Le football à Nantes possède une histoire riche et passionnante, marquée par l'émergence de clubs emblématiques et de figures marquantes. Parmi ces clubs, la Mellinet occupe une place particulière, avec une histoire étroitement liée au développement du sport dans la ville.

Les Débuts du Sport à Nantes et le Rôle des Patronages
Les patronages joueront un rôle déterminant dans le développement des activités sportives. Dès 1846, l’Abbé Pierre Audrain, curé de la cathédrale de Nantes, organise le rassemblement de jeunes du quartier dans le but de leur apporter du divertissement. Ce n’était qu’un simple groupement et non une société, mais on peut le considérer comme ‘l’embryon’ de la St Pierre de Nantes qui voit le jour officiellement en 1881.
Même si l’activité principale de la St Pierre se limitait alors à la marche on peut déjà apercevoir quelques adeptes de la “balle” qui s’exerçait de temps à autre sur le cours St Pierre.
L'essor du Cyclisme et les Premiers Vélodromes Nantais
Très tôt le cyclisme ou “vélocipédie” occupe une place de choix dans le paysage sportif de la cité. Le 14 juillet 1895 est inauguré le premier vélodrome nantais, à Beauséjour. Il accueille les entraînements du Véloce Sport Nantais, puis ceux du Sport Vélocipédique Nantais.
Un second vélodrome est inauguré en août 1897. Situé près de la route de Rennes, à environ 4 kilomètres du centre-ville, desservi par le tramway, c’est le vélodrome de Longchamp. Ce dernier possède une piste en ciment de 400 mètres, doublée d’une piste intérieure en terre de 300 mètres pour les débutants.
C’est dans ce vélodrome de Longchamp que la foule se bouscule le mardi 14 juillet 1903 pour assister à l’arrivée triomphale des coureurs du premier Tour de France après avoir parcouru les 425 km depuis Bordeaux.
Le vélodrome de Longchamp sera supplanté par une nouvelle enceinte sportive en juin 1912, lorsque près de 5000 spectateurs assistent à l’inauguration du stade vélodrome du Parc des Sports, équipement municipal implanté sur le Champ de Mars, non loin du centre-ville et proche de la gare du réseau ferroviaire Paris-Orléans.
L'Émergence du Football et l'Importance de la Mellinet
Le sport collectif roi à Nantes, en ce début de siècle est le football-rugby car Nantes fut d’abord une terre d’ovalie. La naissance du SNUC, en 1904, s’inscrit à une époque où le rugby, implanté depuis 1897, est le sport collectif le plus populaire dans la cité ligérienne.
C’est dans les années 1910, que le Stade Nantais va écrire ses plus belles pages jusqu’au titre de Champion de France décroché en 1917 ce qui lui vaut d’avoir son nom gravé à jamais sur le bouclier de Brennus. Un de ses adversaires les plus farouches sur la scène locale était le Véloce Sport Nantais (créé en 1892) qui devint ensuite le Vélo Sport Nantais.
Un autre de ses meilleurs représentants est la Mellinet. Ce club de quartier issu de l’ancien patronage de Notre-Dame-de-Bonport est fondé en 1902. La St Pierre emboite le pas et est officiellement affiliée à la FFF en 1910. Avec le SNUC ces clubs sont les principaux représentants du football à Nantes avant la première guerre mondiale.
Les Terrains de Jeu et l'Évolution des Infrastructures
Au terme de ces 4 années de conflit quelques rencontres furent organisées. Notamment sur le terrain de la Mellinet, le stade de la Contrie mais également aux Couets en Bouguenais ou au Petit Port. La grande réussite déjà évoquée du SNUC le force à quitter les sommaires installations du Petit-Port où il s’exerce.
En 1920, le stade de Malville (qui deviendra le stade Pascal Laporte en 1950) est construit. Le cyclisme n’est pas en reste, en août 1924, 10000 spectateurs assistent à l’inauguration officielle du vélodrome-stade Petit-Breton près de la Contrie et la Durantière.
C’est sur ce vélodrome que sera jugée l’arrivée des étapes du Tour de France en 1939 et en 1968. La St Pierre football, quant à elle, poursuit son petit bonhomme de chemin. Elle possède enfin dans les années 30 son propre terrain au Bois-Verdot (qui deviendra le stade de Bonneville actuellement occupé par l’Amicale de Don Bosco).
Ce même stade que vendra la St Piere pour déménager définitivement sur son stade actuel à partir de 1936. L’inauguration du stade du Vivier se déroule le dimanche 13 septembre 1936 par l’organisation d’un match amical opposant les “Pierrots” à l’US La Baule.
Parmi les onze joueurs appelés à représenter les couleurs bleues et rouges ce jour là figure un certain Jean Prouff, 17 ans, qui le dimanche 15 avril 1937 sur ce même terrain remportera le concours des jeunes footballeurs du district Anjou-Basse Loire.
L'Âge d'Or des "Pierrots" et l'Ascension du Football Régional
La fin des années 30 est l’époque dorée des “Pierrots” qui vont gravir les échelons du football régional. Champion de 2ème division de District en 36/37 , Champion de 1ère division de District en 37/38, et enfin Champion de Promotion Honneur en 38/39 dans un groupe qui comprenait notamment La Mellinet.
Cette première place est synonyme de qualification pour la phase finale du championnat de l’Ouest de Promotion qui désignera le promus pour la Division Honneur. De nouveaux exploits des pierrots réalisés sur le terrain de Lamballe notamment leur permettent d’être sacrés Champions de l’Ouest de Promotion et d’accéder à la Division d’Honneur, sommet du football amateur et anti-chambre du professionalisme.
Ses plus grandes rencontres la Saint-Pierre ne pouvait les organiser au Stade du Vivier, devenu trop petit pour ces grandes occasions. Ce serait cependant mensonge que de déclarer que le stade de Malakoff ait été construit pour le football. C’est davantage en direction du rugby et du SNUC en particulier que la municipalité nantaise regardait au moment d’engager les travaux.
Il faut dire que l’ancien Parc des Sports du Champ de Mars est devenu gênant lors des grandes foires commerciales qui s’y déroulent annuellement durant deux mois. Après divers projets, les élus nantais jettent leur dévolu sur les quais du quartier de Malakoff pour y construire un stade de rugby d’une capacité de 3000 places qui accueille son premier match le 3 octobre 1937 tandis que les tribunes ne sont que partiellement achevées.
L’équipe nantaise, grâce à ses nouvelles recrues, est en mesure de jouer les premiers rôles en alignant l’équipe suivante : De Montmarin, Guillard, Bernard, Heslot, Gergotich, Jacotin, Le Fur, Kerdraon, Graslon, Loiseau, Ernesto, Vischer, Docquin.
La grande finale de ce championnat se disputa à Malakoff devant 7700 spectateurs pour une recette de 102.000 Francs. Il était dit que le football ferait recette à Nantes. Pour la petite histoire Le Mans l’emporta devant le Stade Quimperois par 2 buts à 1.
C’est une époque où la Férération choisit souvent Nantes pour y faire disputer de grandes rencontres, le football est alors en train de s’imposer dans la cité des Ducs. Le 18 avril 1943, la St Pierre dispute son dernier match de sa grande époque.
La Création du FC Nantes et l'Héritage de la Mellinet
Le Football Club de Nantes a pour date de naissance le 21 avril 1943. Il a donc été créé durant l’occupation allemande. D’abord la légende: dans l’arrière-salle du Café des Alliés, rue de la Fosse à Nantes, une grosse douzaine de dirigeants issus de différents clubs amateurs nantais se mettent d’accord pour œuvrer en commun à la naissance d’un grand club.
Jean Le Guillou, entrepreneur en travaux publics, est nommé président. C’est lui qui suggère les couleurs du club. Il possède des chevaux de course et l’un d’eux le fascine particulièrement. Il gagne de nombreuses courses et son jockey court en jaune et vert.
Mais le véritable patron du club s’appelle Marcel Saupin. Président du club de la Mellinet, le "Lion", tel qu’on le surnomme, porte le projet depuis le début et multiplie les contacts entre les différents clubs. La naissance du FC Nantes suit un scénario finalement très classique.
Si ce n’est que nous sommes en 1943. Toute la France est occupée par les Allemands. Toute? Disons une grande partie, dont Nantes qui n’a pas trouvé la potion magique pour résister encore et toujours à l’envahisseur. La Cité des Ducs compte alors environ deux cent mille habitants, et son industrie est florissante.
Les Allemands ne s’y sont pas trompés, qui ont réquisitionné - entre autres - le port et les Chantiers navals. On peut donc s’étonner que dans ce contexte de peur et de privations, quelques notables n’ont d’autre occupation (si l’on ose écrire) que de monter un club de football.
Longtemps la légende a laissé entendre que les réunions dans les arrière-salles de bistrots se sont déroulées dans le plus grand secret, au mépris des couvre-feux imposés par l’occupant. Lorsque furent ouvertes les archives de la ville au début du siècle actuel, on ne fut qu’à moitié surpris d’apprendre que les deux principaux dirigeants du club, Marcel Saupin et Jean Le Guillou, adhéraient à Collaboration, un groupe politique on ne peut mieux nommé, qui défendait l’idée selon laquelle la France devait se soumettre à l’occupant allemand pour accéder à la modernité.
Si l’adhésion de Saupin semble rester du domaine de la collaboration passive, celle de son ami Jean Le Guillou, premier président du FC Nantes, dépasse largement le cadre des petits arrangements. Son entreprise de bâtiments publics est régulièrement sollicitée par l’occupant pour des travaux d’envergure.
Le Guillou collabore activement et s’enrichit. La guerre lui permet d’acquérir des cabarets, des bijouteries et… ses chevaux de course. À la Libération, Le Guillou décide d’aller se faire oublier en Suisse, laissant le poste de président du FC Nantes à Saupin.
Il reviendra à Nantes quelques années plus tard à la faveur de la loi du 5 janvier 1951 qui amnistie les collaborateurs condamnés à de courtes peines. Il reprendra comme si de rien n’était l’activité de son entreprise, mise sous séquestre depuis 1945.
Le nom de Marcel Saupin restera très présent dans la mémoire nantaise. Lorsque l’ancien patron du club meurt en 1963, la ville de Nantes donne aussitôt son nom au stade. Ainsi le grand FC Nantes jouera pendant plus de vingt ans dans une enceinte qui portera le nom d’un illustre collaborateur.
Aujourd’hui, le centre tertiaire qui a pris place à côté de ce qui reste du stade (un gazon et une unique tribune remise à neuf) porte le nom d’Espace Saupin sans déclencher la moindre polémique.
Nantes, ville dont la prospérité doit essentiellement au commerce triangulaire, est restée célèbre grâce à un club de foot créé pendant la guerre par des "collabos". Heureusement, les équipes successives ont façonné au fil des années une image sportive plutôt positive, en pratiquant un football collectif et chatoyant (le fameux "jeu à la nantaise"), en privilégiant la formation plutôt que le recrutement, et en remportant de nombreux titres.
La Mellinet Aujourd'hui : Un Club Tourné vers l'Avenir
Les jeunes joueurs du club de la Mellinet attendent avec impatience le match FC Nantes - Juventus de Turin.
C’est l’histoire de deux clubs qui jouent en noir et blanc et possèdent un surnom en commun : « la Vieille dame ». Le sobriquet de la Juventus Turin, adversaire du FC Nantes en coupe d’Europe ce jeudi soir 16 février, rend hommage à sa longévité dans le football italien. Pour la Mellinet de Nantes, l’appellation est plus récente : « Un journaliste d’Ouest-France a dû le lancer pour la première fois, en nous comparant gentiment à la Juventus », glisse Antonio Cerqueira, secrétaire du club.
La Mellinet a fêté ses 120 ans l’année dernière, ce qui en fait, d’après son ancien président Jean-Luc Braud, « le cinquième plus vieux club français affilié à la Fédération française de football ».
La comparaison s’arrête malheureusement au surnom et aux tuniques. Aujourd’hui, alors que la Juventus Turin est cotée en bourse, le club nantais emploie trois personnes et existe grâce au dévouement d’une soixantaine de bénévoles. La Mellinet accueille chaque année près de 650 licenciés et compte des équipes jouant au plus haut niveau régional. Le club a aussi a ouvert une section féminine, avec 75 joueuses. Le FC Nantes que l’on connaît aujourd’hui est né en 1943 de la fusion de cinq clubs nantais, dont la Mellinet.
Les Disciplines et les Figures Marquantes du Club
Des disciplines d’origine, seul le tennis de table perdure. Nous sommes en 1896. La belle aventure commence lors de la fondation du patronage de Notre-Dame de Bon-Port, dans un local de la rue Arsène-Leloup.
« La section sportive est officiellement déclarée en 1902, rappellent les archives, sous le nom de Mellinet. À l’origine, l’œuvre, comme on l’appelait, comportait plusieurs disciplines : gym, musique, théâtre, athlétisme, ping-pong. Seule cette dernière a survécu. « Le foot n’est apparu qu’en 1913 », précise Jean-Pierre Piveteau, l’ancien président, en présentant des photos sur lesquelles les anciens s’amusent à demander : « Tu reconnais tes grands-parents ? Et de mentionner quelques faits et personnages marquants de « cette longue histoire partie pour durer ».
Outre les trois présidents du XXIe siècle, Jean-Yves Oliviero, Jean-Pierre Piveteau et désormais Xavier Lochon, deux autres sont restés dans les mémoires : Marcel Saupin, l’âme de la Mellinet de 1906 à 1942, avant de créer le Football-club de Nantes, et l’abbé Michel Audrain, de 1956 à 1969, « homme d’Église et de passion ».
La Mellinet a été le premier club nantais à s’équiper d’installations électriques, au début des années 1950. Les joueurs du FCN venaient d’ailleurs s’y entraîner à la lueur des projecteurs. » Guy Noblanc et Jacky Nénon parlent d’une seule voix. Le premier, 83 ans, a signé sa première licence en 1950. L’attaquant de pointe y est resté une vingtaine d’années.
Commence une longue éclipse de presque trente ans. « J’ai fait mon retour à l’âge de 60 ans, ravi de retrouver mes vieux copains, appelés désormais les Tamalous, sourit le doyen du club. Dix années au cours desquelles je participais à la formation des débutants, pour le simple plaisir de voir cette belle jeunesse pleine d’enthousiasme s’épanouir. Jusqu’à ce que mes genoux crient stop !
Quant à Jacky Nénon, 78 ans, il détient « le record de longévité non-stop des joueurs du club ». Il a débuté à 13 ans, « milieu de terrain par tempérament », et a évolué dans toutes les catégories d’âge jusqu’à ses 57 ans : « J’ai alors intégré l’école de foot du club, pour aider les éducateurs brevetés, tous les mardis soir et samedis matin. Avant, passion oblige, de rechausser les crampons en supervétérans. Jusqu’à mes 72 ans.
Les deux hommes continuent à partager des moments festifs au club avec leurs copains de toujours Ces jours-ci, ils s’affairent à bichonner les installations, « pour que tout soit nickel lors de la fête ».
L'Évolution du Football et les Défis Actuels
L’occasion pour eux d’analyser « l’évolution du foot depuis les années 1950 », de faire part de leurs observations, « pêle-mêle, comme ça vient, un peu comme on jouait à l’époque ! Un constat : « Le foot lui-même a changé. Il est plus technique et physique. Il faut être en super-condition, ça va au-delà du plaisir de jouer.
Le ballon à lacets, avec vessie à l’intérieur ? Les terrains ? « Des champs d’herbe. Les stabilisés n’existaient pas encore. » Les vestiaires ? « Des cabanes, au mieux. À la Mellinet, on a été les premiers à avoir l’eau, qui arrivait par un tuyau ! Froide, évidemment.
Et pourtant, « c’était la sortie du dimanche : il n’y avait pas de télé. Peu de familles avaient une voiture. La section foot n’a que 109 ans, mais c’est bien elle qui sera à l’honneur, samedi, lors de la fête anniversaire des 120 ans de la Mellinet.
Au fil des ans, elle est devenue un gros club. « Cette saison on était 688 licenciés, calcule Xavier Lochon, le président. Dont 56 dirigeants bénévoles qui ne comptent pas leurs heures tant leur engagement est chronophage. Nous sommes plusieurs à doubler notre temps de travail.
« Notre implantation entre les quartiers et le centre-ville nous impose de cultiver une dimension sociale importante, insiste Xavier Lochon. Nos effectifs sont issus de quelque quarante nationalités différentes. Cette mixité exige des éducateurs une grande disponibilité et de belles aptitudes de gestion humaine. Et ça marche !
Le club est contraint chaque année de refuser en entre 150 et 200 demandes d’inscription. Un crève-cœur. Mais il ne dispose que d’un terrain. « Privé, il appartient à l’évêché, rappelle Xavier Lochon. Mais il bénéficie des aménagements de la ville de Nantes, qui a récemment posé une pelouse synthétique nouvelle génération. Elle permet par ailleurs à plusieurs de nos équipes de disputer leurs matchs sur des terrains municipaux.
Et tout ce petit monde sera à la fête samedi. Après la cérémonie officielle (à 11 h) viendra le temps des matchs très amicaux. Les anciens du FCN, dont de nombreux coéquipiers d’Olivier Quint, affronteront les seniors du club.
La Mellinet, forte de son histoire et de ses valeurs, continue de jouer un rôle essentiel dans le paysage footballistique nantais, en formant de jeunes talents et en promouvant le sport pour tous.
Tableau Récapitulatif des Événements Clés de l'Histoire de la Mellinet
| Année | Événement |
|---|---|
| 1896 | Fondation du patronage de Notre-Dame de Bon-Port |
| 1902 | Déclaration officielle de la section sportive Mellinet |
| 1913 | Apparition de la section football |
| 1943 | Participation à la création du FC Nantes |
| 1950's | Premier club nantais à s'équiper d'installations électriques |
