Depuis sa création, le Paris Saint-Germain (PSG) a su marquer l'histoire du football non seulement par ses performances sur le terrain, mais aussi par ses tenues emblématiques. Parmi celles-ci, le polo occupe une place particulière, témoignant de l'évolution du club et de son identité visuelle. Des premiers modèles dessinés par Daniel Hechter aux collaborations modernes avec des marques comme Nike et Jordan, le polo PSG est devenu un symbole de fierté et de style pour les supporters.

Les premières années et l'ère Hechter (1970-1980)
En 1970, à l'adoption du nom Paris Saint-Germain, les couleurs du Stade, bleu et blanc, fusionnèrent avec celles de la capitale, le rouge et le bleu. En 1973, le couturier Daniel Hechter dessine l'équipement du club. Il arbore, sur le cur, l'écusson du club, que ce soit le logo « bateau » ou le logo « tour eiffel » (voir rubrique historique des écussons), qui ne sera définitivement adopté que beaucoup plus tard. Il était généralement accompagné d'un short blanc et de bas bleus.
Le modèle Hechter, avec sa large bande rouge verticale encadrée de deux fines bandes blanches sur un fond bleu, devient immédiatement un classique. Il faudra attendre novembre pour que les responsables de cette horreur rectifient le tir et proposent un flocage blanc sur rouge. Ce dernier avait été adopté durant la saison 1974/75.

Les années 1980 et 1990: Évolution et partenariats
Les années 1980 voient apparaître des équipements plus fades à base de blanc. 1985-1986, le blanc de la victoire. On retrouve le leitmotiv de la bande mais elle est plus fine, sur le côté, et comporte les deux couleurs du club (bleu et rouge).
Cette période marque aussi et surtout le début du partenariat avec l'équipementier Nike, chose très peu commune pour un club de football à l'époque tant la suprématie d'Adidas et du Coq Sportif était grande. Fin de la collaboration avec RTL. Cette fidelité entre le club de la capitale et la celèbre radio luxembourgeoise durera 17 ans !
En 1992-1993, le « Commodore » du « Comandante » Kombouaré. Peut-être l'un des moins réussis mais il a marqué les esprits car c'est celui de la victoire du PSG sur le Real Madrid 4-1 au Parc des Princes le 13 mars 1993 avec le logo de la marque « Commodore ». Son dégradé bleu violet sur les manches n'a guère convaincu. À noter que l'on retrouve dessus, l'écusson « Tour Eiffel » qui a fait son retour depuis 1989. Un retour et le début d'une nouvelle politique commerciale : Paris n'accueille désormais plus qu'un sponsor principal, Opel. Le Paris Saint-Germain abandonne son sponsor Opel pour Thompson. On y trouve imprimé dessus deux motifs : la « Tour Eiffel » et la fleur de lys.
Le col et les bordures de manches sont blancs, de même que le short et les chaussettes. Les sponsors apparaissant en blanc (RTL) et bleu sur jaune (TDK). TDK, nouveau sponsor, apparaît en blanc sur fond noir, RTL troquant le noir des dernières saisons à un rouge plus traditionnel pour la radio luxembourgeoise.
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Les années 2000: Modifications et retour aux sources
En 2000, Le "modèle Hechter" est une nouvelle fois modifié. Canal+, le nouvel actionnaire majoritaire, décide de reprendre le "modèle Hechter", tout en veillant à le relooker. Les liserés blancs bordants la bande rouge disparaissent au profit de petites bandes rouges de tailles inégales. Le traditionnel "bleu roi" laisse place à un bleu nuit, plus habillé.
2002 : L'appel des supporters n'a été qu'à moitié entendu. Si les bandes verticales blanches sont de retour, il n'en est pas de même pour la bande rouge qui demeure une fois de plus diminuée et décalée sur la droite. 2005 : Retour de la bande rouge centrale. L'écusson est pour la première fois déplacé du côté gauche vers le centre. 2006 : La bande centrale est quelque peu amaigrie et les couleurs son accentuées. 2007 : Retour à un modèle plus traditionnel et à une bande rouge centrale plus large (uniquement devant). Le modèle est rejeté par les supporters qui, comme en 2001, appellent unanimement au boycott.
C'est aussi cette saison-là que Fly Emirates devient le sponsor officiel du PSG pour 13 ans avant d'être remplacé par ALL, le programme de fidélité du groupe Accor.
L'ère moderne: Collaborations et éditions spéciales
En 2018-2019, le PSG et la marque du célèbre basketteur américain Michael Jordan lance leur partenariat. Pour la saison des 50 ans du club en 2020-2021, le PSG se tourne de nouveau vers la madeleine de Proust de ses supporters : la bande rouge dans le style Hechter des années 1970 avec liserés sur les manches et le col.
Si le modèle est classique, plein de détails le rendent spécial et différent. Le communiqué d’annonce l’explique : « Un emblème spécial 50 ans sur la manche droite où le 5 avec sa boucle fermée symbolise les 5 décennies déjà passées quant au 0, sa boucle reste elle ouverte sur l’avenir. Une cartouche argentée comporte elle le numéro attribué (de 1 à 985) à chaque pièce, prouvant ainsi son authenticité. Livrés dans un coffret spécial, le communiqué indique que «les rêves partagés de chaque membre de la famille PSG est retrouvée». Le bleu domicile ou le blanc extérieur sont ici proposés en 985 exemplaires chacun, numérotés. 1970 comme, vous l’aurez forcément compris, la date de création de l’équipe.
Dès le coup de sifflet final, le club de la capitale a dévoilé sa collection « Champions d’Europe ». Pas une simple ligne de merchandising, mais une démarche patrimoniale. L’histoire d’un club longtemps moqué, aujourd’hui sacré. Le PSG a gravé l’instant. Dans le football, une étoile ne se gagne qu’au prix d’un sommet. Elle n’est pas décorative. Elle est déclarative. Elle dit : « Nous l’avons fait. » Elle scelle un statut. C’est enfiler un moment d’éternité. Il y a dans ces pièces une double valeur. Marchande, sans doute - certaines sont déjà en rupture de stock. Mais surtout historique. À Madrid, par exemple, le Real a récemment lancé une collection « Bring-Back » de la saison 1999-2000, en hommage à la conquête de sa huitième Ligue des Champions. Ces démarches montrent que les clubs européens perçoivent la mode sportive comme une mémoire en mouvement. En lançant sa collection Champions d’Europe, le PSG ne fait pas que vendre. Il bâtit. Il fige. Il transmet. Il inscrit sa légende non seulement dans les archives, mais dans le tissu, dans les corps, dans les rues. Ce n’est pas un coup marketing. Elle brillera dans les vitrines, sur les torses, dans les mémoires. Parce qu’elle dit quelque chose de plus grand : le PSG a changé de dimension. Et désormais, il ne regarde plus vers le sommet.