Le Canal Football Club (CFC) est une émission phare pour les amateurs de football en France. Au fil des années, plusieurs femmes talentueuses ont marqué cette émission en tant que présentatrices et chroniqueuses. Cet article explore l'évolution de ces figures féminines, leurs défis et leur impact sur le monde du football.

Les Pionnières et Leur Impact
À l'été 2008, Cyril Linette succède à Alexandre Bompard au poste de directeur des sports de Canal+ et hérite du dossier du lancement du futur Canal Football Club. Isabelle Moreau, présentée comme la coanimatrice du show de la Ligue 1, s'est donc retrouvée en studio, le 31 août 2008, aux côtés d'Hervé Mathoux, Guy Roux, Didier Deschamps, Olivier Rouyer et du premier invité de l'émission, Charles Villeneuve, alors président du PSG. Isabelle Moreau et Hervé Mathoux ont été parmi les premiers visages de l'émission. Moreau se souvient de la difficulté à s'imposer face à des personnalités roulant facilement des mécaniques, malgré sa relative expérience, notamment à L'Équipe TV et Infosport.
Elle précise : « Je ne me rendais pas compte de l'impact que je pouvais avoir à travers cette émission. Souvent, c'était peut-être un défaut de jeunesse, je me disais qu'Untel était mieux placé que moi pour prendre la parole. On retrouve de moins en moins ce défaut chez les femmes dans les émissions de sport. J'étais un peu trop modeste, j'ai eu parfois du mal à exister. »
Astrid Bard : Une Présence Remarquée
Astrid Bard a accompagné Hervé Mathoux entre 2011 et 2013. Elle avait couvert pour la chaîne cryptée les Jeux Olympiques de Rio en 2016, notamment. Présentatrice du Late Rugby Club depuis 2020 sur la chaîne Canal+ Sport, Astrid Bard présentait donc le Canal Sports Club à compter du 13 mars 2021.
Débarquée après huit ans de radio sur Europe 1, Bard en avait même fait son unique frayeur à l'été 2011 : « C'était ma seule peur au début, celle de ne plus être jugée uniquement sur mon travail mais aussi sur mon physique. En télé, tu as souvent l'image avant le son... Finalement, ça s'est super bien passé. »
Bard, arrivée après huit ans de reportages sur Europe 1, s'affirme tout de suite beaucoup plus. Elle a couvert la guerre en Irak, les présidentielles de Nicolas Sarkozy et de Barack Obama, elle en a vu d'autres. « Je n'étais pas la petite nénette blonde qui sortait d'école et qu'on avait posée là, rappelle-t-elle. Je ne me suis jamais sentie brimée. J'ai juste dit une fois à Pierre (Ménès) : laisse-moi finir ma phrase s'il te plaît, ce sera plus sympa ! Mais je n'ai eu besoin de lui dire qu'une fois. »
Nathalie Iannetta et Marie Portolano
Nathalie Iannetta, qui apparaissait pour la page Ligue des champions durant l'émission, s'est aussi installée dans le fauteuil le temps d'une saison. Quant à Portolano, son ton léger et décalé séduisent rapidement l'auditoire, tout comme son état du moment. « J'étais enceinte de cinq mois, sourit-elle. Ils faisaient très attention à moi, à me protéger. Ils étaient tous bienveillants. »
Marie Portolano sur le plateau du CFC avec Pierre Ménès et Hervé Mathoux, a réalisé le documentaire « Je ne suis pas une salope » avant de quitter Canal+.
Malgré les sourires de façade, les dernières révélations de Marie Portolano, dans le documentaire « Je ne suis pas une salope », jettent toutefois une lumière crue sur les pratiques sexistes qui peuvent encore exister dans le milieu du foot, et du journalisme sportif : « J'avais envie qu'on comprenne le malaise que beaucoup de journalistes femmes pouvaient ressentir. Quand j'écrivais le doc et que je réalisais les interviews, je n'en dormais pas la nuit. »
Le documentaire choc sur les femmes journalistes de sport - C à Vous - 22/03/2021
Laure Boulleau : De Joueuse à Consultante
Née le 22 octobre 1986 à Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme, Laure Pascale Claire Boulleau est une ancienne footballeuse internationale française, évoluant précisément au poste d’arrière latérale gauche, désormais reconvertie en consultante sportive pour le groupe Canal+. Laure Boulleau, ancienne latérale gauche des Bleues, s'est reconvertie en devenant consultante sur Canal +.

C'est dès le collège que son talent pour le football se fait connaître. Alors qu'elle joue dans la cour de son collège, un des surveillants de l'établissement - également entraineur du club FC Riomois - remarque sa maîtrise du ballon rond. Elle intègre alors pendant quelques mois le club, début 2001, dans l'équipe masculines des moins de 13 ans en DH (le plus haut niveau régional). Elle rejoint ensuite les clubs auvergnats du Nord Allier Yzeure et de l'Entente Saint-Maurice Yssingeaux. C'est en évoluant dans ces clubs que la jeune femme va se faire repérer : l'occasion pour elle d'atteindre les sommets.
Recrue de l'équipe d'Auvergne, c'est lors de la coupe nationale 2003 que Laure Boulleau se fait repérer par les observateurs du CNFE Clairefontaine (Centre national du football). Remise sur pied, elle dispute avec l'équipe de France de la catégorie, le championnat d'Europe des moins de 19 ans en 2004. Pendant cette compétition, Laure Boulleau se distingue de ses pairs, en inscrivant un but lors de la première rencontre du championnat, face à l'Argentine.
En 2018, la jeune femme décide de se reconvertir dans un milieu qu'elle connaît bien : le football. Elle devient consultante pour la chaîne Canal+. Elle participe notamment au Canal Football Club, dont elle devient la seule figure féminine. Elle commente particulièrement les matchs de D1 féminine. Au Paris Saint-Germain, forte de ses compétences et de son savoir, elle devient coordinatrice sportive de l'équipe féminine : un poste créé spécialement pour elle et qui ressemble trait pour trait à celui qu'a occupé Maxwell au sein du club de la capitale, un joueur phare du début de l'ère qatari. En novembre 2020, la jeune femme annonce son renouvellement chez Canal+.
Consciente néanmoins d'avoir bénéficié de son statut de femme et d'ancienne internationale pour arriver « simplement plus vite » au coeur de l'émission à l'été 2018, Boulleau reconnaît avoir dû travailler plusieurs éléments pour s'épanouir. « Surtout la gestion du stress, explique-t-elle. J'ai appris à corriger la nervosité de mes mains, l'attaque de mes phrases pour ne pas me faire couper la parole ou encore à éviter de froncer les sourcils quand je me concentre. Le contenu était là dès le début, notamment grâce à mon passé de joueuse, mais la forme pouvait fausser tout le reste. Il m'a fallu au moins trois mois... »
Aujourd'hui, Boulleau ne veut même pas savoir ce qu'il se dit d'elle sur Internet. « Avant d'arrêter le foot, j'avais reçu quelques messages très violents, on est même allé jusqu'à souhaiter ma mort, raconte-t-elle avec émotion. Donc je préfère ne rien lire pour éviter d'être affectée et cela marche vraiment bien. »
Défis et Évolution des Rôles
Présentatrice des invités ou des statistiques, relais des réseaux sociaux, intervieweuse, reporter ou chroniqueuse, les « filles du CFC » ont changé d'attribution au gré des saisons et des profils. Et pour trouver la bonne place et le bon ton, certaines ont eu plus ou moins de mal à entrer dans le moule depuis douze ans.
« Parce que le plateau du CFC est compliqué, confirme Mathoux, seul élément indéboulonnable de l'émission depuis sa création. Il y a beaucoup de rythme, peu de temps, il faut trouver de l'espace. Cela joue très vite, à petites touches. Laure, par exemple, a dû trouver sa place. Mais cela n'est pas lié à son sexe ; simplement, elle découvrait la télé. »
Le foot s'est démocratisé de différentes manières, notamment grâce à la Coupe du Monde 98 qui a fédéré comme jamais, suscitant un intérêt certain de la part de toutes les générations et des deux sexes. Ce phénomène s'illustre côté médias, avec des journalistes sportives passionnées qui deviennent les nouveaux visages adorés des footeux. Les médias semblent l'avoir entendue, car à la télévision, les femmes sont au pouvoir, elles s'y connaissent et le prouvent.
Seules ou en binôme en compagnie de têtes d'affiches reconnues, les femmes qui font le foot ont connu un vrai tournant pendant l'euro 2016 puisqu'elles étaient partout. Charlotte Namura officiait aux côtés de Denis Brogniart, Franck Lebœuf et Youri Djorkaeff sur TF1 et brille toujours dans Telefoot, quand Marie Portolano officiait à la présentation avec Hervé Mathoux dans le Canal Football Club sur Canal +.
Voici un tableau récapitulatif des principales présentatrices du Canal Football Club :
| Nom | Période d'activité au CFC | Autres rôles |
|---|---|---|
| Isabelle Moreau | 2008-2011 | Animatrice à L'Équipe TV et Infosport |
| Astrid Bard | 2011-2013 | Présentatrice du Late Rugby Club |
| Nathalie Iannetta | 2013-2014 | Journaliste sportive à Canal+ |
| Marie Portolano | 2014-2018 | Présentatrice et réalisatrice de documentaires |
| Laure Boulleau | 2018-Présent | Consultante sportive et coordinatrice sportive au PSG féminin |

Les Défis Persistants
Sauf qu'un autre monde, celui des réseaux sociaux, a ciblé sans vergogne chacune des femmes du CFC. « Au début, c'était compliqué, violent, j'étais la potiche du CFC, raconte Portolano. C'est l'histoire de la vie des femmes dans le sport à la télé. J'ai fait avec. » Moreau, elle, n'a pas eu le choix. En pleine explosion des réseaux sociaux, son rôle dans l'émission l'obligera un moment à relayer le comportement du monde du foot sur ces nouveaux outils de communication.
« Cela m'a vaccinée, raconte-t-elle. J'y participe très peu aujourd'hui et je crois que c'est un traumatisme de l'époque du CFC. J'ai très mal vécu certaines choses. Par définition, une fille qui parlait de foot était forcément une fille facile, qui avait couché pour y arriver. Je trouvais cela tellement dégueulasse... Il n'était jamais question de mon CV, de mes études, du boulot que j'avais fourni avant. »
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