai dès la 10e minute.
  • Renee Holmes (Nouvelle-Zélande): Désignée joueuse du match, Renee Holmes n'a pas volé la récompense. Avec 17 points marqués, dont 12 au pied (5/8 dans les tirs au but), l'arrière néo-zélandaise a réussi une partie de haute volée.
  • Sylvia Brunt (Nouvelle-Zélande): Auteure d'un essai en s'arrachant malgré le plaquage d'Arbez (33e), elle s'est aussi illustrée en manœuvrant dans la défense tricolore et en servant Holmes pour son essai juste avant la pause (37e).
  • Jorja Miller (Nouvelle-Zélande): Nommée pour le titre de meilleure joueuse de l'année, Jorja Miller a justifié sa place dans le gotha en livrant une performance ahurissante, une fois encore.

Statistiques Clés

Voici un tableau récapitulatif des statistiques clés du match :

Statistique France Nouvelle-Zélande
Essais 3 6
Transformations 3 3
Pénalités 0 1
Occupation du terrain 39% 66%

Perspectives d'Avenir

Malgré cette défaite, l'équipe de France n'aura toutefois pas besoin d'attendre la Coupe du monde 2029 pour tenter de bousculer la hiérarchie établie. À la mi-septembre, World Rugby, la fédération internationale, a annoncé la création d’une compétition baptisée Women XV Global Series, qui mettra aux prises les équipes du Tournoi des six nations, ainsi que l’Australie, l’Afrique du Sud, le Canada, les Etats-Unis, le Japon, et surtout la Nouvelle-Zélande. La première édition se tiendra en 2026.

Reste maintenant à continuer à construire un nouveau groupe, pour espérer briser enfin ce plafond de verre des demi-finales lors du prochain Mondial, en 2029, en Australie. Une certitude, ce sera sans leur capitaine du jour, Marine Ménager, et sans leur talonneuse Manon Bigot, désormais retraitées.

Par ailleurs, dans l’histoire du rugby français, Doriane Constanty a marqué son nom au chapitre de l’arbitrage. Première Française à officier sur le circuit mondial de rugby à 7, cette ancienne internationale à XV et à 7, aujourd’hui membre de la BAC, a connu les sommets de son sport sous trois casquettes différentes. Portrait d’un parcours exceptionnel, qui pourrait inspirer bien d’autres vocations.

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