Rennes Paris Volley : Une Histoire de Triomphes et de Défis

Le Rennes Paris Volley, un club emblématique du volley-ball français, a connu une histoire riche en succès sportifs et en défis financiers. De ses origines modestes à son ascension en Ligue A, en passant par ses moments de gloire en Coupe de France, le club a marqué le paysage du volley-ball français. Cependant, des difficultés financières ont finalement conduit à sa disparition, laissant derrière lui un héritage indélébile.

Cet article retrace l'histoire du Rennes Paris Volley, en mettant en lumière ses moments forts, ses personnalités marquantes et les obstacles qui ont jalonné son parcours.

Les Origines : Le Rennes Étudiant Club (REC)

Fondé en 1946 par Eugène Malapert, le Rennes Étudiant Club (REC) est le berceau du volley-ball à Rennes. Eugène Malapert, à la fois président et entraîneur, a mené le club à gravir les échelons les uns après les autres. En 1970, le REC accède pour la première fois au championnat de Nationale 1, le plus haut niveau français de l’époque.

Eugène Malapert se souvient avec émotion de ses débuts :

« La section volley du REC, je l’ai créée en 1946. Je finissais mes études et avec quelques copains on jouait au volley pour s’amuser à Courtemanche. On s’est dit: « Pourquoi ne pas créer une section volley au REC? ». J’ai interrogé les dirigeants pour savoir s’ils étaient d’accord, ils m’ont dit oui, à condition que ça ne leur coûte pas un centime. »

Le REC a toujours été un club formateur, privilégiant l'esprit d'équipe et l'épanouissement des jeunes talents. Le professionnalisme n’est arrivé au REC que dans les années 1985-1986. Le REC jouait déjà au plus haut niveau, toujours en première ou deuxième division nationale. Pour rester à leur niveau, il fallait se structurer davantage.

Parmi les personnalités phares du club, on peut citer Michel Sanchez, Patrice Burgevin, les frères Eric et Jérôme Hallé, ainsi que le Croate Veljko Basic, entraîneur de l'équipe première de 1988 à 2005.

Drapeau de Rennes

2007 : Naissance du Rennes Volley 35

L'année 2007 marque un tournant dans l'histoire du club. Le REC devient le Rennes Volley 35, et l'équipe professionnelle quitte le "chaudron" de Courtemanche pour s'installer dans une salle plus moderne, dans le quartier de Bréquigny.

En 2002, le REC est sacré champion de Pro B et découvre la Pro A l’année suivante. Un championnat qu’il ne quittera plus jusqu’en 2007, année lors de laquelle est créée l’association Rennes Volley et signée une convention la liant au REC Volley, titulaire du numéro d’affiliation fédéral pour la participation en Ligue A.

Le REC affirme son ancrage breton à travers ses couleurs (haut noir, bas et chaussettes blanches) et son blason qui s'inspire du drapeau breton.

Eugène Malapert regrette ce changement de nom :

« Le Rennes Volley s’est créé quelques années plus tard, il est passé du nom du REC au nom du Rennes Volley. Je pense que là, une erreur a été faite. Personnellement, j’ai mal vécu le changement de nom. »

Point de saison pour le Rennes Volley 35

La Coupe de France 2012 : Un Moment Historique

La saison 2011-2012 est sans aucun doute la plus mémorable de l'histoire du Rennes Volley. Le club découvre la Coupe d’Europe, une première participation qui emmène la bande à Boris Grebennikov aux quatre coins de l’Europe.

Mais c'est surtout en Coupe de France que le Rennes Volley réalise un exploit retentissant. Le 11 mars 2012, à la salle Coubertin à Paris, les Rennais dominent le Beauvais OUC en finale (3-0) et remportent leur première Coupe de France. Jenia Grebennikov tient la réception à merveille, Repak joue dans un fauteuil, Kolacny et Pupart sont mis sur orbite en bout de filet… Un dimanche après-midi indélébile, inscrit à jamais dans l’histoire du club.

Boris Grebennikov exulte :

« J’espère que les dirigeants ont préparé des étagères pour mettre la Coupe. Maintenant, c’est à nous de les garnir. »
Coupe de France

2015-2016 : Une Saison en Ligue B et une Nouvelle Finale de Coupe de France

Descendu en Ligue B deux ans plus tôt, le Rennes Volley aurait là encore pu marquer au fer rouge sa saison 2015-2016. Et pour cause, l’effectif de Nikola Matijasevic joue sur tous les tableaux. Pour la montée en Ligue A déjà, logiquement qualifié pour les play-offs d’accession à l’issue d’une saison régulière où il a laissé son dauphin niçois à 16 points derrière lui, mais également pour un deuxième titre en Coupe de France.

Le Rennes Volley réalise une saison exceptionnelle en Ligue B, se qualifiant pour les play-offs d'accession et atteignant la finale de la Coupe de France. Car Arvydas Miseikis et sa bande s’immiscent parmi les plus grands et font tomber successivement des poids lourds de Ligue A : Beauvais en 8e de finale (3-2) mais surtout Sète en demi-finale (3-1), finaliste du championnat cette année-là après avoir dominé la saison régulière.

Malheureusement, la belle histoire prendra brutalement fin en finale face au Gazélec Ajaccio, le 27 mars 2016. Au cinquième set (16-14) et après avoir longtemps entretenu l’idée que le Rennes Volley pouvait être le premier club de Ligue B à soulever la Coupe de France.

Une première secousse avant la réplique, le 7 mai 2016, en finale de play-offs. Rodney Ah-Kong et les Rennais jouent leur saison sur un match et l’accession en Ligue A face à Nice. Sur un tie-break décisif, comme face aux Corses en finale de Coupe de France, avec cette fois deux balles de match à leur avantage. Deux occasions non converties par les hommes de Nikola Matijasevic, coiffés au poteau par les Aiglons (18-20)… Terrible réplique à Coubertin. Le sport, c’est cruel, lâche Nikola Matijasevic.Le lendemain sur la route, le minibus ramenant les joueurs et le staff à Rennes est arrêté sur le bas-côté. La joie des Rennais devant la double centaine de supporters bretons qui avaient fait le déplacement salle Coubertin.

2017 : Retour en Ligue A

Le Rennes Volley court après son lustre d’antan. Après ses démons, aussi, alors que la montée lui est passée sous le nez quelques mois plus tôt… Le club du président Coeurdray affiche ses ambitions et signe une saison régulière conforme, certes moins dominatrice que l’an dernier (1er) mais honorable (3e derrière Tourcoing et Nancy).

Bien qu’accroché en quarts de finale par Orange, qui l’emmène jusqu’au match décisif (3-1 à Colette-Besson), et privé de Rodney Ah-Kong dès le mois de décembre, le Rennes Volley est encore au rendez-vous salle Coubertin pour la finale d’accession. Soudée et appliquée, sans pour autant livrer son meilleur match de la saison, l’équipe de Nikola Matijasevic appuie là où ça fait mal et refuse le schéma passé. Même à un set partout (25-23, 20-25).

Chacun, dans son registre, apporte au collectif : Höhne et Kapfer par leur hargne, Toobal par sa science du jeu, Frédéric par sa fraîcheur au serveur, Prévert par son insouciance… C’était notre troisième chance. Les joueurs ne pouvaient pas se permettre de ne pas le faire. C’est ce qui a fait tourner le match, raconte l’entraîneur rennais. Depuis que je suis vice-président de la LNV, on ne cesse de me répéter que Rennes est une équipe de Ligue A et qui mérite d’y être, ça se concrétise, corrobore le président Bruno Coeurdray.

L'Ère Kévin Le Roux

Le Rennes Volley frappe un grand coup après Noël. Le club attire dans ses filets l’international français Kévin Le Roux, qui résilie son contrat avec le Dynamo Moscou pour s’engager à Rennes. L’international français Kévin Le Roux a disputé six mois au Rennes Volley, maintenu in extremis en Ligue A cette saison-là.

Champion d’Europe en 2015 avec l’équipe de France, double vainqueur de la Ligue Mondiale (2015, 2017), médaillé de bronze de cette même épreuve en 2016, le central de 28 ans regagne l’Ille-et-Vilaine pour six mois après être passé par le pôle de Dinard et avoir grandi à Saint-Malo.

La Meilleure Saison et la Disparition

En terminant troisième de Ligue A et en demi-finale de Challenge Cup, sans pouvoir se jauger jusqu’au bout, le Rennes Volley a probablement signé sa saison la plus aboutie. Le paradoxe est malheureux mais le Rennes Volley va disparaître à l’issue de sa saison la plus aboutie. Certes en n’ayant pas brillé en Coupe de France (défaite à Paris dès le premier tour) mais en ayant rayonné de mille feux en Ligue A et en Challenge Cup, avec un effectif taillé pour un titre.

Les résultats parlent d’eux-mêmes : battre Tours sans contestation à Colette-Besson (3-0), enchaîner 14 succès consécutifs toutes compétitions confondues, être sacré champion d’automne (c’était également le cas un an plus tôt), qualifié pour le dernier carré de la Challenge Cup…

Après avoir été sanctionné par la DNACG d’un retrait de cinq points, dont trois fermes, pour communication d’informations inexactes et pour rupture manifeste d’équité sportive, en partie en raison de sa masse salariale déclarée en avril 2018, le club se retrouve au cœur de la fronde mené par ses concurrents. Dix clubs, cosignataires un communiqué contestataire, estiment inéquitable sa participation au championnat de France et dangereux qu’il puisse prendre part aux play-offs.

Alors que Kévin Le Roux avait réuni un groupe d’investisseurs pour apporter les 300 000 € manquants, le club a essuyé jeudi 25 juin le refus de la DNACG de lui accorder l’agrément pour évoluer en Ligue A la saison prochaine. Les dirigeants ont pris la décision de ne pas faire appel auprès du CNOSF et vont déposer le bilan ces jours-ci.

Contraint financièrement et recalé pour son projet de reprise par la DNACG, le club va cesser ses activités après plus de vingt ans de professionnalisme.

Le paradoxe est malheureux mais le Rennes Volley va disparaître à l’issue de sa saison la plus aboutie.

Le REC Reprend le Relais

Après la disparition du Rennes Volley 35, ancien pensionnaire de Ligue A, pour raisons financières, c'est le Rennes étudiants club, club historique, le REC qui reprend le relais.

Le REC, le club amateur a décidé de se retrousser les manches, vers la conquête du haut niveau. Il repart avec deux équipes en Elite (troisième division), une masculine et une féminine. Des anciens du Rennes Volley 35 ont décidé de s'investir.

Le REC volley attaque la saison avec une victoire face à Amiens le week-end dernier.

Sanctions Financières et Classement

Le leader du championnat a en effet été pris par la patrouille financière. Pas franchement une surprise tant les bruits circulaient depuis des semaines. Mais maintenant, les choses sont claires : le président Brice Chambourg a annoncé dans les médias que son club avait écopé d’un retrait de cinq points, dont trois ferme. En cause, un dépassement de la masse salariale encadrée en 2018-2019, suite selon le club à la réintégration dans les comptes d’avantages en nature.

Samedi, dans L’Équipe, le président du TVB, Yves Bouget n’a pas mâché ses mots. « Comment un club peut-il être autorisé à repartir avec une dette de plus d’un million d’euros ? » s’est-il interrogé.

Il faut dire que la sanction peut être jugée minime, en l’absence pour le moment de communication officielle de la part des instances et en considérant que, la saison dernière, Rennes avait déjà perdu 2 points au classement, assortis de deux autres avec sursis. À titre de comparaison, il y a quelques années, le TVB avait perdu 6 points pour un défaut de provision ; Beauvais, avant de sombrer, avait écopé d’une sanction de 7 unités.

Cette sanction, avant d’être prononcée comme après, ne laisse pourtant personne indifférent en Ligue A. C’est qu’il ne s’agit pas de n’importe quel club, mais bien de celui qui a, pour l’instant, dominé le championnat. Et qu’il y a aussi une répétition de l’histoire, après les cas de Poitiers (descendu en N1 en 2012), Beauvais (reparti en N2 en 2016) et Paris (qui est passé par la case Ligue B la saison dernière).

« On est tous meurtris, assure Pascal Foussard, parce que cela concerne encore un club du haut de tableau et que cela ne donne pas une bonne image du volley alors que les clubs font pourtant des efforts pour se développer, comme Narbonne ou Chaumont. On est en recherche de crédibilité comme tous les petits sports, on n’a donc pas envie d’avoir des affaires. »

Club Sanction Motif
Rennes Volley Retrait de 5 points (dont 3 ferme) Dépassement de la masse salariale
Tours Volley-Ball (TVB) Retrait de 6 points (il y a quelques années) Défaut de provision
Beauvais OUC Retrait de 7 points Avant de sombrer
Poitiers 3 000 euros d'amende Non-présentation à temps des documents comptables

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