L'histoire du Stade Bollaert-Delelis: Un monument emblématique de Lens

Le stade Bollaert-Delelis, symbole du passé minier du Racing et de la Ville de Lens, a fêté ses 90 ans en 2023. Son histoire, riche d’émotions et de passions, se confond avec celle du club. En 90 ans d’existence, le stade est devenu le théâtre permanent d’une magnifique kermesse populaire dans le meilleur de la tradition du Nord.

Au tournant du XXème siècle, le football fait son apparition en France. À Lens, les étudiants prennent l’habitude de s'affronter sur la Place Verte - aujourd’hui renommée Place de la République - qui devient le terrain attitré du Racing Club Lensois à la création du club en 1906. Néanmoins, les footballeurs lensois doivent rapidement s'exiler sur la pâture Mercier pour ne pas déranger le voisinage.

Le Racing Club de Lens, fruit de la réunion des « Gallibots » (surnom des jeunes mineurs de la région) et d’étudiants autour d’une passion commune pour ce drôle de sport venu d’outre-Manche, est fondé en 1906. Ces jeunes gens évoluent dans un premier temps derrière un kiosque à musique sur la Place Verte (actuelle Place de la République). Mais l’expérience est de courte durée.

Les débuts et l'implication de la Compagnie des Mines

Entre-temps, la Société des Mines de Lens, premier employeur de la ville et de sa région, commence à s’intéresser à ce nouveau sport. La société, dirigée par Edouard Bollaert - père de Félix Bollaert - offre même de prêter un terrain aux jeunes sportifs. Les footballeurs n’y évolueront que quelques années. La Première Guerre Mondiale contraint le RCL à stopper ses activités. Une fois la paix gagnée, les footballeurs lensois ne peuvent que constater l’étendue des dégâts.

Étroitement liée à l'évolution du Racing, la Compagnie des Mines met ensuite à la disposition des Lensois un vaste champ pour leurs séances d'entraînements et rencontres à domicile. Grâce au Comité de secours américain, le RCL retrouve un nouveau terrain d’entrainement sur une ancienne piste d’entraînement pour chevaux de course. Le club prendra même un temps le nom d’Union sportive du foyer franco-américain (USFFA). En 1922, le club qui a repris son identité retrouve par la même occasion le terrain des Glissoires. Oh pas bien longtemps, seulement le temps de déménager deux ans plus tard dans le tout récent Stade Municipal Raoul Briquet (aujourd’hui Léo-Lagrange).

Le club se découvre un peu de stabilité, les premières vedettes étrangères accourent à Raoul Briquet, et en 1929, le club accède à la Division d’Honneur. Dans le même temps, Félix Bollaert, qui a pris en 1922 la succession de son père à la tête de la Société des Mines de Lens, favorise la renaissance des sociétés musicales, sportives et militaires.

Fin 1929, Félix Bollaert termine l’acquisition des terrains nécessaires à la construction du futur stade. A partir de 1931, 180 mineurs de la fosse 5 qui se trouvaient alors sans activité sont affectés à la construction d’un stade sur des terrains vagues entre les carreaux des Fosses 1 et 9, propriété des Houillères du Pas-de-Calais. La réalisation du site est censée suivre le modèle tracé par le stade des Mines de Béthune qui selon la presse (locale) de l’époque serait « le plus beau de France ». Les travaux prendront fin en 1934.

Professionnalisation et premier match au "Stade Officiel"

Par ailleurs, la fédération accepte le 1er janvier 1934 la professionnalisation du Racing Club de Lens. Le RC Lens pourra désormais concourir au sein de la deuxième division. La société minière propose alors de mettre à la disposition du club son stade flambant neuf, ce que le RC Lens accepte immédiatement. Ainsi, fin juin 1934, les Sang et Or disputent leur première rencontre professionnelle au « Stade Officiel ».

Au sortir de la guerre 14-18, le Racing Club Lensois occupe plusieurs terrains : la pâture Tacquet puis le stade Raoul-Briquet (désormais appelé stade Léo Lagrange) pour leurs matchs et le Parc de la Glissoire pour leurs entraînements. Suite à la promotion du club en Division d'Honneur et la création de la première section de supporters, la Compagnie des Mines de Lens investit dans une parcelle située entre les Fosses 1 et 9 pour y ériger un stade, le 6 novembre 1929. La construction est confiée à 180 mineurs et l'inauguration a lieu le 18 juin 1933 à l'initiative de Félix Bollaert, Président du Conseil d'Administration des mines de Lens.

Les Houillères assurent l'entretien et les travaux d'aménagement du stade pendant plusieurs années. En 1969, la Compagnie des Mines se désolidarise du club en raison de la crise économique. Le Racing Club Lensois dépose alors le bilan et renaît sous le nom de « Racing Club de Lens », sous l'impulsion d'Arnold Sowinski, Henrin Trannin et André Delelis. Ce dernier, Maire de Lens, parvient à racheter le stade à la Compagnie des Mines pour un franc symbolique en 1974. La municipalité de Lens devient officiellement propriétaire de l'enceinte le 7 septembre 1976.

Évolution et transformations du stade

Les années 50 sont fastes pour le football lensois, le Racing s’inscrit durablement dans le paysage de la première division, et bientôt s’impose comme un club leader du football français. La fin des années 60 voit les houilles péricliter un peu partout en France, et celles de Lens sont particulièrement touchées. En 1969, la direction des mines lensoises annonce qu’elles cessent de financer le club et abandonnent le football professionnel. Le Racing et Bollaert sont laissés à leur propre sort. Mais bientôt, la mairie s’intéresse de nouveau au club, engage des volontaires et les subsides nécessaires à la survie du club.

Pour l'enceinte qui est de forme ovale, c’est le début d’une métamorphose avec la construction d’une première tribune droite de 12 000 places : l’actuelle tribune Trannin. En 1977, l’éclairage est amélioré et la capacité d’accueil est agrandie. Finalement, la chute d’un bloc de béton de la toiture de la tribune d’honneur survenue au cours de la rencontre Lens-Nancy en 1973 décidera les Houillères à céder le stade à la municipalité pour un franc symbolique le 1er avril 1974.

Sous l’impulsion de son nouveau propriétaire, Bollaert allait prendre un nouveau visage. Dans la foulée, le club se qualifie pour sa deuxième Coupe d’Europe en trois saisons (C1 en 1975, suivie de la C3 en 1977) et la mairie de mettre en œuvre de nouveaux chantiers: refonte des Secondaires pour créer la tribune Tony Marek qui pourra accueillir jusqu’à 10 000 personnes debout (c’est de cette époque que les supporters lensois tiennent l’habitude de se regrouper dans cette partie des latérales, et non dans un virage comme il est de coutume), et ajout d’un étage, « les panoramiques » (actuelle Tribune Xercès Louis), à cette même tribune qui, lui, accueillera 5 000 personnes toutes assises. C’est une véritable métamorphose à laquelle on assiste.

Suite à l’action de la municipalité, Félix Bollaert est devenu en quelques années un des stades les plus impressionnants de France pouvant accueillir près de 38 000 personnes, et dont l’architecture carrée dénote dans le landernau footballistique français. Ce nouveau chantier débute fin 1982. Le 10 septembre, la première pierre du projet est posée par Madame Edwige Avice, Ministre de la Jeunesse et des Sports.

Les travaux concernent entre autres: l’aménagement des bureaux du RCL, la construction d’une tribune de presse et d’une tribune pour handicapés, l’amélioration de l’éclairage, l’ajout à la tribune d’honneur (tribune Lepagnot) d’un étage de 3 600 places assises… et, last but not least, la réalisation d’une quatrième tribune (tribune Delancourt) de 20 000 places debout ! Cette dernière tribune va façonner de manière définitive l’image d’un stade « à l’anglaise », mais va surtout permettre à Lens de se targuer de posséder du plus grand stade de France (51 000 places).

Coupe du Monde 1998 et Euro 2016

Place forte du football français, l'antre lensois connaît de nouveaux travaux pour accueillir des compétitions internationales. Quelques années plus tard, Lens se prépare cette fois à être l’une des villes hôtes de la Coupe du Monde 1998. À cette occasion, les tribunes Trannin, Lepagnot et Delacourt sont démolies pour être entièrement remises sur pied. L’enceinte lensoise fait peau neuve : elle est désormais équipée d’installations modernes (un système de vidéosurveillance, un éclairage récent, des vestiaires neufs…) et 41 649 spectateurs peuvent y prendre place.

En parallèle, Bollaert abrite la plus grande saison de l'histoire du Racing. Intraitables à domicile en D1 (12 succès, 4 nuls et une seule défaite), les hommes de Daniel Leclercq livrent une campagne épique qui les mènent au titre de Champions de France 98. Véritable porte-bonheur en cette année 1998, Bollaert est, quelques semaines plus tard, sur le parcours des Bleus lors de la Coupe du Monde 98. Cette fois, un public venu du monde entier garnit les travées du stade pour six rencontres du Mondial.

En 1992, la France est désignée pour accueillir la Coupe du Monde 1998. Trois ans plus tard, les dix villes-hôtes sont révélées. Trois des quatre tribunes sont entièrement reconstitutes. Dès juillet 1995, la plus ancienne des tribunes - la Tribune Trannin - disparaît avant d’être reconstruite et ouverte au public en février 1996. La Delacourt, qui lui fait face, suit le même chemin, sa reconstruction étant achevée en août de la même année. L’érection, un an plus tard, de la nouvelle tribune Lepagnot marque l’achèvement des travaux.

La reconstruction de ces tribunes permet par ailleurs l’aménagement ou la rénovation de nombreux services: système de vidéosurveillance interne et externe, éclairage encore amélioré, nouveaux vestiaires, nouvelles salles de réception, etc. En 2010, la France est de nouveau choisi pour accueillir une rencontre majeure: l’Euro 2016. Un nouveau plan pour Bollaert est étudié par le club (qui jouit depuis 2002 d’un bail emphytéotique de 50 ans sur le stade). Il doit permettre de fermer entièrement l’enceinte et de porter sa capacité à 44 000 places.

Le nouveau Bollaert est repris en main par les collectivités avec une ambition revue à la baisse et dont la capacité baissera à 38 223 après travaux. Bollaert doit d’ailleurs son record d’affluence à cette nouvelle configuration et à un Lens-Marseille du 15 février 1992 suivi par 48 912 supporters.

En 2004, les bureaux administratifs situés en tribune Lepagnot déménagent au pied de la tribune Delacourt pour laisser place à des salons. Une tour de sécurité dotée d’équipements modernes est également érigée à l’angle Lepagnot/Trannin.

Lieu de football important, l'antre artésien ouvre également ses portes à d'autres événements sportifs comme la Coupe du Monde de rugby à XV en 2007. Ainsi, Bollaert fait des 12 stades hôtes de la compétition dont il reçoit la phase de poules. L’histoire entre Bollaert et l’ovalie ne s’arrête pas là. Le 28 mai 2010, la France est choisie pour organiser l’EURO 2016. En ce sens, la Fédération Française de Football sélectionne Bollaert-Delelis comme l'un des dix stades qui accueilleront le tournoi. Celui-ci va connaître une période de travaux pour être modernisé.

Le 27 août 2012, le maire de Lens, Guy Delcourt, annonce la signature du permis de construire permettant la rénovation des quatre tribunes puis le projet est définitivement enteriné en décembre 2012. Bollaert-Delelis rouvre enfin ses portes le 8 août 2015. Les supporters lensois renouent avec leurs tribunes pour la réception du Red Star (1-1) en Ligue 2. Pendant l’été 2016, quatre matchs de l'EURO se déroulent dans l’ancienne ville minière. Quelques mois plus tard, c'est au tour des Bleus de Didier Deschamps de fouler la pelouse de Bollaert-Delelis face à la Côte d’Ivoire, en amical (0-0).

En 1992, la France est désignée pour accueillir la Coupe du Monde 1998. Trois ans plus tard, les dix villes-hôtes sont révélées. Trois des quatre tribunes sont entièrement reconstitutes. Dès juillet 1995, la plus ancienne des tribunes - la Tribune Trannin - disparaît avant d’être reconstruite et ouverte au public en février 1996. La Delacourt, qui lui fait face, suit le même chemin, sa reconstruction étant achevée en août de la même année. L’érection, un an plus tard, de la nouvelle tribune Lepagnot marque l’achèvement des travaux.

La reconstruction de ces tribunes permet par ailleurs l’aménagement ou la rénovation de nombreux services: système de vidéosurveillance interne et externe, éclairage encore amélioré, nouveaux vestiaires, nouvelles salles de réception, etc. En 2010, la France est de nouveau choisi pour accueillir une rencontre majeure: l’Euro 2016. Un nouveau plan pour Bollaert est étudié par le club (qui jouit depuis 2002 d’un bail emphytéotique de 50 ans sur le stade). Il doit permettre de fermer entièrement l’enceinte et de porter sa capacité à 44 000 places.

Le nouveau Bollaert est repris en main par les collectivités avec une ambition revue à la baisse et dont la capacité baissera à 38 223 après travaux.

Bollaert-Delelis aujourd'hui

Résolument populaire, Bollaert-Delelis fait partie des 4 stades (avec ceux d'Amiens, Saint-Étienne et Sochaux) retenus en 2018 par l’Instance Nationale du Supportérisme (INS) pour expérimenter le retour des tribunes debout sans siège, supprimées en France depuis 1992. Une nouvelle évolution intervient pour la saison 2022/23. Tel un prolongement de la Tribune Marek, les niveaux 0 des Tribunes Delacourt et Trannin deviennent des « virages populaires ». Pendant un an, les sièges sont maintenus et le placement est libre. À l’origine, étudiants et galibots se retrouvent sur la place Verte (actuelle place de la République) de Lens pour jouer au football avant de se rendre dans un café dont le patron crée le Racing Club de Lens (RCL) en 1906.

Le premier stade est édifié dans le contexte de crise qui succède au krach de 1929. L’initiative en revient à Félix Bollaert (1855-1936), président du conseil d’administration de la Société des Mines de Lens (SML), connu pour son implication dans le développement des œuvres sociales (sociétés musicales, sportives ou de jardinage, gouttes de lait etc.) il mobilise pour sa construction des mineurs menacés de chômage. Inauguré en 1933, le stade est mis à la disposition du RCL qui peut ainsi accéder au professionnalisme. Pendant 40 ans, il est géré par la SML puis, après la nationalisation des mines en 1946, par les HBNPC (Houillères du Bassin du Nord - Pas-de-Calais) qui voient dans le club et son stade un moyen de fédérer la population minière et d’encadrer ses loisirs.

Dans les années 1970, le maire de Lens, André Delelis, permet à la ville de devenir propriétaire du stade pour sauver le club face au désengagement des HBNPC. Le stade est remanié à plusieurs reprises afin d’améliorer les conditions de jeu et d’accueil du public (mise en place d’éclairage, construction de nouvelles tribunes) avant de prendre sa configuration de stade « à l’anglaise » qui permet aux spectateurs d’être au plus près de la pelouse.

Ce temple du football est réputé pour la ferveur de son public. Une nouvelle campagne de travaux est conduite en 2014-2015 pour moderniser le stade, améliorer son confort et le mettre en conformité avec les normes de l’UEFA en vue de l’Euro 2016. Confiés à Pierre Ferret, architecte de renommée internationale pour la conception et la construction d’équipements sportifs, ces travaux sont notamment l’occasion d’installer une nouvelle toiture couvrant la totalité des places. La nouvelle enveloppe extérieure blanche en polycarbonate et métal perforé apporte une cohérence aux façades et dialogue avec l’architecture épurée du Louvre-Lens voisin. Elle contraste avec l’intérieur plus coloré qui fait honneur aux couleurs des « sang et or » du Club lensois.

Le 21 mai 2025, le conseil municipal de Lens a voté en faveur de la vente du stade Bollaert-Delelis au Racing club de Lens.

RC Lens - Le stade Bollaert : un lieu mythique du football français, mais pas seulement

Bollaert-Delelis n'aurait aucune difficulté à accueillir l'ensemble de la population lensoise, ce qui, bien sûr, ne cesse d'étonner le visiteur, et fait de Lens, la plus petite ville dans l'histoire à avoir accueilli des rencontres de Coupe du Monde.

Véritable cathédrale dédiée au culte sang et or, Bollaert-Delelis fait battre le cœur de toute une région !

Les Tribunes

Tribune Henri Trannin (12178 places)
Henri Trannin fit ses premiers pas au Racing en 1937, à dix-huit ans. Gardien de but, il évolua aux côtés d'autres figures du club tels que Raymond François, Stanis, Siklo, etc.. Responsable de la commission des jeunes, il entra également au conseil d'administration. En 1950, il intégra aussi le comité directeur du club avant d'allier, en 1952, les fonctions de directeur sportif et de secrétaire administratif à la demande du président de l'époque, Louis Brossard. Décédé en juillet 1974, il n'aura pas eu le bonheur de voir son club disputer la finale de la Coupe de France 1975 et les rencontres de Coupe d'Europe qui suivirent. Elie Delacourt est décédé en juin 1979.

Tribune Tony Marek - Xercès Louis (8494 places)
Xercès Louis débarqua à Lens en 1949. Tony Marek arriva à Lens en 1933. Robuste défenseur latéral, il fit quelques infidélités au club en rejoignant Toulouse de 1940 à 1942. Parti à Nice, il fut à nouveau entraîneur du Racing entre 1953 et 1956 avant de finir sa vie, emporté par une longue maladie, sur la Côte d'Azur.

En 2003, le RC Lens a signé un bail emphytéotique pour une durée de cinquante années avec la municipalité lensoise.

Tableau récapitulatif des événements clés

Année Événement
1906 Création du Racing Club de Lens
1933 Inauguration du stade par Félix Bollaert
1934 Professionnalisation du club et premier match au "Stade Officiel"
1974 Rachat du stade par la municipalité de Lens
1998 Coupe du Monde en France, matchs à Lens
2016 Euro en France, matchs à Lens
2025 Vente du stade au Racing Club de Lens

tags: #match #stade #bollaert