Match Retour : Une Critique Nostalgique du Film avec Stallone et De Niro

On n’attendait rien de Match Retour, comédie nostalgique réunissant Sylvester Stallone et Robert De Niro, montrée à la presse quelques heures à peine avant sa sortie. À l’annonce du projet, beaucoup ont pris ce dernier comme une immense blague. En même temps, on nous vendait la rencontre improbable entre deux boxeurs cultes du cinéma que sont Rocky Balboa (la saga Rocky) et Jake LaMotta (personnalité bien réelle qui a eu droit à son biopic avec Raging Bull, réalisé par Martin Scorsese), interprétés qui plus est part leur comédien respectif (Sylvester Stallone et Robert De Niro).

L’improbable réunion des interprètes de Rocky et Raging Bull s’annonçait comme une énième pantalonnade régressive, calibrée pour capitaliser sur le come-back en demi-teinte des anciens rois d’Hollywood. Et il faut bien avouer qu’au final, voir un combat opposant Sly à De Niro pouvait être la curiosité amusante du moment, si l’on voyait cette rencontre comme l’équivalent d’Expendables pour un film de boxe.


Affiche du film Match Retour

Une Réalisation Décevante

Si le miracle se produit, ce n’est pas grâce au réalisateur Peter Segal, qui fait preuve ici d’une indigence spectaculaire. Sautes d’axe, plans décadrés n’importe comment, mise au point aléatoire… le film est un florilège d’erreurs techniques indignes de tout technicien qui se respecte, que ne parvient pas à masquer une photographie joliment âpre. Rappelons que Match Retour est réalisé par Peter Segal, qui s’est fait connaître par la comédie et dont la filmographie ne jure plus que par ce genre.

Il n’est donc pas le cinéaste idéal pour filmer et donner de la puissance à un combat (même s’il avait déjà montré l’énergie de sa mise en scène avec les scènes d’action de Max la Menace). Résultat : nous avons affaire à la rencontre la plus molle jamais réalisée pour un film de boxe. Avec une caméra qui reste plantée là, scrutant les deux combattants qui, eux, semblent se démener un peu.

Une séquence qui doit se contenter, du coup, du travail au montage (ralentis, découpages des séquences…) pour donner un semblant de peps qui, bien entendu, ne se fait jamais ressentir.

Les Performances des Acteurs

Au moins le metteur en scène peut-il bénir l’abattage de Kevin Hart, insupportable acouphène humain dont l’irritante composition de proto-Eddy Murphy sous kétamine distrait souvent le spectateur des aberrations visuelles de Match Retour. Malgré ces deux tares conséquentes, le métrage demeure singulièrement plaisant.

On ne sera pas étonné par la composition ouvrière de Stallone, toujours aussi crédible en gueule cassée de la working class, dont la silhouette se découpant en contre-jour dans une aciérie suffit à nous tirer une larme. La véritable surprise est ici Robert De Niro, dont nous critiquions durement la récente déchéance et qui fait preuve d’un engagement remarquable.

Comme dynamisé par l’envie de tenir tête à Sylvester Stallone, De Niro déploie une nouvelle fois le charisme prédateur qui fit sa marque et parvient lors d’un gros plan mémorable à insuffler au métrage une énergie dramatique véritable. La légende n’est donc pas morte et s’avère encore capable de monter sur le ring. On n’y croyait plus et on est sacrément ravis d’avoir tort.

Un Scénario qui Rit Avec Ses Personnages

Avouons que De Niro et Sly doivent beaucoup à un script qui plutôt que de rire de ses personnages, décide de rire avec eux. Car l’humour déployé n’est pas tant celui d’une génération cynique venue observer deux vieilles badernes sur le retour que celui des dinosaures en question, ravi de se brocarder, de jouer de leur statut d’ex-alpha-mâles, de mettre en scène leurs frustrations et de moquer leur propre appât du gain. Il s'en faut finalement de peu pour que Match Retour séduise plutôt qu'il ne repousse et cette infime différence tient au charme qui se dégage de l'ensemble.

Comme toute alchimie, son équilibre demeure mystérieux et l'on en mesure plus aisément la réussite que la composition. Ce qui aurait été génial avec Match Retour, c’est que le film aurait dû s’arrêter à un tel synopsis. Qu’il ne cherche pas à le développer. Car honnêtement, le long-métrage aurait très bien pu être une comédie diablement orgasmique, surtout avec ces deux têtes d’affiches.

En jouant à fond la carte de la parodie et des vannes sur la vieillesse. Surtout qu’avec des références comme Rocky et Raging Bull, le festival de clins d’oeil se devaient d’être au rendez-vous. De cela, nous en avons via des situations scénaristiques (Stallone voulant boxer de la bidoche dans un abattoir, De Niro sortant son mythique « You talkin’ to me »…) et des détails visuels (des photos extraites des films d’origine).

Les Faiblesses du Film

La faute notamment à avoir voulu dramatiser l’ensemble. En donnant une histoire aux deux boxeurs via l’intervention d’un personnage féminin dont, au final, on se serait bien passé. La raison de la mésentente entre les deux combattants : l’un ayant couché avec la femme de l’autre, en lui donnant par la même occasion un enfant.

Faisant dériver le scénario sur différentes trames mille fois vues et qui se montrent inutiles : le fils rencontrant son père pour la première fois depuis sa naissance, le fait qu’un personnage se rapproche de son ex et qu’il en est toujours amoureux… Tout un tas de clichés et de personnages caricaturaux (surtout celui du jeune manager, un Noir surexcité comme Hollywood nous livre à chaque fois).

Cette dramatisation permet néanmoins de s’attacher un minimum aux protagonistes, ce qui est déjà ça. Mais face à ce que pouvait promettre le projet, il est décevant de voir que celui-ci se prend beaucoup trop au sérieux.

Match retour (2014) - extrait

Un Film Sympathique Malgré Tout

Mais au final, il ne faut pas se montrer aussi sévère avec Match Retour, le film se laissant regarder sans déplaisir. Ce dernier propose une brochette d’anciens acteurs qu’il est plaisant de retrouver aux côtés de nouveaux qui s’en sortent tranquillement (Kim Basinger, Alan Arkin, Kevin Hart, Jon Bernthal).

L’histoire, qui ne sort nullement de l’ordinaire, se suit sans difficulté. Quelques passages comiques sont là pour redonner le sourire. En réalité, Match Retour est un long-métrage sympathique, qui amuse. Mais en étant qu’une simple comédie dramatique sportive, le film passe à côté de la parodie hilarante à tendance nostalgique qu’il aurait pu être.

Synopsis

Henry « Razor » Sharp (Sylvester Stallone) et Billy « the Kid » McDonnen (Robert De Niro) sont deux anciens boxeurs qui se sont affrontés lors de deux matchs, chacun en ayant remporté un. Mais la retraite anticipée de Razor empêcha l’occasion de faire la belle. Trente ans plus tard, bien qu’ayant continué sur des voies différentes, ils vont être à nouveau réunis à l’occasion de la réalisation d’un jeu vidéo.

Ce qui aura comme conséquence l’organisation d’une véritable rencontre, qui pourra enfin les départager. Mais l’entente entre les deux hommes est toujours aussi tendue.


Scène du combat final dans Match Retour

Tableau Récapitulatif

Aspect Description
Réalisation Indigence spectaculaire, erreurs techniques
Acteurs Stallone crédible, De Niro surprenant
Scénario Rire avec les personnages, mais dramatisation inutile
Global Sympathique, mais manque le potentiel de parodie

tags: #match #retour #stallone