Parc des Princes : Histoire et Informations sur le Stade Emblématique de Paris

Le Parc des Princes, niché en bordure du bois de Boulogne au niveau de la Porte d’Auteuil, est un lieu chargé d'histoire, dont l'évolution est intimement liée aux transformations de Paris au fil des décennies. Il se dresse comme un témoin vivant de l'histoire riche et passionnante du football français. Situé dans le 16e arrondissement de la capitale, le Parc des Princes fait partie des lieux incontournables de la capitale, mais aussi du patrimoine «des Parisiens et des Parisiennes», comme aime le rappeler la maire de Paris Anne Hidalgo.

Le nom du Parc des Princes est aujourd’hui associé à celui du Paris-Saint-Germain et au football. De même, renvoie-t-il à l’œuvre innovante en son temps (1972) de l’architecte français Roger Taillibert. Pourtant, le stade actuel est la troisième version d’une enceinte dont l’existence a commencé en 1897.

Visite du Parc des Princes avant son inauguration avec Michel Drucker | Archive INA

Des Origines Boisées au Premier Vélodrome (1897)

Avant 1855, il s'agissait d'une vaste forêt giboyeuse, préservée dans son état naturel. Avant de sortir de terre, il s’agissait d’un espace boisé qui s’étendait du Bois de Boulogne à la Porte de Saint-Cloud. Au XVIIIe siècle, il était utilisé pour la détente, le loisir et la chasse par le roi et les princes. Avec le développement de la bourgeoisie parisienne, dans le courant du XIXe siècle, le lieu est devenu de plus en plus populaire et prisé pour ces loisirs réservés à la noblesse.

En 1855, ce site a connu ses premiers aménagements urbains avec notamment la création d’une route. C’est à cette période que le nom de «Parc des Princes» a vu le jour, reprenant les termes de route des Princes et de porte des Princes, en usage dès le XVIIIe siècle. Et il est resté indissociable du lieu, qui est ensuite devenu un stade inauguré en juillet 1897.

En juillet 1897, le premier stade vélodrome y est inauguré, marquant le début d'une longue tradition sportive. Les princes du Parc furent d’abord les cyclistes dans une enceinte conçue comme un vélodrome à l’air libre. Il s’agit d’un terrain en herbe entouré d’une piste cycliste de 666 mètres. Le vélodrome du Parc des Princes, comme il était appelé, a accueilli du rugby, du football, mais aussi du cyclisme, avec notamment l’arrivée du Tour de France, qui s’est déroulée sur la piste du Parc des Princes jusqu’en 1967. Il compte environ 15.000 places dont seulement 3200 assises.

Le besoin de pelouse pour accueillir rugbymen et footballeurs fait entrer ces derniers au Parc des Princes. Surtout, l’essor du football comme sport-spectacle à la fin de la Première Guerre mondiale inverse l’ordre des priorités. Certes, le Parc des Princes accueille toujours des compétitions de cyclisme sur piste et l’arrivée de la dernière étape du Tour de France mais, à partir des années 1930, le football y installe durablement ses quartiers.

Le Parc des Princes à ses débuts.

Transformations et Agrandissements (1900-1970)

Sa capacité est portée à 20.000 places en 1924, à l’occasion des JO de Paris, même si le stade principal est Colombes. Le stade a connu plusieurs transformations significatives au cours des décennies suivantes.

En avril 1932, après neuf mois de travaux, est inauguré le deuxième Parc des Princes. En 1932, il est rénové et agrandi, sa capacité atteignant alors 40 000 spectateurs dont 26.000 assises, et la piste cycliste est réduite à 454 mètres. Le club résident est le RC Paris.

La rénovation nécessaire de l’édifice achevée en avril 1932, donne naissance au second Parc des Princes, toujours un stade vélodrome qui peut dorénavant accueillir 40 000 spectateurs dont 26 000 assis. Ce match ouvre une nouvelle ère pour la pratique du football et son développement dans l’Ouest sportif parisien.

Dans les années 1960, la France veut se doter d’un grand stade de football. Les travaux débutent le 8 juillet 1967.

Le Parc des Princes Moderne (1972)

Enfin, le troisième Parc, celui que l’on connaît aujourd’hui, ouvre ses portes en mai 1972. Sa réalisation est confiée à l’architecte Roger Taillibert et nécessite près de cinq ans de travaux en raison du chantier du périphérique parisien qui passe en dessous. Signé par l’architecte Roger Taillibert en 1972, le stade se déploie par-dessus les deux rangées de voies de bitume du boulevard périphérique parisien.

C’est le Paris Saint-Germain qui s’y installe. Deux ans plus tard, en 1974, le Parc des Princes, propriété de la ville de Paris, devient le stade officiel du Paris-Saint-Germain. Le PSG a joué son premier match dans ce stade en novembre 1973 lors d’un match de championnat de D2 contre le Red Star.

Très moderne, et sur deux niveaux, c’est le tout premier stade d’Europe à se doter d’un éclairage sur le toit. Mais sa particularité, ce sont ses portiques bétonnés, idéales pour protéger le spectateur de la pluie, comme le détaillaient les archives de l'époque : « 50 portiques prolongés par autant de portes-à-faux, de 45 mètres de long, qui forment l’armature du toit, 45 mètres au-dessus du sol. Autre atout, l’inclinaison de ses tribunes, qui permet à l’époque aux 50 000 spectateurs d’être proches du terrain. Sans compter l’absence de piliers, pour une visibilité maximale. En revanche, le stade est critiqué pour son absence de parkings.

Roger Taillibert, l’architecte du Parc des Princes, s’en défendait en 1971 : « Mon sentiment, c’est qu’après avoir reconnu beaucoup de stades dans le monde, je me suis aperçu que les stades qui avaient de grands parkings, quand nous étions sortis du parking avec notre véhicule, il y avait deux heures environ de dégagement.

La capacité est modeste (50.000 places), mais c’est le premier stade en Europe dont l’éclairage est intégré à la toiture, celle-ci ne comportant pas de pilier pour améliorer la visibilité.

Le Parc des Princes après sa rénovation en 1972.

Le Parc des Princes et l'Équipe de France

Au cours de ses trois vies depuis 1897, le Parc des Princes est le stade qui a accueilli le plus souvent l’équipe de France, avec 132 matchs. Le tout premier match de l’équipe de France au Parc des Princes, le 12 février 1905, cumule trois caractéristiques : c’est le premier joué par les Bleus (qui évoluaient alors en blanc) à domicile, c’est la première victoire de l’histoire (1-0) et le premier clean-sheet à une époque où ceux-ci n’étaient pas courants : il faudra attendre près de 8 ans et 25 matchs pour voir le suivant (Italie, janvier 1913).

Si le tout premier Parc a été peu utilisé jusqu’en 1931 (6 fois sur 59 à domicile), le deuxième a concurrencé Colombes entre 1932 et 1970, avec 47 rencontres accueillies sur 116 jouées à domicile (40% du total). Mais c’est entre 1972 et 1997 que le troisième Parc a vraiment été la maison des Bleus, avec 74 matchs sur 107, soit 69% du total. Depuis 1998, il n’a servi que quatre fois, en 2007, 2013, 2021 et 2024.

Avec 76 matchs gagnés sur 132 (dont 29 défaites), on peut considérer que le Parc des Princes a bien servi les Bleus. Surtout dans la période récente : depuis 1972, l’équipe de France y a gagné 50 des 78 matchs qu’elle y a joué (12 défaites). Mais c’est là aussi qu’elle y a subi coup sur coup les deux pires revers de son histoire récente, ceux contre Israël (2-3) et la Bulgarie (1-2) en octobre et novembre 1993.

L'Ère Platini au Parc des Princes

Pour tous ceux qui ont plus d’une cinquantaine d’années, le Parc c’est avant tout le jardin de Platini qui avait déclaré un jour qu’il planterait une rose à l’endroit où il a si souvent marqué sur coup franc, un peu à gauche de l’arc de cercle de la surface de réparation, côté Auteuil. Je l’ai dit ci-dessous, le Parc était le jardin de Platini.

Il y a marqué 17 buts en 27 matchs joués (dont seulement deux défaites, contre le Pérou en 1982 et l’URSS en 1986), loin devant Jean-Pierre Papin (10 buts), Dominique Rocheteau et Just Fontaine (9) ou Eric Cantona (8). Le grand Max est l’international français qui compte le plus de matchs au Parc : 30, devant Manuel Amoros et Michel Platini (27), Marius Trésor (24) et Luis Fernandez (22), qui y jouait également en club avec le PSG.

Les grands noms de 1958 y ont été beaucoup moins souvent : 8 fois pour Jean Vincent, 6 pour Just Fontaine, 5 pour Roger Piantoni et seulement 4 pour Raymond Kopa. Les Bleus ayant très rarement été battus au Parc entre 1972 et la fin de la génération Platini (en avril 1987), le nombre de joueurs invaincus est conséquent. En tête de ce classement arrive Patrick Battiston, avec 20 matchs joués pour 16 victoires et 4 nuls.

Il comptera une 137e sélection trois jours plus tard à Bruxelles, où il remplace Guendouzi à dix minutes de la fin, puis il annoncera le 30 septembre la fin de sa carrière internationale. 37 ans plus tôt, le 29 avril 1987, Michel Platini en avait fait de même contre l’Islande (2-0).

Événements et Particularités

Si lors de sa première époque, jusqu’en 1932, le Parc n’a pas vu de grands noms venus de l’étranger, la deuxième version du stade a accueilli porte d’Auteuil l’Espagnol Zamora (1933), l’Autrichien Sindelar (1933) et les champions du monde italiens Piola et Meazza (1937). Le Parc n’a pas vu passer beaucoup d’équipes ayant gagné la précédente Coupe du monde.

Ce n’est arrivé que deux fois : la première en décembre 1937 contre l’Italie (0-0) et la deuxième, quarante ans plus tard, contre la RFA en février 1977 (1-0).

Tableau Récapitulatif des Transformations du Parc des Princes

Période Type de Stade Capacité Événements Marquants
Avant 1897 Forêt giboyeuse N/A Espace de détente et de chasse pour la noblesse
1897 Vélodrome 15,000 (dont 3,200 assises) Inauguration, accueil de compétitions cyclistes, rugby et football
1924 Vélodrome 20,000 Jeux Olympiques de Paris
1932 Stade Vélodrome 40,000 (dont 26,000 assises) Rénovation et agrandissement
1972 Stade de Football 50,000 Ouverture du Parc des Princes moderne

Aujourd'hui, après le Stade de France, le Parc des Princes est le plus grand stade de football de la région parisienne, et accueille depuis la fin des années 1970 le club du Paris-Saint-Germain. Il faut attendre les années 1970 pour que le stade acquière son statut légendaire, grâce à d'importantes rénovations en prévision de la Coupe UEFA en 1998.

Les jours de matchs, les Ultras et autres groupes de supporters font régner une ambiance électrique sur le Parc des Princes. Pour les amateurs de football en visite dans la capitale, assister à un match au Parc des Princes est une expérience incontournable ! Stade moderne bien que chargé d'histoire, il accueille des zones de restauration, des boutiques de souvenirs et des zones de loisirs pour les enfants.

Tout au long de l'année, le Parc des Princes se visite grâce au Stadium Tour, pour découvrir les coulisses du stade, les vestiaires des joueurs et fouler la pelouse, avec des thématiques différentes selon la période de l'année. Le Parc des Princes est ouvert au public durant les jours de match, sur présentation d'un billet pour une rencontre à domicile du Paris-Saint-Germain, dont les prix peuvent varier, sauf si vous êtes abonné à l'année en tant que supporter.

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