Le 8 mai 1996 reste une date clé dans l'histoire du PSG, celle du premier et unique sacre des Parisiens en Coupe d'Europe. Ce soir-là, au stade Roi Baudouin à Bruxelles, les supporters parisiens ont été témoins d'un moment de gloire inoubliable. Vingt-six ans après sa naissance, le PSG a remporté sa première et, à ce jour, seule Coupe d’Europe.
Après trois échecs consécutifs en demi-finale de Coupe d'Europe, Paris dispute la finale de la Coupe des Coupes face au Rapid Vienne. L'équipe de Luis Fernandez a su éviter tous les obstacles qui se sont dressés sur son parcours pour atteindre la finale. Le public parisien est venu en nombre.
Revenons 29 ans en arrière, un soir de mai 1996 à Bruxelles, quand le PSG remportait son premier titre européen, et pas des moindres… la Coupe des Vainqueurs de Coupe. Si le 8 mai 1996 résonne comme une date clé pour le Paris Saint-Germain, peut-être que le 31 mai 2025 lui fera écho. C’est tout ce que l’on peut leur souhaiter.
On a revu la finale de la Coupe des Coupes PSG / Rapid en 1996 avec Luis Fernandez
Un Parcours Semé d'Embûches
Les trois saisons précédentes, la Juventus Turin, Arsenal FC et l’AC Milan ont brisé les espoirs parisiens aux portes d’une finale européenne.
Paris est exempté de tour préliminaire et débute la compétition en 16e de finale, contre Molde (Norvège). En 16es de finale aller chez les Norvégiens du Molde FK, ils sont menés sur un but d’un jeune attaquant, Ole Gunnar Solskjær, qui fera ensuite les beaux jours de Manchester United. Au retour au Parc des Princes, les Rouge et Bleu s’imposent (3-0) sur un doublé de Pascal Nouma et un nouveau but de Djorkaeff. Ils se qualifient ainsi sereinement pour les 8es de finale, où le sort leur assigne les redoutés Écossais du Celtic Glasgow.
Youri Djorkaeff, qui s'est déjà montré en marquant lors des deux premiers matchs, donne la victoire aux Parisiens 1-0 au match aller.
En 16e, Molde, emmené par Ole Gunnar Solskjaer. Paris l'emporte en Norvège avec trois buts dans les 20 dernières minutes, dont un missile de Paul Le Guen (2-3), avant de s'imposer facilement au Parc (3-0). En 8e, le Celtic de l'avant-centre néerlandais Pierre van Hooijdonk. Youri Djorkaeff débloque la situation à l'aller (1-0), et le PSG signe un récital collectif au retour dans l'ambiance magnifique du Celtic Park (0-3).
Paris doit alors affronter le favori de la compétition : Parme (Italie). Le match aller, à domicile, est remporté grâce à une nouvelle réalisation de Djorkaeff. Considérée comme la finale avant l'heure, la confrontation tourne à l'avantage des Italiens au match aller (1-0), la seule défaite parisienne de la compétition. Pour le match retour, dans un Parc des Princes plein à craquer, le Paris Saint-Germain marque très vite avant de se faire rejoindre à la demi-heure de jeu. N'abdiquant pas, le PSG mène 2-1 à la mi-temps grâce à Patrice Loko, mais est toujours virtuellement éliminé. Rai et Loko permettent au club de la capitale d’atteindre une demi-finale européenne pour la quatrième année consécutive. Une marche qu’ils n’ont alors jamais franchie.
Le quart de finale face à Parme est considéré comme la finale avant la lettre. Le PSG s'incline à l'aller sur un but de la légende bulgare Hristo Stoïchkov (1-0), mais deux penalties de Raï et un but de Patrice Loko lui permettent de renverser la situation au retour (3-1).
De retour dans le dernier carré, Paris espère que cette année 1996 est la bonne. Leur adversaire, le RC Deportivo La Corogne, est une solide équipe espagnole. Les Espagnols du Deportivo La Corogne se dressent sur le chemin du PSG pour rejoindre la finale. À l’aller, les Parisiens doivent attendre l’entrée en jeu de Djorkaeff, à dix minutes de la fin, pour débloquer la situation grâce à une superbe frappe du droit à l’entrée de la surface. « Tu entres et tu marques », lui aurait dit Fernandez. Message reçu.
Le match aller est serré, et Youri Djorkaeff, entré en cours de match, débloque la situation à la 89e minute. Paris, qui a pris une sérieuse option avec cette victoire au match aller, remporte également le match retour sur le même score. Paris verra donc Bruxelles, mais aucunement pour du tourisme. Plutôt pour écrire son histoire dans la ville hôte du match pour le titre.
En demi-finale, le Depor de Bebeto. A La Corogne, Djorkaeff, sur le banc après quatre semaines d'absence sur blessure, entre en jeu pour les dix dernières minutes. "Tu rentres et tu marques", lui glisse Fernandez. Message parfaitement reçu par le "Snake" avec une frappe sublime (0-1). Paris valide définitivement son billet pour la finale avec une nouvelle victoire au Parc (1-0).
Après avoir brisé le sort de 3 ans d'éliminations en demi-finales européennes, le Paris Saint-Germain a l'opportunité de rentrer dans la cour des grands, et devenir le 2e club français à remporter un titre européen.
Pourtant, malgré ce parcours européen réussi, Paris est tourmenté par ses déboires en championnat. Après une victoire éclatante face au champion sortant, Nantes (5-0), le PSG s'écroule. Il ne remporte que 6 succès sur ses 17 derniers matches, voit Auxerre le rejoindre en tête après une débâcle à l'Abbé-Deschamps (3-0), puis le dépasser après un revers à domicile face au FC Metz de Cyril Pouget et Robert Pires (2-3). Deux nouvelles contre-performances au Parc dans la même semaine contre Martigues (0-0) et Lille (0-1) mettent fin aux espoirs de titre du PSG.
Michel Denisot, alors président du club de la capitale, craint pour le moral de ses troupes après cette série de mauvais résultats. Lors du stage à Hendaye destiné à préparer la finale de la Coupe des Coupes, il décide de faire appel à un "préparateur mental" pour épauler Fernandez. Et pas n'importe qui : un homme qui, 13 ans plus tôt, est entré dans la légende du sport français.

La Finale à Bruxelles : PSG vs Rapid de Vienne
Pour ce 8 mai 1996, les 30 000 personnes présentes au Stade Roi Baudouin, dont une bonne partie de supporters parisiens, vont être les témoins du premier sacre européen du Paris Saint-Germain.
Nous y sommes. A Bruxelles, le PSG peut compter sur le soutien d'un public parisien venu en masse pour assister à la première consécration européenne du club de la capitale. Le club parisien sort d'une saison difficile en championnat. Champion d'Automne, le PSG s'est alors fait rattrapé par l'AJ Auxerre alors qu'il comptait 10 points d'avance ! Le PSG part largement favori contre le surprenant club autrichien et ses stars naissantes comme Karsten Jancker ou confirmées comme Trifon Ivanov.
Pour préparer cette rencontre, Michel Denisot a l'idée d'engager Yannick Noah comme "préparateur mental". En entrant sur la pelouse, les joueurs parisiens semblent tendus. Patrick Colleter sert les poings à plusieurs reprises pour vérifier que les autres sont dans le même état d'esprit.
Pourtant, tout ne commence pas de la meilleure manière pour le PSG, avec la sortie sur blessure de Raï dès la 12e minute, mais cela n'arrête pas pour autant les hommes de Luis Fernandez d'être les plus entreprenants. Mais ça commence mal pour Paris avec la blessure de Raï. L'emblématique capitaine parisien doit céder sa place à un Julio Cesar Dely Valdes en pleine crise de confiance. Le Panaméen trouve quand même Djorkaeff pour la première occasion du PSG (20e).
Djorkaeff est omniprésent. Un peu moins de dix minutes plus tard, l'ancien Monégasque obtient un coup franc lointain, à plus de 30 mètres. Paris a un énorme frappeur dans ses rangs en la personne de son défenseur central Bruno N'Gotty. Et le destin choisit son camp. La frappe de l'ancien Lyonnais ne semble pas cadrée, mais elle est légèrement détournée par un joueur du Rapid et fuse dans les filets de Michael Konsel. 1-0.
Paris provoque des fautes adverses et c'est ce qui amène le but parisien. Bruno Ngotty s'essaie sur un coup-franc lointain et trompe le gardien de Vienne avec une frappe à ras de terre. L’international français obtient un coup franc à la demi-heure de jeu, à plus de trente mètres du but autrichien. Le défenseur central Bruno Ngotty, connu pour sa frappe puissante, s’élance. Le tir, légèrement dévié par un Viennois, trompe le gardien autrichien Michael Konsel et fait trembler les filets et les tribunes.
11ème minute : Coup dur pour les rouges et bleus. Rai se blesse. On le soigne sur la ligne de touche. Le Brésilien insiste encore un peu mais le remplacement semble inévitable. 20ème minute, Ouverture d'N'Gotty pour Dely Valdes. Le Panaméen qui vient juste d'entrer dévie de la tête pour Youri Djorkaeff omniprésent dans l'entrejeu. L'international français frappe d'une position excentrée. Le PSG assume son rôle de favori. 29ème minute, Coup franc indirect pour le Paris Saint Germain à plus de 35 mètres. Youri Djorkaeff décale Bruno N'Gotty qui d'un missile légèrement dévié par un défenseur autrichien trouve les filets de Konsel. Une tête de Bravo (35e) puis une combinaison Loko-Dely Valdes (41e) viendront menacer Konsel qui en sortira à chaque fois vainqueur. Le Rapid semble complètement assommé par la nette domination parisienne. Décalage dans le jeu mais aussi dans les tribunes où la voix des supporters du Rapid Vienne s'étouffe progressivement alors que celle du virage d'en face n'en finit plus d'enfler.
La suite n'est qu'anecdotique. Paris n'arrive pas à doubler la mise malgré un grand nombre d'occasion, mais est très solide défensivement. Paris domine mais ne parvient pas à se mettre à l'abri. Dely Valdes tergiverse en excellente position avant d'expédier une reprise de la tête dans les bras de Konsel, Djorkaeff envoie une frappe sur l'extérieur du poteau, Loko croise trop une frappe, Guérin perd un duel face au portier du club autrichien… Les partenaires de Trifon Ivanov et Carsten Jancker restent dans le match, poussent pour égaliser, mais Bernard Lama se montre impérial dans le but parisien. Jusqu'à la délivrance.
Décalage dans le jeu mais aussi dans les tribunes où la voix des supporters du Rapid Vienne s'étouffe progressivement alors que celle du virage d'en face n'en finit plus d'enfler. Les parisiens sont alors sur la voie du succès et manquent quelques occasions de tuer le match. Mais les attaquant parisiens se montrent à l'image de leur fin de saison, imprécis. Djorkaeff puis Dely Valdes manquent de belles opportunités d'aggraver la marque aux 50, 59 et 61èmes minutes. Le PSG est à deux doigts de regretter ses occasions manquées. Peur de gagner, peur de perdre? Toujours est il que le PSG semble paralysé en cette fin de match. A quatre minutes de la fin, Vincent Guérin manque d'un rien le deuxième but.
La deuxième mi-temps sera éprouvante. Les Parisiens poussent, dominent, mais ne parviennent pas à doubler la mise. Les Autrichiens répliquent mais Bernard Lama, en capitaine impérial, est infranchissable.
Enfin, l’arbitre italien Pierluigi Pairetto siffle la fin du match. C’est l’explosion, « la consécration » comme le titrera L’Équipe le lendemain. L’état-major parisien, dont son président Michel Denisot, est en liesse, les joueurs exultent.
La Composition des Équipes
Voici la composition des équipes lors de cette finale historique :
Paris Saint-Germain : Bernard Lama (cap.) - Patrick Colleter, Paul Le Guen, Bruno Ngotty, Alain Roche - Laurent Fournier puis Francis Llacer (77e), Daniel Bravo, Vincent Guérin, Rai puis Julio Dély Valdes (11e) - Youri Djorkaeff, Patrice Loko. Entraîneur : Luis Fernandez.
Rapid Vienne : Michael Konsel (cap.) - Peter Schöttel, Trifon Ivanov, Michael Hatz - Dietmar Kühbauer, Andreas Heraf, Peter Guggi, Peter Stöger, Stefan Marasek - Carsten Jancker, Christian Stumpf puis Zoran Barisic (46e). Entraîneur : Ernst Dokupil.
Qu'importe, le PSG, avec un seul but, comme l'OM il y a trois ans, remporte la Coupe d'Europe. Le PSG est le second club français à remporter une Coupe d'Europe et le plus jeune club de l'histoire à entrer dans un palmarès européen.
Les joueurs parisiens laissent enfin éclater leur joie. Denisot explose dans la tribune officielle, puis célèbre la victoire de son club sur le terrain. Fernandez tombe dans les bras de Raï avant de s'offrir un tour d'honneur avec ses deux fils. Bernard Lama a à peine le temps de recevoir le trophée qu'il est déjà porté en triomphe par tous ses coéquipiers. Le PSG devient le deuxième club français vainqueur d'une Coupe d'Europe après Marseille, sacré en Ligue des champions trois ans plus tôt. C'est la consécration pour Paris.
C'est probablement à ce jour le meilleur souvenir de l'histoire du club. Luis Fernandez est le premier entraîneur français à gagner une Coupe d'Europe.
Les Célébrations
Lorsque l'arbitre siffle la fin de la rencontre, l'explosion de joie parisienne retentit dans le stade bruxellois.
Des Champs-Élysées au boulevard Saint-Germain, des dizaines de milliers de personnes descendent dans la rue pour crier leur joie dans un assourdissant concert de klaxons décrit dans l’édition de Paris.
En pleine nuit, l’avion des joueurs se pose à Roissy. Un bus les attend sur le tarmac pour les mener dans les locaux de Canal + (alors actionnaire du club). Mais sur le chemin, surprise ! La délégation fait un crochet par Saint-Ouen et s’arrête 25, avenue Michelet, au siège du « Parisien ».
Après un rapide déjeuner à l’Hôtel de Ville, direction l’Élysée où Jacques Chirac tient à féliciter son équipe de cœur. Fidèle à son habitude, le président de la République trouve un mot pour chacun de ses hôtes.
La journée se poursuit par un impressionnant bain de foule. Dès leur sortie de l’Élysée, les héros de Bruxelles sont attendus par une marée humaine. Opel, le sponsor du club, a mis à leur disposition une flotte de véhicules pour remonter les Champs-Élysées.
Le lendemain les joueurs sont reçus par le président Jacques Chirac à l'Elysée puis descendent les Champs-Elysées devant près de 50 000 personnes.
Les joueurs resteront plusieurs heures enfermés dans le stade.
| Équipe | Joueurs Clés |
|---|---|
| PSG | Bernard Lama, Youri Djorkaeff, Bruno Ngotty, Rai, Patrice Loko |
| Rapid Vienne | Michael Konsel, Trifon Ivanov, Carsten Jancker |
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