Carmaux Rugby : Champion de France et un Palmarès Mémorable

Le rugby est implanté à CARMAUX depuis 1921. L'Union Sportive Carmausine (USC) a marqué l'histoire du rugby français avec plusieurs titres et un parcours riche en émotions. Retour sur les moments clés de ce club emblématique.

Bouclier de Brennus

US Carmaux Rugby Tribute 2011/2012

Les Débuts du Rugby à Carmaux

À l’aube du XXème siècle, le Tarn enregistre une éclosion de clubs particulièrement entre 1901 et 1914.

  • L’industrialisation (le Football Club Carmausin et l’Olympique de Carmaux) (1907) qui deviendront Union Sportive Carmausine en fusionnant en 1940.
  • Le Foot Ball Club Association de Saint-Juéry (1908).
  • Mazamet, le Foot Ball Club Cagnacois 1919.
  • Le S.C. F.C.
  • F.C. O. Juniors B.

Une opposition se fait jour entre le Foot et le Rugby, entre les pratiques des banlieues ouvrières et les villes et les villages.

L'Olympique de Carmaux, club patronné par la Société des Mines avait son siège au "Café de la Poste", puis au "Café de la Comédie", et sous les couleurs rouge et noir, pratiquait sur le stade des Mines qui deviendra plus tard "Les Amouriès" les doubles activités du football et du rugby.

Le Football Club Carmausin était lui patronné par la Municipalité.

Cette société sportive rattachée à la Fédération Française de Rugby et à la Fédération d'Athlétisme avait vu le jour en 1922.

Son siège se trouvait au "Café de la Paix", place Jean Jaurès.

Avec ses couleurs vert et noir, elle évoluait sur le stade de Solages.

A l'Olympique, des joueurs tels que Escribe et Ceseau furent internationaux.

Au Football Club, Augustin Malroux, Jean Vareilles s'illustrent à la tête de l'équipe fanion.

Il devint nécessaire de trouver une solution pour mettre fin à ces luttes fratricides.

C'est dans un esprit alliant la sportivité et la sagesse que fût signé l'acte de naissance de l'Union Sportive Carmausine.

Les dirigeants de l'Olympique et du Football Club signèrent la fusion le 6 décembre 1940.

Le siège social était fixé au "Café de la Paix" place Jean Jaurès, où il demeura jusqu'en 1971.

Le terrain fut d'abord le stade de Solages de 1940 à 1948.

Puis de 1948 à 1970, celui des Amouriès accueilla les rencontres et depuis, elles se déroulent sur le stade Jean Vareilles.

De 1941 à 1944, en période de guerre, la vie sportive tourna au ralenti. En 1945, les activités reprirent et sous la présidence de Marcel Paulhès, l'USC remporta le titre de Champion des Pyrénées.

Le Sacre de 1951 : Champion de France 1ère Division

Mais la saison 1950/1951 fût celle de la consécration suprême puisque l'US Carmaux devint Champion de France 1ère division en tombant Tarbes par 14 à 12 au Stadium de Toulouse.

Match de rugby

Jusqu'à fin juin, et en l'absence de finale de Top 14 cette année pour cause de coronavirus, nous vous proposons de revisiter à chaque date anniversaire une finale marquante de l'histoire du Championnat de France.

Cinquième épisode avec la finale 1951 entre Carmaux et Tarbes (14-12), une première pour les Tarnais, qui ne seront plus jamais à pareille fête.

Soucis de composition d'équipe pour Carmaux : l'entraîneur-joueur Marcel Dax a laissé sa place et l'ailier André Régis a déclaré forfait (malade).

À Tarbes, le deuxième-ligne et capitaine Joseph Dutrey (debout, au milieu), né en Argentine et prisonnier en Allemagne durant la guerre, en impose.

Après cinq éditions consécutives au stade des Ponts Jumeaux à Toulouse, la finale est désormais disputée au Stadium municipal, toujours en construction au coup d'envoi.

Contractées par l'enjeu, les deux équipes ne parviennent pas à articuler leurs mouvements offensifs, même si l'offensive semble se lancer en fond d'alignement, coté tarbais.

Héros de la Deuxième guerre mondiale, l'ailier tarbais Albert Bagnères tente de déborder la défense tarnaise, pour l'instant sans succès.

Son alter ego, le très véloce ailier droit Maurice Cazaux, est arrêté sans ménagement à proximité de l'en-but carmausin.

Le talonneur de Carmaux, Louis Combettes, qui tentera en fin de carrière sa chance à XIII, tente ici de franchir la défense tarbaise au ras d'un regroupement.

Remarquable athlète, spécialiste du saut en longueur, le Tarbais Maurice Cazaux est bloqué dans l'étau de la très rugueuse défense carmausine.

Carmaux fait donner son ailier droit, René Deleris, lequel évolue d'habitude au centre... Mais en vain.

Impossible de franchir le mur tarbais.

Les maladresses se multiplient durant cette cinquantième finale : les deux équipes, trop tendues, ne parviennent pas à élever leur niveau de jeu.

Derrière une mêlée, tentative carmausienne pour pousser le ballon au pied dans le côté fermé.

Les mouvements d'envergure sont rares et aucun essai n'a été marqué.

9-9 à l'issue du temps réglementaire : trois buts de pénalité signés du flanker Louis Aué pour Carmaux, la même chose par la botte de l'arrière tarbais René Chaubet.

Place à la prolongation.

Récupérant un ballon en touche, Aué va foncer pour marquer un essai qu'il transforme lui-même.

Carmaux prend la tête, 14-9, dès le début de la prolongation.

René Déléris à l'attaque.

Un peu plus tard, le centre tarbais Albert Lavantes interceptera et marquera un essai, mais René Chaubet manquera la transformation.

Carmaux l'emporte, 14-12.

Les Titres Suivants et les Défis

Vingt et ans plus tard, les Carmausins remportaient à Perpignan une deuxième finale, celle de deuxième division, enlevée 22 à 16 devant un R.C.Nice avec à leur tête André et Daniel Herréro qui pensaient bien pouvoir rafler la mise.

Mais c'était sans compter sur des Carmausins tenaces, qui, menés 16 à 4 au repos, sont revenus pour finalement l'emporter 22 à 16.

Cette équipe comptait dans ses rangs les fils d'anciens champions de 1951 (Pagès, Aué, Dalla Riva) alors que l'entraîneur n'était autre que Jean Régis, déjà titré en 1951.

En 1995, personne n'aurait pensé à un nouveau titre, tant la saison des Carmausins avait été catastrophique.

En 1991, c'est le groupe de Fred Delfau et Christian Alibert dans lequel évoluait un futur international, Jean Marc Aué, qui était en vedette, alors qu'en 1996, les hommes de Michel Giacomini, François Larosa et Alain Vargas, se « payaient » le Stade Toulousain en finale à Gaillac.

Les saisons suivantes furent moins brillantes et les causes du déclin nombreuses.

Chaque année, le club lutta pour éviter la chute en 2è division, mais celle-ci se produit en fin de saison 1971.

La ville connut ensuite la crise charbonnière.

Beaucoup de joueurs durent s'expatrier.

Chaque année, l'effectif est entièrement remanié à cause des départs.

L'US Carmaux jouera pendant plusieurs saisons en 2ème division puis en 3ème division.

Heureusement, l'école de rugby fournit chaque année de très bons joueurs.

Carmaux sera une fois de plus Champion de France, mais cette fois de 3è division en 1995.

Puis en 1998, l'équipe évolua en Championnat des Pyrénées Honneur.

Après deux descentes successives, Carmaux a réussi à se maintenir en Promotion d’Honneur.

Renaissance et Ambitions Futures

Et entend poser les bases de son renouveau sous l’impulsion d’une nouvelle équipe dirigeante.

L’US Carmaux est une miraculée.

Il y a à peine plus d’un an, cabossée par un début de décennie catastrophique qui l’aura vu chuter de la Fédérale 3 aux divisions territoriales, l’USC, club triple champion de France (1951 en Première Division, 1972 en Deuxième Divison, 1995 en Fédérale 3), se trouve sans dirigeant, pillée de ses joueurs, délaissée par ses supporters.

Au bord de l’implosion.

Comme un bateau ivre errant sans capitaine sur la mer d’un rugby qui va trop vite pour lui.

De descente en désillusions, le club n’en finit plus de se perdre.

Tableau des Titres de l'US Carmaux

Année Championnat Division
1951 Champion de France Première Division
1972 Champion de France Deuxième Division
1995 Champion de France Fédérale 3

Ce jour-là, alors en division Honneur, les Tarnais se déplacent à Beaumont-de-Lomagne, pour le compte de la troisième journée de championnat.

Le score ?

Il restera dans les annales comme la plus grosse défaite de l’histoire du rugby carmausin.

Jean-François Soubrié, amoureux de l’USC de la première heure se prend la tête dans les mains.

Il faudra pourtant laisser passer la saison et encore attendre une assemblée générale exceptionnelle, à l’été 2015, pour que Jean-François Soubrié se décide à reprendre en mains la destinée de son club de cœur : « Un club comme Carmaux ne pouvait pas mourir, explique le président, aujourd’hui pleinement investi de sa mission.

J’ai pris ce challenge à bras-le-corps, comme un devoir de mémoire pour les générations passées.

J’ai pensé aux anciens de 1951, dont il ne reste plus que quatre représentants, et à ceux de 1972 qui jamais n’auraient imaginé voir leur club adoré tomber si bas.

À l’aube de la saison 2015-2016 commence alors un long travail.

Tout est à reconstruire ou presque.

Le nouveau président (il démarrera sa mission avec un coprésident, Philippe Kopacz, qui abandonnera bien vite le navire), s’attache à créer une équipe solide, mue par des valeurs simples.

« Jeff » Soubrié explique : « J’ai voulu un organigramme très court, avec peu de noms.

Mais j’ai cherché des gens amoureux du club, prêts à s’investir dans le projet et à se battre pour redorer notre blason.

Bien conscient que le rugby à Carmaux doit aussi se moderniser, se féminiser et basculer dans l’ère du numérique, « Jeff » Soubrié engage un staff « communication » autour d’Élodie Zanetti, Maëva Rouquette, Mélanie Bugarel et Louis Viola.

Les « choses du terrain », c’est Philippe Oro, nommé manager général, qui les gère.

L’expérimenté technicien est entouré de Mathieu Thomas pour les trois-quarts et de Patrick Puel pour les avants.

Le trio doit composer avec les aléas d’un club de Promotion Honneur : notamment un manque d’effectif criant qui oblige le club à se passer d’équipe réserve.

« À ce niveau-là, jouer un championnat complet nécessite une remise en question permanente.

Tous les lundis, il faut se demander si l’on pourra aligner une équipe le dimanche suivant », reprend le président Soubrié.

Malgré les vents contraires, le challenge est réussi dès la première saison : le club se maintient in extremis en Promotion Honneur et la spirale négative est enrayée.

Il s’en est fallu de peu mais pour la première fois depuis deux saisons, Carmaux ne descendra pas cette année.

Analogie à la mine toute proche : « Au bout du tunnel, il y a toujours la lumière.

Pour l’exercice prochain, les nouveaux dirigeants aimeraient recruter « trois ou quatre avants » et pouvoir constituer une équipe réserve.

Le seul luxe - gratuit - que les Carmausins pourront s’accorder sera sans doute de voir Yves Donguy, l’ex-gloire du Top 14, fouler la pelouse du stade Jean-Vareilles.

Accoudé à l’imposant zinc du club-house, où trône pêle-mêle une réplique grandeur nature du Bouclier de Brennus de l’équipe de 51 et le trophée Cinzano de celle de 1972, Fabien Cavaillès, 31 ans, un des papas de ce groupe dont la majorité des joueurs affiche à peine plus de 20 printemps, fait le bilan de ses sept années passées au club : « Le vrai - mauvais - tournant, c’est la saison 2012-2013.

C’est une année charnière.

Beaucoup de bons joueurs expérimentés arrêtent le rugby ou quittent le club pour aller jouer ailleurs.

En parallèle, il y a un creux générationnel et peu de jeunes montent.

Les recrues, cette année-là, ne sont pas au niveau.

On descend et c’est l’engrenage.

Lucide, le jeune homme estime que Carmaux, aujourd’hui, « est à son niveau ».

Pierre Pauziès, le redoutable deuxième ligne de la génération 1972, qui porte fièrement ses 70 ans du haut de son 1,92 m, espère mieux : « J’aimerais sincèrement que l’on remonte au moins en Fédérale 3.

Je pense que ce club le mérite.

Depuis 1892, seulement 28 clubs ont remporté le bouclier de Brennus et la grande aventure a débuté en 1951 avec le titre de champion de France de 1re division, obtenu face au Stadoceste Tarbais, dans un stadium Toulousain qui a battu ce jour-là son record d'affluence.

Figures Emblématiques du Rugby Tarnais

Le Tarn a vu naître de grandes figures du rugby français, qui ont marqué l'histoire de ce sport :

  • Marcel BATIGNE : qui présida longtemps aux destinées du S.C. Graulhet avant d’être élu Président de la F.F.R.
  • Charles DURAND : né à Arthès, qui, après avoir joué et entraîné Saint-Juéry et Albi devint vice-président de la F.F.R.
  • Lucien MIAS : capitaine de l’équipe de France qui s’est imposée pour la première fois en Afrique du sud en 1958.

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