Qui est considéré comme le fondateur du rugby?

William Webb Ellis est considéré comme le père fondateur du rugby moderne.

Depuis sa création en 1987, le trophée de la Coupe du monde de rugby porte le nom de Webb Ellis Cup en l’honneur de William Webb Ellis.

Tous les plus grands passionnés de rugby connaissent et clament sa traversée du terrain ballon à la main en pleine partie de football, incarnant ainsi l’insurrection de tous ceux souhaitant s’émanciper de ce jeu balle au pied.

En 1823, cet élève de l’école de Rugby aurait accompli le geste transgresseur et fondateur du ballon ovale sur les pelouses de la public school anglaise.

La plaque de marbre rose apposée à sa mémoire sur les murs de l’établissement scolaire rappelle « l’exploit de William Webb Ellis qui, avec un beau mépris des règles du football tel qu’il était pratiqué à son époque, s’empara du ballon du ballon avec ses mains et courut avec, donnant sa principale caractéristique au jeu de rugby AD 18232 ».

Mais a-t-il vraiment inventé le rugby ?

La légende de William Webb Ellis

William Webb Ellis était étudiant au collège en 1823 dans la ville anglaise de Rugby.

À l'âge de 16 ans, William et ses camarades avaient l’habitude de jouer au football, et lors d’une partie il prend le ballon à la main et continue de courir.

Le rugby voyait le jour, il y a 200 ans grâce à William Webb Ellis.

Cette anecdote est l’histoire officielle selon l’organisation World Rugby.

Car à la fin du 19e siècle, une commission d'enquête avait pour objectif de déterminer l’origine de ce sport.

L’équipe cherche et durant leur enquête, un homme, leur raconte l’histoire de Webb Ellis qui prend le ballon à la main.

Et de manière assez étonnante, la commission d'enquête conclue que le jeune homme de 16 ans est l’inventeur du rugby.

Mais aussi à chaque fois que l’on présente Webb Ellis, la légende met en avant, cette phrase :"La prouesse de ce joueur qui a agi au parfait mépris des règles du football”.

Cette histoire permet donc d’opérer une distinction entre le rugby et le football.

Et la figure de Webb Ellis permet de construire le visage/le symbole de cette émancipation pour créer un autre sport, avec d’autres valeurs.

Cette phrase est sans cesse rappelée, sur les murs de son ancien collège dans la ville de Rugby, mais aussi sur sa tombe à Menton.

L'INVENTEUR DU RUGBY ?

Webb Ellis aurait donc été le premier à jouer à la main et à fonder la tradition du rugby football…

Dans les faits, l’affaire apparaît beaucoup plus complexe car les jeux de ballon, les « footballs » des public schools britanniques, étaient alors encore peu codifiés.

Surtout, leur pratique n’est véritablement utilisée pour discipliner les élèves autour du respect des règles qu’à partir de la décennie 1840.

Celui qui serait le « premier » rugbyman avait alors quitté depuis longtemps les bancs son école pour embrasser la carrière de clergyman.

Son geste n’est seulement exhumé à la fin du xixe siècle quand, en 18953, la plaque est inaugurée par la direction de l’école de Rugby avec la bénédiction de la Rugby Union pour contrer les menées schismatiques des clubs de rugby du nord de l’Angleterre qui finissent par fonder le Rugby League.

Autrement dit, le rugby à XIII qui autorise un professionnalisme régulé et dont les règles réduisent fortement l’importance de la mêlée.

Il s’agit donc d’attester de la légitimité du rugby à XV, gardien de l’amateurisme et d’un certain entre-soi de classe.

Quant au football association, dont les règles prohibent l’utilisation des mains à l’exception de celles du gardien de but, il se différencie d’abord de son cousin le football rugby par l’usage plus modéré de la violence physique4.

C’est d’ailleurs ce point essentiel qui, fin 1863, au moment de la première codification des règles de la Football Association, distingue d’abord le ballon rond du ballon ovale.

Le rugby est en premier lieu un sport viril d’hommes courageux et c’est le sens du roman d’apprentissage le plus célèbre du xixe siècle et destiné aux jeunes gens, dont le cadre est l’école de Rugby et ses terrains de jeu : Tom Brown’s Schooldays de Thomas Hughes paru en 1856.

Mais un léger détail vient perturber cette histoire d’apparence si belle.

William Webb Ellis n’a jamais traversé le terrain ballon à la main et, ce mythe fondateur du rugby s’avère être en réalité une légende montée de toute pièce.

Fils de James Ellis, un officier britannique, et d’Ann Webb, William Webb Ellis naquit le 24 novembre 1806 dans la ville de Salford, située non-loin de Manchester.

À la mort de son père en 1811, décédé sur le champ d’honneur au cours de la Guerre d’Indépendance Espagnole, William Webb Ellis, alors âgé de cinq ans, ainsi que sa mère quittèrent Salford et s’installèrent 160 kilomètres plus au Sud dans la ville de Rugby.

D’après la légende, lors d’une après-midi de novembre 1823, en pleine partie de folk football (l’un des ancêtres du football moderne), William Webb Ellis, lassé de voir son équipe perdre et de la monotonie des règles édictées, aurait bafoué les principes de cette discipline en s’emparant du ballon avec ses mains, avant de traverser le terrain avec et le déposer dans l’en-but adverse.

Le jeu à la main étant à la Rugby School strictement interdit, il inventa-là l’un des préceptes de ce qu’allait devenir plus tard le rugby.

Voilà ce qui en est pour la légende.

À la suite de son prétendu geste ayant donné naissance au rugby, William Webb Ellis quitta la Rugby School en 1825, s’en alla poursuivre ses études à Oxford et devint prêtre.

Devenu lors de son passage à Oxford un joueur de cricket, peu de chose lie en réalité William Webb Ellis au monde du rugby.

Sa traversée du terrain ballon à la main en est à vrai dire la seule.

Mais cet événement si important pour le monde de l’ovalie a t-il vraiment eut-lieu ?

À commencer par sa date d’apparition.

Le prétendu père fondateur du rugby étant décédé en 1872 à Menton, ce n’est qu’en 1876, soit quatre ans après sa mort, que ce fait est pour la première fois mentionné.

Au travers d’un article de presse rédigé par un certain Matthew Bloxam, un ancien élève du Collège de Rugby ayant côtoyé William Webb Ellis durant sa jeunesse.

« En 1823, un garçon du nom de Ellis qui était entré à l’École à l’âge de neuf ans après les vacances de 1816 prit la balle dans ses bras.

Ellis transgressa les règles et au lieu de reculer fonça devant lui vers les buts opposés.

Dès sa parution, de nombreux doutes furent émis concernant la véracité de ce récit.

Le récit de Matthew Bloxam et cette traversée de William Webb Ellis ballon à la main tombant quelques temps dans l’oubli, l’affaire reprit de plus belle en 1895 lorsqu’à la Rugby School, une commission d’anciens élèves se réunirent afin d’éclaircir les origines bien mystérieuses de l’invention du rugby.

Une ambition légitime, tant ce collège a œuvré dans la création de cette discipline portant d’ailleurs son nom.

En tant que pionnier du rugby, cette commission d’anciens élèves voulait donc attribuer à cette discipline un fondateur digne de ce nom, incarnant la réussite et le savoir-faire de la Rugby School.

Durant leur investigation, personne ne fut en mesure d’affirmer la véracité des propos émis par Matthew Bloxam.

En revanche, interrogé par la commission d’anciens élèves, un certain Thomas Hughes fit sensation en contant un récit similaire intervenu cependant quelques années plus tard, autour de l’année 1838.

Souhaitant à tout prix mettre un nom sur l’inventeur du rugby, la commission d’anciens élèves avaient désormais devant eux deux versions divergentes.

D’un côté William Webb Ellis, dont son geste fut sans aucun doute qu’une pure invention.

De l’autre, Jem Mackie, un récit peut-être plus probable mais encore une fois guère certain.

Alors qui choisir ?

Lequel de ces deux élèves devait être élevé au rang de père fondateur du rugby ?

Et quel détail !

Ancien élève du Collège de Rugby, Jem Mackie n’avait guère bonne réputation.

Ce dernier fut d’ailleurs exclu de cet institut en 1843, pour une raison qui ne nous est de nos jours pas connue.

William Webb Ellis, lui, n’avait guère fait de remous durant son passage au Collège de Rugby.

Il incarnait-là le parfait élève, s’étant approprié avec réussite les codes et des valeurs de ce prestigieux établissement.

Le choix était donc fort logique.

Le comité d’anciens élèves s’accordèrent pour ériger William Webb Ellis comme le père fondateur de cette discipline.

D’ailleurs, selon les dires du journaliste britannique Gordon Rayner, Matthew Bloxam aurait même possiblement été le premier homme à l’origine de cette interversion des noms.

Face à la mauvaise réputation dont jouissait Jem Mackie, il aurait remplaçé dans son récit originel conté en 1876 le nom de ce dernier par celui de William Webb Ellis.

La réunion des anciens élèves de la Rugby School ayant permis, avec plus ou moins de certitude, de mettre un nom sur l’inventeur du rugby, le prétendu geste de William Webb Ellis passa dès lors à la postérité.

À commencer au sein du collège de Rugby qui, désireux de cultiver leur réputation d’établissement fondateur du rugby, érigèrent une statue en l’honneur de leur ancien élève courant ballon à la main.

Partout dans le monde du ballon ovale, de nouvelles références émergèrent en l’honneur de ce supposé père fondateur.

En Belgique, le plus grand club de rugby du pays fut à ses débuts nommé William Ellis lors de sa fondation à l’orée des années 1930.

Puis, en 1987, ce fut autour de la Fédération Internationale de Rugby à XV de louer un bel hommage à ce William Webb Ellis, en baptisant à son nom le trophée de la Coupe du Monde nouvellement créée.

POURQUOI À MENTON ?

Des années plus tard, le supposé inventeur du rugby devient prêtre en 1855.

Comme beaucoup de Britannique, pour se soigner, il vient se reposer sur la Riviera française.

Lorsqu’il meurt à Menton en 1872, William Webb Ellis est un inconnu.

Il fait partie de la colonie britannique installée sur la Côte d’Azur au cours du xixe siècle.

Nous sommes dans les premières décennies d’un tourisme de luxe qui connaît de belles heures jusqu’à la Grande Guerre.

Après la médiatisation de son cadre enchanteur capable de favoriser les guérisons en tous genres par des écrivains-voyageurs tel le médecin écossais Tobias Smolett qui publie un ouvrage remarqué à la fin du xviiie siècle5, Nice jouit d’une forte notoriété dans le nord de l’Europe.

Les familles aristocratiques viennent y trouver un climat favorable aux soins et plus largement à la villégiature.

Ainsi, pas encore française (elle ne le sera qu’en 1860), mais déjà ouverte aux étrangers, la ville voit émerger en 1844 la « Promenade des Anglais », un chemin côtier qui relie le cœur de la cité au quartier anglais qui se situe plus à l’ouest6.

Plus discrète et ne disposant pas de ces atouts, Menton, célèbre pour sa production d’agrumes, connaît toutefois le même type de développement et accueille de nombreuses familles anglaises comme l’explique Alain Bottaro7.

La diffusion du récit de l’invention de Cannes par Lord Brougham au milieu des années 1830 a permis à Menton d’apparaître comme un second front touristique.

Ainsi le guide photographique L’hiver à Menton d’Alfred de Longpérier-Grimoard publié en 1862 n’est pas sans retombées8.

On y apprend que la découverte de Menton remonte au séjour fortuit du médecin anglais James Henry Bennett en 1859 sur le même modèle un peu fantasmé de la station de Cannes « lancée » en 1834 par Lord Brougham.

Menton reçoit ainsi toute l’Europe et en particulier toute l’Angleterre participant d’un cosmopolitisme des élites continentales9.

C’est dans cette ambiance qui fait du littoral de la Riviera française un havre de paix entre calme et fascination de la nature, que William Webb Ellis a décidé de quitter l’Angleterre.

Mais ce pasteur sans doute athlétique, énergique et à la recherche d’horizons nouveaux, n’était en rien une personnalité connue.

Son séjour mentonnais s’est déroulé dans l’anonymat le plus total.

De fait, son installation est entourée de multiples interrogations.

Était-il venu à plusieurs reprises l’hiver pour des séjours avant de s’installer définitivement dans la « perle de la France » comme la désignait le géographe Élisée Reclus ?

Nul le sait.

Pendant ces années mentonnaises qui sont ses dernières, souffrait-il de la tuberculose ?

Aucune certitude là encore même si Menton était connue comme la ville de la Riviera qui permettait d’en guérir plus spécifiquement tant par son climat que par les soins qui y étaient prodigués.

À sa mort, le 24 janvier 1872, William Webb Ellis est enterré à Menton dans l’anonymat.

Il semblerait qu’il ait lui-même acheté la concession, le caveau 957, ce qui montre une forme d’attachement au lieu.

D’ailleurs, nul ne sait quelle était sa résidence à Menton.

En tout cas, cet anonymat n’a rien de plus normal car à cette époque le rugby commence à peine à se pratiquer et à être codifié dans les îles britanniques, la première rencontre internationale de l’histoire opposant en 1871 l’Angleterre à l’Écosse.

De telle sorte que le pasteur serait bien surpris aujourd’hui de voir le flot de fans de rugby parcourant le cimetière du Vieux Château à Menton pour lui rendre hommage, fleurir sa tombe et déposer des ballons ovales.

Il faut dire que ce cimetière installé sur les premières hauteurs de la ville offre un panorama spectaculaire.

La légende de William Webb Ellis n’était donc pas encore écrite à sa mort.

Il faudra attendre quelques années ou décennie la voir se formaliser à la faveur du succès grandissant de ce sport.

Ainsi, le 1er novembre 1923, le centenaire de son geste est célébré avec faste sur les lieux mêmes de la transgression, au collège de Rugby, par un match opposant une sélection mixte anglo-galloise à une équipe irlando-écossaise.

L’événement fait la une du quotidien L’Auto qui revient sur le grand ancêtre en insistant sur sa jeunesse, sa popularité et le caractère « révolutionnaire » de son geste : « Ellis, en 1823, avait 18 ans et occupait une place de premier plan parmi les élèves, fait qui rendit les conséquences de son acte de “bolchevisme” moins pénibles pour lui qu’elles n’auraient pu l’être autrement10. »

Le Miroir des Sports, le principal hebdomadaire sportif français, dépêche Charles Gondouin, l’un des pionniers du journalisme rugbystique en France.

Après avoir évoqué le scandale que représente la transgression d’un code même « rudimentaire » qui « défendait formellement qu’un joueur portât le ballon en courant11 », Gondouin en dit un peu plus sur son exécution.

Les partenaires et adversaires de Webb Ellis auraient d’abord cru à une « mauvaise plaisanterie » mais comme le coupable « ne manqua pas une occasion de recommencer, en affirmant qu’il ouvrait une voie nouvelle », le pli fut pris.

Vers 1840 le football de rugby était devenu un jeu de mains ce qui posa vite la question de la charge pour arrêter le joueur porteur de balle.

Du côté des quotidiens généralistes et politiques, on se perdait moins en détail.

Le « correspondant spécial » de La Dépêche, le quotidien radical de Toulouse grande terre de rugby, sans doute la même plume que celle de L’Auto, rend compte du match commémoratif, en dressant notamment le portrait de la « petite ville de Rugby […] située à deux heures de chemin de fer au nord-ouest de Londres et au milieu d’un paysage typiquement anglais12 ».

Mais le caractère bucolique et traditionnel n’enlève rien au « bolchevisme » de l’acte, à cet « exploit révolutionnaire aux conséquences si vastes13 » que rappellent aussi des titres de la presse parisienne.

Ils interprètent toutefois le geste du jeune Anglais dans un sens plus réformiste.

Ainsi, L’Intransigeant rend hommage à « l’ingénieux Williams [sic] Webb Ellis14 ».

L’Œuvre évoque « l’innovateur, William Webb Ellis, lequel prit sur lui de transformer le jeu de football, le jeu pratiqué exclusivement des pieds et de la tête en un sport moins arbitraire et certainement plus athlétique que ne l’est le populaire jeu du ballon rond15 ».

L’auteur de l’article, Marcel Delarbre, dirigeant et journaliste sportif, tirait sans doute de son passé d’athlète cette flèche lancée contre le football association.

Il n’en rappelle pas moins, reprenant le propos de l’ambassadeur Jean-Jules Jusserand16 que « la “soule” bretonne est le véritable ancêtre du rugby actuel ».

Même L’Action française rapporte le centenaire du geste de Webb Ellis.

Si le quotidien de Charles Maurras n'associe aucune épithète au geste de Webb Ellis, il en certifie la véracité assurant qu’une « enquête sérieuse, menée par les anciens élèves de Rugby vers 1895, a établi ce fait de l’histoire sportive17 ».

Si L’Action Française prétend que Webb Ellis devint « pasteur et mourut en 1872 desservant l’église de Saint-Clément-des-Danois, à Londres dans le Strand20 », L’Auto est plus proche de la vérité en affirmant qu’il est « venu mourir sur le continent 21 ».

On en saura davantage quelques décennies plus tard grâce à Roger Driès (1931-2020) journaliste à Nice-Matin, Télé Monte Carlo et Radio Monte Carlo.

Originaire du sud-Ouest, bien connu des amateurs de sport local, Driès est alerté en 1958 lors d’un Angleterre-France à Twickenham par son confrère anglais grand amateur de Rugby, Alan Ross Mac Whirter.

Co-fondateur du Guinness Book of Records et assassiné par l’IRA en 1975, ce dernier avait enquêté et supposait que Webb Ellis était mort dans une ville de la Riviera française où il aurait été enterré.

Fort de cette information Roger Driès approfondit l’investigation à Nice, Cannes puis Menton au cimetière du Vieux Château qui était à ce moment-là pratiquement à l’abandon.

Et c’est ainsi « qu’au milieu de sépultures de lords anglais et de princesses et princes russes » comme il le raconte en 2007, le journaliste aperçoit les lettres LLIS sur la dalle d’une tombe recouverte de mousse : « Je me suis mis à gratter… le E initial est apparu puis, lettre après lettre, j’ai pu finalement lire avec bonheur… William, Webb, Ellis…22 ! ».

Dès lors, la sépulture, simple plate-tombe entourée d’une clôture en fer forgé creusée dans le carré protestant du cimetière, à côté d’autres tombes anglaises, fait l’objet d’une attention qui va croissant.

En 1972, centenaire de sa mort, une première plaque est apposée pour commémorer le centenaire de sa disparition à l’initiative de l’école de Rugby.

C'est l’année 1987, celle de la première Coupe du monde de Rugby, qui consacre définitivement le culte du révérend.

La remise de la Webb Ellis Cup au capitaine de l’équipe des All Blacks contribue à diffuser la légende de l’inventeur du jeu.

Vingt ans plus tard, à la faveur de la Coupe du monde organisée en France, le sculpteur anglais Graham Ibbeson réalise une statue de William Webb Ellis qui est offerte par la ville de Rugby à Menton.

Ayant pris son propre fils pour modèle tant les traits du pasteur sont incertains, il s’agit d’une réplique de la statue inaugurée à Rugby dix ans plus tôt, en 1997.

Désormais, la ville du geste et celle du décès sont associées.

Dans l’effervescence de l’événement, la statue est placée à l’entrée du cimetière avec une plaque explicative.

Les vingt capitaines des pays participants (parmi lesquels Raphaël Ibanez pour le XV de France) signent de leur main sur une plaque qui rend hommage au « fondateur du rugby » à côté de la statue.

Depuis, les plus grands sont venus en pèlerinage sur la tombe de leur illustre ancêtre tel Jonny Wilkinson en 201223.

En 2020, un parcours Webb Ellis est même lancé dans toute la ville de Menton en 2020 pour valoriser ce patrimoine local considéré comme une aubaine touristique.

Même si Menton ne possède pas une équipe de haut niveau, le rugby club mentonnais devenu Rugby club de Menton Webb Ellis (RCMWE) espère bien se hisser au plus haut niveau.

William Webb Ellis, l’homme qui, selon la légende, a été le premier à ramasser le ballon avec ses mains lors d’un match de football en 1823, est enterré à Menton (Alpes-Maritimes).

Le club local et la mairie ont profité de l’organisation de la Coupe du monde en France pour valoriser cet héritage.

Ce n’est pas l’atout touristique le plus connu de la ville de Menton (Alpes-Maritimes).

Alors que la Coupe du monde de rugby va commencer, le lien entre cette commune de la Côte d'Azur et le monde de l’ovalie ressurgit.

Véritable ascension pour les personnes souffrant de vertige, la montée jusqu’à la tombe est un pèlerinage pour les amateurs de rugby.

Webb Ellis est l’homme qui, selon la légende, a été le premier à ramasser le ballon avec ses mains lors d’un match de football en 1823, établissant ainsi le principe de base du rugby.

Sa dernière demeure a été rénovée sur l’initiative de l’ancien conseiller municipal en charge des cimetières, Patrice Novelli.

Une rue porte également le nom de Webb Ellis, décédé en 1872, et l’église anglicane St John’s, située en contrebas du cimetière près de la mer, possède une plaque qui lui est dédiée.

L’homme lui-même reste cependant mystérieux : sa tombe n’a été découverte qu’à la fin des années 1950 par un journaliste local.

Il aurait probablement éprouvé un grand plaisir à voir le Rugby Club Menton Webb Ellis transmettre l’amour du ballon ovale aux écoliers de cette ville frontalière avec l’Italie, où le football est roi.

Les deux coprésidents du club amateur ont fait preuve de flair en profitant de l’organisation du Mondial 2023 (8 septembre - 28 octobre) par la France pour placer le rugby au cœur de la culture locale.

Jean-Baptiste Martini, ancien pilier, et Julien Repiquet, qui s’est mis au rugby en 2007, ont même initié le Challenge Webb-Ellis, désormais annuel.

Ils ont également développé des liens étroits avec le collège de Rugby, ce prestigieux établissement privé du centre de l’Angleterre où Webb Ellis aurait pris le ballon en main pour la première fois.

Une demande de retour de la dépouille en Angleterre pourrait-elle ainsi aboutir ?

Il semble que les chances soient aussi élevées que les espoirs de l’Angleterre de soulever le trophée Webb-Ellis pour la seconde fois fin octobre.

William Webb Ellis n'a pas inventé le rugby!

Chronologie de William Webb Ellis
Année Événement
1806 Naissance de William Webb Ellis à Salford, près de Manchester.
1811 Décès de son père, James Ellis, lors de la Guerre d’Indépendance Espagnole.
1823 Élève à Rugby School, il aurait pris le ballon à la main pendant un match de football, donnant naissance au rugby selon la légende.
1825 Quitte Rugby School pour poursuivre ses études à Oxford.
1855 Devient prêtre.
1872 Décès à Menton, France, où il est enterré anonymement.
1876 Première mention de son geste dans un article de presse de Matthew Bloxam.
1895 Une commission d'anciens élèves de Rugby School le désigne comme le père fondateur du rugby.
1923 Célébration du centenaire de son geste à Rugby School.
1958 Sa tombe est redécouverte à Menton par le journaliste Roger Driès.
1987 La Coupe du Monde de Rugby est nommée Webb Ellis Cup en son honneur.
2020 Création d'un parcours Webb Ellis à Menton pour valoriser son héritage.

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