PSG et Étoile Rouge : Une Rivalité Historique

Si le PSG est aujourd’hui l’incontestable porte-drapeau du foot francilien, et bien au-delà du foot français, il n’en a pas toujours été ainsi. L'Étoile Rouge de Belgrade peut se vanter de l'emporter face au Paris Saint-Germain au niveau du palmarès.

Plus qu'un club de foot, l'Étoile Rouge est un monument. Vestige d'une époque, celle de la Coupe d'Europe des clubs champions, et d'un pays aujourd'hui disparu, la Yougoslavie. Le club le plus populaire de Serbie (28 titres) rappelle d'innombrables souvenirs aux plus anciens d'entre nous. Des souvenirs parfois même douloureux pour quelques supporters français.

À l'heure d'affronter le Paris Saint-Germain, ce mercredi 3 octobre (à 18h55, en direct commenté sur LCI) au Parc, pour le compte de la 2e journée de la phase de poules de la Ligue des champions, LCI vous présente cette équipe à part, en quête de son glorieux passé.

Club de la jeunesse communiste et anti-fasciste, fondé en 1945, l'Étoile Rouge de Belgrade ("Crvena Zvezda", en version originale) est la première équipe slave de l'histoire à avoir remporté la Ligue des champions. C'était le 29 mai 1991, à Bari, au terme d'un match au suspense haletant et d'une séance de tirs aux buts cruelle face à l'Olympique de Marseille (0-0, 5 t.a.b. à 3).

Finaliste malheureux de la Coupe UEFA en 1979, le club phare de Yougoslavie balayait les Waddle, Papin et autres Boli. À ce jour, aucune équipe slave n'a jamais réussi à égaler la performance des coéquipiers de Siniša Mihajlović, Robert Prosinečki et Dejan Savićević.

Les Origines d'une Rivalité Francilienne

C’est au père de la Coupe du monde, Jules Rimet, qu’on doit la création du premier club francilien, le Red Star en 1897, à Saint-Ouen. 77 ans avant l’émergence du PSG en 1974, « l’étoile rouge » est la première à briller dans le ciel de la capitale qui connaîtra son âge d’or pendant l’entre deux guerres en remportant cinq Coupes de France (1921, 1922, 1923, 1928 et 1942) et en faisant du stade Bauer, initialement baptisé Stade de Paris, un haut lieu du football parisien.

Jamais champion de France (seulement un titre en 1941 en zone occupée), le club du 93 a connu plusieurs vies, au gré des changements de nom, de statut et de renaissance sans jamais, au fil du temps, parvenir à renouer avec la gloire de ses débuts. La finale de Coupe de France perdue face à Lille en 1946, dans un stade de Colombes rempli de 56 000 spectateurs, est le dernier vestige d’une époque révolue.

Jamais plus on ne reverra l’Etoile rouge à la « une » , sinon pour évoquer des péripéties parfois improbables comme lorsque le Toulousain Jean-Baptiste Doumeng, surnommé le « milliardaire rouge » en raison de ses liens avec l’URSS, lui proposa de fusionner avec le Toulouse FC pour pouvoir accéder à la D1. Le club qui sera entraîné par le futur sélectionneur de l’équipe de France, Roger Lemerre, venait de remonter directement de D2 où il était tombé après sa plus longue période dans l’élite (6 saisons entre 1967 et 1973).

Aujourd’hui en National, il aspire à retrouver en L2 l’autre club professionnel de la Capitale, le Paris FC, pour mieux lui disputer le titre officieux de « deuxième club de Paris » !

Le Racing Club de France : Un Concurrent Oublié

Créé en 1969 par la FFF, pour relancer un football moribond dans la Capitale, le Paris FC a d’abord été associé au Stade Saint Germain avant de voler de ses propres ailes en 1972, mais sans jamais vraiment s’installer dans l’élite. Mais s’il reposait sur la structure du Paris FC, c’est surtout sur l’image du Racing qu’il comptait capitaliser et sur les emblématiques couleurs bleu ciel et blanc.

Rebaptisé Racing Paris 1, le nouveau grand club parisien était né. Ou plutôt renaissait des cendres d’un Racing Club de France qui avait dominé le foot français de l’entre deux guerres, champion de France en 1936, vainqueur de la Coupe de France en 1936, 1939, 1940, 1945 et encore 1949, et qui était encore au sommet dans les années 60 (vice-champion de France en 1961 et 1962) dans le sillage des internationaux Marche, Vignal, Ujlaki, Marcel ou Cisowski.

On vous parle d’un temps où deux équipes parisiennes représentaient la France au niveau européen ! Parmi ses quinze saisons dans l’élite, entre 1946 et 1967, le Stade Français arracha deux participations à la Coupe des villes de foires, éliminant même le Bétis Séville en 1965 avant de tomber face à la Juventus par le plus petit des scores (0-1 et 0-0) au 2ème tour, et de buter face au Porto FC l’année suivante sur le même score étriqué.

Malgré Colonna et Rijvers, ses deux campagnes européennes étaient son champ du cygne. À Paris, jamais plus l’Europe ne frapperait à la porte d’un autre club que le PSG… Même le RP1, qui allait devenir le Matra Racing, malgré son potentiel financier et ses ambitions, ne put y accéder entre 1982 et 1989 dans les années Lagardère. D’abord à Colombes, ensuite au Parc, avec la montée en D1 en 1984, les Racingmen firent tout de même vivre quelques grands moments à leurs supporteurs.

Il était le préambule à une nouvelle rivalité avec le PSG, quelques beaux derbys et pas mal de stars venues donner de la crédibilité au projet. Madjer, Bossis, Fernandez, Francescoli, Kabongo, Mahut, Tusseau, Littbarski, Olmeta… puis Silooy, Bouderbala, Guérin ou Ginola et l’arrivée d’un des entraîneurs les plus cotés d’Europe, Artur Jorge, tout juste vainqueur de la C1 avec le FC Porto, font naître les plus beaux rêves.

Jamais en position de pouvoir remettre en cause le leadership du PSG, malgré une 3ème place illusoire à mi-saison 1987/1988, la chute n’en fut que plus difficile.

L'Étoile Rouge de Belgrade : Un Adversaire Européen Redoutable

Après sa défaite à Liverpool, le Paris Saint-Germain entend bien lancer sa saison européenne. Au Parc des Princes, les hommes de Thomas Tuchel ont rendez-vous, à partir de 18h55, avec l'Étoile Rouge de Belgrade, le Fudbalski klub Crvena Zvezda pour les locaux. Si l'armada parisienne paraît largement supérieure au club serbe, le match promet d'être électrique. Sur le terrain mais aussi en tribunes. Attention donc.

Vainqueur de la C1 en 1991, l'Étoile Rouge retrouve pour la première fois depuis 27 ans le parfum de la plus prestigieuse des Coupes d'Europe. Le club serbe, opposé au PSG, effectue son premier déplacement en Ligue des champions depuis la phase de poules 1991-1992.

Plombée par des décisions politiques et sa rivalité exacerbée avec le Partizan, l'autre équipe de Belgrade a buté à six reprises sur le 3e tour préliminaire de la Coupe aux grandes oreilles. Cette année, la meilleure équipe de Serbie depuis deux ans a passé l'obstacle. Après avoir affronté les Lettons du Spartaks Jurmala, les Lituaniens du Sūduva Marijampolė et les Slovaques du Spartak Trnava, les hommes de Milojević n'ont pas laissé passer leur chance. Ils ont remportés leur barrage contre Salzbourg (0-0, 2-2) grâce aux buts marqués à l'extérieur.

Malgré tout ce qui peut être dit ici et là, la réception de l'Étoile Rouge pourrait ne pas être une partie de plaisir pour le PSG. Les Parisiens vont se frotter à un adversaire redoutable, qui a tenu tête à Naples (0-0) lors de la 1ère journée de la phase de poules de la Ligue des champions. Pour trouver trace d'une défaite des Serbes, il faut remonter au 21 février dernier et un match perdu contre le CSKA Moscou (1-0) en 16es de finale retour de la Ligue Europa. Le club le plus titré de Serbie reste sur une série de 34 matches consécutifs sans défaite.

Le Marakana : Un Temple du Football

Son vrai nom est le stade Rajko Mitic. Pourtant, tout le monde le connaît sous le nom de "Marakana", en référence au célèbre stade brésilien de Rio de Janeiro. Il faut dire que le terrain de l'Étoile Rouge fait partie des temples du football, difficilement comparable à tous les autres édifices européens.

Si près de 100.000 spectateurs se pressaient des les tribunes il y a encore quelques années, la capacité du stade a peu à peu été réduite pour des raisons de sécurité. Aujourd'hui, plus de 55.000 personnes sont présentes à chaque rencontre pour offrir une ambiance si particulière au Marakana.

Les Parisiens auront l'occasion de le découvrir lors du match retour. Et la tension montera d'un cran dès la sortie des vestiaires avec un couloir quelque peu atypique dans le football moderne avant une véritable explosion des tribunes lors de l'entrée sur la pelouse.

Le Partizan, l'Ennemi Juré

À Belgrade, deux clubs se disputent chaque année le titre national : l'Étoile Rouge et le Partizan. "Très vite, les clubs yougoslaves vont être contrôlés par différents corps de l’État. Le Partizan Belgrade sera l’équipe de l’armée, l’Étoile rouge celle de la police", explique Gigi Riva, un grand reporter italien, dans les colonnes du Monde.

Une rivalité extrême se développe entre les deux clubs au point de devenir le "derby éternel". Si la ligne rouge a malheureusement souvent été franchie, le spectacle offert en tribunes n'a que peu d'équivalence en Europe.

Tableau Comparatif des Palmarès

Club Titres Nationaux Coupes Nationales Titres Européens
PSG 11 14 1
Étoile Rouge de Belgrade 28 24 1

ILS L'ONT FAIT ! (LIGUE DES CHAMPIONS)

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