Pro Evolution Soccer 2 : L'Évolution Continue de la Simulation de Football

Rien à faire, Pro Evolution Soccer 2 s'impose comme la nouvelle référence des simulations de football. Konami Computer Entertainment Tokyo ne faillit pas à sa réputation d'excellence, et livre un titre encore plus intéressant, plus profond et plus jouable.

Chaque nouveau volet de Winning Eleven, qu'il soit nommé World Soccer, J.League ou Pro Evolution Soccer, est toujours un événement pour une communauté de fans qui a su reconnaître dans le titre de Konami Computer Entertainment Tokyo tout le perfectionnisme et les petits détails qui font la référence actuelle des simulations de football.

Après un premier volet largement encensé, et un Winning Eleven 6 seul million seller de l'année au Japon pour le moment, les équipes de Shingo "SeaBass" Takatsuka ont donc à nouveau oeuvré pour fournir une nouvelle mouture à l'Europe. Et, quoiqu'en disent les profanes qui n'y ont jamais cru, les changements ne se confinent pas à l'arrivée d'un nouveau sponsor (Vittel rejoint Umbro) ou d'une gestion manuelle du mur sur les coups francs, loin de là.

On passera également sur l'arrivée loupée de Cyril Linette et Rémi Garde aux commentaires (Canal +), qui nous font regretter que Konami n'ait pas pensé à ajouter les commentaires japonais du très mythique Jon Kabira sur le DVD.

Avant toute chose, il faut quasiment diviser les joueurs en deux catégories, sans faire de sectarisme ou quoi que ce soit. Car si les joueurs de Pro Evolution Soccer trouveront ce PES 2 dans la continuité du premier volet, ceux qui jouent à Winning Eleven 6 en version japonaise risquent d'être légèrement décontenancés par un certain "retour en arrière", si j'ose dire.

Car une chose est sûre : comme avec chaque nouvel arrivant dans la petite histoire de Winning Eleven, il va falloir totalement réapprendre à jouer !

Quoi de neuf dans Pro Evolution Soccer 2 ?

En partant du principe que Pro Evolution Soccer 2 est la suite de Pro Evolution Soccer, ce qui est somme toute logique, cette nouvelle version propose tout ce qu'il faut côté réactualisation :

  • les nouvelles équipes qualifiées pour la dernière coupe du monde (Sénégal, Costa Rica, Equateur) sont présentes,
  • les stats de certains joueurs ont été revues à la baisse ou à la hausse et les proportions physiques ont gagné en réalisme (les joueurs sont moins "bouboules" que dans Winning Eleven 6).

Les différents styles capillaires de nos amis les champions sont présents, avec la touffe de Ronaldo (qui conserve sa flèche de forme grisée, hélas), l'iroquoise pour Beckham et la boule à zéro pour Thierry Henry, comme il la porte généralement en début de saison.

Comme dans Winning Eleven 6, Konami a élargi le champ d'horizon européen pour les clubs avec les arrivées de Galatasaray, des Glasgow Rangers ou Hambourg, entre autres. Pas de Lyon au programme, toutefois.

Les noms de joueurs restent fantaisistes pour les pays qui ne sont pas liés à la FIFPRO, et cette version preview nous étonne en affublant tous les joueurs hollandais du patronyme "Orange00x", mais il est possible de charger sa sauvegarde de Pro Evolution Soccer pour conserver les changements de noms que vous aviez effectués sur la première version. Attention classe, qui existait déjà depuis longtemps sur les versions japonaises, cela dit.

Les effectifs des clubs sont désormais limités à 32 joueurs et plus à 24, ce qui permettra d'étoffer sa formation quand le temps de la Master League sera venu.

La Master League Nouvelle Génération

Ceux qui traînent leurs crampons sur les terrains de Winning Eleven 6 le savent sûrement déjà, mais la Master League nouvelle génération s'annonce bien plus intéressante que l'ancienne mouture.

Le nombre d'équipes ayant été revues à la hausse, celle-ci propose trois divisions et non plus deux, et un système de transferts bien plus intéressant.

Il y a même des périodes d'avant-saison qui sont réservées aux transferts, où il est possible d'organiser des matchs amicaux contre n'importe quelle équipe entre deux signatures de contrat.

Désormais, il n'est plus possible d'acheter n'importe quel joueur moyennant la somme d'argent qu'il vaut, puisqu'il faudra penser à lui proposer un salaire attractif sur une période donnée (de 1 à 5 ans), et même payer un surplus au club pour la clause libératoire, avec des suppléments s'il joue dans une division supérieure.

En jonglant avec les arrivées et les départs match après match, tout en gardant un oeil sur l'état de forme des titulaires qui s'estompe au fur et à mesure de la saison - turn-over obligatoire - ce mode Master League s'annonce vraiment profond.

Un mode de difficulté Extreme fait également son apparition pour les acharnés : non seulement le jeu proposera des rencontres au plus haut degré de difficulté (5 étoiles), mais il sauvegardera automatiquement avant et après le match pour ne pas vous donner le droit de tricher, tout forfait (Reset) se soldant par une défaite sur tapis vert. Heureusement que l'ordinateur est relativement moins coriace que par le passé...

Améliorations dans le Gameplay

Passons rapidement sur le mode Entraînement très ludique, avec des mini-épreuves dans l'esprit de Gran Turismo (pour les coups francs, les dribbles, etc), pour nous concentrer sur les petits détails apportés au jeu qui le changent du tout au tout.

Premier élément de cette version preview, la vitesse de jeu a été un peu ralentie comparée à Pro Evolution Soccer et surtout Winning Eleven 6, ce qui fait perdre un peu en intensité, mais gagne beaucoup en finesse au global.

A l'inverse du sixième volet, les joueurs sont davantage espacés sur le terrain et ne se marchent pas dessus, ce qui permet d'alterner assez rapidement phases rapides et phases plus lentes comme dans le vrai football.

Contrairement à Winning Eleven 6 et dans la continuité de Pro Evolution Soccer, la course semi-rapide avec R2 est de nouveau utile, et les joueurs ne se font plus systématiquement rattraper tout de suite à la course quand ils partent en sprint dans l'espace (R1), ce qui est quelque part plus logique.

Côté nouvelles animations, on notera par exemple que Raul embrasse son alliance quand il marque, ou que les joueurs relèvent la tête de dépit quand la balle sort en touche alors qu'ils sont menés au score, comme en vrai ! Le genre de détails qui tuent.

Si ce volet a conservé la rapidité des crochets de Winning Eleven 6 en dribble normal, il en a quand même gommé les relatifs abus puisque la défense a de nouveau l'avantage, ce qui n'était pas toujours le cas avant.

Les joueurs qui passent sans transition de Pro Evolution Soccer à PES 2 seront ravis d'apprendre qu'ils ont désormais trois façons tout aussi efficaces d'éliminer leur adversaire suivant la situation, soit avec la semi-course (R2) ou le sprint (R1) comme dans Pro Evolution Soccer, soit avec le dribble à la croix directionnelle (la petite nouveauté). Le quatrième type de course, très lente (L1), a été abandonné devant le désaveu général.

Concernant le jeu en mouvement, il faudra certainement un petit temps d'adaptation au départ au vu de cette version preview. Winning Eleven 6 avait fait évoluer le jeu à distance dans la bonne direction, mais PES 2, du moins dans cette version preview, semble marquer un petit retour en arrière. Les transversales semblent beaucoup moins efficaces que dans Winning Eleven 6, où tous les joueurs semblaient se muer en Jay-Jay Okocha sur la moindre ouverture. Idem pour le jeu à une touche de balle, beaucoup moins facile à mettre en place.

Le moteur de jeu donne toutefois plus de liberté au moment de suivre une balle, et on n'est plus obligé de rester dans une sorte de "couloir invisible" au moment d'une passe. Avec un effet pervers, puisqu'à force de trop anticiper, on peut louper son intervention voire même être pris à contre-pied, auquel cas le joueur marque un petit temps d'arrêt le temps de se retourner.

Côté jeu de tête, si les joueurs ont tendance à manquer plus fréquemment la balle ou leurs déviations, la puissance qu'ils donnent au ballon lors d'un coup de tête bien placé est en tout point étonnante. Il faudra plus que jamais travailler le timing, semble-t-il.

Côté jeu, on conserve l'essentiel, avec des passes en profondeur globalement plus intelligentes (les joueurs pensent même à mettre des effets), surtout dans l'axe, et des 1-2 qui s'enchaînent très bien, parfois trop même.

L'Intelligence Artificielle du gardien semble avoir été affinée, même si ce n'est pas encore la panacée. S'il devient redoutable sur les frappes croisées, celui-ci semble en revanche bien trop mou sur les tirs rectilignes à ras de terre. Logique certes, mais à ce point-là, c'en devient quand même assez étonnant. Gageons que ce menu défaut sera corrigé dans la version définitive.

Et puis, à la décharge des gardiens, il faut dire que les frappes ont désormais plus de patate, dans l'esprit des ISS Pro Evolution sur PSone. Les lobs restent eux dans l'esprit de PES, c'est-à-dire très délicats, ce qui est compensé par des feintes de frappe bien plus efficaces.

L'Histoire de la Série Pro Evolution Soccer

Série de jeu incontournable pour des jeux vidéo, PES a connu plusieurs phases importantes de sa vie, passant de ISS à ISS Pro, puis PES et maintenant eFootball. Le tout premier jeu de football de Konami n’a rien à voir avec la licence PES puisqu’il se nomme Konami’s Football.

Ce jeu est sorti en 1985 sur MSX, un micro-ordinateur, et a été vite oublié. En 1991, Konami va prendre une nouvelle direction pour se rapprocher de la licence que l’on connaît aujourd’hui avec un autre jeu de football : Konami Hyper Football. Ce jeu est d’ailleurs aujourd’hui considéré comme étant l’ancêtre direct de PES, ou plutôt d’ISS.

Voyant l’engouement du public pour le jeu mais aussi pour le football en général, Konami décide à ce moment-là d’enchaîner sur un nouveau jeu de football qui arrivera en 1995 sous le nom de International Superstar Soccer. Le jeu est alors une révolution se rapprochant au plus de la réalité à sa sortie.

Cependant, malgré la rapidité de l’éditeur japonais, ce dernier va arriver en retard sur le marché, juste derrière un nouveau concurrent : Electronic Arts et sa série de jeux FIFA.

Lorsque Konami lance sa licence de football en 1994, le nom du jeu est alors International Superstar Soccer (ISS). Cependant à cette époque, les rivalités entre les différents constructeurs étaient présentes et encore plus entre Nintendo et PlayStation à la suite d’une trahison sur un projet commun.

L’année 1997 voit donc débuter une seconde série en parallèle de International Superstar Soccer : International Superstar Soccer Pro. Cette similitude ne s’arrête pas qu’aux noms des jeux, puisqu’elle s’étendra à l’entièreté des jeux.

En effet, les jeux sont presque les mêmes, proposant le même contenu tout en étant développés par les mêmes studios de Konami.

L’arrivée de Microsoft dans la course avec la première Xbox va changer les choses. En effet, avec deux consoles et deux noms les choses étaient faciles. Mais avec 3 consoles et seulement deux noms, que faire ? Créer une nouvelle série de jeux spécialement pour Xbox ? Rattacher Xbox à une console ? Konami a donc décidé de choisir une troisième option : rassembler les deux licences sous un même nom et ainsi créer Pro Evolution Soccer, soit PES.

Le premier jeu sous le nom de PES arrive donc sur nos consoles en 2001, et uniquement sur PlayStation et PlayStation 2. Pourquoi pas de console Nintendo immédiatement ? Cependant, lors de la fin d’ISS et donc du passage de la GameCube vers la licence PES, cela ne s’est pas fait.

Pourquoi ? Tout d’abord, on peut soupçonner le manque de puissance de la console. L’absence de connexion internet de la GameCube à un moment où la mode était le jeu en ligne n’a pas aidé non plus. L’aspect simulation de PES colle moins à Nintendo qu’aux autres consoles. Le cumul de ces trois raisons a écarté Nintendo de la course jusque 2006 avec une version DS du jeu, puis le retour des consoles de salon de Nintendo avec l’arrivée de la Wii.

En parallèle de cette relation entre Konami et Nintendo, les jeux PES évoluent avec les consoles de Microsoft et Sony, jusqu’à arriver au jeu eFootball PES 2020 en 2019.

Si l’abréviation PES coule de source, le terme eFootball est beaucoup moins évident, mais ne choque pas particulièrement les joueurs. L’année 2020 fera se poser des questions aux joueurs de la licence, puisqu’au lieu d’avoir un nouveau jeu habituel, Konami va proposer une grosse mise à jour pour son opus de 2019.

Cela sonne-t-il la fin de la licence ? Et est-ce une tentative de ramasser un dernier billet avant de sortir de l’arène ? La réponse est NON ! eFootball est donc le dernier projet en date en ce qui concerne les jeux de foot de Konami, et il semblerait qu’il le reste encore pour un moment puisque ce jeu est un jeu unique, avec des mises à jour au fil du temps, permettant ainsi de ne pas contraindre les joueurs à acheter un jeu tous les ans.

La DÉCHÉANCE de "PES" PRO EVOLUTION SOCCER (1995 - 2024)

La Bataille PES vs. FIFA

Quiconque s’intéresse à l’univers des jeux vidéo connaît la rivalité entre les géants PES et FIFA. À l’arrivée de PES sur le marché vidéoludique, le premier jeu FIFA, de son vrai nom FIFA International Soccer, a déjà beaucoup fait parler de lui et a réussi à conquérir un grand nombre de joueurs.

Tous les éditeurs veulent donc surfer sur cette vague des jeux de football, d’autant plus que l’année d’après, en 1994, une nouvelle édition de la Coupe du monde arrive. Mais le jeu qui nous intéresse cette année-là, c’est International Soccer Superstar (il n’arrivera qu’en début d’année 1995 en Europe).

Avec 6 modes de jeu dès le premier opus, International Superstar Soccer (ISS) se démarque par une diversité de gameplay qui, ajoutée aux mécaniques réalistes pour l’époque (mouvement des joueurs, contrôle de la balle, passe aérienne…), a permis au jeu de se positionner en tant que concurrent principal de FIFA.

Par la suite, on peut diviser la guerre FIFA vs. Au début de cette rivalité, les consoles à la mode étaient la Mega Drive et la Super NES (remplacée ensuite par la Nintendo 64) puis sur la PlayStation.

En effet, alors que PES se perfectionnait de plus en plus, notamment en améliorant son système de jeu, FIFA s’occupait d’obtenir différentes franchises auprès de la FIFA (la fédération de football cette fois-ci), et les grosses nouveautés du jeu d’EA reposaient sur le fait que certaines ligues et compétitions officielles étaient présentent, ainsi que le nom de certains joueurs dans FIFA Soccer 96.

Avec l’arrivée de la PlayStation 2 et la Xbox en 2000 et 2001 respectivement, c’est le début de la 3D dans les jeux vidéo, les jeux de football ne faisant pas exception. Avec les derniers jeux sur cette génération de consoles que sont PES 6 et FIFA 07, tous deux sortis en 2006, Konami et EA creusent chacun l’écart.

C’est avec l’arrivée de la PS3 et de la Xbox 360 que FIFA va revenir sur le devant de la scène. Alors que PES ne va pas arriver à suivre l’accélération de la technologie et tente alors de rattraper son retard, FIFA va avancer rapidement afin de semer son adversaire.

Dans les années 2010, les choses vont vraiment mal tourner pour PES. En 2013, il est à la deuxième place, devancé de loin par GTA V. Cependant, la licence GTA de RockStar Games ne propose pas un jeu tous les ans, et une autoroute se dessine devant le jeu d’EA pour devenir le jeu vidéo le plus vendu de l’année 2014, et cela n’a pas loupé.

Pendant ce temps, du côté de PES, ce n’est pas la joie. À partir de la génération de la PS4 et la Xbox One, PES n’a jamais réussi à se relever. Après de nombreuses années difficiles, Konami a donc décidé de tenter le tout pour le tout en proposant un nouveau jeu, accompagné d’un nouveau système économique, et cela dès l’année 2021.

Le projet de Konami s’appelle eFootball, et il s’agit du successeur de PES. Free-to-play, le jeu sera unique et ne ressortira donc pas chaque année, une grosse mise à jour sera disponible à la place. Ainsi, chaque centime dépensé dans le jeu sera gardé d’une année sur l’autre ! Niveau timing, il faut dire que Konami a bien choisi son moment, puisque 1 an après la sortie d’eFootball, FIFA changera de nom, ce qui pourrait bouleverser l’écosystème des jeux de football !

Conclusion

Comme tous les grands crus, le nouveau volet de la série Pro Evolution Soccer (Winning Eleven) débarque dans une effervescence qui est la marque des puissants. Et cela fait longtemps qu'une communauté de fans, oenologues en diable, a su déceler dans le titre de Konami Computer Entertainment Tokyo tout le perfectionnisme et ces petits détails qui donnent la sensation de vivre le football de l'intérieur, et de mieux le comprendre aussi.

Il est clair que Pro Evolution Soccer 2 est bien plus qu'une simple mise à jour. C'est une évolution significative qui consolide sa place en tant que référence dans le monde des simulations de football.

Tableau Comparatif : PES 2 vs. Winning Eleven 6

Caractéristique Pro Evolution Soccer 2 Winning Eleven 6
Vitesse de Jeu Légèrement ralentie Plus rapide
Espace entre les joueurs Davantage espacés Moins espacés
Efficacité des transversales Moins efficaces Plus efficaces
Nombre de divisions en Master League 3 2
Nombre de joueurs dans l'équipe 32 24

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