Le Qatar envisage-t-il de vendre le PSG ? Analyse des enjeux et perspectives

Le Paris Saint-Germain est à un tournant de son histoire. Un peu plus de treize ans après avoir racheté le PSG, Qatar Sport Investments (QSI) a décidé de tout changer dans sa stratégie sportive, et cela a un effet direct sur le business du club de la capitale. En disant adieu à la politique des stars, et donc en laissant partir Neymar, Lionel Messi, et Kylian Mbappé, les champions de France n’ont plus le même attrait sur la planète football. Tout cela alors que Nasser Al-Khelaifi est prêt à prendre le risque de quitter le Parc des Princes et ainsi s’éloigner des fans historiques. C’est dans ce climat que l’attitude de Tamim ben Hamad Al Thani est scrutée de près. Car l’Emir du Qatar a des doutes.

L'Emir du Qatar écoute les offres

L’an dernier, le Qatar a validé la vente de 12,5% de ses parts à Arctos Partners, qui a lâché un chèque de 500 millions d’euros pour cela, valorisant ainsi le Paris Saint-Germain à 4 milliards d’euros. Un prix colossal, mais qui n’est pas impossible à réunir pour un fonds d’investissement, même si pour l’instant personne n’a été mandaté pour céder le PSG.

Cependant, L’Equipe le révèle, des proches de Tamim ben Hamad Al Thani confirment que l’émir du Qatar « serait vendeur en cas de belle offre. » Il n'y a aucune urgence absolue à ce que cela soit le cas, mais du côté de Doha, on se passionne moins pour les affaires du Paris Saint-Germain et on laisse le soin à Nasser Al-Khelaifi à gérer la totalité des affaires courantes. Ayant demandé à ce dernier de calmer le jeu sur le plan des dépenses, l'émir avait auparavant son mot à dire lors des gros recrutements. Mais le PSG ayant tourné le dos à tout cela, il suit de loin ce qu'il se passe, même si une élimination précoce en Ligue des champions ne le laissera pas insensible.

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Nasser Al-Khelaifi tranchera pour l'avenir de Luis Enrique

Le quotidien sportif confirme que c'est Nasser Al-Khelaifi et Luis Campos qui ont choisi Luis Enrique, là encore le dirigeant qatari ne voulant pas se mêler de ce dossier. Et si jamais l'entraîneur espagnol du Paris Saint-Germain doit être limogé, ce sera NAK qui prendra la décision sans avoir à demander l'autorisation à l'Emir.

Le regard d'un ancien propriétaire : Sébastien Bazin

Ancien propriétaire du PSG (2006-2011), qu'il a vendu au Qatar, toujours sponsor du club avec Accor, Sébastien Bazin, dont la parole est rare, connaît bien les arcanes du club de la capitale, son président Nasser al-Khelaïfi et le Qatar. Il revient sur l'évolution du PSG version QSI.

La vente du PSG au Qatar en 2011 : l'état d'esprit de Sébastien Bazin

« Quand je vends le club, je souhaite que celui qui en prenne la charge et en devienne propriétaire ait de l'ambition et les moyens de son ambition. Je savais qu'avec le Qatar, le PSG était entre de bonnes mains. Ils avaient un projet sur le long terme avec la volonté d'inscrire le PSG dans l'histoire, ce qu'ils sont en train de réaliser. À l'époque, j'avais été étonné et rassuré de voir que celui, en l'occurrence Nasser al-Khelaïfi, qui était en charge de l'achat du club, allait en devenir son président. Ce n'était pas évident au départ.

Je trouve qu'il existe un parallèle avec le monde de l'entreprise dans la construction du club et l'acceptation du temps long. Cela prend du temps de trouver les bons cadres, les bons joueurs. Il faut créer une alchimie, et ça ne se fait pas en un jour, le foot demande un équilibre extrêmement fin. Aujourd'hui, cette alchimie existe et le PSG mérite de remporter la Ligue des champions.

La patience du Qatar : un atout ?

La patience n'a pas toujours été le fort du Qatar. Dès son arrivée, QSI avait annoncé vouloir gagner la Ligue des champions en cinq ans et a souvent changé de management sportif...Heureusement que les nouveaux propriétaires de clubs ne disent pas que ça va prendre dix ans, sinon c'est compliqué de faire adhérer les supporters (sourire). C'est plutôt sympa de vouloir accélérer le temps, mais après, il faut plusieurs étapes pour embarquer tout le monde dans l'aventure. J'ai le sentiment qu'ils y sont arrivés largement avec les médias, les fans, l'environnement global. Il faut donner du crédit à Luis Enrique.

Je ne dirais pas ça, mais je suis impressionné de ce à quoi ils sont arrivés après des chemins sinueux. Aujourd'hui, les choses sont en place pour que le PSG gagne la Ligue des champions. C'est en cela qu'il y a des ressemblances avec une entreprise lambda. Cela m'a pris douze ans pour transformer Accor, j'avais misé sur neuf au départ, il m'en a fallu trois de plus. Je suis très admiratif de la construction du club, il a été bâti pierre par pierre, il y a eu des erreurs qui ont été corrigées. Aujourd'hui, la tour est finie, elle est belle, les fondations sont solides. Il reste à mettre le drapeau au sommet de la tour.

La cession du PSG au Qatar : une réussite

Non, je n'avais pas ce sentiment. Le PSG était l'un des premiers investissements du Qatar en France. Ce sont des gens réfléchis, ils avaient un projet à long terme et ils voulaient gagner mais ils ont eu besoin de comprendre et d'appréhender l'environnement dans lequel ils arrivaient. Ils ont, en quelque sorte, payé pour comprendre. La cession du PSG au Qatar est une réussite, on peut trouver neuf contre-exemples, pour lesquels l'arrivée d'investisseurs n'a pas fonctionné. Le temps de la réflexion, de l'analyse est vitale dans le football. Eux l'ont pris.

L'adhésion du public

Je n'ai jamais reçu autant de demandes pour venir voir les matches. Et elles émanent beaucoup de jeunes, un peu comme en Formule 1. Ils adhèrent et veulent être de l'aventure. C'est assez prégnant depuis deux ans. Les alentours du stade sont sereins, moi qui ai connu l'époque où il a fallu, avec Robin Leproux (ancien président du club de 2009 à 2011) et d'autres, prendre des décisions* qui étaient les bonnes. C'est apaisé, il y a ce sentiment de plénitude comme en Angleterre.

On est menés 1-0, on égalise et on l'emporte 2-1. J'ai hâte d'y être. Tout le monde est derrière le PSG, même à Marseille.

Nasser Al-Khelaïfi ouvert à la vente d'un pourcentage du PSG

Le président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, a déclaré qu’il ne comptait pas « vendre le club » prochainement. Mais il est ouvert à la vente d’un « petit pourcentage ». Nasser Al-Khelaïfi pourrait vendre une partie du PSG. Le PSG pourrait bientôt ne plus être détenu à 100 % par le fonds Qatar Sports Investments (QSI), propriété du Qatar.

Les gens parlent toujours du PSG, en pensant que nous n’avons que de l’argent à dépenser. Ce n’est pas vrai. Nous avons mis 70 millions dans le club. Comme je l’ai dit, nous avons différentes offres de rachat, a-t-il poursuivi. C’est une bonne affaire, une affaire fantastique. Une offre de rachat de 4 milliards ? Plus de 4 milliards, bien sûr. Mais nous n’allons pas vendre le club. Mais pourquoi pas un petit pourcentage du club.

Quand on voit où nous avons pris le club, nous pouvons être fiers », a ajouté le président du PSG, âgé de 49 ans. Depuis que le fonds d’investissement qatarien QSI a acheté le PSG, en 2011, le club a remporté huit championnats de France et six Coupes de France, notamment.

L'arrivée d'Arctos Partners au capital du PSG

Qatar Sports Investments et Arctos Partners ont officialisé ce jeudi un accord financier d'envergure pour un investissement minoritaire au Paris Saint-Germain. L'arrivée d'un nouveau partenaire économique va permettre au Qatar de passer à la vitesse supérieure pour le développement du club francilien.

Après la vente de Chelsea à Todd Boehly pour près de cinq milliards d'euros et en attendant le possible rachat d'une partie de Manchester United par James Ratcliffe pour une valorisation globale d'environ six milliards d'euros, c'est au tour du PSG de frapper un grand coup avec l'arrivée d'Arctos Partners au sein du capital du club francilien.

"Nous sommes heureux d'accueillir Arctos dans la famille du Paris Saint-Germain, comme partenaire et investisseur stratégique", s'est réjoui Nasser Al-Khelaïfi, président de QSI et du PSG. "En tant que club et institution, nous entrons dans la prochaine phase passionnante de la croissance et du développement du PSG, à la fois sur et en dehors du terrain - basée sur des ambitions à long terme et sur la recherche de l'excellence dans tout ce que nous faisons.

Combien cela rapporte-t-il au PSG?

Au-delà des retombées économiques futures liées à cette entrée d'Arctos Partners au capital du PSG, QSI va empocher un chèque énorme et digne des plus grands clubs européens. Si le montant investi par l'entreprise n'a pas été dévoilé, il atteint un record pour un club français.

Selon les informations de RMC Sport, la valorisation globale du Paris Saint-Germain est estimée à 4,25 milliards d’euros pour une participation qui, si elle n'a pas fuité, pourrait atteindre jusqu’à 12,5% du capital du PSG.

Malgré les investissements consentis depuis le rachat du club par QSI en 2011, cette vente pouvant atteindre jusqu'à un huitième du PSG constitue une excellente opération financière pour QSI qui avait acheté le club à Colony Capital pour environ 70 millions d’euros. Soit une multiplication de la valeur du PSG par plus de 60 en un peu plus de 12 ans.

Qui est Arctos Partners?

Après avoir recherché depuis plusieurs années un partenaire minoritaire pour entrer au capital du PSG, QSI a donc finalisé un accord avec Arctos Partners. Si le nom de ce fonds d'investissement américain dirigé par Ian Charles et David O'Connor demeure méconnu du grand public, il s'est déjà forgé une solide réputation dans le monde du sport.

L'entreprise a déjà investi dans plus de vingt entités liées au sport. Aussi bien sur le marché américain avec des parts dans plusieurs franchises NBA comme les Golden State Warriors et les Sacramento Kings, une équipe en MLS à Portland, les Dodgers en baseball (MLB) ou encore en NHL et en Formule 1 avec une participation au sein de l'écurie Aston Martin. Enfin, Arctos Partners est également co-actionnaire de plusieurs clubs européens de football comme l'Atalanta Bergame et Liverpool (via un investissement dans Fenway Sports Group).

"Notre investissement dans le club s'inscrit parfaitement dans notre stratégie de partenariat avec les meilleures équipes en Amérique du Nord et en Europe", a salué David O'Connor dans le communiqué des deux entités. "Nous sommes ravis de rejoindre la famille du PSG et nous nous réjouissons de collaborer avec le président Nasser Al-Khelaïfi pour maximiser le potentiel du club. Nous apporterons notre expertise stratégique et nos investissements pour favoriser la prochaine phase de développement, de croissance et de succès de cette grande institution."

Quel impact sur le PSG?

L'arrivée d'Arctos va permettre au PSG de passer à la vitesse supérieure selon des sources. Le fonds américain se montre aujourd'hui extrêmement ambitieux alors que le PSG n’est maintenant plus seulement la propriété du Qatar.

Arctos vient accompagner la transformation du club de la capitale cette année avec un nouvel entraîneur, une nouvelle équipe ou encore une nouvelle culture avec les joueurs avec une priorité mise sur l’institution. Mais comme le précise le communiqué publié ce jeudi, "en tant que propriétaire sans contrôle, Arctos n'influencera pas les questions sportives sur le terrain. QSI continuera à maîtriser toutes les décisions prises au PSG".

Là où l'expertise d'Arctos Partners devrait ajouter un vrai plus au savoir-faire existant de QSI et du PSG c'est pour le développement du parc immobilier du club autour des prochaines innovations au centre d'entraînement de Poissy.

Cette arrivée relance surtout la question du stade. Contrairement au PSG qui est englué dans un conflit larvé avec la mairie de Paris autour du Parc des Princes, Arctos a pour habitude de ne pas se mêler de politique. Les Américains disent avoir beaucoup d’argent pour le stade.

Bien que la vente du PSG ait été annoncée à plusieurs reprises, le Qatar n'a cessé de démentir. Cela fait désormais plus de 14 ans que le PSG est passé sous pavillon qatari avec le rachat du club par QSI, le fonds d'investissement de l'Etat du Qatar.

Les ambitions du PSG version QSI

Ce 30 juin 2011, Nasser al-Khelaifi donne son premier interview au quotidien L’Équipe et précise les ambitions des nouveaux dirigeants. Extraits : « Nous sommes emplis d’espoirs, on veut amener le PSG très haut… Nous avons défini une première stratégie pour les cinq prochaines années : notre objectif est de participer à chaque Ligue des champions dès 2012. Ensuite, à partir de 2015, on aspire à jouer un rôle majeur dans cette compétition… On est au PSG d’aujourd’hui jusqu’à toujours !

« Nous voulons former de bons joueurs, mais aussi des joueurs instruits, imprégnés des valeurs du PSG. Et aujourd’hui, vous voyez le résultat : un complexe sportif extraordinaire, doublé d’un véritable lieu d’apprentissage. L’avenir du Paris Saint-Germain naîtra et se construira ici, il ne s’achètera pas, il sera "Made in Paris" pour Paris.

J’ai dit que la véritable star du Paris Saint-Germain, c’est l’équipe, sur et en dehors du terrain. « Notre philosophie doit être de gagner collectivement, avec le groupe, en développant nos jeunes joueurs, grâce notamment au meilleur entraîneur du monde, Luis Enrique. Nous voulons avoir les meilleurs joueurs du monde, nos jeunes joueurs, développer nos équipes de jeunes et ainsi garantir l’avenir du club, pas seulement les résultats d’aujourd’hui, qui sont certes importants, mais aussi et surtout l’avenir du club.

Valorisation et investissements clés du PSG depuis 2011
Date Événement Montant/Valorisation
2006 Acquisition du PSG par Colony Capital 26 MEUR
30 juin 2011 Acquisition de 70% du PSG par QSI 70 MEUR (estimation)
2022 Vente de 12,5% des parts à Arctos Partners 500 MEUR (valorisation à 4 milliards d'euros)

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