La soirée du mercredi a été une véritable descente aux enfers pour l'Olympique de Marseille (OM) en Ligue des Champions. Malgré une nette défaite face aux Belges de Bruges (0-3), l’OM avait encore ses chances pour rejoindre les barrages de la Ligue des champions. Cependant, suite aux aléas des autres rencontres, le club phocéen a échoué à sa qualification pour la suite de la compétition.
Les supporters marseillais ont eu les yeux rivés sur le classement en direct de la phase de ligue de la Ligue des champions, mercredi 28 janvier. L’OM a vécu une folle soirée débouchant sur son élimination de la Ligue des champions.
C'est un scénario qui laisse les fans de l'OM sans voix. Les supporters marseillais ont connu une folle soirée, les yeux rivés sur le classement de la phase de ligue, qui n’a cessé d’évoluer au cours de la soirée, avec ce multiplex de 18 matches donnant leur coup d’envoi à 21 h.
Mais avec la domination très rapide des Belges (2-0 au bout de dix minutes), la soirée a vite tourné au vinaigre pour Marseille, qui dès 21 h 10 et ces deux buts s’est retrouvé pour la première fois de la soirée virtuellement éliminé (25e). Pendant plus d’une heure, jusqu’à 22 h 50, l’OM ne cesse d’ailleurs de s’enfoncer dans le classement, oscillant entre la 25e position et la 26e.
À partir de 22 h 50 et jusqu’à 23 h 02, alors que la plupart des matches s’achèvent, les Marseillais soufflent, ils sont 24es, derniers qualifiés… Mais après sept minutes de temps additionnel, au bout du bout, à 23 h 02 précisément, le gardien de Benfica marque, éliminant le club de Ligue 1.
Malgré une nette défaite face aux Belges (0-3), l’OM avait encore ses chances pour rejoindre les barrages de la Ligue des champions… Affaire à suivre, et extrêmement imminente. Marseille a tout gâché mercredi soir à Bruges, en concédant une défaite rédhibitoire dans la course à la qualification pour les play-offs de la Ligue des champions (0-3).
Maîtres de leur destin en allant en Belgique, les Phocéens ont longtemps espéré être sauvés par leurs concurrents directs, passant une bonne partie de la soirée dans le top 24, mais échouent finalement à la 25e place de la phase de ligue, la première non qualificative pour la suite de la compétition, à cause notamment d'un but à la dernière minute de Benfica contre le Real Madrid (4-2) qui le prive de la 24e place sur le fil.
Pendant plus de 5 minutes, celles qui ont séparé la fin de rencontre des Phocéens de celle des Lisboètes, l'OM était dans le bon wagon. Paphos, qui serait passé devant en marquant un but supplémentaire face au Slavia Prague, ne réussissait pas sa mission. Les matches se terminaient les uns après les autres, le classement se figeait petit à petit.
Ne restait que Benfica, opposé au Real Madrid et longtemps pas pressé de marquer, faute de réaliser que ce score n'était pas suffisant pour se qualifier. À Bruges, l'écran géant du stade félicitait même l'OM pour sa qualification. Jusqu'à ce but de Troubine, gardien devenu héros. Il était 23h03, le parcours s'arrêtait là.
Il est rare de voir une équipe menée 3-0 faire la passe à dix dans son camp en trottinant dans le temps additionnel. Il est souvent question de tenter de marquer un but pour sauver l’honneur. Mais d’honneur, l’OM en a eu point à Bruges, mercredi soir, pour le compte de la dernière journée de la phase régulière de la Ligue des champions.
Et plutôt que d’essayer de marquer un hypothétique but, les Phocéens ont préféré attendre. Attendre que la fin du match soit sifflée. Attendre pour ne pas encaisser un nouveau but des coéquipiers du remuant et vorace Carlos Forbes. Attendre que les résultats, jusqu’alors positifs pour eux sur les autres terrains, ne soient entérinés. Attendre une qualification miraculeuse pour les barrages grâce à un goal-average un poil meilleur. Mais il n’est jamais très bon d’attendre.
Un But Cruel du Benfica Condamne l'OM
Et, alors qu’ils avaient regagné leur vestiaire, les hommes de Roberto de Zerbi ont découvert que le Benfica, via un but incroyable de son gardien Anatolii Trubin, leur était passé devant. De 24e et dernier qualifiés, les Phocéens sont passés 25e et premier éliminé. Un coup de massue énorme alors que les mathématiques leur donnaient plus de 90 % de chances de se qualifier.
« Le scénario est cruel parce qu’on a pris trois buts, fallait pas compter sur les résultats des autres, fallait gagner ou prendre un point, grommelait Amine Gouiri au micro de Canal+. Avec le match qu’on a fait, on ne mérite rien. »
L’échec est immense pour Marseille et pour son trio dirigeant Pablo Longoria-Medhi Benatia-Roberto De Zerbi. Depuis le début de saison, l’état-major du club répète que le véritable objectif est de retourner en Ligue des champions la saison prochaine, et les suivantes.
Quant au coach italien, il avait lui-même défini l’importance de ce match à Bruges en parlant de rencontre « historique » pour l’OM. Il est malheureusement possible que ce match reste effectivement dans l’histoire du club olympien. Evidemment pas pour des bonnes raisons.
Avec des budgets nettement inférieurs, Bruges, l’Olympiakos, Qarabag ou Bodo-Glimt ont, eux, réussi à se qualifier pour les barrages.
« C’est difficile de digérer cette soirée, on venait avec beaucoup d’illusions, on n’a pas fait les choses bien », tentait d’expliquer le capitaine Leonardo Balerdi, toujours au micro de Canal+.
« Ne pas faire les choses bien », effectivement.

« C’est difficile, difficile de digérer cette soirée, a embrayé Leonardo Balerdi. On est venu ici avec beaucoup d’ambitions mais on n’a pas bien fait les choses. Ils ont commencé plus fort que nous », a rembobiné le défenseur argentin, titulaire dans le 3-4-3 du tacticien italien, auteur d’une 30e composition différente en 30 matches cette saison.
Il faut dire que pour un club qui jouait sa place parmi les barragistes, Marseille aurait difficilement pu plus mal démarrer. Surpris par l’ancien Rémois Mohamed Diakhon dès la 4e minute, les coéquipiers avaient encore la tête à l’envers lorsque Romeo Vermant est venu doubler la mise (2-0, 11e). « Ça se joue sur des détails, on le sait, je pense qu’on l’a payé ce soir », n’a pu que constater Balerdi, très marqué après l’élimination des siens.
Même si Mehdi Benatia, le directeur du football, en a donné un petit aperçu en zone mixte après le match : "Soirée de merde, soirée honteuse. Quand tu es dans un club comme celui-ci, tu peux perdre des matches, mais pas comme ce soir, a fulminé l’ancien défenseur, très offensif dans les travées du Jan Breydel Stadion. J’espère que les joueurs sont conscients que ce soir, c'est une faute professionnelle. Moi, j’ai perdu beaucoup de matches dans ma carrière, mais j’ai rarement ressenti un sentiment de honte comme ça. Quand tu es capable de prendre six buts en deux matches (en comptant le match face à Liverpool, NDLR)"
Prolixe, Benatia n’en a pas démordu face à la presse, loin de se cacher : "Pour le scénario, j’ai envie de dire qu’on a suivi un peu sur le téléphone les résultats, mais quand tu perds comme tu perds aujourd’hui, tu veux espérer quoi ? Jouer le Real Madrid, l’Inter ? Après, le football fait tellement de miracle qu’on aurait pu se qualifier en bon dernier mais c’est qu’on ne l’a même pas mérité en vérité".
Sa déception est compréhensible. Après un mercato et des moyens mis pour enfin accéder aux tours à élimination directe, 14 ans après la dernière qualification de l’OM au tour suivant, Longoria et Benatia avaient fait d’une qualification au printemps européen une priorité de la saison. Avec cinq revers pour trois succès, le bilan est loin d’être reluisant. Surtout, l’OM continue d’afficher un visage toujours aussi inconstant, alors que le succès à Lens avait relancé l’équipe dans la course au titre en championnat.
« Ce manque de régularité est une constante, en est presque venu à ironiser Roberto De Zerbi. C'est trop évident, à tous points de vue. Donc c'est ma responsabilité. Mais est-ce que je peux régler ça tout seul ? J'ai rarement vécu ça. C'est une défaite terrible, sans excuse. Il faut faire un examen de conscience et se taire, tous. Quand tu perds un match comme ça, il y a de la honte. Il ne faut pas se cacher. Aujourd'hui, il faut prendre ses responsabilités », a conclu, laconique, celui qu’on connaissait volcanique mais qui a fini éteint par un scénario rocambolesque.
Mehdi Benatia aussi n’a pas caché sa colère sur cette saison en forme de montagnes russes : "On est sur un problème récurrent, parce qu’en vérité, en championnat, on a parfois expliqué ça par un manque de motivation contre des équipes qui sembleraient inférieures. On a vu que quand on n’était pas à 100% on passait à la trappe. Même si on a des bons joueurs, des grands joueurs, le football il faut le respecter.

Sur la ligne de départ mercredi à 21 heures, parmi les 18 équipes qui pouvaient encore espérer se qualifier pour les barrages, c’est l’OM qui avait le plus de chances d’y parvenir avec un pourcentage de chances de 94,6% selon les savants calculs d’Opta. La marge d’erreur était donc faible, mais l’OM s’y est vautré.
L’issue peut sembler cruelle avec un coup-franc imaginaire obtenu par le Benfica et la tête de son gardien pour envoyer la bande à De Zerbi en enfer, mais, en réalité, le dénouement s’est écrit à Bruges, à Lisbonne face à l’Atalanta ou Liverpool. Cette campagne européenne se clôt sur un 6-0 en 180 minutes.
Longtemps qualifié, l’OM serait passé par la chatière avec trois victoires et cinq défaites. Ce mercredi, la lecture du classement donne une idée du poids du champion d’Europe 93 sur la scène actuelle. Il figure derrière Bodö-Glimt ou Qarabag, des équipes du cercle polaire ou d’Azerbaïdjan.
Avec 9 points et une différence de buts de -3, Marseille présente exactement le même bilan que Paphos, club chypriote au plus petit budget de l’ensemble du plateau (30 millions d’euros soit moins que l’indemnité de transfert du seul Paixao).
Pourtant, depuis le début de saison, Marseille a battu Paris et Newcastle ou offert quelques jolis moments de bravoure face à l’Ajax. C’est ce qui rend ce constat plus insupportable encore. L’OM a donné l’impression de choisir ses matches. Ou, si ce ne fut pas le cas, de ne pas mettre le même niveau d’implication face à tous ses adversaires.
Marseille n’a pas respecté la plus difficile des compétitions, a oublié qu’il ne suffisait pas d’être l’OM et de jouer dans un volcan pour venir à bout de plus petit que soit. Le match à Bruges est symptomatique de cette arrogance ou, au moins, de cette suffisance qui a fini par plomber les Marseillais.
Après 15 minutes, l’OM avait perdu son match et comptait sur tous les autres, le Real Madrid, le Bayern Munich ou l’Atlético Madrid pour les maintenir dans l’illusion d’une qualification. La sanction est logique alors que le Benfica s’arrachait jusque dans les ultimes instants face au Real et que Bodö-Glimt mettait tout son cœur et ses tripes face à l’autre équipe de Madrid. Les Marseillais, dans le match le plus important de leur année, ont refusé l’obstacle et pris une leçon. Comment ont-ils pu jouer ce tournant de leur saison avec autant de légèreté ?
Le problème se répète en C1 comme en L1 et pose invariablement la question de l’état d’esprit de ce groupe. Qu’est-ce qui anime cet OM ? Balerdi peut rouler des mécaniques, Höjbjerg crier sur tout ce qui bouge et Médina mordre dans les mollets de ses adversaires, si c’est pour disparaître quand l’enjeu gonfle, à quoi bon ? Ce n’est pas qu’une défaite qu’a essuyé l’OM, c’est une humiliation qu’il va falloir assumer face au public le plus exigeant de France.
🔥 Adil Rami frustré par la défaite de l’OM face au Real Madrid et le tactique de De Zerbi 🔵⚪
Et quelle que soit la couleur de son passeport, Roberto De Zerbi va très vite voir sa tête mise à prix. Sa responsabilité est indiscutable dans cet immense fiasco, lui qui n’a pas su mobiliser son équipe. "Je suis le premier responsable", répète-t-il depuis des semaines. Difficile de lui donner tort et la question de son avenir risque de surgir plus vite que prévu.
Ses compositions d’équipe folkloriques et ses consignes nébuleuses ont participé à fragiliser une équipe qui semblait avoir tout pour passer l’écueil. Greenwood, Pavard, Höjbjerg, Gouiri, Aubameyang, Aguerd, Weah : Marseille ne manque ni de talent, ni d’expérience mais d’un cadre.
La gueule de bois risque d’être sévère et la faculté à digérer l’échec dessinera la fin de saison de l’OM. La crise ou le rebond. L’OM se souviendra longtemps de cette élimination en Ligue des Champions. Giflés sur la pelouse du Club Bruges (3-0) au terme d’une prestation indigne, les Phocéens tenaient tout de même leur qualification en main grâce aux résultats des autres rencontres de la soirée.
La faute à Anatoliy Trubin, héroïque gardien-buteur, qui tentait pourtant quelques instants auparavant de gagner du temps, jusqu’à ce qu’on l’informe de la situation. Sa tête victorieuse permet aux Portugais de chiper sur le fil la 24e place à l’OM, dindon de cette grosse farce et tombé au 25e rang, soit le premier des éliminés.
Cette désillusion sportive est aussi économique. Avec cette élimination, l’OM récupère 18,6 M€ pour sa participation, mais se prive d’un chèque d’1 M€, et fait une croix sur 275 000 euros supplémentaires en passant de la 24e à la 25e place. Une victoire en Belgique aurait rapporté 2,1 M€, ou 700 000 euros en cas de match nul.
Ces chiffres ne comprennent pas les recettes liées à la réception d’un grand club européen que promettait ce 16e de finale face à la Casa Blanca ou aux Nerazzurri. En cas d’exploit et une qualification en 8e de finale, qui aurait très hypothétique après la prestation d’hier, l’OM aurait même pu récupérer 11 M€.
Les équipes qualifiées
Voici les équipes qualifiées pour la phase éliminatoire de la Ligue des champions :
- Qualifiés pour les huitièmes de finale :
- Arsenal (24 points)
- Bayern Munich (21 pts)
- Liverpool (18 pts)
- Tottenham (17 pts)
- FC Barcelone (16 pts)
- Chelsea (16 pts)
- Sporting Portugal (16 pts)
- Manchester City (16 pts)
- Qualifiés pour les barrages :
- Real Madrid (15 pts)
- Inter Milan (15 pts)
- Paris Saint-Germain (14 pts)
- Newcastle (14 pts)
- Juventus Turin (13 pts)
- Atlético de Madrid (13 pts)
- Atalanta Bergame (13 pts)
- Bayer Leverkusen (12 pts)
- Borussia Dortmund (11 pts)
- Olympiakos (11 pts)
- Club Bruges (10 pts)
- Galatasaray (10 pts)
- AS Monaco (10 pts)
- Qarabag (10 pts)
- Bodo/Glimt (9 pts)
- Benfica Lisbonne (9 pts)
Le PSG, neutralisé par Newcastle (1-1), disputera finalement les barrages, où il pourrait affronter l’AS Monaco. Onzième de la phase de poule, le Paris Saint-Germain affrontera l’AS Monaco ou le Qarabağ FK en barrages. Le tirage au sort des barrages est prévu vendredi à 12h.
Le PSG se déplace dimanche à Strasbourg pour la 20e journée de Ligue 1. Puis les Parisiens recevront l’OM le week-end suivant.
Le club de la capitale, assez loin dans le classement de la phase de ligue, est contraint de jouer un grand d'Europe dès les 8es, se complexifiant sérieusement la tache vers un potentiel doublé...
Le PSG est fixé et hérite de Chelsea pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions.
Luis Enrique : « C’est la meilleure préparation pour aller en barrages » « C’est comme ça le foot. C’est dommage parce que l’équipe méritait plus. On a raté un penalty, des occasions. Quand on prend le but, ça fait mal et on a été un peu moins bien en seconde période. Les barrages, ce sera difficile, mais on cherchera à être prêt.(...) C’est la meilleure préparation pour aller en barrages. J’aime la difficulté. »
"Ce que je peux dire, c'est que sur la première période, nous n'étions pas habitués à jouer une équipe qui joue comme nous, qui cherche à jouer au même niveau. Normalement, on a plus de continuité, plus de précision et je pense que la première mi-temps a été très équilibrée. Après la pause, on a changé, on a été plus précis et je pense qu'on a mérité cette victoire, cette qualification. Mais ça a été difficile, c'était un match piège au début. Je pense qu'il faut être heureux de ce qu'on a fait, et surmonter ces moments compliqués dans les premières minutes" a expliqué le coach parisien en conférence de presse après la rencontre PSG - Monaco.