PSG vs Saint-Étienne : La Finale Historique de la Coupe de France 1982

Samedi 15 mai 1982, la finale de la 65e coupe de France oppose le champion de France en titre, l’AS Saint-Étienne, au Paris SG. L’affiche est inédite : jamais les deux clubs ne se sont affrontés dans cette compétition. Les Verts, déjà finalistes la saison précédente, sont donnés favoris. La célèbre finale perdue contre le Bayern Munich en 1976 est encore dans toutes les têtes.

En cette fin de saison 1981/1982, l’ASSE a laissé filer le titre au profit de l’AS Monaco, mais parvient tout de même à conserver la place de dauphin. De son côté, le PSG avait accompli la saison passée la meilleure performance de son histoire, mais le bilan est modeste : une cinquième place en D1 et une élimination en seizièmes de finale de coupe de France. Jusqu’alors, son meilleur bilan en coupe de France remonte à 1975 et une élimination en demi-finales.

En coupe de France, les Parisiens sont successivement venus à bout de Nîmes (D2 - aux tirs au but), Nœux-les-Mines (D2), Marseille (D2) et Bordeaux (D1 - après prolongation). En demi-finales, quelques jours plus tôt, c’est à nouveau aux tirs au but que le PSG a éliminé Tours (D1), grâce à une performance exceptionnelle de Dominique Baratelli, qui a repoussé quatre des cinq tentatives tourangelles.

Pour la première fois, un match du PSG est retransmis en direct à la télévision : les images sont diffusées sur TF1, et commentées par Michel Denisot. Les abonnés parisiens ont pris place en tribune Auteuil, la seule qui leur soit réservée - tous les abonnés n’ont donc pas obtenu de billets, bien que 46 160 spectateurs soient présents.

Le premier moment d’agacement était survenu dans la semaine quand la FFF avait fait savoir que la finale ne serait pas rejouée en cas de match nul. L’égalisation de Rocheteau a fait sourire tous ceux qui n’avaient guère de préférence. Mais les sourires devinrent bientôt rictus. Fernand Sastre est dans ces petits souliers. La négociation s’ouvre. Faut-il rejouer le match?

Francis Borelli racontera plus tard : « Nous avons envisagé cette solution avec le président Sastre. J’ai demandé son avis à Herbin. Il m’a dit qu’il allait consulter ses joueurs. Les miens tenaient absolument à tirer les penalties, ils se sentaient imbattables. Paris peut gagner la Coupe de France et Fernand Sastre le droit de se pencher le plus rapidement possible sur un problème connu de tout le monde sauf apparemment des premiers concernés car si notre mémoire est bonne c’est bien la France qui est chargée d’organiser la Championnat d’Europe 1984.

Un Match Tendu et Indécis

En championnat, les deux clubs s’étaient neutralisés sur le score de 0-0, à Saint-Étienne comme à Paris. Le scénario se reproduit jusqu’à l’heure de jeu : malgré une domination parisienne, les occasions sont rares. Surjak a bien ouvert le score sur coup-franc, mais l’arbitre Michel Vautrot a logiquement refusé de valider ce but qu’aucun Parisien n’a touché alors qu’il s’agissait d’un coup-franc indirect.

La situation évolue finalement à l’heure de jeu : sur un centre en retrait de Surjak, côté gauche, Toko contrôle de la cuisse droite puis reprend de demi-volée du pied gauche (1-0, 58e). Exceptionnellement, la coupe du monde 1982 débutant quelques jours plus tard, le match n’est pas rejoué, comme c’était la règle à l’époque - cinq finales avaient été rejouées dans le passé.

En prolongations, Michel Platini donne l’avantage aux hommes de Robert Herbin d’une nouvelle reprise en pleine surface (1-2, 99e). Les coéquipiers de Laurent Paganelli ont le match en main jusqu’à la 120e et dernière minute… Jusqu’à un nouveau centre de Surjak, côté droit cette fois, pour une nouvelle reprise de volée à l’entrée des six mètres, signée Dominique Rocheteau (2-2, 120e). L’Ange Vert - qui deviendra par la suite meilleur buteur de l’histoire du club (100 buts), jusqu’à Pauleta - crucifie son ancienne équipe dans les dernières secondes, et libère le Parc des Princes.

Le baiser de Francis Borelli sur la pelouse du Parc des Princes après l’égalisation de Rocheteau dans les ultimes secondes des prolongations fera le tour des télévisions. « Je n’ai pas coutume d’être assez expansif, bien que je sois méridional, mais on ne peut pas contenir une telle joie. Un couronnement de cette nature, c’est tellement extraordinaire qu’on est tout à sa joie, on ne regarde pas, on ne calcule pas, il n’y a pas de comédie, c’est spontané.

Le but de Rocheteau, c’est le moment le plus intense de ma vie. Je n’y croyais plus. C’était cuit, pour plaisanter, je disais aux gens à côté de moi : « On ne peut pas ne pas égaliser ! » Et puis Rocheteau a marqué… C’était la délivrance ! L’explosion de joie !

La Séance de Tirs au But Décisive

Une fois le calme revenu, une demi-heure plus tard, les deux équipes doivent encore disputer la séance des tirs au but. Les joueurs des deux équipes réalisent un sans-faute : Battiston, Zanon, Rep, Larios et Platini marquent pour Saint-Étienne, tandis que Bathenay, Renaut, Rocheteau, Surjak et Fernandez leur répondent.

Dans la phase de la mort subite, Dominique Baratelli détourne d’entrée le tir au but de Lopez. Le gardien stéphanois anticipe sur sa droite, il est pris à contre-pied : le PSG vient de remporter le premier trophée de son histoire. Francis Borelli, sa célèbre sacoche à la main, court après Pilorget pour féliciter le buteur décisif.

« Si on y a mis le temps, on y a aussi mis la manière, puisque Paris ne fait pas les choses comme tout le monde », expliquera le président parisien le lendemain de la plus longue finale de l’histoire sur le plateau de Téléfoot. Dominique Bathenay, l’ancien Stéphanois, reçoit des mains de François Mitterrand sa quatrième coupe de France - après trois remportées avec l’ASSE. Il deviendra recordman de l’épreuve la saison suivante, lorsque le PSG gagnera son deuxième trophée consécutif face au FC Nantes.

Après le match de barrages pour l’accession en première division contre Valenciennes en 1974, cette finale est le premier grand match de l’histoire du club.

Francis Borelli embrassant la pelouse du Parc des Princes

En septembre 2008, à l’occasion de l’inauguration de la tribune présidentielle-Francis Borelli, Florian, habitué du Parc des Princes depuis les années 1980, nous racontait les principaux souvenirs qu’il gardait de Francis Borelli. Vers 5 heures du matin, nous sommes une vingtaine de supporters devant le Pavillon Gabriel, où se trouvent les joueurs, avec le journal du dimanche qu’on vient d’acheter. Borelli vient au balcon, on l’appelle : « Francis, on a soif. » Il redescend, avec Luis entre autres, pour nous montrer la coupe, et il nous offre le champagne. C’était « monsieur Francis Borelli ».

Voici la composition des équipes lors de cette finale mémorable :

  • PSG : Baratelli - Fernandez, Pilorget, Bathenay, Col (Renaut, 119e) - Lemoult, Boubacar, Dahleb (Ngom, 83e) - Toko, Rocheteau, Surjak.
  • SAINT-ETIENNE: Castaneda, Battiston, Gardon, Lopez, Zanon, Larios, Paganelli, Janvion, Rep, Platini, Zimako

Les joueurs du PSG fêtant leur victoire historique

L’Association Sportive de Saint-Etienne est le club français le plus titré de l’histoire avec 10 titres de champions, 6 victoires en coupe de France et une finale de ligue des champions. L’age d’or de l’AS Saint-Etienne se situe essentiellement entre 1964 et 1982 où, en près de 20 ans, l’ASSE va dominer le football hexagonale. Pendant cette période, la plus mauvaise place de l’AS Saint-Etienne est la 7ème, l’ASSE étant 9 fois champion de France, 5 fois vainqueur de la coupe et 2 fois finaliste !

Dès 1964, l’AS Saint-Etienne réalise l’exploit d‘être champion la saison de la remontée en division 1. Une affaire de caisse noire met fin à l‘épopée des verts, l’ASSE chute en division 2 et ne reviendra jamais à son niveau malgré l’espoir suscité lors de la remontée en 1986 et une belle 4ème place en 1988. L’AS Saint-Etienne est un club très populaire disposant d’un potentiel public exceptionnel. Si l’ASSE parvenait à nouveau à retrouver le haut du classement, il est probable que tous les matchs soient joués à guichets fermés.

À l’aube de cette 27e journée de Ligue 1, tous les yeux seront rivés sur le stade Geoffroy-Guichard où Saint-Étienne accueillera le Paris Saint-Germain. Les rencontres entre ces deux formations historiques du championnat de France réservent souvent des duels intenses et passionnants. Analysons les chiffres : sur les 50 dernières confrontations, le PSG a remporté 32 matchs, tandis que Saint-Étienne n’a su se défaire de la redoutable armada parisienne qu'à 7 reprises. Les deux équipes se sont quittées sur un score nul 11 fois.

Compétition Match Date Score
Ligue 1 PSG vs Saint-Étienne 14 septembre 2018 4-0 (PSG)
Coupe de la Ligue PSG vs Saint-Étienne 08 janvier 2020 6-1 (PSG)
Ligue 1 Saint-Étienne vs PSG 15 décembre 2019 0-4 (PSG)
Ligue 1 Saint-Étienne vs PSG 21 septembre 2008 1-0 (Saint-Étienne)

Ce samedi, les Verts tenteront de renverser le leader parisien, fort de ses multiples artisans du ballon rond, dans un choc de haute voltige qui promet d’ores et déjà quelques étincelles. La rencontre de Ligue 1 entre Saint-Etienne et Paris sera diffusée en direct à la télévision sur DAZN ce samedi 29 mars 2025 à 19h00.

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