La saison 2007-2008 du Paris Saint-Germain a été marquée par des contrastes saisissants. Après une saison difficile où le club de la capitale a lutté pour son maintien, les hommes de Paul Le Guen ont connu une nouvelle saison compliquée, émaillée d'affaires, de crises et de défaites. Cependant, cette saison restera dans les mémoires grâce à un parcours exceptionnel en Coupe de la Ligue, ponctué par une victoire finale.

Une Saison de Doutes en Championnat
Paul Le Guen avait déclaré en juin 2007, après une quinzième place en championnat, que « le PSG se devait d’être compétitif la saison suivante ». Cependant, le PSG a surtout flirté avec le bas du classement, étant reléguable pendant 9 journées sur 36, soit 25% du temps. De plus, le club a occupé la position de premier non reléguable (17ème) pendant 7 autres journées. Le meilleur classement des Parisiens a été 12ème, lors de la deuxième et de la 20ème journée.
Le leitmotiv parisien depuis 10 ans est cette quête naïve de la stabilité. En finissant 15è la saison précédente, le président Alain Cayzac choisit de conserver Paul Le Guen aux commandes de l’équipe. Le parcours catastrophique des Parisiens étant imputé aux moustaches de Guy Lacombe, limogées le 15 janvier 2007 avec un bilan médiocre de 20 nuls, 16 défaites pour 18 victoires toutes compétitions confondues. Avec sa double étiquette de triple champion de France avec Lyon et d’ancien de la maison PSG, Le Guen a les coudées franches lors de l’été 2007 afin de rétablir « une équipe à Paris » malgré une enveloppe de 20 millions d’Euros (c’est peu au PSG).
Ce qui ressort de cet été, c’est ce faux air de manque d’attractivité du PSG pour les joueurs bons et connu et l’absence d’un titulaire indiscutable et spécialiste du poste de milieu droit avec les échecs de signature de Sylvain Wiltord et Sidney Govou. La saison s’annonce avec Pierre Alain Frau sur le côté droit. Le grand déprimé qui dépannait déjà la saison passée. Le poste n’est toujours pas pourvu depuis le départ de Fabrice Fiorèse en août 2004.
Surtout les Parisiens n’arrivent pas à gagner au Parc. Paris subit la loi des équipes en forme du moment : Bordeaux (0-2), Rennes (1-3), Lyon (2-3) et Caen (1-0)… Même Toulouse vient gagner au Parc alors que Paris semble aller mieux dans le jeu. Mais à chaque match, une erreur individuelle coûte de précieux points au classement à l’image de Camara et Landreau contre Toulouse ou de Ceara contre Caen.
Il manque de la technicité dans cette équipe, ça manque de vitesse et de lucidité devant le but. Le jeu est stéréotypé, archi dépendant des centres de Rothen. Pauleta ronge son frein sur le banc pour sa dernière saison au club avec Diané et Luyindula qui sont pathétiques devant le but. De temps en temps, Amara Diané bouscule les défenses adverses, mais bon.
Au mois de janvier, Paris s’impose enfin au Parc des Princes, et même deux fois d’affilée sur le score de 3-0 (Lens et Metz). Mais Paris ne vaut plus un rond à l’extérieur avec des défaites à Lorient, Marseille, Bordeaux, Rennes, Lyon, Nancy, Nice et Caen. Paris sombre clairement dans la zone des reléguables et les quolibets bobo et de province sont légions.
Le Triomphe en Coupe de la Ligue
Finale coupe de la ligue,Rc lens Psg
Le grand paradoxe de cette saison aura été le parcours des Parisiens en Coupes, remportant la Coupe de la Ligue (contre Lens 2-1) et allant en finale de la Coupe de France (battu par Lyon 1-0 a.p). Ce qui est énorme avec Paris, c’est que même quand c’est la fête ça ne l’est pas. En remportant la Coupe de la Ligue contre Lens le 29 mars dernier au Stade de France, le PSG devait s’offrir un trophée, un ticket européen et de quoi trouver les ressources morales pour assurer un maintien plus aisé. Faux.
Les solutions de la cellule de recrutement, lol. Pour la modique somme de 6 millions d’euros, le PSG entre dans le livre des plus belles arnaques en recrutant Williamis Souza et surtout Leandro Everton Santos, deux Brésiliens qui viennent respectivement du Sao Paulo FC et des Corinthians. Souza fait illusion lors de la première période de PSG - Le Mans avant de disparaître de la circulation. Everton fait rigoler toute la France du Football (et surtout FF) avant de se péter le pied gauche devant Carquefou : Un joli profile de Ballon de Plomb celui-là…
Ce qui aura marqué bien des observateurs dans la saison du PSG c’est le paradoxe de cette équipe entre le championnat et les coupes. Comment une équipe qui joue le maintien peut-elle s’imposer en Coupe de la Ligue et retourner au Stade de France deux mois plus tard pour la finale de la Coupe de France ? Bah déjà parce que Paris a eu beaucoup de bol aux tirages au sort. Lorient, Montpellier (L2), Valenciennes, Auxerre et Lens pour la coupe machin et Épinal (CFA), Poiré-sur-Vie (CFA2), Bastia (L2), Carquefou (CFA2), Amiens (L2) et Lyon pour la Coupe de France. Néanmoins, ce n’est pas l’équipe du championnat qui joue ces matches. Sakho, Sankharé, Arnaud, Boli, N’goyi… Ce sont les jeunes joueurs qui envoient Paris par deux fois au Stade de France. L’avenir leur appartient de toute évidence.

Le Match de la Finale : PSG 2 - 1 Lens
Respectivement 17 ème et 18 ème avant la rencontre, le RC Lens et le club parisien vivent tous deux une saison tourmentée. Dans ce contexte ultra tendu, une victoire en Coupe de la Ligue assurant une place qualificative en Coupe UEFA aurait pour effet de relancer la machine sur le plan mental en vue d'une fin de saison qui s'annonce sanglante pour les deux clubs.
Dès la 6 ème minute, Amara Diané, côté droit, sert Pedro Pauleta dans l'axe dont la frappe est contrée par Adama Coulibaly. Malgré le manque de concrétisation offensive on perçoit un PSG plus affuté. Malmenés, les Lensois doivent faire face à un premier coup dur suite à la blessure du jeune attaquant Loïc Remy dès la 10 ème minute. 19ème minute, la domination parisienne est logiquement concrétisée. Pedro Pauleta décale Clément Chantôme dont la frappe mole à l'entrée de la surface est contrée par un défenseur lensois. Le buteur portugais bien placé reçoit le cuir dans les pieds et lob Le Crom d'une pichenette audacieuse à l'aveugle dont lui seul a le secret. 1-0.
A 1-0, les joueurs parisiens lâchent du terrain au profit de leurs homologues nordistes. Il faut alors un excellent Mickaël Landreau pour conserver le score. Le portier international malmené depuis quelques semaines est décisif dans les airs à la 25 ème minute face à Toifilou Maoulida. Le portier parisien réitère quelques minutes plus tard par une superbe parade suite une frappe enroulée « Henryesque » du même Maoulida qui allait se nicher droit dans la lucarne gauche.
Il faut encore un grand Mickaël Landreau pour préserver le score aux 47 et 51èmes minutes. Mais le gardien parisien va plier une minute plus tard sur une énième offensive lensoise et devant la frappe pure à raz de terre d'Eric Carrière suite à un beau mouvement avec Maoulida. (1-1). Si la première période était globalement parisienne, la deuxième mi-temps est incontestablement Lensoise. 68 ème minute, les Artésiens manquent de peu de doubler la marque lorsqu'Olivier Monterrubio trouve l'équerre de Mickaël Landreau sur une frappe lourde en pleine course coté gauche.
En fin de rencontre, les franciliens reprennent du poil de la bête. Tout d'abord par Amara Diané dont la frappe est stoppée par Ronan Le Crom (83 ème). On se dirige vers une prolongation qui ne semble arranger aucune des deux équipes en proie au doute en championnat et dont les jambes risquent de peser lourd pour les matches décisifs à venir.
Les lensois tentent le tout pour le tout, et sur une belle frappe de Demont, Mickaël Landreau est obligé de s'employer et de claquer le cuir en six mètres. Petite erreur de jugement de l'arbitre qui ne siffle pas corner. Une faute d'arbitrage qui sera lourde de conséquences pour le club nordiste car sur la contre attaque suivante, Diané lance Luyindula qui devance de justesse Vitorino Hilton. Le combat est âpre entre les deux hommes mais tourne à l'avantage du parisien. Légèrement déséquilibré par le brésilien, Luyindula s'effondre dans la surface. Penalty ! Litigieux certes mais penalty quand même.
Contrairement à toute attente c'est Bernard Mendy qui s'apprête à tirer. Sûr de lui, le défenseur parisien replacé milieu de terrain pour cette fin de saison s'élance, marque un léger temps d'arrêt dans sa course et prend Le Crom à contre pied sur une frappe mole côté droit. (2-1, 92 ème). Monsieur Duhamel siffle le coup de sifflet final quelques secondes plus tard et offre la victoire aux Parisiens. Joie intense pour les hommes de Paul Le Guen à l'image des larmes de Péguy Luyindula.

La Polémique de la Banderole
Cependant, la victoire a été éclipsée par une polémique. La banderole déployée par les Boulogne Boys « Pédophiles, chômeurs, consanguins : Bienvenue chez les ch’tis ! » a suscité une vive indignation et de nombreuses plaintes. Outre les plaintes déposées par le RC Lens, le Conseil Général du Nord, le Paris Saint Germain, la ville de Lens, l'association « Agir Ensemble contre le Chômage » et quelques habitants du Nord-Pas de Calais, ce sont tous les acteurs du monde sportif et politique qui vont s'émouvoir et monter au créneau afin de demander des sanctions exemplaires à l'encontre des auteurs mais aussi du Paris Saint Germain. Paris se retrouve interdit de défendre son titre la saison prochaine. Cet incident a jeté une ombre sur le triomphe parisien et a mis en évidence les problèmes de comportement de certains supporters.
Des Réactions Mitigées
Paul Le Guen (Entraîneur du PSG) : « C'est un titre supplémentaire pour le PSG. La situation en championnat est telle que c'est difficile d'apprécier ce trophée de la même manière que les précédents. Le public était heureux et je suis vraiment content pour tout le club. Je veux que les joueurs restent confiants et qu'ils profitent de cette dynamique de victoire.
Jean-Pierre Papin (Entraîneur de Lens) : « Nous n'avons rien à reprocher aux joueurs, qui ont fait un grand match avec une deuxième période au cours de laquelle on aurait mérité de remporter ce match. Malheureusement, Monsieur Duhamel en a décidé autrement. A la pause, on a dit aux joueurs de continuer de jouer, que ça allait passer. C'est passé et les occasions sont là. C'est à l'image de la saison. Tu n'as pas le petit brin de chance qui fait basculer les choses. Sauf que là, ça n'a pas basculé sur le terrain mais sur une décision d'arbitrage. Monsieur Duhamel a l'air gentil mais il faut qu'il accepte le fait qu'il s'est trompé.
Mamadou Sakho (Défenseur du PSG) : « Je remporte le premier trophée de ma carrière à 18 ans. J'ai la chance de le gagner avec Paris et j'en avais toujours rêvé. Gagner une finale au Stade de France devant ce public, c'est vraiment merveilleux. Nous avons réalisé une bonne première période. En seconde, nous avons baissé de rythme, puis concédés l'égalisation, mais l'essentiel reste la victoire. »
Sylvain Armand (Défenseur du PSG) : « C'était une belle finale, chacun a eu sa mi-temps. Avec un petit coup de pouce du destin, nous nous sommes imposés. C'était important aussi d'éviter les prolongations avant le match de mercredi contre Strasbourg. Il faut se maintenir le plus rapidement. J'espère que cette victoire va nous booster.
Peguy Luyindula (Attaquant du PSG) : « Je ne suis pas là pour dire s'il y avait penalty ou pas. C'est à l'arbitre de juger. Je fais un appel en profondeur, je touche le ballon avant lui (Hilton, NDLR) et je passe devant lui. Après, j'arrive dans la surface et là il y a contact. Quand on est en pleine vitesse, il suffit de pas grand chose pour être destabilisé. Je pense que l'arbitre a eu raison de siffler le penalty.
Tableau des Résultats du PSG en Coupe de la Ligue 2007-2008
| Tour | Adversaire | Résultat |
|---|---|---|
| 32es de finale | SASF Épinal (CFA) | 0-2 |
| 16es de finale | Le Poiré-sur-Vie VF (CFA2) | 1-3 |
| 8es de finale | Paris Saint-Germain - SC de Bastia (Ligue 2) | 2-1 |
| Quarts de finale | USJA Carquefou (CFA 2) | 0-1 |
| Demi-finales | Amiens SC (Ligue 2) | 0-1 |
| Finale | Olympique Lyonnais (Ligue 1) | 1-0 a.p. |
Malgré les difficultés en championnat, le PSG a su se transcender en Coupe de la Ligue, offrant à ses supporters un moment de joie et un trophée bienvenu. Cette saison 2007-2008 restera comme un exemple de paradoxe dans l'histoire du club.