Le monde du handball est témoin d'une rivalité grandissante entre le Paris Saint-Germain (PSG) et Veszprém, deux équipes de premier plan en Ligue des champions. En parallèle, le HBC Nantes s'affirme comme un concurrent sérieux, capable de rivaliser avec le PSG sur la scène nationale et européenne.

La Domination du PSG et Ses Rivaux
Depuis 2012, les chiffres du PSG dans l’élite démontrent sa supériorité presque sans faille (seul Dunkerque lui a ravi le titre en 2013-2014). En neuf saisons, ce sont 194 victoires (89 %), 7 nuls (3 %), et 18 défaites (8 %). Cette saison, les partenaires de Luka Karabatic, qui ont officiellement été sacrés mercredi, n'ont perdu qu'un match de Starligue, chez eux face à Nantes.
Le PSG reste dominateur mais une rivalité s'est installée. "On serait leur bourreau si on les battait plus souvent qu'ils nous battent, relativise Gaël Pelletier. Mais c'est vrai qu'on est parmi les rares à les gêner."
En 2018, ce Nantes qui roule les "r" avait écœuré les Parisiens en demi-finale de la Ligue des champions - puis s'était incliné contre Montpellier. Cette saison, les partenaires de Luka Karabatic, qui ont officiellement été sacrés mercredi, n'ont perdu qu'un match de Starligue, chez eux face à Nantes.
Seuls Nantes (victoire 26-24, plus petit écart en faveur des Parisiens) et Créteil (28-24) se sont montrés plus défensifs. Outre la meilleure défense (25,42 buts encaissés de moyenne), Paris a forcément l’attaque la plus performante (34,58 buts marqués, exactement comme lors de la saison 2016-2017 dans son ensemble).
Le HBC Nantes: Un Concurrent Sérieux
La Liga a fourni au HBC Nantes ses meilleures armes pour concurrencer le PSG. Et l'accompagner au Final4 européen, ce week-end. C'est presque un derby qui attend le HBC Nantes en demi-finale de la Ligue des champions, samedi à Cologne. "On peut parler d'une filière importante", cadre Gaël Pelletier, président depuis 2008. Nantes compte un tiers d'étrangers dans son effectif, "une plus-value à ce qu'on n'a pas su ou pu former chez nous".
Alors que le peloton faisait relâche ce lundi 21 juillet à Montpellier, le JDD a rencontré la meilleure joueuse du monde 2009 de handball, venue sur le Tour à l’invitation d’une association.
À l'origine, un coup de cœur, au sens propre. Premier Espagnol à signer au "H" en 2010, Valero Rivera était motivé par son idylle naissante avec la fille de Thierry Anti, l'entraîneur qui a hissé le club parmi les forces du continent (trois finales européennes perdues). A 36 ans, l'ailier est le meilleur buteur de l'histoire nantaise.
Un rôle de VRPRivera a bien joué son rôle de VRP, aidé par la précarité financière des clubs de Liga et par son père, sélectionneur de l'Espagne puis du Qatar, et agent de joueurs. Plusieurs champions du monde l'ont rejoint (Entrerríos, Maqueda), Nantes a glané ses premières coupes et s'est rapproché du podium en championnat.
Le H a mis fin à une invincibilité du PSG de plus de deux ans en D1, en s’imposant (24-25) dimanche lors de la 24e journée de Starligue. Nielsen et les Nantais ont réussi un exploit dont le H est un spécialiste face au PSG. Nielsen et les Nantais ont réussi un exploit dont le H est un spécialiste face au PSG.
Une équipe de coups. Parfois fumants comme hier à Paris ou à Kielce en Ligue des Champions, d’autres fois plus tordus, comme à Nîmes et Toulouse récemment. Ce H est dur à suivre mais l’exploit accompli face à un PSG, privé des frères Karabatic et qui avait verrouillé son titre la semaine passée en écartant Montpellier, s’inscrit dans la lignée de quelques épisodes inoubliables de cette rivalité si particulière.
PSG vs Veszprém: Une Rivalité Européenne
Paris connait bien ce déplacement sur les rives du lac Balaton. Depuis 3 saisons, le PSG Handball se rend à la Veszprém Arena et repart toujours avec le même résultat : une lourde défaite et une impression d'impuissance face à l'une des meilleures équipes de handball d'Europe. Cette année, Veszprém semble moins dominateur et la crise couve.
Dans un quart de finale de Champions League où Paris n’est jamais passé devant, les parisiens ont remonté un déficit de 3 buts dans les deux dernières minutes du match aller contre Veszprèm (24-24). Le match à l’affiche, à la Halle Carpentier, est tout simplement le remake du ¼ de finale de Ligue des Champions de l’an dernier avec en ligne de mire une participation au prestigieux Final Four de Cologne.

Les défenses prennent toute de suite le pas sur les attaques. Paris commence son match très timidement en attaque en faisant tout de suite briller Mikler, le gardien adverse. Coté défense, le duo Gojun/N’Diaye fonctionne très bien. Tellement bien que Veszprèm a décidé de jouer très rapidement tactiquement pour empêcher le remplacement entre Hansen et N’Diaye lors de la transition attaque-défense.
En effet, Hansen qui attaque côté gauche, du côté opposé au banc de touche, n’a pas le temps de retourner vers le banc. Profitant de sa présence en défense, les hongrois attaquent quasi-systématiquement sur lui. Les exclusions temporaires sifflées contre les veszprémi sont gérées à la perfection et ne permettent pas aux rouges et bleus de refaire leur retard.
Les contre-attaques font mal avec Ivansik et Marguc qui permettent à Veszprem d'aborder le dernier quart du match avec une avance inédite de 5 buts (16-21 - 46ème). Le spectre du match de l’an dernier est là. Une partie qui avait été gâchée par des approximations et un moins grand réalisme dans les moments clés du match.
Mais Paris a grandi et ne veut pas voir le Final Four s’échapper une nouvelle fois. La rentrée d’Accambray fait énormément de bien offensivement avec 4 buts qui permettent à son équipe de revenir à un tout petit but (21-22) mais deux contre-attaques remettent Veszprèm en position idéale (21-24 - 58ème).
Il ne reste plus que quelques secondes à jouer. Veszprèm comme il en a l’habitude fait tourner le ballon pour avoir le dernier tir. Les arbitres ne lèvent pas le bras et facilitent cette situation. Nagy tente de trouver Sulic mais N’Diaye défend bien et le ballon est perdu. Il arrive sur Kopljar qui, après un moment d’hésitation, passe la balle à Abalo qui n’a plus qu’une poignée de seconde pour tirer.
Il est marqué par deux vesprèmi mais arrive à trouver une position de tir et à marquer le but du nul. Le public exulte et les joueurs de la capitale se tombent dans les bras. Avant de jouer le retour en Hongrie, ce but peut valoir de l’or tant les joueurs de Veszprèm ont semblé abattus sur le terrain et dans leurs interviews d’après-match.
Records et Défis
Quelques fois on est allé à la limite. Ce n’est plus qu’une question d’heure. Une seule, précisément, celle qui correspond au match face à Istres, ce mardi après-midi. Comme à son habitude, le PSG jouera la gagne, et on imagine mal comment le 13e du classement, qui en a pris dix chez lui à l’aller, pourrait empêcher le champion de France de remporter son 20e succès consécutif, soit le record absolu depuis 2000.
Un record que détient encore à égalité le Montpellier de la saison 2011-2012, un an avant que le club parisien ne change de statut après son rachat par les Qatariens.
Paradoxalement, au classement des buteurs, il faut descendre jusqu’aux 13e (Nedim Remili, 82) et 14e rang (Mikkel Hansen, 81e) pour trouver un Parisien. « Cela montre l’homogénéité de ce groupe et sa domination collective, explique Jérôme Fernandez, quadruple champion du monde et meilleur buteur de l’équipe de France, aujourd’hui consultant pour Eurosport. Cela est dû au projet de Raul Gonzalez, où tout le monde a son mot à dire. Paris a bien sûr ses grosses individualités, comme Hansen, qui sont néanmoins capables de faire marquer les autres. Cela reste un faux problème. Les clubs qui dominent leurs championnats comme le PSG, le Barça ou Veszprem jouent chaque match pour le gagner et battre des records. »
Dans le groupe de Patrice Canayer, Rémi Leventoux, un jeune issu du centre de formation, qui fêtait ses vingt ans, se souvient de la déjà extraordinaire série de 19 victoires consécutives : « Quand tu es jeune et que tu as ce rôle de remplaçant, tu ne le vis pas pareil, raconte le futur ex-Toulousain, qui vient de se rompre un ligament croisé antérieur. Mais pour avoir vécu avec eux, je sais ce que cela représente quand le record arrive. L’euphorie est toujours là mais elle n’intervient qu’après. »
Si l’issue du championnat ne fait aucun doute, surtout si le PSG domine Montpellier (actuel 2e et seul concurrent pour le titre) samedi, Jérôme Fernandez pense pourtant que le championnat français reste homogène : « Avec ses gros départs (Sagosen, Corrales, Abalo), on a eu le sentiment en début de saison que le club aurait pu avoir plus de difficultés, néanmoins le projet collectif du staff a fait la différence. Il y a quand même de la rivalité, je pense notamment à des équipes comme Montpellier, Nantes, Aix, Nîmes, Saint-Raphaël. Paris sait que le titre se joue surtout chez eux. Finalement sa domination est relativement logique. »
« La force des Parisiens et des très grandes équipes est qu’elles s’adaptent à leurs adversaires, ajoute Leventoux. Cela leur arrive de baisser la garde… mais jamais trop longtemps. »
Sauf accident improbable, le PSG va donc battre un record. Ce qui est bon pour les chiffres, mais aussi pour le mental : « Psychologiquement, c’est quelque chose de très bénéfique, conclut Jérôme Fernandez. Ils se retrouvent à un moment crucial avec un gros combat contre Kiel en quarts de finale de la Ligue des champions, et un effectif en pleine confiance. J’ai eu la chance de faire un 30 sur 30 avec la Ciudad Real (en 2010). C’est une fierté, encore plus belle qu’un titre. Cela n’arrive jamais, surtout dans un championnat aussi relevé que la Starligue, contrairement au Barça qui n’a pas de rival en Espagne.
Philippe Gardent peut souffler, il n’aura pas à refaire son CV tout de suite. L’entraîneur du PSG handball, bien plus que son équipe se stars rarement au diapason cette saison, jouait gors dimanche à la Halle Carpentier. Trois jours après un revers face à Dunkerque qui condamne le PSG à la deuxième place de la D1, il s’agissait de rester en vie en Ligue des champions, où le final four est l’objectif avancé depuis le début de saison.
| Club | Victoires en Starligue depuis 2012 | Pourcentage de Victoires |
|---|---|---|
| PSG | 194 | 89% |
| Montpellier | [Donnée Manquante] | [Donnée Manquante] |
| Nantes | [Donnée Manquante] | [Donnée Manquante] |
Le PSG l’a fait, et même très bien, en faisant exploser les Slovènes après le repos (17-17 à la pause, 34-25 au final). «On était un peu KO après Dunkerque, on n’a eu que deux jours pour se redresser et travailler, il fallait le faire, savourait Gardent sur Bein sport. Cela a été un peu lent au démarrage, mais on a vu un beau PSG en 2e mi-temps.» Kiel, Barcelone, Hambourg ou Veszprem en quarts
On ne l’avait même jamais vu aussi beau cette saison, entre l’efficacité de Hansen et Gunnarson en attaque (14 buts à eux deux) et la dureté retrouvée de Vori en défense. Même Sierra, transparent cette saison dans les buts parisiens, s’y est mis au bon moment pour éteindre Skube, intenable à l’aller mais bien pris cette fois-ci. «C’est important pour le club d’être en quarts de finale pour notre première paticipation, ajoutait le coach des champions de France. Maintenant qu’on y est on va se battre pour atteindre le final four. Il faudra être encore plus précis et plus collectifs». C’est tout le problème d’une équipe qui vit sur courant alternatif depuis l’automne. Au moins, le courant passait bien dimanche.
Cela fait maintenant plus de 3 ans que Veszprém est invaincu en Champions League dans son Arena. Si l'on met de côté ce Veszprém-PSG, le choc du groupe A est bien le derby entre les deux clubs allemands de Kiel et Flensburg séparés de seulement 90km. Le THW Kiel aura une immense pression à domicile lui qui est déjà distancé au classement. Dans l'autre match, Barcelone devrait se sortir du piège danois contre le Bjerringbro-Silkeborg (DAN).
Même si ce résultat ne l’arrange pas du tout sportivement, Thierry Anti a dû en sourire nerveusement depuis Aix, par réflexe nostalgique, notamment d’une soirée de l’automne 2014 où la ceinture de son pantalon avait étrangement lâché. Les temps ont changé.
Les Parisiens avaient perdu toute chance d'arracher à Barcelone la première place de leur groupe depuis la victoire du Barça sur les Polonais de Plock (36-28) la veille.