Le rugby, un sport collectif originaire d’Angleterre, continue d'évoluer. Il se développe à la fin du XIXe siècle dans les pays anglo-saxons (Royaume-Uni, Irlande, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande) et en France.
Le but du jeu est simple : marquer le plus de points en aplatissant le ballon dans l’en-but adverse, ce qui donne droit à une transformation, une sorte de pénalty footballistique qui peut rapporter 2 points supplémentaires si le ballon passe entre les poteaux.
Afin d'"améliorer l'expérience" et donner du rythme et de la vitesse au jeu, World Rugby a mis en place quatre nouvelles règles expérimentales qui seront appliquées prochainement aux compétitions européennes et françaises.
Ces règles entreront en vigueur en Top 14 à partir de la 15ᵉ journée, les 25 et 26 janvier, et en Pro D2 à partir de la 18ᵉ journée, les 23 et 24 janvier.
Rythme et vitesse, c'est l'objectif affiché par World Rugby. Ces changements de règles en cours de saison s'explique par la volonté de cohérence avec le Tournoi des Six Nations, qui s'ouvre le 31 janvier avec le match France-Galles, et où les nouvelles directions seront également mises en place.
Dans sa volonté d'accélérer encore et toujours le jeu, la Sanzaar a annoncé d'autres règles mises en place dans ce Rugby Championship, puisque leur expérimentation a aussi été permise par World Rugby.
Comment tire un des meilleurs buteurs du Top14 ? Dans la tête de Zack Henry
Les nouvelles règles expérimentales
Parmi ces nouvelles règles souhaitées par World Rugby, la plus notable est celle du carton rouge allégé: un joueur exclu ne pourrait toujours plus revenir sur la pelouse, mais pourrait être remplacé après 20 minutes, permettant à ses partenaires de ne plus finir la rencontre à 14.
Voici les quatre nouvelles règles expérimentales:
- Une limite de 60 secondes pour taper une transformation, afin de l'aligner sur celle des pénalités.
- Une limite de 30 secondes de préparation pour les touches, comme celle en vigueur pour les mêlées.
- Une touche non contestée peut être jouée, même si le lancer n'est pas droit (qui, avant, donnait lieu à une mêlée).
- Une meilleure protection du demi de mêlée assurée derrière les mêlées, les rucks et les mauls.
World Rugby souhaiterait également limiter à 60 secondes le temps pour taper une transformation après un essai, pour l'aligner sur celui d'une pénalité. L'instance souhaite améliorer les règles de protection des demis de mêlée derrière les rucks, mauls et mêlées, toujours afin de favoriser un jeu «fluide».

Schéma d'un terrain de rugby avec ses différentes zones et lignes
Impact sur les buteurs
C’était une des nouveautés voulues par la LNR en ce début de saison. Plutôt une évolution dans la droite ligne de celles décidées de ces dernières années, avec la volonté affirmée d’accentuer le temps de jeu tout en réduisant celui accordé aux buteurs.
Ainsi, de 90 secondes pour tenter une transformation après validation de l’essai par l’arbitre, le temps imparti aux buteurs a été réduit à 60 secondes, comme sur pénalité.
Parce que désormais, avec seulement soixante secondes pour récupérer leur tee, effectuer leur routine et frapper, les buteurs n’ont plus vraiment le temps de traîner. De quoi en perturber certains, à l’image de l’international sud-africain Curwin Bosch, qui n’a pas encore trouvé le bon rythme depuis son arrivée à Brive.
"Je n’ai pas ma réussite habituelle face aux poteaux depuis mon arrivée en France et si cela ne peut pas être lié à un seul facteur, ce timing plus court pour tenter les transformations est sans doute une des raisons, estimait l’ancien joueur des Sharks. En tant que buteur, on a tous une certaine manière de rentrer dans notre bulle, et le fait de ne laisser qu’une minute pour taper après la validation de l’essai ne laisse au mieux qu’une trentaine de secondes pour préparer son coup de pied.
Je suis en train de travailler là-dessus afin de raccourcir ma routine et gagner en efficacité, ce qui n’est pas si évident quand on a déjà passé dix ans dans le rugby pro.
En Top 14, une seule équipe a vu son pourcentage de réussite sur transformation augmenter par rapport à la saison dernière : le Lou (passé de 78,6 à 83,3 %). Et si l’UBB, Clermont et Castres ont vu leur ratio se maintenir (à 1 et 2 % près), les dix autres équipes ont bel et bien vu leur taux de réussite chuter, spectaculairement même pour les trois meilleures de l’an passé.
Ainsi, La Rochelle est passée d’un incroyable 84,4 % à 53,8, Toulon de 84,3 à 66,7 et Bayonne de 81,3 à 71,4.
Voilà pourquoi, depuis le début de la saison, les équipes rivalisent chaque week-end d’ingéniosité afin de permettre à leurs buteurs de gagner quelques précieuses secondes.
À titre d’exemple, si les voitures télécommandées (généralement vendues à un sponsor) ont été conservées pour emmener le tee sur le terrain au moment de tenter une pénalité, les clubs sont pour la plupart revenus cette saison à des fonctionnements plus classiques en missionnant un soigneur ou un joueur hors groupe dans le rôle de porteur d’eau, pour apporter au galop son outil à son buteur.
En espérant créer des gains marginaux suffisants pour permettre à ces derniers d’accomplir une routine qu’ils ont, à l’image de Bosch, dû alléger. De quoi s’interroger sur le fait qu’à terme, les buteurs "naturels" (à la frappe de footballeur, de l’intérieur du pied) pourraient être avantagés par rapport aux buteurs "travailleurs" (dont la frappe est plus souvent réalisée avec le coup du pied, au prix d’une biomécanique moins spontanée), au nom d’un temps de préparation souvent moins long ?
Tout comme, d’ici là, on devrait bien en savoir plus sur ce qui pourrait se passer dans le cas où un buteur aurait à transformer un essai qu’il aurait lui-même marqué, après un effort intense susceptible de lui avoir fait monter très haut le cardio…
La semaine dernière lors de la réception du Racing 92, Matthieu Jalibert fut ainsi tout proche de laisser son tee à Maxime Lucu, après avoir inscrit un essai à la poursuite d’un petit par-dessus. L’ampleur du score à ce moment précoce du match (31e) avait toutefois, ce jour-là, incité Lucu à refuser de taper, pour laisser ses prérogatives à son numéro 10. Aurait-il effectué le même choix à la dernière minute d’un match serré ?
Autres aspects du jeu de rugby
Le rugby peut sembler complexe à première vue. Entre les règles du hors-jeu, les mêlées, les essais et les touches, il y a de quoi se sentir perdu.
Voici un guide simple avec quelques règles essentielles pour suivre un match de TOP 14 (ou n’importe quel autre) sans décrocher.
- Un match se joue à 15 contre 15.
- Le but est d’aplatir le ballon dans l’en-but.
- Un essai peut être transformé.
- On ne peut pas faire de passe en avant.
- On peut avancer au pied ou en courant.
- Les plaquages sont autorisés, mais réglementés.
- Hors-jeu = interdit de participer à l’action.
- Une mêlée relance le jeu après une faute.
- Une touche relance le jeu quand le ballon sort des limites.
- Pourquoi les règles de rugby changent-elles régulièrement ?
Les règles de rugby évoluent régulièrement, car d’après la World Rugby (l’organisme international qui gère le rugby à XV et le rugby à 7) cela permet aux joueur·ses de « jouer dans l'esprit de Jeu, et de protéger leur intégrité physique ».
World Rugby, les fédérations membres et les compétitions travailleront avec les diffuseurs et les organisateurs de matches pour faire apparaître à l’écran (dans les stades et à la télévision) des shots clocks (chronomètres) pour les pénalités et les transformations afin de s’assurer que les arbitres, les joueurs et les fans puissent voir le compte à rebours.
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