Depuis sa construction, le Parc des Princes a été le théâtre de moments historiques pour le PSG et ses supporters. Cependant, le Paris Saint-Germain (PSG) est en train de vivre une transformation sans précédent et s’apprête à franchir une nouvelle étape majeure : le déménagement du Parc des Princes.

Vue du Parc des Princes en 2019
Pourquoi le PSG envisage de quitter le Parc des Princes ?
La question se pose après plusieurs déclarations du PDG du club parisien, Nasser al-Khelaifi. "Je crois que la Mairie ne veut pas que nous restions [au Parc], elle nous met la pression pour que nous partions", a-t-il déclaré ce mardi 29 novembre 2022 dans le quotidien sportif espagnol Marca.
La raison de la brouille : le PSG voudrait devenir propriétaire du Parc des Princes, qui appartient aujourd'hui à la Ville de Paris. Le club a fait une offre de 40 millions d'euros, qui a été refusée par la Mairie. C'est pourquoi le dirigeant qatarien explique dans Marca étudier "d'autres alternatives".
Le club de la capitale a disputé son premier match dans l'enceinte de la porte de Saint-Cloud le 10 novembre 1973, face au Red Star, note le site du PSG. L’été suivant, après son accession en Première Division, le jeune PSG, créé quatre ans plus tôt, deviendra le club résident de ce site historique du sport parisien, inauguré en 1897 sous la forme d’un vélodrome.
Le Besoins d'Agrandissement et de Modernisation
La direction du club s’estime à l’étroit au Parc des Princes et voulait agrandir et moderniser l’enceinte de la Porte de Saint-Cloud «afin de rester compétitif au plus haut niveau, de consolider son modèle économique sur le long terme et d’accueillir un plus grand nombre de supporters dans les meilleures conditions».
Pour Christophe Lepetit, économiste au Centre de Droit et d'Economie du Sport de Limoges et auteur d'une étude en 2021 sur l'impact économique du club parisien dans la région Ile-de-France, il est normal que l'investisseur veuille passer à l'étape suivante : "Aujourd'hui, QSI [Qtar Sports Investments] considère qu'il est arrivé au bout de ce qu'il veut faire pour un bien immobilier qui ne lui appartient pas et donc souhaite négocier avec la Ville de Paris pour en acquérir la propriété."
L'objectif serait ainsi de pouvoir le moderniser, voire augmenter sa capacité de 48 000 places bien que les études architecturales estiment que sa position proche du périphérique rende ce genre de chantier impossible. En étant propriétaire de son stade, le club de la capitale se mettrait aussi au niveau d'autres grandes équipes européennes, comme le Real Madrid.
Bras de Fer avec la Ville de Paris
Les déclarations de désamour d'al-Khelaïfi dans la presse espagnole sont un moyen de mettre la pression sur la Ville de Paris. Même si le Premier adjoint, Emmanuel Grégoire, a déclaré jeudi que "ce n'est pas notre inclination première de leur vendre le Parc des Princes", des négociations sont bien en cours.
Mais la Ville a rappelé que le club dispose d'un bail de 30 ans et que l'investissement dans les infrastructures et le maintien en état du stade n'allait pas forcément de pair avec un rachat.
"Il y a un vrai sujet de savoir si la Ville veut réellement vendre le Parc des Princes, explique l'économiste Christophe Lepetit. Car aujourd'hui, elle n'est pas actionnaire du club et par le biais du Parc, elle peut peser sur le PSG."
Le président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, monte d'un ton face à la Mairie de Paris : dans un entretien au journal L'Equipe, il estime que le club n'aura "pas le choix" de quitter le Parc des Princes si la Ville refuse son offre de rachat du stade.
La mairie de Paris a confirmé qu'elle ne comptait pas vendre le Parc des Princes au PSG ce mardi. Mais la ville souhaite que le club reste et l'appelle à coopérer pour agrandir le stade avant 2030.
Les Déclarations de Nasser Al-Khelaïfi
En guerre ouverte depuis 2 ans avec la mairie de Paris qui refuse de vendre le Parc des Princes, ou qui rechigne à le faire agrandir (même aux frais du club), le PSG s’est décidé. En dépit de messages de supporters refusant le déménagement ailleurs, Nasser Al-Khelaïfi a pris la décision, l’enceinte historique des Rouge et Bleu sera bientôt un lointain souvenir.
Nasser Al-Khelaïfi : «On va partir. «J’aime beaucoup le Parc des Princes, tout le monde l’aime. Si je décide avec mon cœur, je dis : “on ne part pas”. Mais quand je réfléchis avec la tête, on est mort, lâche le président qatari sur RMC ce jeudi. En Europe, tous les grands clubs ont 80 000 ou 90 000 places. Si on veut être de ce niveau pour nos supporters, il faut agrandir le stade. On n’a pas d’autre solution. Si c’est acté ? On va partir. On n’a pas le choix. La ville ne nous laisse pas le choix.
La perspective des prochaines élections municipales en 2026, et donc un possible changement d’équipe dirigeante à Paris, ne devrait pas ralentir ce projet. Al-Khelaïfi estimé qu’il n’a pas le temps. «Je ne fais pas de politique. Je n’ai pas compris (leur choix). On a besoin d’un stade dans 3 ou 4 ans. On n’a pas le temps d’attendre (les élections) sinon on est derrière d’autres clubs en Europe. On a besoin de construire vite.»
La mairie de Paris, propriétaire du Parc des Princes, « ne nous laisse pas le choix » de partir du stade, a affirmé jeudi le président du PSG Nasser al-Khelaïfi, disant vouloir « construire le plus vite possible » une nouvelle enceinte. « J'aime beaucoup le Parc, tout le monde l'aime. Si j'écoute mon coeur, on ne part pas. Mais tout le monde en Europe a des stades de 80 000, 90 000 places... On en a besoin, sinon on est morts », a déclaré sur la radio RMC le dirigeant qatari à l'occasion de l'inauguration officielle du centre d'entraînement à Poissy (Yvelines). « On est en France, mais aussi en Europe. La ville ne nous laisse pas le choix », a-t-il insisté (le Parc a une capacité de 48 000 places), annonçant un stade « prêt dans 3-4 ans ».
Les Alternatives Envisagées
Plusieurs sites pressentis Parmi ces quatre hypothèses pour construire une enceinte d'environ 60 000 places, il y a notamment le site de l'hippodrome de Saint-Cloud et Montigny-le-Bretonneux (Yvelines). En février dernier, « NAK » avait déjà annoncé que le départ du Parc des Princes, que la mairie se refuse à vendre, était désormais inéluctable pour son club.
Faute d'accord avec la mairie de Paris, le PSG va quitter le parc des Princes. Si une dizaine de villes de la région parisienne ont manifesté leur intérêt pour accueillir le futur stade, un site, appartenant à Stellantis à Poissy (Yvelines), fait office de favori. La commune de 40 000 habitants, située à 27km du parc des Princes accueille déjà le centre d’entraînement parisien.
Les champions d’Europe envisagent de trancher «à horizon automne 2026», nous souffle-t-on. Et le Parc ? Tant qu’il n’est pas à vendre, ce n’est pas une option. Les municipales 2026 pourraient changer la donne ? De la «fiction», nous assure-t-on. «Ce n’est pas une réalité, ce n’est pas la peine d’en parler», promet une source.
Le temps des rumeurs est terminé. «À ce stade, aucun des deux sites n’est privilégié», précise le club, se disant «désormais prêt à approfondir ses études sur Massy et Poissy, en lien étroit avec les partenaires locaux (et) en concertation avec toutes les parties prenantes». Lesquelles études auront pour but «d’évaluer plus précisément la faisabilité réelle d’un tel projet sur chacun des deux sites et bâtir un projet ambitieux, responsable et porteur de sens tant pour le Club, que pour nos supporters et les collectivités locales pour les prochaines décennies».

Le Campus PSG à Poissy, une des options pour le nouveau stade.
Les Enjeux Financiers et Économiques
Le PSG paye un loyer pour occuper le Parc des Princes. Ce dernier est de 2 millions d’euros par ans. C’est un loyer que l’OM (qui paye environ 3 fois plus) ou Lille aimerait payer pour alléger leurs comptes. Au cours de la dernière décennie, le PSG version QSI a investi 85 millions d’euros pour remettre le stade au goût du jour.
Le Parc des Princes est loué par la mairie de Paris au Paris Saint-Germain dans le cadre d'un bail emphytéotique de trente ans. Celui en cours expire fin 2043. Hors part variable liée "à l’évolution du chiffre d’affaires du club" réalisé au stade, le loyer s'élève à 1 million d'euros par an. À titre de comparaison, l'Olympique de Marseille paie 8 millions d'euros par saison pour la location du Vélodrome (67.000 places).
Fin janvier, le club a annoncé avoir "atteint le plus haut niveau de revenus matchday de son histoire, avec un total de 153 millions d'euros". Il est ainsi l'un des deux meilleurs clubs européens en matière de recettes liées à la billetterie et à l'exploitation des jours de match. Et ce, comme le dit le communiqué du PSG, "malgré une capacité de stade actuelle de seulement 48.000 places".
Réactions et Conséquences Potentielles
« Le PSG doit rester à Paris », a écrit jeudi soir sur le réseau social X la ministre de la Culture Rachida Dati. Élue parisienne et principale opposante à la maire socialiste de la capitale Anne Hidalgo, Rachida Dati a participé jeudi à l'inauguration du « Campus » PSG à Poissy (Yvelines), en présence de nombreuses personnalités, comme le tennisman Novak Djokovic ou l'humoriste Jamel Debbouze.
Quitter le Parc peut aussi être risqué pour le PSG, déjà accusé d’être un club sans âme. La jurisprudence Atletico de Madrid est forcément dans toutes les têtes. En effet, le Vicente Calderon est un vieux stade. Cependant, le déménagement du club madrilène a causé sa perte.
Si Anne Hidalgo a rejeté les propositions parisiennes, ce qui a surpris le PSG, une véritable bataille d’intérêt s’est engagée. Cependant, la Mairie de Paris serait la plus grande perdante dans cette affaire. Cette perte du loyer du Parc des Princes pourrait être compensée par un nouveau projet immobilier si la Mairie décide d’aller dans ce sens. De plus, le symbole d’un départ du PSG passerait très mal pour bon nombre de Parisiens. Et pas seulement les supporters du PSG.
Voir le PSG déménager aurait de multiples conséquences néfastes dans la capitale. Et poserait notamment la question de l'avenir du Parc des Princes, et surtout de sa rentabilité. "C'est l'intérêt de la ville de Paris d'avoir un grand club, et de le mettre dans les meilleures dispositions, juge Vincent Chaudel. Si elle lui met des bâtons dans les roues, le club déménagera. Charge à la ville de Paris de voir ce qu'elle peut faire d'un Parc des Princes sans résident. Il faut trouver un club capable de remplir 45.000 à 50.000 spectateurs par match, ce n'est pas évident."
Dans cette bataille, le jeu semble davantage du côté du PSG que de celui de la ville de Paris. "Soit le PSG ira au bout de son projet, soit la ville fera machine-arrière comme pour Roland-Garros, résume Vincent Chaudel. On est sur des acteurs qui ont la capacité de le faire. C'est pour ça que je ne comprends pas. On a tendance à dire qu'on va à la guerre quand on pense pouvoir la gagner."
| Club | Stade | Loyer annuel (estimation) |
|---|---|---|
| Paris Saint-Germain | Parc des Princes | 1 million € |
| Olympique de Marseille | Vélodrome | 8 millions € |
Comparaison des loyers annuels de stades.