L’arrivée du rugby à Périgueux commence vers 1892 avec le jeu de la « barrette », initié par le docteur Tissié de Bordeaux. Ce sport, pratiqué lors des lendits (foire de juin) consistait à porter une barrette (vessie ovale) entre ses mains au-delà de la ligne adverse ou bien de la faire passer au-dessus d’une corde tendue à 3 m du sol. L’équipe sportive du Lycée de Garçons (Bertrand de Born), appelée « les Bleuets », lance la pratique de ce sport dans le département.

Les débuts du CAP Rugby
Roger Dantou (1880-1939) est l’un des membres fondateurs du CAP Rugby en 1901. Le 14 avril de la même année, le CAP joue son premier match face à Bordeaux et devient le premier club de rugby en Dordogne.
C’est Roger Dantou qui porte sur les fonts baptismaux le Club Athlétique Périgourdin le 15 mars 1901. C’est le premier club de rugby de Dordogne. Bergerac et Le Bugue n’auront une équipe qu’un an plus tard.
En 1910, Roger Dantou crée le comité du Périgord Agenais et devient l’un des deux membres fondateurs de la FFR en 1919, dont il sera le 2ème Président (1928-1939). Fondateur historique, il est une des figures principales du rugby hexagonal : en 1910, il fonde le comité Périgord-Agenais. En 1919, il participe à la création de la Fédération française de rugby puis en 1931, à celle de la Fédération internationale de rugby amateur.
Ce sont deux amis du lycée de Périgueux (aujourd’hui Bertran-de-Born) qui implantent le rugby en Dordogne : Roger Dantou et Roger Magnanou. En 1892, ils fondent la première équipe qui prendra le nom de l’association sportive du lycée, les Bleuets, ancêtres du CAP.
Une histoire riche en événements
120 années d’existence donc, faites de hauts et de bas, bien loin d’être un long fleuve tranquille mais qui ont démontré que tel un vieux chêne du Périgord, le CAP était bien enraciné dans sa ville, dans son territoire. On dirait aujourd’hui, qu’il est prêt à affronter toutes les tempêtes, déterminé à ne pas mourir et à vivre encore longtemps. Mais pour cela, il aura fallu qu’une femme et des hommes s’investissent à corps et fonds perdus quand ce fut nécessaire pour que le vieux club périgourdin ne meure pas. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés.
A ces débuts, les Magnanou, Dantou qui présida la FFR, Cornut, Dulac, Deschamps, Latreille, Marchet, Peyrou, Giraudeau, Bornet entre autres, joueront un rôle primordial pour installer le CAP dans le paysage rugbystique français. Et ce, en dépit des difficultés dues aux deux guerres mondiales de 1914-1918 et de 1939-1945.
Entre-temps, Pierre Andrieu a repris le CAP, en 1918, et a fondé son école de rugby. La plupart des joueurs des décennies suivantes en sortiront. Mais en 1939, le CAP et le Copo fusionnent et deviennent l’Union Sportive Périgourdine.
C’est après la guerre et sa scission avec le COPO que le CAP va devenir un des plus grands clubs de l’hexagone. Un homme aura à cette époque un rôle essentiel et capital, c’est Pierre Andrieu. Lui qui fut joueur puis capitaine de l’équipe première de 1918 à 1930, puis entraineur de 1930 à 1945, et enfin Président de 1949 à 1971, soit 22 années à la tête du club, un record jamais atteint depuis, aura été le fondateur du CAP de l’ère moderne. C’est sous sa présidence que notre vieux club connaitra un véritable essor en se structurant et en obtenant de remarquables résultats sportifs.
À la fin de la guerre, Pierre Andrieu reprend les rênes et s’écrit : « Il faut que le CAP revive ! »
ANTOINE DUPONT : l'ascension d'un génie du rugby
Les anciens en parlent avec des trémolos dans la voix : des années 1950 aux années 1970, le CAP fait partie des plus grands du rugby.
L’équipe première se qualifiait quasiment tous les ans pour les fameux seizièmes de finale. Les quarts de finale seront même atteints à deux reprises en 1952 et en 1958. Sans oublier les titres de champion de France pour les juniors Crabos en 1960, les juniors Reichel en 1966 et l’équipe 2 appelée alors réserve en 1969. On ne compte plus les joueurs qui ont été internationaux A ; B ; Espoirs, militaires ou juniors et scolaires sans parler des sélections en comité du Périgord Agenais. La Bille comme il était surnommé fut un très grand Président dont on parle encore aujourd’hui avec affection et une certaine nostalgie.
| Période | Réalisations Notables |
|---|---|
| Années 1950-1970 | CAP parmi les plus grands clubs de rugby |
| 1952 & 1958 | Quarts de finale atteints |
| 1960 | Champion de France Juniors Crabos |
| 1966 | Champion de France Juniors Reichel |
| 1969 | Champion de France Équipe 2 (Réserve) |
Les témoignages
« Les joueurs nous faisaient rêver quand nous étions gamins, se souvient Sylvain Salleron, qui appartient [NDLR : en 2011] au comité directeur du club. Pourtant à 15 ans, c’est au Copo que je jouais. Mais le CAP était l’équipe phare du département. »
Jean-Claude Bonnal, qui connaît le CAP de cette époque à travers les archives et les témoignages, parle « d’une grosse puissance de jeu, avec un énorme pack ».
Louis Jarry a signé comme troisième ligne en 1961 : « C’était l’amitié qui faisait vivre le club, la solidarité. Peut-être que ça existe encore aujourd’hui. »
André Bonin était talonneur dans les années 1960, « l’âge d’or du CAP » selon Jean-Claude Bonnal, historien amateur et mémoire du club. À cette époque, le club a déjà une longue histoire derrière lui.
Les présidents et les défis récents
Depuis, plusieurs présidents se sont succédé avec des fortunes diverses mais dont l’engagement pour le club ne peut être démenti. Que ce soit Noël Balout, André Moulinier, Etienne Migot, Henri Vincent, Jacky Fort, Jean-Jacques Puech, Jean Louis Gounou, Jean Marie Rigaud, Jacky Clément… Puis le premier triumvirat de l’histoire du club avec Francis Bordas, Jacky Clément et Jacques Vergnaud. Ou encore le premier duo avec Francis Bordas et Jacques Vergnaud.
Puis Francis Bordas seul, Gérard Mouret, Francis Roux pour un premier sauvetage en 2002, Michel Macary, puis le duo Michel Macary et Francis Roux, puis un nouveau duo Édouard Reinhart et Stéphane Turban, puis Edouard Reinhart seul, puis Claudette Moreau et de nouveau Francis Roux pour consolider le sauvetage du club entrepris par Claudette.
Des dernières années très difficiles qui a vu le club rétrogradé administrativement pour raisons financières et connaitre un niveau jusqu’alors jamais connu en Fédérale 3 puis 2. Le CAP ayant toujours été en première division exceptée la saison 1987-1988.
Dans les années 1980, le CAP marque le pas et se cherche. “Sud Ouest” vous met chaque semaine au défi de retrouver les grands noms et les moments de l’histoire du CA Périgueux.
Le comité directeur du CAP en 1905-1906.
« C’est toute ma vie. J’ai été formé par l’école du club. Et quand je suis passé dans l’équipe première, le CAP jouait les premiers rôles dans le championnat. »
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