Le Super Rugby débute le jeudi 23 février. D'ici là, découvrez les équipes qui participeront à ce championnat. Basée au Cap, dans une ville où il fait bien souvent plus de 25 degrés, la franchise la plus au sud du pays va débarquer avec la ferme intention d’y faire un coup.
La franchise du Cap s'est fait éliminer en quarts de finale sur un score fleuve par les Chiefs (21-60). Troisième au classement général la saison dernière, première de sa poule de conférence, les Stormers avaient jusque là délivré une saison en tout point admirable. Cette année, les Sud-Africains pourraient bien donner du fil à retordre à plus d'un adversaire.
C'est d'ailleurs avec la quasi-totalité de celui-ci que les Sud-Africains avaient remporté l’URC la saison dernière. Manquent seulement à l’appel le jeune et prometteur Evan Roos en numéro 8, le droitier des Springboks Frans Malherbe, ainsi que le 2ème international Marvin Orie et l’ancienne terreur du 7, Seabelo Senatla.
Pour le reste, c’est du (très) costaud qui va se présenter. Et si l’ASM a su faire tomber un Montpellier quelque peu remanié samedi dernier, on jurerait que l’opposition sera d’un tout autre acabit cette fois-ci. Parce que ce n’est pas qu’avec la moitié de leurs forces vives que se déplaceront les coéquipiers de l’ancienne boule de bowling bordelaise Joseph Dweba.
Steven Kitshoff et son assise monstre en mêlée, Ernst Van Rhyn et son abattage à la Rynhardt Elstadt ou Deon Fourie et sa capacité de grattage exceptionnelle seront tous là, devant. Dayimani, ce 3ème ligne qui court aussi vite que Sekou Macalou, également.
Car cette ligne qui a fait vaciller nombre des meilleures provinces celtes depuis son arrivée dans l’URC est réellement détonante. D’abord, Damian Willemse, aligné principalement en 12, offre des options de jeu exceptionnelles à ce poste. Parce qu’il est entouré d’un côté par le dynamiteur et artilleur un peu frêle Mannie Libbok, et de l’autre par l’ancien bulldozer des Blitzboks Ruhan Nel, au centre.
Et si Warrick Gelant a cédé à l’appel du Racing à l’arrière, la relève est annoncée haute en couleur, et incarnée par Bloommetjies, sélectionné par les Springboks XV en novembre. D'autant qu'il est entouré par deux véritables fusées : si Senatla et ses 10,60 sec au 100m ne seront pas dans le 63 dimanche, le déroutant Angelo Davids le sera, tout comme le terrible ailier gauche Leolin Las, véritable déménageur (1m84 pour 98kg) capable pour autant de déposer n'importe qui dans son couloir sur les cannes. Un garçon méconnu, certes, mais qui reste sur 11 essais sur ses 17 derniers matchs avec les Stormers...
Sous la conduite du toujours pénible Eben Etzebeth et de la nouvelle valeur montante du rugby sud-africain Pieter-Steph Du Toit, les Stormers sont plutôt équipés avec les Springboks Damian de Allende, Juan De Jongh, le Blitzbok qui vient du Sevens Seabelo Senatla ou encore le centre Huw Jones, fraîchement appelé avec la sélection écossaise.
La pointe de vitesse de Bryan Habana, l'explosivité et les crochets de Gio Aplon, l'arrière/ailier casqué Cheslin Kolbe va encore une fois mettre à rude épreuve les défenses du Super Rugby. Âgé seulement de 23 ans, ce format de poche (1,71m, 73 kg) est capable d'accélérations déroutantes.
Vendredi soir, les DHL Stormers ont offert une véritable leçon de rugby aux Scarlets (34-0) à Llanelli.
Ici, c'est un stade rudimentaire et pourtant plein de charme planté au pied des montagnes des Hottentots Holland, à une cinquantaine de kilomètres du Cap. Au sud-ouest, la baie False se devine plus qu'elle ne se voit. Trois clubs locaux de rugby se partagent ces terrains, dont le Strand Rugby Club, présidé par Gershwin Leyds, qui y a longtemps été joueur. Aux côtés notamment du père de Damian Willemse.
« Nos deux familles viennent de Strand, récapitule l'ailier rochelais Dillyn Leyds. Mon frère et moi et Damian Willemse et son frère, on a grandi ensemble, autour du même terrain. Quand nos pères jouaient ensemble, on voulait être au plus près d'eux, en ramassant les ballons, en donnant le tee au buteur. »
Son frère, Tristan, précise : « On regardait un peu les matches mais on s'amusait plus qu'autre chose en jouant avec les autres gamins présents. On organisait nos mini-matches, il y avait un peu de compétitions. »
Pour toute une partie de la population locale de cette cité modeste, ce stade et ceux qui l'entourent représentent un centre névralgique. « Notre ville de Strand est construite autour, résume Dillyn Leyds. Il y a tellement de talents en si peu d'espace. » L'histoire de sa famille et de celle des Willemse en est un exemple éclairant.
Ancien cadre des Stormers, Dillyn Leyds (31 ans) compte 10 sélections avec les Springboks et a été sacré double champion d'Europe avec La Rochelle (2022, 2023). Également passé par les Stormers, son frère Tristan évolue actuellement dans l'équipe nationale de rugby à 7. Ramone Samuels a aussi été un joueur professionnel, mais il a dû raccrocher à l'âge de 25 ans en raison d'une blessure. Quant à Damian Willemse, il a déjà remporté deux titres de champion du monde avec les Springboks à l'âge de 25 ans (2019, 2023).
« Je jouais encore aux Stormers quand il y est arrivé, j'étais si heureux, parce que c'est un super mec, se souvient Dillyn Leyds, de six ans son aîné. Il a évidemment grandi pour réaliser des choses fantastiques, en club ou en sélection. Je suis si heureux pour lui. C'est un mec humble, fier, qui sait d'où il vient. »
Si les routes des deux fratries les ont rapidement menés loin de Strand (Dillyn Leyds a quitté à 10 ans la maison familiale pour rejoindre une école privée qui avait repéré ses dons sportifs), le lien entre les deux familles ne s'est jamais rompu. Il est même solidement noué dans leur ville d'origine.
« Nous sommes toujours proches, je suis resté ami avec le père de Damian, j'étais encore chez lui samedi dernier, sourit Gershwin Leyds. Et Ramone est désormais le coach du Strand Rugby Club, dont je suis président. »
Tristan Leyds ajoute : « On a tous quitté le nid, on ne se voit plus si souvent mais on garde le contact, notamment quand on revient à Strand. Et pour le match entre les Stormers et La Rochelle, on sera tous au stade pour voir Dillyn et Damian. »
Les deux amis vont donc se retrouver face à face, au DHL Stadium, comme en décembre dernier (victoire 21-20 des Stormers). « La dernière fois, je l'avais plaqué et il avait commis un en avant, se marre Leyds, aligné à l'aile. Mais c'est normal, c'est ce que mon job réclamait de faire sur le terrain. C'est juste un peu plus bizarre que d'habitude, parce qu'on se connaît depuis toujours. »
Une drôle d'impression partagée par Willemse, qui jouera au centre : « Je suis très excité que Dillyn revienne au Cap, j'ai hâte de le voir. C'est une période étrange, j'ai affronté ici même le week-end dernier Steven Kitshoff (pilier gauche de l'Ulster et de l'Afrique du Sud, également originaire de Strand) et maintenant Dillyn. Il fait partie de nous. »
Rencontre au Cap ce samedi à 14 heures, au DHL stadium. Un club et une ville que Dillyn Leyds connaît bien. L'ailier de La Rochelle y a joué cinq saisons. Entretien avec Dillyn Leyds.
D'y retourner, c'est bien, parce que la dernière fois que j’ai joué pour les Stormers, la saison a été arrêtée à cause du Covid. Donc je n’ai jamais vraiment eu l’occasion de faire un match d’adieu ou quoi que ce soit du genre. Donc y retourner avec mon équipe, avec La Rochelle, aller jouer contre les Stormers, c'est juste une journée vraiment spéciale.
Je n'aurais jamais pensé qu'en venant en France, je jouerai un jour contre les Stormers mais c'est vraiment bien. Je pense que c'est aussi important pour le jeu. Évidemment, depuis que les équipes sud-africaines participent à la Champions Cup la saison dernière, les émotions étaient un peu mitigées et les sentiments différents. Mais vous savez, il est important pour notre jeu, que ce soit un divertissement mondial.
C'est vraiment cool de voir que certains gars, vous savez, qui ne sont jamais allés en Afrique du Sud, ni au Cap, s'y retrouvent un jour. Ce ne sera pas un déplacement à Paris ou dans les Pyrénées. Vous savez, c'est quelque chose d'extrêmement différent. Déjà pour la météo, c'est une période où il peut faire 30°C l'après midi. On peut aller à la plage, je connais quelques bons endroits où nous pouvons aller, et c'est quelque chose de vraiment excitant.
Plus on se rapproche de ce match, plus les garçons en parlent. Cela permet de voir à quel point, ils sont enthousiasmés par l’opportunité de voyager dans un tout nouveau pays et de découvrir un tout autre endroit. Et je suppose que c'est ce qui est génial dans ce jeu. Vous savez, on a cette possibilité de voyager à travers le monde, et çà c'est cool.
Après une défaite à domicile face au Leinster, le Stade Rochelais veut maintenant conserver ses chances de qualification en 8eme de finale dans cette compétition en s'imposant aux Stormers. Rencontre au Cap ce samedi à 14 heures, au DHL stadium.
Après une défaite face au Leinster à domicile, et une autre en Afrique du Sud face aux Stormers, le Stade Rochelais se doit de l'emporter face à Leicester ce dimanche. Une défaite écarterait les maritimes de la course à la qualification pour les 8è de finale.
La compétition, qui reprend ce week-end, intègre 5 formations sud-africaines cette saison. Vainqueur la saison passée, La Rochelle a donc été le dernier vainqueur d’une coupe vraiment européenne. Casse-tête logistique et souci écologique ? Les franchises de la nation arc-en-ciel ont choisi d’intégrer l’URC (United Rugby Championship), le championnat des provinces écossaises, irlandaises, galloises et italiennes, la saison dernière.
Avec succès puisque la finale a opposé deux franchises sud-africaines - Stormers vainqueurs des Bulls - qui se sont ouvert les portes de la Champions Cup. En Champions, trois clubs français joueront en terres sud-africaines : Lyon (Bulls), Bordeaux-Bègles (Sharks) et Clermont (Stormers).
Pour certaines équipes, changer de continent ressemblera à un chemin de croix. Les Stormers quitteront ainsi Le Cap pour Clermont en passant par Istanbul et Lyon avant d’arriver au stade Michelin en train.
Ces longs déplacements aériens, pour les joueurs comme les supporters, ont été critiqués pour leur impact sur l’environnement. L’EPCR dit travailler de son côté pour réduire « au maximum » l’empreinte carbone de ses compétitions. « Comme beaucoup de sports et d’organisations, nous avons un rôle à jouer dans la promotion d’une histoire et d’un tournoi durables.
Au coeur d’une saison à rallonge, certains joueurs ont affiché leur scepticisme lors de l’annonce de l’intégration des franchises sud-africaines. Son homologue du Stade français, Jeremy Ward, né à Port-Elizabeth, est plus enthousiaste. « Ces équipes ne peuvent que nous rendre meilleur et on a tous vraiment hâte », a-t-il assuré. « Ca va être un voyage assez court et on a de la chance qu’il n’y ait pas trop de +jetlag+ : il n’y a qu’une heure de différence.
Battus pour la deuxième fois consécutive par les Sharks, les Stormers inquiètent.
Lors du match de la deuxième journée de l’Investec Champions Cup face à La Rochelle, Sacha Feinberg-Mngomezulu a réalisé une grande performance.
Le Newlands Stadium : Un lieu historique
Bâti en 1888, cette enceinte historique de 50 900 places est une des fiertés du rugby sud-africain. En 1891, les Springboks y ont affronté les Lions Britanniques pour une série de test-matchs. Dans les années 1970 la Fédération sud-africaine de rugby y avait pris ses quartiers.
Agrandi avant la Coupe du monde de rugby en 1995, le Newlands a accueilli le match d'ouverture opposant les Springboks aux champions du monde en titre australiens, les Wallabies (victoire sud-africaine 27-18) . Le Newlands Stadium se trouve au Cap, en Afrique du Sud.
C’est la fédération de rugby locale, la Western Province Rugby and Football Union qui décida de sa construction en 1888. Le premier match officiel qui s’y déroula vit la victoire de Stellenbosch contre les Villagers devant environ 2 400 spectateurs, le 31 mai 1890. Les premières tribunes en ciment datent de 1919 et la grande tribune de 1927.
Dans les années 1970, la fédération sud-africaine de rugby, la South African Rugby Union y prit ses quartiers. Le nom du stade a changé au fil du temps et des sponsors. En 1996, il est devenu le Norwich Park Newlands, puis le Fedsure Park Newlands en 2000, avant d’être rebaptisé Newlands en 2002, le nouveau sponsor, Investec, préférant conserver le nom historique.
C’est donc ce week-end que la fameuse coupe d’Europe qui n’en est plus vraiment une fait son retour. Nouveauté cette année, l’intégration des franchises sud-africaines, qui donnera à la compétition des airs de coupe du monde des clubs. D’ailleurs, certaines équipes françaises auront l’occasion d’être confrontées à celles qui évoluaient encore en Super Rugby il y a quelques saisons, dès les phases de poule.

Récapitulatif des performances des Stormers
| Saison | Compétition | Résultat |
|---|---|---|
| Dernière saison | Super Rugby | Élimination en quarts de finale |
| Saison précédente | Super Rugby | Première de sa poule de conférence |
| 2022-2023 | Champions Cup | Participation |
| 2022-2023 | URC | Vainqueurs |