Le Paris Saint-Germain, club emblématique de la Ville Lumière, ne serait rien sans ses supporters. Leur histoire est riche, complexe et intimement liée à celle du club. Cet article explore les différentes facettes de cette passion, des premiers jours aux défis contemporains.

Le Parc des Princes, lieu de pèlerinage pour les supporters du PSG.
L'identité du supporter parisien
Sans trait distinctif flagrant, le supporter du Paris Saint-Germain est tout de même quelqu’un de particulier, bien que des milliers de personnes soient comme lui. Pour certains, il est un ultra. Pour quelques-uns qui ne savent pas du tout de quoi ils parlent, il fut parfois considéré comme un hooligan, sous le simple prétexte qu’il supportait activement le PSG. Le supporter est souvent victime de l’image qu’on lui colle : violent, grossier, primaire… Ces clichés ont la vie dure. Qu’est-ce qu’être supporter de football aujourd’hui ? Qui sont les ultras ? Comment a évolué le mouvement depuis sa naissance dans les années 1980 ? Les tribunes sont-elles gangrenées par la violence ?
Dans le premier tome d'une histoire de supporter, il est question de transmission, celle d’une passion naissante, pour le football, et pour les Rouge et Bleu, deux couleurs qui sont une des composantes capitales de l’identité de ce club si singulier. Dans le second tome, les rivalités sont exacerbées, sportives, évidemment, mais aussi en tribunes. Elles mèneront tragiquement à la fin des années folles qui ont secouées le Parc des Princes jusqu’en 2010. La suite, ce fut l’arrivée du propriétaire qatari, une autre facette du football et du Paris Saint-Germain, qui a transformée le club et son public.
C'est l’histoire d’un supporter du PSG, Jérôme Reijasse, qui, match après match, note ses doutes, ses craintes, ses rancœurs, ses espoirs également. Un supporter qui, au milieu de la tourmente, tente de décrypter sa passion pour un Club qui à la fois gangrène et exalte sa propre vie. C’est l’histoire d’un supporter anonyme, comme des millions d’autres supporters, qui écrit pour ne pas devenir fou. Ni hooligan, ni ultra, simplement déchiré par une foi et une fidélité sans borne.
Figures emblématiques et anecdotes
Alain Cayzac est indissociable du Paris Saint-Germain ! Supporter de la première heure, aux côtés notamment de son fidèle ami Bernard Brochand, il a tracé son histoire en parallèle de celle du club, en multipliant les casquettes : supporter invétéré, membre du conseil d’administration, actionnaire, … et Président, durant deux années parmi les plus agitées de l’histoire des Rouge et Bleu. Pour Alain Cayzac, le Mister de Paris, le PSG c’est la famille, la passion, l’amitié, la fidélité, les émotions, … en un mot, la vie. Il est l’incarnation parfaite de l’expression « PSG for ever » !
Éric Bidault, alias Giscard, a cinquante ans de Parc des Princes, et le PSG dans et sur la peau. Figure historique de la Tribune Boulogne, dont il fut l’un des premiers capos, et sans porte-voix, il participa tour à tour à la création du fameux Kop de Boulogne, puis des Boulogne Boys et surtout des Gavroches Paris. Toujours abonné, évidemment à Boulogne, il est également toujours présent en déplacement.
Huguette Rossi n’est pas une supportrice du Paris Saint-Germain tout à fait comme les autres. Elle est probablement la doyenne du Parc des Princes et de ses abonnés. A bientôt 92 ans, celle que sa petite-fille surnomme « Mamie PSG » est tout à fait lucide sur la situation du PSG dont elle ne manque aucun match. Le ballon rond est pour elle une affaire de famille, tout comme la passion des Rouge et Bleu qu’elle a transmise il y a bien longtemps à sa fille.
Les numéros 10 et la passion au Parc des Princes
Le numéro 10 est le roi du Parc des Princes. Il cristallise toutes les passions, polémiques et revirements. Dans un club lambda, on adore les buteurs, célèbre les gardiens mémorables et les défenseurs valeureux. Au Paris Saint-Germain, l’objet du culte, c’est le numéro 10. L’éviction de l’un d’entre eux et c’est le parc qui se retourne contre le responsable : Gérard Houillier avec Safet Sušić ou Luis Fernandez avec Ronaldinho, en firent les frais. À l’inverse, peu de joueurs parisiens ont eu le don de décevoir, d’exaspérer et de se faire siffler comme les numéros 10. Entre l’élection divine et le sacerdoce.
Alors que le football cessait progressivement d’attribuer au numéro 10 la direction du jeu, par des schémas tactiques qui font de lui un neuf et demie ou un faux ailier, comme on disait jadis, à Paris, on faisait signer Javier Pastore. Neymar à Barcelone brillait sur le flanc gauche. A Paris, il illumine depuis le cœur du jeu. Ce livre est la grande histoire des numéros 10 du Paris Saint-Germain. Multiplier les regards et laisser les cœurs parler.
L'impact des événements sur la passion des supporters
La vie de Léonard bascule à 7 ans, quand, tout seul devant sa télé, il découvre le Paris Saint-Germain le soir du 8 mai 1996 ! Il devient accro, et son père ne tarde pas à les abonner au Parc des Princes. S’en suit un long parcours de supporter, en tribune latérale puis au Virage Auteuil, en famille, en groupes, et en indépendant ! Une cinquantaine de déplacements aussi. Tout change en 2010, le plan Leproux, puis l’arrivée des Qataris. La nouvelle donne ne convient pas à Léonard. Pour lui, le PSG c'était au Parc avec les assoces, sinon rien. Il décide un jour d’arrêter de supporter le Paris Saint-Germain. Mais, il l’affirme sans détour, il ne pourra jamais soutenir une autre équipe.
Kevin Ribeiro a connu le Virage Auteuil avant le plan Leproux, qu’il a vécu comme une énorme injustice et une cassure dans sa vie de supporter du Paris Saint-Germain. Désireux de vivre sa passion à fond, tenace et solidaire, il s’est investi dans le mouvement de contestation initié par les ultras parisiens pour retrouver leurs droits et leur tribune.
Les supporters et le tatouage : Une passion gravée dans la peau

Des supporters du PSG arborent fièrement leurs tatouages.
Un mot, une phrase, un dessin, une fresque : le tatouage a de nombreux adeptes. Se faire graver un message sur la peau est tendance. Des tatoués, il y en a aussi chez les fans du PSG. Beaucoup ont leur club de cœur dans la peau. Certains ont même raconté l'histoire de ce tatouage : "Paris pour la vie", "C'était montrer ma fidélité au PSG. Quand les gens me disent que je suis fou, je réponds que pour moi, c'est comme un chrétien qui se tatoue une croix. Le PSG, c'est ma religion". J'ai aussi voulu un chapelet avec les lettres du club car ma foi, c'est le PSG depuis que je suis petite. L'aile et la plume pour mon joueur préféré : l'aigle des Açores, Pauleta".
Les supporters à l'étranger : L'exemple du PSG Fan Club de Canton
Conseiller des Français établis à Canton, Wuhan et Chengdu, et supporter du Paris Saint Germain (PSG), Sevag Baroudjian fonde en 2014 le PSG Fan Club de Canton - dont il est le Président - afin de permettre à la communauté française de suivre les évènements du club et de promouvoir le football français en Chine. Reconnu officiellement par le club parisien, le PSG Fan Club de Canton rassemble plus de 100 membres actifs et se structure au sein de réseau plus large dans plusieurs grandes villes chinoises.
En tant que président du PSG Supporters Club de Canton, son rôle est de transmettre cette passion que nous avons dans la peau en tant que supporters parisiens. Depuis le début de cette aventure, son objectif a toujours été de faire vivre ici, à Canton, l’esprit du Parc des Princes : cette ferveur, cette fidélité, cette émotion collective qui nous unit. Concrètement, il organise les événements du club, soirées matchs, rassemblements festifs, rencontres avec d’autres supporters, mais aussi toute la communication et la coordination avec le PSG, notamment pour les dotations officielles et la visibilité de nos actions.
Les défis et les controverses
Jean-Pierre Larrue, ancien responsable de la sécurité du Paris Saint-Germain, s’était trouvé au cœur des conflits ayant opposé le clubs et ses associations de supporters, au cours de la saison 2004/2005. Il souhaitait que l’on résilie les abonnements des supporteurs coupables d’infractions constatées par la justice. Il souhaitait sanctionner tous les délits, du cri de singe au salut nazi, en passant par le jet de fumigènes. Il a demandé que la délivrance des cartes d’abonnement se fasse contre présentation d’une carte d’identité. Les supporteurs ont rejeté ses propositions en bloc. À partir de là, la guerre, la vraie, allait commencer.
Les mesures ont été vues comme ultra répressives par les personnes visées : insultes massives de groupes de personnes (voyous, hooligan, racistes) dont le dénominateur de commun est la tribune populaire (il y a moins de 20% des supporters des virages qui sont des ultras, mois de 1% qui sont des hooligans), mesures autoritaristes discriminatoires (demande de présenter une carte d’identité pour l’entrée au stade) et illégales (mesures stoppées dès le début des poursuites judiciaires par un collectif de supporters).
La fermeture des tribunes R1 et R2 a généré ce mécanisme de solidarité des douze mille supporteurs. Des centaines, voire des milliers d’entre eux ont menacé de mettre à feu et à sang les abords du stade pendant le match. Les pouvoirs publics ont reculé, et je les comprends. Qui peut garantir la sécurité quand des centaines de hooligans se déchaînent? Qui peut prendre un risque pareil? Résultat: le match a été annulé. Ils ont pris en otage le PSG.
Boycott du parc des Princes et sevrage
La saison dernière, un appel au boycott du parc des Princes a été suivi par bon nombre de supporters parisiens qui composaient le noyau dur des tribunes Boulogne et Auteuil. Les réactions de certains tiennent du sevrage, « un peu comme un drogué se grattant les veines, métaphorise Youssef, l’un des leaders de la K-soce Team, entité de l’ancien groupe Supras Auteuil. Ça m’est arrivé de recevoir, à minuit, des SMS de bonshommes du groupe, pères de famille, qui me donnaient envie de pleurer tellement le parc leur manquait. » En un an, Bouquin, l’ex-Boulogne Boys, a perdu huit kilos. Viola, lui, a l’impression qu’on lui a « ôté une partie du corps ».
« Une tribune, ce sont des bruits, des odeurs, une chaleur humaine, un angle de vue. C’est une expérience physique du football, centrale dans la vie de ces supporters, analyse le sociologue Nicolas Hourcade. Une part importante de leur identité personnelle s’est construite à travers le groupe et/ou la tribune. Son rapport au club, Jérôme Reijasse le qualifie de quasi religieux : « Le parc était mon temple, un endroit sacré. » Viola, du virage Auteuil, se voit même comme un « moine-soldat », au service du PSG. »
La vie dans les tribunes
Dans les tribunes des stades une foule de passionnés, fans, supporters, lambas, ultras voir hooligans se côtoient. Ils ne vivent pas leur match et leur passion de la même manière. C'est la culture tribune.