La saison de Ligue 1 McDonald’s a été marquée par une performance offensive exceptionnelle, atteignant des niveaux rarement vus depuis des décennies. Cette analyse plonge au cœur des statistiques, des records et des tendances qui ont façonné cette saison mémorable.
LE RECAP' DE LA SAISON - LIGUE 1
Une Moyenne de Buts Élevée
Cela faisait 46 ans que la Ligue 1 McDonald’s n’avait pas affiché une moyenne de buts par match aussi élevée (2,98 vs 3). À cette époque, les fers de lance s’appelaient Carlos Bianchi (PSG), Delio Onnis (AS Monaco) et Eric Pécout (FC Nantes), tous trois ayant inscrit au moins 22 buts dans un classement des buteurs comptant six joueurs à plus de 20 unités.
Si lors de cette saison 2024/25, seuls les deux premiers du classement des buteurs ont réussi cette performance (Dembélé et Greenwood, 21 buts), avec en marge la superbe phase retour de Mika Biereth à l'AS Monaco (13 buts en 16 matchs), la réussite offensive collective de la Ligue 1 McDonald’s a été historique avec 2,98 buts/match, soit 911 réalisations en 206 matchs. Et parmi les saisons à 18 clubs, celle achevée le 17 mai dernier par un joli 38 buts (record de la saison) affiche le plus haut total depuis 1969/70 (973).
Le spectacle a été au rendez-vous dans l’hexagone tout au long de la saison avec par exemple un nombre de rencontres à plus de trois buts inscrits en forte progression. En 24/25, 108 matchs entrent dans cette catégorie des rencontres spectaculaires, soit 20 supplémentaires par rapport à la saison dernière. Parmi ceux-là figurent 27 rencontres à au moins 6 buts marqués (vs 16 en 23/24), avec en tête de classement les AS Monaco-FC Nantes (7-1) et OGC Nice-AS St-Etienne (8-0).

Comparaison Européenne
Cette performance place la Ligue 1 McDonald’s en bonne position sur la scène européenne, faisant mieux que la Serie A (2,54 buts/match) et LaLiga (2,62 buts/match), et se trouvant au niveau de la Premier League (2,93 buts/match), quand les championnats de Belgique (2,62) et du Portugal (2,57) sont en retrait. Seule la Bundesliga affiche une moyenne supérieure (3,13).
C’est d’ailleurs cette philosophie d’un championnat historiquement très offensif, où l’on joue pour gagner, qui perce en France.
Tableau Comparatif des Moyennes de Buts en Europe
| Championnat | Moyenne de Buts par Match |
|---|---|
| Bundesliga | 3,13 |
| Ligue 1 McDonald’s | 2,98 |
| Premier League | 2,93 |
| LaLiga | 2,62 |
| Championnat de Belgique | 2,62 |
| Serie A | 2,54 |
| Championnat de Portugal | 2,57 |
Les Nouvelles Tendances Offensives
L'exercice 2024/25 a accentué la tendance en place depuis plusieurs éditions. À savoir une prise de risque plus importante de la part des équipes en Ligue 1 McDonald’s.
Tout d’abord, les équipes jouent un peu plus haut sur le terrain, s'avançant en moyenne de 2 mètres en dix ans. Ensuite, les formations dans leur ensemble tentent moins de tirs de loin (passant de 9 à 8/match), mais plus de tirs dans la surface (de 16,6 à 17/match), cela n'a pas affecté le nombre de total de tirs, mais cela a une influence positive sur l'efficacité.
Depuis la saison 20/21, le pourcentage de tirs convertis en but atteint des sommets (> à 11%), connaissant son plus haut au cours de cette saison (11,9%). Si le nombre de tirs et donc d’occasions reste comparable, les clubs se sont montrés davantage efficace au cours de la saison pour notamment inscrire 85 buts de plus qu’en 2023/24.
En parallèle, la saison qui vient de s'achever voit une nette hausse du nombre de buts à la suite d'une contre-attaque, cela peut signifier que les équipes osent davantage s'exposer quand elles attaquent, quitte à concéder des buts. Sur contre-attaque, le nombre de réalisations a bien considérablement augmenté par rapport aux précédentes saisons, atteignant les 108 unités ! Un score en progression de 74% vs la saison dernière. Et même par rapport aux saisons à 20 clubs et comptant 380 matchs (soit 74 de plus), il s’agit d’un total record.
Avec cette philosophie offensive en place, les 18 formations de l’élite sont parvenues à se montrer plus dangereuses en se créant un nombre de grosses occasions record. En 24/25, il y a eu en moyenne 5,26 grosses occasions par rencontre : un chiffre en progression de 24% par rapport à la saison dernière. Cette tendance à en obtenir davantage se vérifie depuis trois saisons, mais la saison fraîchement écoulée franchit un nouveau cap avec en volume 309 grosses occasions supplémentaires en un an.
Se créer ne signant pas forcément marquer, il faut aussi observer la capacité à convertir en but ces grosses occasions. Et ici encore, la saison 24/25 a vu 112 buts supplémentaires être inscrits sur ce type de phase de jeu que la saison précédente.
L’OM est l’équipe qui a surperformé le plus cette saison selon le modèle des Expected Goals avec un différentiel de presque 9 entre ses buts et leur valeur xG (8.94 - 74 buts, 65.06 xG).
Face à Lens le 4 mai, l’OL a touché 75 ballons dans la surface adverse, soit le plus haut total pour une équipe dans un match de Ligue 1 McDonald’s depuis qu’Opta collecte ces données (2006/07).

Temps de Jeu Effectif
Pour se créer des occasions et marquer, plus les équipes disposent de temps de jeu mieux cela est. Et cette saison, la Ligue 1 McDonald’s affiche des données que seul le championnat néerlandais a battu, de peu. Cette saison, un match de l’élite a eu 56’40 de temps de jeu effectif, seulement deux secondes de moins qu’en Eredivisie, mais 1’35 de mieux que la Bundesliga, 2’04 que la PL, 3’04 que la Serie A et 3’16 que LaLiga.
Le Record Historique du Racing Club de Paris
Il est parfois des records que l’on répète d’années en années. Que l’on s’amuse à croire inatteignables. Celui du Racing Club de Paris ne l’est pas encore. Pas d’athlétisme ici mais du ballon rond. Pas de record du monde non plus mais un record en L1 qui tient toujours. Malgré les années, malgré les millions, malgré l’OM de Skoblar, le PSG de Zlatan ou le Monaco de Mbappé-Falcao, l’exploit tient encore debout. Et il est ahurissant. Du genre de ceux qui donnent le vertige : 118 buts marqués en 38 matches lors de la saison 1959-1960.
Une moyenne de folie à 3,1 buts par match que personne n’a encore réussi à faire tomber. La saison passée, c’est une AS Monaco enflammée qui a, un temps, chasser le Graal. Avant de rapidement abandonner. Cette saison, le PSG est encore dans les temps. C’est simple, à deux journées de la fin, le champion de France 2017-2018 est à 108 buts. 10 pions lors des deux prochains matches suffiraient à égaler le record. Sachant qu’il tourne à 3 buts de moyenne par match, cela reste dans ses cordes. A condition de reprendre sa lancée du match du titre contre Monaco et non les deux matches nuls 2-2 de rang contre Guingamp et à Amiens.
Après un doublé Coupe-championnat en 1936, le club parisien réussira à remporter la timbale quatre fois en l’espace de dix ans (1939-1940-1945-1949). L’équipe est tellement offensive qu’elle se fait surnommer le "Tourbillon" par sa capacité à faire voler en éclat ses adversaire. Spécialiste de l’exercice, le Racing se prend les pieds dans le tapis l’année suivante, en 1950. Battue en finale par le Stade de Reims qui débute sa période de règne sur le foot français, l’équipe régresse au point d’être relégué en division 2 en 1953. Mais elle remonte l’année suivante et s’installe progressivement parmi les cadors du championnat. Son crédo : des internationaux français, du risque et des buts. À la pelle. Et ça marche. La preuve : entre 1959 et 1963, l’équipe parisienne réussit à être sacrée cinq fois consécutivement meilleure attaque du championnat.
Bernard Morlino, journaliste auteur d’un livre sur le club (Les Défis du Racing), l’affirme : "C’est simple, à l’époque, c’est LA grande équipe de Paris. Ce fut l’une des premières à mettre en place une politique claire : celle des vedettes, un peu comme le PSG aujourd’hui !".
Malgré ses "stars", nombreuses (Roger Marche, Thadée Cisowki, Abderrahman Mahjoub ou Joseph Ujlaki), le Racing ne parvient pas à gagner le titre. Même lors de cette fameuse saison 1959-1960. 118 buts plantés mais une place de troisième qui fait tâche. Loin derrière le grand Reims et ses 60 points et son total de buts, lui aussi ahurissant, de 109 pions.
Bernard Morlino détaille : "C’était une équipe ultra-spectaculaire, très offensive. Mais avec des résultats en dent de scie. Il n’y avait pas de schéma tactique, c’était tout à l’enthousiasme. C’est pour ça que c’était une équipe de Coupe. Le championnat ne leur allait pas".
En bon romantiques du football, les artistes du Racing ne calculent pas. Et perdent des points. Les saisons qui suivent se ressemblent. Toujours aussi beaux, toujours aussi friables. Et toujours battus par la plus grande équipe française de l’époque, le Stade de Reims. C’est le départ de l’entraîneur aux méthodes avant-gardiste qui va faire plonger le club.
En 1964, cinq ans après avoir explosé le record de buts marqués en Division 1, le Racing descend. Impensable mais réel. Le club s’enlise et finit par disparaître laissant Paris sans club et le foot français orphelin d’une équipe qui aura marqué son histoire sans forcément laisser une marque indélébile sur son palmarès.
Meilleurs Buteurs de l'Histoire de la Ligue 1
Depuis sa création en 1932, le Championnat de France a vu défiler des joueurs au talent exceptionnel. Ronaldinho, Zlatan Ibrahimović, Neymar, Pauleta, Kylian Mbappé ou encore Lionel Messi figurent parmi les stars qui ont joué dans des clubs français.
L’Argentin Delio Onnis est toujours le meilleur buteur de l’histoire du Championnat de France avec 299 buts en 449 matchs. Il a marqué 39 buts avec le Stade Reims, 157 buts avec l’AS Monaco, 64 buts avec le Tours FC et 39 buts avec le SC Toulon. Delio Onnis fait partie du cercle très fermé des joueurs à avoir dépassé les 200 buts en Ligue 1. Toutes ses réalisations ont eu lieu entre 1971 et 1986.
À la fin de sa carrière, Delio Onnis comptait 462 buts en 710 matchs toutes compétitions confondues. Alexandre Lacazette, attaquant de l’Olympique Lyonnais, est le seul joueur en activité à dépasser les 100 buts en Ligue 1. Il est actuellement le 23e meilleur buteur de l’histoire du Championnat de France avec 146 buts. Ils ont tous été marqués avec l’Olympique Lyonnais entre 2010 et 2017 puis entre 2022 et 2024.

Record de Buts sur une Saison : Josip Skoblar
Le joueur croate Josip Skoblar est le recordman du nombre de buts sur une saison en Ligue 1. Lors de la saison 1970-1971, il a marqué 44 buts avec l’Olympique de Marseille. Il a d’ailleurs gagné le Soulier d’or européen cette même année.
Zlatan Ibrahimović est le deuxième meilleur buteur du Championnat de France sur une saison. Le joueur suédois a marqué 38 buts lors de l’édition 2015-2016 avec le PSG. Le podium est complété par l’Uruguayen Edinson Cavani et ses 35 réalisations la saison suivante. Kylian Mbappé détient le record du meilleur buteur et du meilleur passeur sur une saison. Lors de l’édition 2021-2022, il a marqué 28 buts et délivré 17 passes décisives. Le record personnel de Kylian Mbappé sur une saison est de 33 buts.
Le 26 juin 1971, Marseille bat Strasbourg 6-3 et est sacré champion de France devant l’AS Saint-Étienne. Et son buteur Josip Skoblar marque ses 42e, 43e et 44e buts de la saison !
Au fil de la saison 1970-1971, le Yougoslave de Marseille Josip Skoblar atteint ce total lors de la 34e journée, après avoir marqué quatre fois contre Rennes au Vélodrome, le 23 mai 1971 (5-0).
Skoblar sera le meilleur buteur de la D1 trois saisons d’affilée (1971, 1972, 1973) en inscrivant 44, 30 et 26 buts.
Son record de 44 buts en une saison tient toujours, plus de 50 ans plus tard… La barre des 35 buts n’a été atteinte qu’à deux reprises, par les Parisiens Zlatan Ibrahimovic (38 buts en 2015-2016) puis Edinson Cavani (35 buts l’année suivante). Le meilleur score de Jean-Pierre Papin, cinq fois meilleur buteur du championnat avec l’OM, est de 30 buts en 1989-90.