Fermetures en Série dans le Centre-Ville de Saint-Étienne : Un Crève-Cœur Commercial

Le cœur commerçant de Saint-Étienne, autrefois dynamique, traverse une période difficile marquée par la fermeture de plusieurs enseignes nationales. Entre la place du Peuple et la place de l’Hôtel-de-Ville, des boutiques baissent le rideau, laissant derrière elles des employés désabusés et des clients inquiets.

Place de l'Hôtel-de-Ville à Saint-Étienne

Kookaï : Une Fermeture Symptomatique

L’enseigne de prêt-à-porter féminin Kookaï, présente aux Ursules depuis 2006, fermera définitivement ses portes d’ici quelques semaines, a priori le 3 avril. « Pourquoi on ferme ? Tout simplement parce qu’on ne travaille plus ! De toute façon, quel commerce travaille encore aujourd’hui à Saint-Étienne ? » s'interroge une vendeuse amère. Une grande opération de liquidation a commencé le 3 février, attirant temporairement une clientèle avide de bonnes affaires.

Cependant, le contexte local n’est peut-être pas seul à mettre en cause dans cette fermeture. L’enseigne avait été placée en redressement judiciaire en février 2023, avant d’être rachetée en novembre de la même année par le groupe Antonelle-Un jour ailleurs. Plusieurs boutiques en France avaient alors disparu. Celle de Saint-Étienne aura donc connu un sursis d’un peu plus de deux ans.

Un Effet Domino de Fermetures

Avant Kookaï début avril, trois autres enseignes nationales vont fermer leurs portes dans ce qui est (était ?) pourtant le cœur commerçant de Saint-Étienne. On savait depuis déjà plusieurs mois que la boutique de la rue du Général-Foy devait fermer ses portes en mars.

  • Pimkie : Cette autre enseigne de prêt-à-porter féminin, elle aussi en difficulté au niveau national, fermera ses portes le samedi 21 au soir. « On va tout liquider à - 50 % à partir du 4 mars », annoncent les deux salariées, dépitées.
  • Kusmi Tea : La boutique de thés, présente depuis 2016, fermera également le 21 mars. L’unique salariée évoque « une hausse du loyer », mais aussi et surtout « une baisse de trafic et de chiffre d’affaires depuis 2024 ».
  • Jules : La boutique de vêtements pour hommes, place de l’Hôtel-de-Ville, mettra la clé sous la porte le 21 mars.

Ces fermetures simultanées témoignent d'une tendance inquiétante pour le centre-ville de Saint-Étienne. « Ça se dégrade petit à petit, il y a beaucoup de gens qui ne viennent plus dans le centre-ville de Saint-Étienne », constate tristement la salariée de Kusmi Tea.

Les Causes : Entre Difficultés Nationales et Contexte Local

Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer cette crise commerciale :

  • Difficultés financières des enseignes : Le redressement judiciaire de Kookaï et les difficultés nationales de Pimkie illustrent les défis auxquels sont confrontées certaines marques.
  • Hausse des loyers : La salariée de Kusmi Tea évoque cette problématique comme un facteur aggravant.
  • Baisse du trafic et du chiffre d’affaires : Ce constat est partagé par de nombreux commerçants, qui pointent du doigt une désaffection du centre-ville.
  • Concurrence des zones commerciales périphériques : Certains estiment que le développement de zones comme Steel a contribué à vider le centre-ville de ses clients. « Les élus ont tué le centre-ville avec Steel. C’était un choix… Il faut être réaliste, tout se passe là-bas maintenant pour le commerce », déplore une employée.

Zone commerciale Steel à Saint-Étienne

Des Initiatives Locales pour le Recyclage et la Sensibilisation

Face à ces défis, des initiatives locales émergent pour promouvoir le recyclage et sensibiliser aux effets négatifs de la fast fashion. Le lycée Eugénie-Joubert a lancé une collecte de vêtements « en excellent état » en prévision d’une braderie à l’hôpital Jacques-Barrot.

Plusieurs centaines d’habits ont été déposées à l’accueil de l’établissement scolaire. Les élèves de terminale professionnelle services aux personnes et animation sont en charge de l’opération Brad’Yssi. Ce projet vise plusieurs objectifs : « créer du lien intergénérationnel, participer à l’achat d’une borne musicale Mélo et sensibiliser au recyclage des vêtements », explique l’enseignante, Émilie Moulin Faure.

Les jeunes travaillent en lien avec les résidents à travers différentes actions : le tri, le recyclage des vêtements invendables et la vente. « Nous avons récupéré les boutons et nous allons fabriquer des porte-clés et des broches à l’hôpital dans le cadre d’ateliers intergénérationnels. Ils seront exposés pendant la braderie », explique Candice, une autre lycéenne.

Un défilé avec des vêtements récupérés a également été organisé à l’hôpital, et les élèves ont sensibilisé les plus jeunes aux effets négatifs de la fast fashion. Les articles seront proposés entre 1 et 10 euros.

"Il n'y a que des magasins fermés" : ces commerçants se mobilisent pour sauver leur centre-ville

Tableau Récapitulatif des Fermetures

Enseigne Date de Fermeture Prévue Motifs
Kookaï 3 avril Difficultés financières, baisse du chiffre d'affaires
Pimkie 21 mars Difficultés financières nationales
Kusmi Tea 21 mars Hausse du loyer, baisse du trafic
Jules 21 mars Non spécifié

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