L'Histoire Fascinante du Trophée de la Coupe du Monde de Football

Le Red Star FC affronte Rodez ce soir au Stade Bauer ! L'Étoile Rouge, actuellement 14e au classement, est au coude à coude avec Rodez 15e. Un point sépare les deux équipes, mais saviez-vous que le Red Star et Rodez ont partagé l'un des liens les plus étonnants qui ont changé le monde du football tel que nous le connaissons aujourd'hui ?

Tout commence au milieu des années 1880, après que Jules Rimet, le futur secrétaire et président du Red Star, quitte sa ville natale de Theuley-les-Lavoncourt pour étudier à Paris à un jeune âge. Il cherche souvent des endroits tranquilles pour rêver et être avec ses amis d’école lorsque les journées sont longues.

Avance rapide jusqu’en 1928. Jules Rimet, devenu président de la FIFA, obtient enfin le feu vert pour l’ambitieux championnat du monde de football qui doit se dérouler à Montevideo, en Uruguay. Afin de réaliser son rêve de diffuser du football à l’ensemble de la planète, l’une des clés réside dans le couronnement de cette série de championnats par un trophée digne de ce nom.

Ce trophée doit être exactement comme il l’avait imaginé lorsqu’il était un garçon assis sous cet arbre dans la cour de l’école. En approchant du Pont de Sèvres, au bout d’une rue, se trouve un vieil atelier sombre, délabré et faiblement éclairé. On frappe à la porte du 41 rue de Sèvres, à Boulogne-sur-Seine (aujourd’hui Boulogne-Billancourt).

L’occupant de cette adresse est Abel Lafleur, ancien élève aveyronnais des Beaux-Arts et des Arts et Métiers, qui vit et travaille comme sculpteur et médailleur de renom. Abel est loin de se douter qu’en ouvrant sa porte, il façonnera le cours de l’histoire du football pour des milliards de personnes dans le monde entier, et liera le Red Star FC et Rodez pour toujours !

Abel ouvre la porte et aperçoit Jules Rimet. Ils échangent des salutations et, soudain, Rimet se lance dans un discours visionnaire : « Mon cher Lafleur, la coupe doit être en or massif, non par ostentation, mais comme un symbole. La Coupe du monde doit être le premier des événements et l’or est le symbole de la primauté ».

Dans le sac de Rimet se trouvent 50 000 francs (1928), soit 36 532,88 euros d’aujourd’hui ! Au cours des mois suivants, Abel réfléchit, esquisse diverses formes et idées basées sur sa formation et son inspiration des Beaux-Arts et des Arts et Métiers, allant même au Musée du Louvre pour étudier Niké de Samothrace. Il commence ensuite à donner vie à ces dessins en ciselant le bois et en sculptant l’argile.

Finalement, le projet de Lafleur dans sa version finale est une statuette en or représentant Niké, la déesse grecque de la victoire, tenant une coupe octogonale au-dessus de sa tête, les ailes déployées, avec une guirlande autour du cou. Le trophée mesure 35 cm de haut, pèse 3,8 kg et a été réalisé en or massif, avec un socle bleu en pierre semi-précieuse (lapis-lazuli) pesant 4 kilos. Le trophée s’appelle simplement « Coupe du monde » et est rebaptisé « Coupe Jules Rimet » en 1946.

Rimet et Lafleur se tiennent devant le trophée, en admiration, et avec une simple poignée de main et un signe de tête, Rimet ramasse soigneusement le trophée, le plaçant dans une valise spéciale conçue pour le voyage en Uruguay. Rimet a ensuite chargé l’équipe de France de protéger le précieux trophée pendant le voyage sur le Conte Verde, au départ de Villefranche-sur-Mer.

James Brown est un Américain qui vit en Seine-et-Marne depuis 23 ans. Sa passion pour le football et son histoire lui vient d’une longue lignée de footballeurs et de rugbymen dans sa famille depuis 100 ans. Il est l’auteur d’un livre sur l’histoire sportive de sa famille, Mud, Blood and Studs. James est actuellement vice-président de la Society for American Soccer History (S.A.S.H), et s’emploie à promouvoir, faciliter et diffuser la recherche sur la riche histoire du football aux États-Unis et à favoriser les relations dans le monde entier. Il est un expert de la Coupe du monde de 1930, de l’histoire du football américain et un chercheur passionné des Amériques et de l’Europe. Son grand-père, Jim Brown, a joué pour l’équipe nationale masculine des États-Unis lors de la Coupe du monde de 1930, où il a remporté la troisième place. Il a ensuite joué à Manchester United, Tottenham Hotspur et Brentford en Angleterre avant la Seconde Guerre mondiale.

Les trophées de football sont plus que de simples objets. Ils incarnent la gloire, la victoire et l'histoire. Cet article explore les plus grands trophées du monde du football, de leurs origines à leurs anecdotes les plus marquantes.

La Coupe Jules Rimet : Le Premier Trophée de la Coupe du Monde

Le premier trophée de la Coupe du Monde, commandé par la FIFA au sculpteur français Abel Lafleur, est baptisé Coupe Jules Rimet en 1946 en hommage au père fondateur de la Coupe du Monde de la FIFA. Il représentait la déesse de la victoire tenant un calice octogonal au-dessus d’elle.

La Coupe Jules Rimet

Une Histoire Mouvementée

La Coupe Jules Rimet a vécu une histoire mouvementée, à commencer par son séjour dans une boîte cachée sous un lit pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1966, elle est volée lors d’une exposition en Angleterre.

A l’époque, le règlement de la FIFA stipulait que tout pays vainqueur de la compétition à trois reprises devenait propriétaire du trophée. C’est ainsi qu’en 1970, le Brésil est reparti avec la coupe dans ses bagages.

Le 19 décembre 1983, le trophée va de nouveau être dérobé par des malfrats qui forcent l’arrière de l’armoire avec un pied-de-biche. Cette fois, on ne retrouvera jamais la coupe. Sans doute a-t-elle été fondue pour récupérer l’or. Quatre hommes seront condamnés par contumace. La CBF a fait faire une réplique, qui n’a en rien consolé les amoureux du football.

Le Trophée Actuel

Actuellement le trophée constitue en fait la deuxième génération de la prestigieuse distinction. A la suite du nouveau règlement, le trophée original reste la propriété de la FIFA et n’est plus remis aux champions du monde.

L’authentique et unique trophée de la Coupe du Monde de la FIFA mesure 36,8 centimètres de haut, pèse 6,175 kilogrammes et est en or 18 carats.

Depuis le 12 septembre 2013, le trophée a entamé un tour du monde, largement orchestré par une célèbre marque de boisson gazeuse. Elle est précieusement gardée par une vingtaine de membres de la FIFA pendant ce périple. Dans les villes où elle est exposée, sous une cloche de verre, les supporters ont droit de poser en photo à coté d’elle mais ne peuvent en aucun cas la toucher. Seuls les anciens champions du monde et les chefs d’Etat bénéficient de ce privilège.

Avec le nouveau règlement de la FIFA, "le trophée n’est plus remis aux champions du monde. A la place, ceux-ci se voient offrir une réplique en plaqué or".

La Coupe aux Grandes Oreilles : Le Trophée de la Ligue des Champions

The story behind the UEFA Champions League trophy

On connaît bien le design du prestigieux trophée, facilement reconnaissable avec ses anses immenses qui lui valent le surnom de "Coupe aux grandes oreilles" en France ("Big ears" en anglais et "La Orejona" en espagnol). Mais il n’a pas toujours eu cette allure.

Au début des années 1950, des journalistes de L’Equipe commencent à évoquer la création d’une compétition réunissant les meilleurs clubs européens. Le projet voit le jour en 1955 et L’Equipe fournit à l’UEFA le trophée de cette compétition, alors appelée Coupe d’Europe des clubs champions.

En 1966, le Real Madrid remporte sa sixième C1 en onze éditions. Sous l’impulsion de Hans Bangerter, le secrétaire général de l’UEFA de l’époque, l’instance fait appel à la maison Bijoux Stadelmann, basée à Berne, en Suisse, siège de l’UEFA à l’époque.

L’UEFA commande à l’artisan-joaillier Jörg Stadelmann un trophée d’une valeur de 10.000 francs suisses, soit 6.500 euros de nos jours. "Avec mon père Hans, nous nous sommes rendus au bureau de M. Bangerter et nous avons recouvert le sol avec nos dessins. Il nous a décrit les préférences des Bulgares, des Espagnols, des Italiens, des Allemands et j'en passe. Nous avons superposé les dessins comme un puzzle", explique Jörg Stadelmann.

Dans les colonnes du quotidien Berner Zeitung, Nicole Stadelmann, la fille de Jörg Stadelmann qui dirige l’entreprise familiale depuis 2005, se rappelle des exigences de l’UEFA. Il fallait que le trophée soit pourvu de deux anses "pour que les vainqueurs puissent le soulever confortablement". Et l’intérieur de la coupe devait pouvoir contenir "trois ou quatre bouteilles de champagne", et on devait pouvoir facilement boire avec.

Il a fallu 340 heures de travail à la maison Stadelamnn pour forger ce trophée. "J'ai rempli mon contrat et le graveur Fred Bänninger a apporté les finitions. Dans les temps, je tiens à le préciser", insiste Jörg Stadelmann. Le Celtic Glasgow, vainqueur de l’Inter Milan le 25 mai 1967 (2-1), a été le premier club à soulever la Coupe aux grandes oreilles.

Les règles de l’UEFA qu’il n’y a que dans deux cas qu’un club peut conserver définitivement le trophée (jusqu’en 2009). La coupe est donnée aux clubs qui remportent cinq fois la C1 et aux clubs qui remportent trois de suite la C1. Quand cela arrive, un nouveau trophée est commandé.

C’est arrivé cinq fois. Après le Real Madrid, c’est l’Ajax Amsterdam de Johan Cruyff qui a eu droit de garder la coupe après ses sacres de 1971, 1972 et 1973. Puis, ce fut le tour du Bayern Munich de Franz Beckenbauer (1974, 1975 et 1976). L’AC Milan a été récompensé après sa 5e victoire en 1994 (après 1963, 1969, 1989 et 1990).

Depuis 2006 - année qui marquait le 50e anniversaire de la Ligue des champions, comme on l'appelle depuis 1992-, les vainqueurs soulèvent un trophée confectionné par l’entreprise Bertoni, basée à Milan en Italie. Une maison très reconnue dans le monde, puisqu’elle a aussi forgé le trophée de la Coupe du monde, celui de la Ligue Europa, celui de la Supercoupe d’Europe et celui de la Coupe d’Afrique des Nations notamment.

La coupe actuelle fait 73,5 centimètres de haut, pèse 7,5 kilos. Guerrino Giorgi, 78 ans, est à la baguette. "Le trophée est entièrement fait en argent", promet-il. Et contrairement à l’ancienne version, figurent sur cette coupe les noms de tous les clubs qui l’ont remporté auparavant.

"Les éléments les plus importants et complexes sont les anses. Il faut 15 jours pour les faire", poursuit Guerrino Giorgi.

Les Moments Clés de l'Histoire de la Coupe du Monde

La rédaction de Paris Match a sélectionné vingt photos de légende pour raconter l'histoire de la Coupe du Monde. La "Céleste" uruguayenne, meilleure équipe du monde, championne olympique 1924 et 1928, remporte à domicile la compétition face à l'Argentine (4-2).

L'Italie de Vittorio Pozzo, seul entraîneur deux fois vainqueur du trophée, succède au palmarès à l'Uruguay en remportant les deux éditions suivantes. A domicile en 1934, sous les yeux de son leader Benito Mussolini, elle bat la Tchécoslovaquie en finale après avoir éliminé l'Espagne en match d'appui (1-1, puis 1-0), en quarts de finale, puis en demies l'Autriche (1-0) de Matthias Sindelar, le "Mozart du football", symbole de la "Wunderteam" autrichienne. En 1938, l'Italie récidive avec Silvio Piola et Giuseppe Meazza. Elle vient à bout de la Hongrie en finale (4-2), après avoir éliminé l'hôte français en quarts de finale (3-1). Le Brésil atteint pour la première fois les demi-finales, il reviendra souvent à ce niveau (11 fois dans le dernier carré).

Mais le pays où le football est roi attend toujours son sacre. Les Brésiliens pensent enfin être couronnés en organisant la Coupe du monde, en 1950, mais ils vont vivre une terrible désillusion: le "Maracanazo", le drame du Maracana, en s'inclinant au dernier match contre l'Uruguay (2-1), sous un torrent de larmes.

Lors de la seule édition conclue par une poule de quatre, la Seleçao marche sur la Suède (7-1) et l'Espagne (6-1), de sorte qu'un nul lui suffit contre la Céleste, le 16 juillet 1950. Mais malgré le but de Friaca (47), le Brésil va perdre, comme toutes les équipes ayant ouvert le score en finale depuis 1930. Juan Schiaffino (66) fait trembler les Brésiliens et Alcides Ghiggia les crucifie en trompant le malheureux gardien Barbosa (79) qui, toute sa vie, entendra parler de ce but maudit.

En 1954 encore, en Suisse, l'immense favori s'incline en finale. La merveilleuse Hongrie de Ferenc Puskas, l'une des plus belles équipes de tous les temps, marche sur tout le monde, y compris la République fédérale d'Allemagne en poules (8-3), mais bute sur la dernière marche, contre la même RFA (3-2), après avoir pourtant mené 2-0 au bout de huit minutes!

Pour les Allemands, ce succès marque un grand retour dans le concert des nations, neuf ans après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale.

Le tour du Brésil arrive enfin en 1958, par la grâce d'un prince de 17 ans, Pelé, vite sacré roi. La Seleçao termine sa démonstration par deux 5-2, en demies contre la France de Raymond Kopa et Just Fontaine (13 buts en un tournoi, record absolu), pour la première fois demi-finaliste, et la Suède, pays organisateur. La tradition est respectée: le finaliste malheureux ouvre le score, par Nils Liedholm, avant de s'écrouler.

Ce succès lance le règne du Brésil qui remporte ensuite les éditions de 1962 au Chili et de 1970 au Mexique, avec encore et toujours Pelé, seul footballeur trois fois champion du monde.

Dans les Andes, Pelé ne peut pas aller au bout du tournoi, blessé au deuxième match contre les Tchécoslovaques. Les deux équipes se retrouvent au bout de la compétition et la Tchécoslovaquie rejoint la Hongrie dans le club des maudits: deux finales de Coupe du monde perdues, sans jamais gagner le trophée. Bien sûr, ils ont ouvert le score, par Josef Masopust, avant de s'incliner (3-1). En 1966, Pelé est encore freiné, mais cette fois irrégulièrement. Agressé plusieurs fois par le Bulgare Dobromir Jetchev (2-0), Pelé manque le match suivant mais revient, sur une jambe, pour le choc décisif contre le Portugal (3-1) où João Morais achève les sombres œuvres de Jetchev.

C'est donc l'Angleterre qui triomphe à Wembley lors d'une finale à sensation contre la RFA (4-2 a.p.), marquée par le triplé de Geoff Hurst, le seul à ce niveau de la compétition. Dont le but du 3-2, très controversé: on n'a jamais su si sa frappe, qui avait heurté la transversale (101), était entrée ou non.

Cette édition est aussi marquée par la Corée du Nord, qui surprend l'Italie (1-0) et va jusqu'en quarts de finale où elle est éliminée par un Portugais génial: Eusebio, auteur d'un quadruplé pour éliminer les Nord-Coréens au terme d'une "remontada" mémorable (de 0-3 à 5-3).

Le triomphe final de Pelé advient au Mexique, où un Brésil de légende empoche définitivement le trophée ailé grâce à sa troisième victoire. En finale contre l'Italie (4-1), et pour la première fois, le futur vainqueur ouvre le score, mettant fin à une étrange malédiction.

Cette campagne mexicaine est jalonnée d'autres exploits du Roi Pelé, notamment un "air ball" pour un grand pont sur le gardien uruguayen en demi-finale (3-1), une frappe d'un souffle à côté depuis son propre camp contre la Tchécoslovaquie (4-1), en poules, ou encore cette sublime passe aveugle pour le dernier but en finale, signé Carlos Alberto (86).

Le Mundial mexicain est aussi celui du "match du siècle", un Italie-RFA en demi-finales avec cinq buts en prolongation (4-3 a.p. pour la "Nazionale").

L'ère "samba" brésilienne laisse place à l'allemande, qui applique une certaine "realpolitik" au football. En 1974, la RFA de Franz Beckenbauer terrasse en finale les Pays-Bas de Johan Cruyff (2-1) et leur révolutionnaire football total. Les "Oranje" ont pourtant ouvert le score dès la deuxième minute, sur un penalty de Johan Neeskens obtenu par le génie aux jambes et aux cheveux longs.

Les Néerlandais avaient survolé les poules demi-finales en assommant tous leurs adversaires, l'Argentine (4-0), la RDA (2-0) et le Brésil (2-0), mais ils calent en finale.

Cette édition voit aussi apparaître sur l'échiquier la Pologne, emmenée par Grzegorz Lato, troisième, une médaille de bronze qu'elle obtiendra aussi en 1982.

En 1978, les Pays-Bas connaîtront le malheur de perdre une seconde finale de rang, sans Cruyff, qui boude. Ils sont à nouveau battus par le pays organisateur, l'Argentine (3-1), devant la statue de cire du dictateur Jorge Videla et à cause de Mario Kempes, auteur d'un doublé.

La domination germanique reprend avec les "eighties". Les Allemands, champions d'Europe en 1980, vont disputer trois finales mondiales de rang, mais ils ne remportent que celle de 1990.

En 1982, l'Italie de Paolo Rossi s'impose (3-1) au terme d'un parcours heurté, la "Nazionale" se réveillant en même temps que son buteur. Après trois nuls au premier tour, l'Italie n'élimine le débutant Cameroun que par la grâce d'un but marqué de plus (2 contre 1)!

Dans les poules quarts de finale, elle domine l'Argentine (2-1) puis le Brésil (3-2), avec un triplé de Rossi. Avec aussi un doublé en demies contre la Pologne (2-0) et encore un but en finale contre l'Allemagne (3-1), l'Italien termine meilleur buteur (6 buts) et finira Ballon d'Or.

Le Mundial 1982 est aussi marqué par l'échec du pays-hôte, l'Espagne. La Roja ne gagne qu'un seul match, contre la Yougoslavie (2-1), perd contre l'Irlande du Nord (0-1), cale contre le modeste Honduras (1-1) et disparaît au deuxième tour.

L'Allemagne étale son réalisme en se qualifiant malgré une défaite surprise contre l'Algérie (1-2), par le biais d'un succès bien arrangeant contre l'Autriche (1-0), un "match de la honte" qui a beaucoup fait jaser. Les Allemands montrent aussi leurs nerfs d'acier en remontant en demi-finale la France de Michel Platini qui menait 3-1 (3-3, 5 t.a.b. à 4), à Séville. Un match resté dans l'histoire, pour son scénario et la charge impunie d'Harald Schumacher sur Patrick Battiston (qui finit sur une civière).

En 1986, la RFA perd encore en finale, cette fois contre l'Argentine (2-3), portée par le joueur qui a le plus nettement survolé, tout seul, une Coupe du monde, Diego Maradona.

Le "Pibe de oro" marque cinq buts, dont deux doublés contre l'Angleterre en quarts (2-1) et la Belgique en demies (2-0). Les deux buts face aux Anglais sont restés dans l'histoire: le premier, horrible, marqué de la main et non signalé par l'arbitre; le second, magnifique, quatre minutes plus tard, en dribblant toute la défense et le milieu anglais.

En 1986, c'est aussi la première qualification d'une équipe africaine pour le deuxième tour. Le Maroc domine un groupe où figurent l'Angleterre, le Portugal et la Pologne.

En finale, Maradona est surveillé de près par les Allemands mais il s'échappe une fois pour donner le but de la victoire à Jorge Burruchaga (84), alors que la RFA venait de revenir de 0-2 à 2 partout.

En 1990, le génial N.10 guide encore l'Argentine en finale, mais cette fois l'Allemagne prendra sa revanche (1-0), pour sa troisième finale de rang. C'est la première fois que le finaliste ne marque pas, le début d'une mauvaise habitude, car seule la France, battue en finale en 2006 (1-1, 5-3 t.a.b.) par l'Italie, y parviendra.

Les autres héros de 1990 sont les Lions Indomptables du Cameroun, portés par un buteur de 38 ans, Roger Milla (4 buts), premiers quarts de finalistes du continent africain, battus par l'Angleterre (3-2 a.p.).

Ce "Mondiale" italien annonce deux décennies d'un football plus austère et calculateur. En 1994 aux États-Unis, pour la première fois, aucun but n'est marqué en finale et le Brésil s'impose aux tirs au but contre l'Italie (0-0, 3-2 t.a.b.) quand la frappe de Roberto Baggio, le meilleur joueur italien, s'envole dans les nuages.

La surprise de la compétition est bulgare, personnifiée par Hristo Stoitchkov, co-meilleur buteur du tournoi avec le Russe Oleg Salenko (6 buts), auteur du seul quintuplé mondial contre le Cameroun (6-1).

L'Europe va remporter toutes les Coupes du monde suivantes, sauf en 2002 (Brésil). En 1998, la France triomphe à domicile en corrigeant le Brésil en finale (3-0), grâce à un doublé de Zinédine Zidane . Après avoir survolé un premier tour à leur main (Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Danemark), les Bleus abattent en 8e le Paraguay, soit la première victoire au but en or de l'histoire de la compétition (1-0 b.e.o.), à cinq minutes des penalties.

La France tombe ensuite l'Italie en quarts (0-0, 4-3 t.a.b.) puis la Croatie en demies (2-1) grâce aux deux seuls buts de Lilian Thuram en 142 sélections!

Ronaldo et le Brésil remportent en 2002 la dernière victoire sud-américaine, au coeur d'un implacable règne européen sur la compétition. "Il Fenomeno" claque huit buts, une performance digne du football d'un autre temps, dont les deux de la victoire finale sur l'Allemagne (2-0).

L'hôte sud-coréen fait sensation, signant la première demi-finale du continent asiatique, pour la première co-organisation (Japon/Corée du Sud). Les "guerriers taeguk" de Guus Hiddink éliminent l'Italie (2-1 b.e.o.) en 8e et l'Espagne (0-0, 5-3 t.a.b.) en quarts, non sans polémiques arbitrales, avant de buter sur l'Allemagne (0-1).

En 2006 et 2010, la finale est 100% européenne. L'Italie et la France se retrouvent à Berlin, où Zidane précipite la chute des siens, qu'il a pourtant portés jusque là par son talent. Zizou est exclu pour un coup de boule à Marco Materazzi, l'une des images les plus célèbres de l'histoire de la Coupe du monde.

La Nazionale est portée par une défense de fer, commandée par Fabio Cannavaro, et un gardien fabuleux, Gianluigi Buffon. Elle triomphe une quatrième fois.

Ce Mondial allemand est aussi marqué par la "bataille de Nuremberg" entre les Pays-Bas et le Portugal. Bilan: quatre cartons rouges et 16 jaunes (!), pour une victoire à la Pyrrhus des Lusitaniens (1-0).

En 2010, pour le premier tournoi africain, en Afrique du Sud, l'Espagne et les Pays-Bas portent l'Europe sur le toit du monde. La génération dorée de Xavi et Andrés Iniesta, buteur en finale, est sacrée dès sa première finale (1-0 a.p.), bouchant un grand trou au palmarès de cet immense pays de football. Inconsolables, les Pays-Bas de Wesley Sneijder et Arjen Robben perdent une troisième finale (sur trois), après celles de 1974 et 1978.

Côté sombre, la France se couvre d'opprobre, sous les yeux du monde entier, quand ses joueurs font grève et refusent de descendre de leur bus à Knysna.

Côté lumière, le Ghana frôle la première demi-finale d'un pays africain, mais Asamoah Gyan manque le penalty qui aurait envoyé les Black Stars dans l'histoire, et l'Uruguay du roublard Luis Suarez atteint le dernier carré (1-1, 4-2 t.a.b.).

En 2014, l'Europe s'impose encore, mais pour la première fois sur le continent sud-américain, car l'Allemagne vient à bout de l'Argentine de Lionel Messi (1-0 a.p.). Sur sa route, elle a infligé au Brésil la pire défaite de son histoire, un terrible 7-1 en demi-finale, le "Mineirazo", dans le stade de l'Atletico Mineiro à Belo Horizonte.

Dans ce tournoi, l'Angleterre et l'Italie passent à la trappe ensemble au premier tour, éliminées par l'Uruguay et la sensation costa-ricienne du gardien Kaylor Navas qui ira jusqu'en quarts, battue par les Pays-Bas (0-0, 4-3 t.a.b.).

Avec quatre victoires, l'Allemagne rejoint l'Italie, à une longueur du Brésil.

Joueur Nombre de titres
Karim Benzema 34
Kingsley Coman 28
Franck Ribéry 25
Raphaël Varane 22
Blaise Matuidi 21
Kylian Mbappé 20

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