Allison Pineau, née le 2 mai 1989 à Chartres, est une figure emblématique du handball féminin français. Son parcours, marqué par la détermination et le talent, l'a menée aux sommets du sport mondial. De ses premières expériences sportives à ses titres les plus prestigieux, découvrez l'histoire d'une athlète d'exception.

Une passion précoce pour le sport
Dès son plus jeune âge, Allison Pineau a manifesté un intérêt marqué pour le sport. Elle a pratiqué diverses activités physiques, allant de la danse classique au basket-ball, en passant par le football, l'escalade et le tennis de table. Son talent pour le tennis de table lui a d'ailleurs valu un titre de championne UNSS. Se dépenser et se défouler étaient pour elle une nécessité.
Elle a toujours voulu faire du sport de haut niveau, et ce, dès petite. Plus jeune, elle a beaucoup admirée Marie-José Pérec, qui l'a marquée.
Découverte du handball et ascension rapide
C'est en 2001, à l'âge de 12 ans, qu'Allison Pineau découvre le handball lors d'un stage sportif où elle accompagne son frère aîné. Remarquée par Daniel Deherme, l'entraîneur du club d'Aubervilliers, elle est invitée à rejoindre la structure. Avant cela, elle avait pratiqué des disciplines individuelles comme l'athlétisme, la danse et le tennis.
Daniel lui avait dit qu'elle avait de grandes mains pour y jouer et qu'elle devrait peut-être s'y intéresser. Elle s'est dit que ça faisait quand même deux fois qu'il lui disait qu'elle devrait s'y mettre alors elle est partie faire un tour au club d'Aubervilliers.
Sur sa route, elle va trouver des soutiens, il y a eu Daniel Deherme, il y aura aussi Ndella Lo, sa toute première coach à Aubervilliers. Ndella Lo a son rôle dans son parcours.
Tout va aller très très vite pour elle. Il y a Aubervilliers, le pôle espoirs, les débuts avec Villemomble, les premiers pas en équipe de France jeune. Elle commence à goûter au haut niveau et son horizon professionnel est entièrement dégagé.
Pineau's last-second goal devastates Fleury
Ces années cruciales durant lesquelles elle va être amenée à faire un choix complexe : sport ou études. Elle avait envie de suivre son rêve tout en sachant que, lorsqu'elle arrêterait le sport de haut niveau, elle reprendrait ses études. Elle aimait ça, elle n'avait jamais eu de problème à apprendre, à découvrir, à s'instruire.
Première sélection en équipe de France et début d'une longue épopée
À 18 ans, Allison Pineau connaît sa première sélection en équipe de France sénior. Elle ne s'y attendait pas. On lui a dit qu'elle n'allait pas faire junior mais qu'elle allait rejoindre directement l'équipe de France A. Elle a eu la chance de faire la préparation à l'Euro 2006. Deux mois après, elle inaugurait ses premières sélections. À l'époque, ce n'était pas trop dans l'ADN de la maison d'intégrer des jeunes. Il était beaucoup plus difficile d'arriver en équipe de France à l'âge qu'elle avait que maintenant.
Elle est arrivée en équipe de France sur la fin 2006, elle a vécu seulement deux compétitions avec ces filles-là. Elle s'est aussi beaucoup réfugiée dans le travail pour réussir, c'est dans son caractère, c'est sa manière de faire.
Avec les Bleues, c'est le début d'une longue épopée durant laquelle elle va vivre quatre campagnes olympiques. La première c'est à Pékin en 2008, elle est remplaçante. On lui a fait comprendre qu'elle devait apprendre et que l'on la préparait pour la campagne suivante. 2012, c'est à Londres, vous allez jusqu'en quarts de finale, il y aura, par la suite, une médaille d'argent à Rio et la consécration ultime, l'or et le titre à Tokyo cet été.
Tokyo, forcément, c'est la consécration et il s'est passé beaucoup de choses mais Rio l'a beaucoup marquée. Il s'est vraiment passé quelque chose là-bas, on a été un groupe très solide durant toute la compétition, on a été là les unes pour les autres.
Elle a vécu les Jeux toute jeune en qualité de remplaçante et, peu à peu, avec le statut de cadre. Elle a grandi sportivement avec cette compétition. Il ne faut jamais abandonner et qu'il faut se donner les moyens de ses ambitions.
Avec les Bleues, elle va aussi décrocher un titre de vice-championne du monde en 2009 et un sacre individuel puisqu'elle est élue meilleure joueuse du monde de l'année. C'est la première fois qu'une Française gagne ce titre.
Elle n'a pas fait junior, elle est arrivée en A très vite et elle a gagné des choses très très jeunes. Ce qui l'intéressait avant tout, c'était de gagner des titres avec son équipe et puis, finalement, il y a cette distinction qui arrive avant. Pour certains, être sacrée meilleure joueuse du monde ne se justifiait donc pas. Elle se dit, en plus que, après ça, il va falloir prouver aux autres que tu l'as bien mérité.
Elle va très vite démontrer que ce titre n'est pas usurpé. En 2011, elle est de nouveau vice-championne du monde, 2017 c'est le sacre. Parallèlement, il y a une médaille de bronze européenne en 2016 et un sacre à la maison deux ans plus tard.
Savoir que l'on va laisser une empreinte dans la continuité, c'est quelque chose de magnifique, c'est indélébile.
Blessures et force de caractère
Le genou cède en 2011 en demie, face au Danemark, puis la cheville et c'est une course contre la montre pour pouvoir être présente en 2017. Olivier Krumbolz la compare, à cette occasion, à Rocky en louant sa force de caractère. Elle doute toujours. Il y a toujours une phase de doute, mais c'est aussi parce que l'on doute que l'on se remet en question.

Expériences en club et perspectives d'avenir
En seize années de carrière, elle va jouer dans onze clubs en France (Issy, Metz, Brest, Nîmes et Paris) mais aussi à l'étranger (Roumanie, Macédoine, Slovénie, Monténégro), le tout avec des fortunes diverses. Beaucoup bouger n'a pas toujours été de son ressort, bien au contraire. Dernièrement, au Monténégro, elle a dû partir alors qu'elle avait signé deux ans mais, entre temps, il y a eu la Covid et le club ne pouvait pas assumer notre deuxième année de contrat. C'est surtout au niveau de la culture, de l'approche de la vie en général, de la culture handballistique aussi.
Elle fait des études à l'EDHEC. Elle veut se diriger vers la finance, effectivement. En même temps, elle aimerait aussi rester au contact du sport.
Retraite et héritage
Allison Pineau a tiré sa révérence. Elle est arrivée au bout du bout. Elle pense qu'elle a donné tout ce qu'elle avait à donner au handball, et elle n'a aucun regret. Elle est en paix avec cette décision. Elle a vécu une carrière pleine, riche, intense.
Elle pense que la période entre 2011 et 2017 a été très forte pour elle. Même en club, elle était très performante. Elle pense notamment à la saison 2015-2016 avec Baia Mare en Roumanie : elle était dans le top 5 des meilleures marqueuses de la Ligue des Champions. Elle tournait autour de 80 buts cette saison-là.
Elle a toujours eu cette ambition de faire du sport de haut niveau. Elle était cette fille qui sortait jouer dehors avec ses potes, qui touchait à tout. Elle a fait plein de sports avant d'atterrir au handball.
Elle a toujours aimé représenter son sport, aller au contact, porter quelque chose de plus grand qu'elle. Elle a compris très tôt que représenter son sport, c'est une part essentielle de ce qu'on construit. Elle a toujours voulu emmener le handball là où il n'était jamais allé, le faire briller au-delà du terrain. Ça lui a apporté beaucoup, et ça a apporté à son sport aussi. Aujourd'hui encore, il y a des gens qui ne la connaissent pas forcément à travers ses stats, mais à travers ce qu'elle a symbolisé.
Elle prépare son après depuis longtemps. Elle est bien lotie. Elle a repris ses études, elle développe une start-up, elle a des projets personnels. Elle est investie dans Laboratoire Natiyé, une entreprise fondée en Guadeloupe par Agnès Crochema-Galou, Docteur en pharmacie et ancienne volleyeuse de haut niveau. le Laboratoire Natiyé conçoit notamment une gamme de soins 100% naturels pour les douleurs musculaires liées à l'effort, à partir de produits naturels à base de plantes des Caraïbes.
Elle a besoin de tester d'autres choses : peut-être du paddle, du tennis… des sports individuels. Elle est ouverte, mais ce ne sera pas en tant que coach ou ni agent. Ce n'est pas son truc. En revanche, elle se verrait bien mener un club, prendre un rôle de directrice générale, voire un jour présidente. Parce qu'elle a cette vision. Elle a joué dans plein de pays, elle connaît les réalités des clubs, les besoins des joueuses, les limites des structures.
Avec de la fierté. Pas seulement pour ce qu'elle a gagné. Mais pour ce qu'elle a représenté. Ce qu'elle a transmis. Et ce qu'elle continuera à construire.
Autobiographie
Elle arrive quasiment à la fin de sa carrière. Elle a annoncé qu'elle arrêterait à la fin de la saison 2024 en club, et puis après les Jeux si elle y va. Elle pense que c'était le bon timing pour elle. Elle avait eu l'opportunité de le faire il y a quelques années, elle avait refusé parce que ce n'était pas le bon moment.
Elle dévoile assez tôt aussi un pan intime de sa jeunesse : son père alcoolique et violent envers sa maman. C'est quelque chose qu'elle avait enfoui depuis des années, elle l'avait mis dans une petite boîte. Elle n'en avait jamais réellement parlé, même à sa mère. Elle pense que c'est important pour elle, pour sa vie de femme. Elle a aussi envie de devenir maman, d'exprimer et de mettre des mots sur des maux. Ce bouquin, c'est un gros travail d'introspection, c'est mettre des réponses sur certaines émotions, et finalement toutes les choses qui se sont passées pendant les 35 ans de sa vie. C'est un travail qui a été apaisant au final, parce qu'elle s'est posé beaucoup de questions, et par rapport à sa mère, elle avait besoin de trouver des réponses. Elle a trouvé des réponses sur certains comportements qu'elle a eus dans sa jeunesse. Sur ce côté "mur de glace", assez froid, à se protéger de ses émotions, d'intérioriser énormément de choses.
Ça a eu des côtés positifs finalement, avoir cette froideur, ça l'a énormément aidée au début de sa carrière pour atteindre ses objectifs. Mais en grandissant, ça lui a aussi fait du tort dans les relations qu'elle a pu avoir. Ça a créé des incompréhensions dans sa manière de communiquer, de faire ressentir des choses aux autres. Ce n'était pas forcément quelque chose de volontaire.
Elle ne dirait pas des regrets. Mais en faisant ce travail d'introspection, parfois on peut se dire : "J'aurais aimé aussi avoir cette adolescence où je faisais la même chose que mes amis", les étapes normales. Elle a fait tellement tout, très tôt et très vite, elle a sauté tellement d'étapes et parfois elle se dit : "Oui, j'aurais aimé faire ça".
Elle aspire à une autre vie. Par exemple, quand on a fini les Jeux olympiques de Tokyo, on a été médaillées, et une semaine après, on est retournées dans notre club. C'est décider de ses vacances, de ses horaires, de son emploi du temps. Avoir du temps pour être avec sa famille, être avec ses amies, voir grandir leurs enfants, elle aussi devenir maman. Pour elle ça se fera quand elle aura raccroché.
Elle voit le métier de trader comme un sport de haut niveau. Elle retrouve des similitudes. La résilience, l'adrénaline que les marchés font vivre, le pragmatisme qu'il faut avoir, c'est tout ça être trader et il faut avoir la tête bien faite.
C'est toujours un tabou en France de parler d'argent en général. Mais c'est aussi important de montrer l'envers du décor, il y a les conditions dans lesquelles on gagne cet argent. Puis c'était surtout pour montrer que le handball féminin reste un sport très fragile. Mais comme le sport féminin en général. Il y a un équilibre très fragile parce qu'il existe très peu de business model. On est encore dans cette approche familiale et associative - ce qui est important dans la construction d'un club - mais si on veut grandir plus vite, il faut accélérer sur l'aspect financier.
Le handball en France ne vit qu'à travers ses résultats. Sa quête est toujours la même. Les Jeux commencent fin juillet, il peut se passer encore beaucoup de choses. A elle de rester focus sur son objectif, elle n'a rien envie de regretter. On verra à la fin. Elle aura au moins tout essayé.
Récompenses et distinctions
Voici un aperçu des principales récompenses et distinctions obtenues par Allison Pineau au cours de sa carrière :
| Compétition | Médaille | Année |
|---|---|---|
| Jeux Olympiques | Or | 2020 |
| Jeux Olympiques | Argent | 2016 |
| Championnat du Monde | Or | 2017 |
| Championnat du Monde | Argent | 2009, 2011 |
| Championnat d'Europe | Or | 2018 |
| Championnat d'Europe | Bronze | 2016 |
| Meilleure joueuse du monde | 2009 |
Allison Pineau, une source d'inspiration pour les générations futures. Malgré tout, garder l’esprit d’équipe, le sens du collectif, cultiver sa résilience autant de fois qu’il le faudra : c’est l’histoire d’Allison Pineau. Un livre qui l’accompagne pour sa dernière ligne droite, après dix-huit années passées au plus haut niveau. Un ouvrage pour laisser une trace avant d’entamer un nouveau chapitre de sa vie dans lequel ses engagements liés au sport au féminin et au développement de sa discipline tiennent une place majeure.