France-Italie : Une rivalité historique au sommet du football

L'histoire des confrontations entre la France et l'Italie en football est jalonnée de matchs amicaux, de compétitions majeures telles que la Coupe du Monde et l'Euro, et de moments inoubliables. Ces rencontres ont souvent été le théâtre d'exploits individuels, de retournements de situation et d'émotions fortes.

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Des débuts difficiles pour les Bleus

Longtemps pour l’équipe de France, aller jouer en Italie a ressemblé à un calvaire : entre 1910 et 1962, les Bleus ont disputé 14 matchs et en ont perdu… 13. La seule exception est le 4-3 de 1912 avec un triplé d’Eugène Maës, le seul signé par un joueur français contre l’Italie.

France - Italie, 5 décembre 1937 (Match Amical)

Ce match amical, disputé le 5 décembre 1937, a vu l'Italie s'imposer avec des buts de Gino Colaussi (9e) et Silvio Piola (52e, 72e). Oscar Heisserer a marqué pour la France à la 10e minute, reprenant un centre d'Émile Veinante lancé par Edmond Delfour.

Composition des équipes :

  • Italie : ANDREOLO Michele, BIAVATI Amedeo, COLAUSSI Gino, FERRARI Giovanni, FONI Alfredo, LOCATELLI Ugo, MEAZZA Giuseppe, OLIVIERI Aldo, PIOLA Silvio, RAVA Pietro, SERANTONI Pietro.

Delfour égale le record de sélections de Devaquez.

Les années 1980 : Le début d'une nouvelle ère

Ce 23 février 1982 marque-t-il la naissance de la grande équipe de France, celle qui dominera l’Europe puis (presque) le monde sur les quatre années à venir ? En tout cas, Michel Platini (déjà très inspiré en février 1978 à Naples) réalise un très grand match qui le fait changer de statut : de meilleur joueur français, il devient du jour au lendemain un des meilleurs joueurs du monde. Ce France-Italie est aussi l’occasion de découvrir deux jeunes monégasques qui brillent en championnat : le défenseur Manuel Amoros, qui a fêté ses vingt ans trois semaines plus tôt, et l’attaquant Daniel Bravo, qui a à peine dix-neuf ans. Le premier réalise un sans-faute en défense où il remplace Max Bossis. Le second remplace Didier Six peu après l’heure de jeu et marque le deuxième but suite à un redoublement de passes avec Rocheteau conclu par un tir de près. A ce moment-là, les Bleus mènent depuis la 19e minute grâce à Platini.

Avec la victoire de 1982, où Platini réalise un match éblouissant, le rapport de force bascule. Désormais, et pour le quart de siècle à venir, ce seront les Italiens qui redouteront d’affronter les Bleus.

La rencontre suivante, le 17 juin 1986, sera bien plus importante. Elle oppose au stade olympique de Mexico le tout nouveau champion d’Europe au champion du monde en titre. Sans Paolo Rossi (retenu dans le groupe mais qui ne jouera pas), les Italiens sont sur la pente descendante, alors que les Bleus d’Henri Michel semblent placés sur une trajectoire mondiale. De fait, jamais les hommes d’Enzo Bearzot ne semblent en mesure de l’emporter. Il suffit d’un quart d’heure à l’équipe de France pour prendre l’avantage par Michel Platini qui pique une balle en profondeur de Rocheteau par dessus Galli. C’est son quarantième et avant-dernier but en sélection, son troisième contre l’Italie. Et en début de deuxième mi-temps, un contre fulgurant de Tigana relayé par Rocheteau est conclu en force par Stopyra. Nombreux sont ceux qui croient alors assister à une passation de pouvoir.

Des confrontations mémorables dans les années 1990

Il faudra près de huit ans pour voir le prochain Italie-France. En février 1994 à Naples, Aimé Jacquet inaugure son mandat de sélectionneur par une victoire inattendue contre le futur finaliste de la coupe du monde (1-0), ce qui rétrospectivement laisse bien des regrets. C’est Youri Djorkaeff qui marque juste avant la pause et qui signe la première victoire des Bleus en Italie depuis 82 ans.

En juin 1997, lors du Tournoi de France, les Italiens veulent leur revanche mais ils n’obtiendront qu’un nul (2-2) dans les arrêts de jeu sur un pénalty de Del Piero après que Zidane et Djorkaeff aient donné deux fois l’avantage aux Bleus.

Quand ils se retrouvent au Stade de France le 3 juillet 1998 en quart de finale de la coupe du monde, Français et Italiens repensent forcément à Mexico. Les Bleus qui jouent en blanc dominent et se créent les occasions les plus nettes, mais ils se heurtent à un très bon Pagliuca. En prolongations, alors que la règle du but en or peut interrompre le match à tout instant, Roberto Baggio entre dans la surface et pique une balle au second poteau, hors de portée de Barthez. Il s’en faut de quelques centimètres. Les Bleus s’imposent aux tirs au but grâce au sang-froid de ses jeunes attaquants Henry et Trezeguet et, il faut bien le dire, à un maximum de réussite, la transversale de Barthez renvoyant la tentative de Di Biagio.

L'Euro 2000 et la Coupe du Monde 2006 : Apogée et Crépuscule

Cette fois, ça y est, l’Italie tient sa revanche. Nous sommes le 2 juillet 2000 à Rotterdam, il ne reste que quelques secondes dans le temps additionnel de la finale de l’Euro et les Bleus sont toujours menés 1-0. Montella récupère un ballon dans le camp français, cherche Totti d’une balle piquée, mais le Romain est hors-jeu. Barthez tire le coup-franc, sa trajectoire tendue arrive sur Trezeguet qui dévie de la tête sur Wiltord lequel amorti le ballon le laisse rebondir deux fois et ajuste un tir croisé du gauche qui propulse les Bleus en prolongations. La suite, on la connait, avec un rush de Pires côté gauche d’une défense italienne tétanisée de fatigue, un centre en retrait sur Trezeguet qui claque une reprise du gauche imparable. Comment faire mieux ? Plus grand ? Plus émouvant ? Plus dramatique ? Facile : une finale de coupe du monde, dernier match de la carrière de Zidane.

Italie - France, 2 juillet 2000 (Finale de l'Euro)

La finale de l'Euro 2000 est un autre moment fort de l'histoire des confrontations entre la France et l'Italie. L'Italie avait ouvert le score par Marco Delvecchio (55e). Sylvain Wiltord a égalisé dans le temps additionnel (90e+4), et David Trezeguet a marqué le but en or en prolongation (103e), offrant la victoire à la France.

David Trezeguet : «Mon but a marqué l'histoire» «Gagner l'Euro 2000 après la Coupe du monde 98, c'était unique. Nous étions les premiers à réaliser ce doublé. Comme d'habitude face aux Italiens, cela a été très compliqué. Mais je pense qu'on méritait la victoire. On était un groupe très uni et on a montré notre force. On était vraiment costauds mentalement. Tous les joueurs présents ont accompli quelque chose d'important.

Robert Pirès fait l'action et puis je la reprends du pied gauche, comme elle vient. C'est un but exceptionnel, plein de beauté. Et c'est le plus important, celui qui donne la victoire à l'équipe. Mon but a marqué l'histoire de façon importante.

Bixente Lizarazu : «Les Italiens avaient trop parlé...» «La finale contre l'Italie (2-1, but en or) fait partie des matches qui ne s'expliquent pas. Il y a la rencontre, jusque dans le temps additionnel, et puis il y a le reste, où il n'y pas d'explication rationnelle. Je ne peux toujours pas expliquer ce qu'il s'est passé à la fin... Contre le Brésil (3-0), en 1998, c'était le scénario parfait avec une maîtrise totale, on avait fait une finale de rêve.

France - Italie, 9 juillet 2006 (Finale de la Coupe du Monde)

Berlin, le 9 juillet 2006. Septième minute de jeu, Malouda est balancé dans la surface par Materazzi. Pénalty. Zidane va le tirer, bien sûr, mais comme Buffon, gardien de la Juventus, le connaît par cœur, le Français tente un geste insensé. Une panenka plein axe, un poil trop haute car elle tape sous la transversale, tombe juste derrière la ligne de but, remonte sous la barre et ressort des cages italiennes. Les Bleus vont alors prendre le dessus en gagnant la bataille du milieu, où le duo Makelele-Vieira est souverain. Mais Henry n’est pas assez soutenu en pointe de l’attaque, Ribéry et Malouda jouant un peu trop bas dans les couloirs. Et surtout, Vieira sort après dix minutes en seconde période, victime de contractures aux cuisses. Dès lors le ressort est cassé (Alou Diarra jouant plus bas et plus prudemment), et les Italiens, épuisés, visent clairement les prolongations.

La finale de la Coupe du Monde 2006, qui s'est déroulée à Berlin, est sans doute l'un des matchs les plus marquants de l'histoire du football français. Zinédine Zidane a ouvert le score pour la France dès la 7e minute avec une panenka sur penalty. Marco Materazzi a égalisé pour l'Italie à la 19e minute sur un corner de Pirlo.

À la 107e minute, en pleine prolongation, Zinedine Zidane met un coup de tête à Marco Materazzi. Expulsé, le meilleur joueur de l'histoire de l'équipe de France quitte les Bleus, cette fois-ci pour de bon.

Celles-ci vont voir le match basculer en quatre temps : à la 99e, une frappe de Ribéry termine de très peu à l’extérieur du poteau de Buffon qui était battu. A la 103e, sur un centre parfait de Sagnol, Zidane décoche une tête croisée parfaite que Buffon sort d’une claquette magistrale. Il était dit quelque part que l’équipe de France ne gagnerait pas ce match.

La rencontre s'est ensuite décidée aux tirs au but, où l'Italie s'est imposée 5-3. David Trezeguet a manqué son tir au but pour la France.

Pour une fois, les Italiens ne manquent aucun tir au but, alors que celui de Trezeguet, qui cherchait la lucarne, est renvoyé par la transversale devant la ligne de but. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Le sort, favorable aux Français depuis 24 ans, tourne ce soir-là.

Tirs au but :

  • 0-1, Andrea Pirlo (Italie)
  • 1-1, Sylvain Wiltord (France)
  • 1-2, Marco Materazzi (Italie)
  • 1-2, David Trezeguet (France) - manqué
  • 1-3, Daniele De Rossi (Italie)
  • 2-3, Éric Abidal (France)
  • 2-4, Alessandro Del Piero (Italie)
  • 3-4, Willy Sagnol (France)
  • 3-5, Fabio Grosso (Italie)

Période Post-2006 : Un Nouvel Équilibre

Cet équilibre parfait casse après le Mondial allemand. En septembre 2006, malgré l’arrêt de Barthez et Zidane, les Bleus donnent des regrets à leurs supporters en battant facilement les nouveaux champions du monde à Saint-Denis (3-1) avec notamment un doublé improbable de Sidney Govou. Cette victoire de prestige, qualificative pour l’Euro 2008, marque pourtant le début de la fin de la grande équipe de France.

Mais le 17 juin 2008 à Zurich au premier tour de l’Euro, le vent a tourné. Alors que les deux équipes ont lourdement chuté contre les Pays-Bas, les Bleus réalisent un début de match catastrophique : Ribéry se blesse après dix minutes, et un quart d’heure plus tard, Eric Abidal crochète Luca Toni dans la surface. Pénalty et carton rouge. Réduits à dix et menés au score, les coéquipiers d’Henry n’ont plus rien à espérer. Le score final (0-2) est même flatteur.

Le 14 novembre 2012 à Parme, les Bleus retrouvent les vice-champions d’Europe et continuent sur la lancée de leur match nul à Madrid. L’ouverture du score par El-Shaarawy est immédiatement suivie par une égalisation de Mathieu Valbuena après un slalom dans la défense et un superbe tir en lucarne. Une percée de Ménez pour Gomis donne l’avantage aux Français (2-1) qui le garderont jusqu’au bout.

Matchs Amicaux et Préparations pour les Grandes Compétitions

Bari, ça vous dit quelque chose ? Demandez aux supporters marseillais... C’est là que les Bleus s’imposent plutôt facilement contre une Squadra moyennement concernée le 1er septembre 2016, quelques semaines après l’Euro et dix ans après leur dernière victoire post-phase finale. En attaque, Anthony Martial se réveille enfin et ouvre le score, Giroud redonne l’avantage après l’égalisation de Pellè sur une erreur de placement de Varane et Kurzawa conclut en fin de match (3-1).

Pour le deuxième des trois matchs de préparation à la Coupe du monde 2018, l’équipe de France croise à Nice la grande absente de l’édition russe, l’Italie. Didier Deschamps aligne une équipe assez proche de celle qui jouera l’essentiel des matchs de la phase finale à venir : seuls manquent au coup d’envoi Raphaël Varane, Blaise Matuidi et Olivier Giroud, remplacés par Adil Rami, Corentin Tolisso et Ousmane Dembélé. Ces deux derniers seront d’ailleurs titulaires lors du premier match contre l’Australie, sans grand succès. A Nice, les Bleus prennent très vite le dessus avec deux buts d’Umtiti (après un tir de Mbappé repoussé par Sirigu) et de Griezmann (sur pénalty) dans la première demi-heure. Mais les Italiens reviennent sur un coup franc de Balotelli repoussé par Lloris dans les pieds de Bonnucci, avant que Dembélé, qui avait touché la barre, ne scelle le résultat d’un intérieur du droit parfaitement exécuté (3-1).

Ligue des Nations : Nouveaux Chapitres de la Rivalité

Opposés à l'Italie (10e FIFA), les Bleus manquent leur rentrée 2024 et leurs débuts dans la 4e édition de la Ligue des Nations. Ils s'inclinent (3-1) face à la sélection transalpine au Parc des Princes en ouverture du groupe A2 de la phase de ligues de la compétition. Bradley Barcola inscrit pourtant son premier but international mais aussi le plus rapide de l'histoire tricolore après seulement douze secondes de jeu. Mais les joueurs de Didier Deschamps sont ensuite dominés par le réalisme italien.

France - Italie (1-3) : les temps forts

  • 1' - 1-0, Bradley Barcola : sur le côté gauche, Bradley Barcola effectue un pressing payant sur Di Lorenzo qui manque complètement sa tentative de remise en retrait vers son gardien. L'attaquant tricolore s'empare du ballon, part seul, pénètre dans la surface et vient ajuster Donnarumma d'une frappe enroulée du droit. On joue depuis... 12 secondes !
  • 30' - 1-1, Federico Dimarco (30e) : depuis l'aile droite, Andrea Cambiaso renverse vers Federico Dimarco côté gauche, qui s'appuie sur Sandro Tonali, lequel lui remet instantanément d'une pichenette. Servi dans la surface, Dimarco transperce Mike Maignan d'un tir imparable du gauche.
  • 51' - 1-2, Davide Frattesi : Davide Frattesi intercepte une ballon de Fofana à la hauteur de la ligne médiane, sollicite Giacomo Raspadori qui sert Mateo Retegui sur la droite. Son centre parfait retrouve Davide Frattesi au point de penalty dont la reprise glissée du gauche fait mouche.
  • 74' - 1-3, Giacomomo Raspadori : alerté sur la gauche par une transversale de Samuele Ricci, Destiny Udioge dépose Jonathan Clauss en vitesse et glisse dans la surface dans la course de Giacomomo Raspadori qui élimine William Saliba et trompe Mike Maignan d'un tir croisé du gauche.

Composition des équipes

  • Titulaires Italie : G. Donnarumma, A. Bastoni, G. Di Lorenzo, R. Calafiori, A. Cambiaso, D. Frattesi, F. Dimarco, L. Pellegrini, S. Ricci, S. Tonali, M. Retegui
  • Remplaçants Italie : A. Buongiorno, A. Meret, C. Okoli, D. Udogie, F. Gatti, G. Raspadori, G. Vicario, M. Brescianini, M. Kean, M. Zaccagni, N. Fagioli, R. Bellanova
  • Sélectionneur Italie : Luciano Spalletti

Les hommes de Didier Deschamps ont lourdement chuté à domicile (1-3), vendredi 6 septembre, contre une Italie que l'on disait fragile après un Euro raté.

La Marseillaise venait tout juste de finir de résonner dans le Parc des Princes, vendredi 6 septembre, quand Bradley Barcola a profité d'une bévue de Giovanni Di Lorenzo pour écrire l'histoire.

En 12 secondes, le feu-follet parisien a inscrit le but le plus rapide de l'histoire de l'équipe de France sur les 90 dernières années. Le record était jusqu'ici détenu par Franck Sauzée, auteur d'un but en 34 secondes en 1992.

Côté italien, c'est aussi un but record si l'on en croit la presse transalpine. Jamais la Nazionale n'avait encaissé une ouverture du score aussi précoce.

Autoritaire et disciplinée, l’équipe de France a signé un magnifique succès face à l’Italie (1-3) dimanche soir à Milan et termine en tête de son groupe de Ligue des nations.

En s’imposant à Milan avec force et caractère. Sur un quasi copier-coller de l’ouverture du score, Digne trouvait Rabiot de la tête (1-3, 64e) pour le but du KO… synonyme de la première place du groupe. Sans être flamboyants, avec aucune occasion franche à se mettre sous la dent, mais solidaires, agressifs, conquérants et chirurgicaux, ces Bleus ont dégoûté l’Italie. Et réduit au silence tout un stade. À l’image de Maignan en fin de partie (90+2). Les Bleus terminent leur année 2024 sur une très bonne note. Solide en défense et adroite sur coup de pied arrêté, l'équipe de France s'est rattrapée de son match raté contre Israël (0-0) jeudi en allant battre l'Italie à San Siro ce samedi. Adrien Rabiot (doublé) et Lucas Digne (deux passes décisives et un coup franc somptueux) ont été les grands artisans d'un succès qui permet aux Français de terminer premiers de leur groupe de Ligue des nations.

Statistiques des Confrontations France - Italie

Voici un aperçu des statistiques des confrontations entre la France et l'Italie :

Statistique Chiffre
Matchs joués 41
Victoires de la France 12
Matchs nuls 10
Victoires de l'Italie 19
Buts marqués par la France 60
Buts encaissés par la France 86

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