L'Équipe Légendaire de l'OM : Champions de la Ligue des Champions 1993

Le 26 mai 1993, l’Olympique de Marseille a marqué l'histoire en remportant la Ligue des Champions face au grand Milan AC à Munich. Ce triomphe, acquis grâce à un but de la tête de Basile Boli, a propulsé l'OM sur le toit de l'Europe. Le club, alors dirigé par Bernard Tapie, touchait le graal et rêvait d’un avenir encore plus prestigieux.

L'équipe de l'OM célébrant sa victoire en Ligue des Champions 1993.

Mais, un match de championnat joué quelques jours plus tôt avant la finale allait mener l’OM en enfer, bien que le club marseillais ne le savait pas encore.

Le Contexte de la Victoire

La saison 1992-1993 a été marquée par un parcours européen impressionnant de l'OM. Le 21 avril 1993, un but précoce de l'avant-centre croate Alen Bokšić permet à l'OM de l'emporter sur la plus petite des marges sur la pelouse des Glasgow Rangers (1-0). Ce succès valide la première place de l'institution marseillaise au sein du groupe A, synonyme de qualification pour la finale de la Ligue des champions. Les hommes de Raymond Goethals ne sont plus qu'à 90 minutes de décrocher le Graal.

Face à eux se dresse le Milan AC, vainqueur de l'épreuve en 1989 et en 1990. Un adversaire de taille que la maison bleue et blanche va devoir vaincre afin de cicatriser les blessures nées de la cruelle défaite au même stade de la compétition en 1991 à Bari face à l'Étoile Rouge de Belgrade (0-0, 3 à 4 aux tirs au but).

À Marseille, tout le monde se souvient de la double-confrontation mythique entre les protégés de "Raymond-la-science" et ceux d'Arrigo Sacchi deux ans auparavant. Grâce à Jean-Pierre Papin à l'aller (1-1) et Chris Waddle au retour (1-0), les pensionnaires du Vélodrome avaient su créer un exploit retentissant à l'échelle du football français.

L'OM a toujours eu un brin de chance au moment d'affronter le Milan AC. Alors que Marco van Basten manquait à l'appel en 1991 à cause d'une suspension, c'est cette fois-ci Ruud Gullit qui est indisponible pour l'écurie transalpine. Miné par de nombreux pépins physiques, le Ballon d'Or 1987 voit sa saison gâchée.

La Préparation de la Finale

Avant cette rencontre au sommet, le contingent olympien se déplace le 20 mai dans le nord de la France pour y affronter Valenciennes. La partie accouche d'un match nul et vierge (0-0). Didier Deschamps, Abedi Pelé et autres Rudi Völler ont déjà la tête à Munich, car c'est bien au stade olympique de la ville allemande que l'histoire de l'OM va se décider.

L'état-major dirigé par Bernard Tapie décide donc de prendre ses quartiers dans un gîte à environ 70 km de la cité bavaroise pour préparer la rencontre au mieux. Un facteur important d'après Angloma : "On pensait au match de Milan mais sans pour autant se focaliser dessus à 100%. Des fois, on peut faire le match avant dans sa tête. Je pense que se retrouver loin de tout a pu nous aider. Après, ce qui faisait la force de l'OM à cette époque-là, c'est qu'on ne se prenait pas la tête. Que ce soit Milan en face ou une autre équipe."

Le "Boss" veut alors se défaire de toute pression et souhaite installer ses joueurs dans un cadre paisible et décontracté, ce qui n'avait pas été le cas lors de la mise au vert précédant la maudite finale de Bari en 1991. D'où son appel à Chris Waddle, sommé de venir passer quelques jours auprès de ses anciens coéquipiers. La présence du génial anglais en Bavière est un véritable bol d'air frais pour l'effectif marseillais, qui se laisse aller à de nombreux moments de joie et d'amusement.

Ligue des champions : que reste-il du OM - Milan de 1993 ?

La Composition de l'Équipe

Raymond Goethals a aligné une équipe solide et bien organisée pour affronter le Milan AC. Voici la composition de départ :

  • Gardien: Fabien Barthez
  • Défenseurs: Jean-Jacques Eydelie, Jocelyn Angloma, Basile Boli, Marcel Desailly, Éric Di Meco
  • Milieux de terrain: Didier Deschamps, Franck Sauzée
  • Attaquants: Abedi Pelé, Rudi Völler, Alen Bokšić

Cette formation en 5-2-3 visait à renforcer la défense face à la puissance offensive milanaise tout en exploitant les talents de Völler et Bokšić en attaque.

Tactiques et Stratégies

L'OM de Raymond Goethals n'était pas favori avant ce choc au sommet face au Milan AC de Fabio Capello. De son côté, Raymond Goethals est impassible. Le "sorcier belge" a un plan bien précis en tête. Il sait que son équipe est moins bien armée que celle de son homologue Fabio Capello. C'est pourquoi il s'appuie sur un collectif très fort, autour d'un système dense et compact articulé autour d'un 5-2-3. C'est le jeune Fabien Barthez, pas encore vingt-deux ans, qui est choisi pour garder les buts olympiens.

Angloma admet que l'OM est loin d'être favori. Mais le Guadeloupéen assure que son équipe n'est pas non plus impressionnée par son mythique rival : "On savait qu'on allait jouer contre d'immenses joueurs et qu'on allait avoir pas mal de difficultés pendant le match. Mais nous n'étions pas impressionnés ou tétanisés pour autant. Je regardais beaucoup Gullit parce que c'était un joueur que j'admirais. Rijkaard, Van Basten et surtout Baresi aussi. Les stars. Mais on avait confiance en nous et on se sentait fort."

En face, Franco Baresi, Paolo Maldini, Frank Rijkaard et Marco Van Basten sont bien là. Quant à Papin, il est remplaçant, comme prévu.

Dans les tribunes, la fête est folle. Plus de 64 000 supporters garnissent les travées de l'enceinte bavaroise. Environ 25 000 d'entre eux sont vêtus en bleu et blanc.

Le Match de la Gloire

D'entrée, les hommes de Capello s'installent dans le camp marseillais et tentent d'imposer leur rythme à leur rival. Sur un coup franc frappé depuis le côté gauche par Roberto Donadoni, l'inévitable Rijkaard devance Basile Boli et place un coup de casque qui frôle le poteau gauche de Fabien Barthez (5e). L'occasion du Néerlandais sonne comme un premier avertissement pour l'arrière-garde olympienne. Dans la foulée, Van Basten centre depuis la droite pour Daniele Massaro. L'avant-centre italien reprend le ballon de la tête et vise le petit filet opposé. Barthez, battu, est tout heureux de voir le cuir filer en sortie de but (7e).

L'OM résiste. Et sur un contre, Rudi Völler est tout près d'ouvrir le score. Après une intervention très rugueuse, mais juste, du capitaine Didier Deschamps sur Rijkaard, le champion du monde allemand file au but. Sa frappe du gauche est relâchée par Sebastiano Rossi. Alen Bokšić tente de suivre mais il est repris in extremis par le retour d'un Paolo Maldini décisif (8e). Le Croate a ensuite une vraie situation d'ouvrir la marque. Profitant d'un mauvais alignement des défenseurs milanais, il tente un lob astucieux pour surprendre le portier transalpin mais le ballon vient mourir au-dessus du but (11e).

Milan joue à se faire peur, et décide donc de remettre la pression sur les hommes de Goethals. Maldini ne rabat d'abord pas assez sa tête pour surprendre Barthez après un corner de Donadoni (13e). Quelques instants plus tard, Van Basten profite d'un bon travail de Massaro et efface Boli d'un contrôlé orienté dont lui seul a le secret. Le triple Ballon d'Or (1988, 89 et 92) s'apprête à faire trembler les filets. Mais Barthez sort le grand jeu. Le dernier rempart français repousse la tentative de la star batave d'un réflexe surprenant (17e).

Une minute après, l’Ariégeois remet ça sur une frappe de Massaro en angle fermé (18e). Une prestation monumentale qui étonne ses coéquipiers : "On connaissait ses qualités" assure Angloma, mais ce jour-là il a fait un très grand match. On a vu de quelle trempe il était. Il était insouciant. À ce moment-là, je crois que l'OM était une équipe faite pour lui. Fabien, c'est quelqu'un qui adore s'amuser et qui se détache beaucoup du foot. Être à l'OM, cela lui convenait parfaitement."

Le match est engagé. L'OM plie mais ne rompt pas. Les joueurs maculés de la tunique blanche savent qu'ils auront forcément une ou deux situations à exploiter. En toute fin de première période, Abedi Pelé s'infiltre dans la surface de réparation lombarde. Le génial Ghanéen est repris par Maldini et obtient un corner. C'est pourtant l'ailier olympien qui touche le ballon en dernier sur cette action. L'arbitre n'y voit que du feu.

Pelé distille un corner rentrant venu de la droite. Dans la mêlée, Basile Boli s'envole plus haut que les géants Rijkaard et Baresi. Le stoppeur formé à Auxerre propulse la sphère dans le petit filet opposé (1-0, 44e). L'OM prend les devants et fait douter le Milan de Capello. Le parcage des fans du club de la Canebière explose !

Basile Boli marquant le but victorieux contre le Milan AC.

Au retour des vestiaires, les Italiens tentent de réagir. Mais Barthez veille au grain, devançant du poing un Van Basten à l'affût après un centre en provenance du flanc droit (47e). Fabio Capello lance alors Jean-Pierre Papin sur le pré (55e). Le lauréat du Ballon d'Or 1991, encore Marseillais un an plus tôt, inspire une certaine crainte à ses anciens coéquipiers. Ces derniers n'hésitent pas à se frictionner avec lui après un duel jugé dangereux avec Barthez (59e).

Touché lors d'un duel avant l'altercation avec "JPP", Jocelyn Angloma ne semble plus en mesure de pouvoir marcher. Le titulaire indiscutable du système de Goethals a le tibia fracturé et doit céder sa place à Jean-Philippe Durand (62e).

L'OM récite une partition parfaite dans le registre défensif. Les stars milanaises sont muselées. Au milieu de terrain, la paire Deschamps-Sauzée est au four et au moulin. Les attaquants n'hésitent pas à faire d'intenses efforts pour se replacer et gêner la relance du Milan. Ce bloc compact et harmonieux ne laisse aucun espace à Van Basten, Papin et Massaro. Goethals est en train de réussir son pari. Fabio Capello, de son côté, semble impuissant. À l'instar de son escouade, en panne d'inspiration.

Après une remise de la tête du Néerlandais, Papin passe devant Boli et ajuste une reprise en bout de course. Sa tentative effleure le poteau droit de Barthez (78e). Boli, Desailly et autres Di Meco sont soulagés. Ils savent pertinemment que l'orage est passé.

Les Conséquences de la Victoire

L'OM est alors obligé de dégraisser. Plusieurs joueurs majeurs quittent le club comme Deschamps, Boli et Di Méco. Tapie fait alors confiance à des vieux briscards (Germain, Ferreri, Dib, Casoni, Cascarino). L’attaquant irlandais Tony Cascarino se met en évidence en inscrivant 31 buts cette saison-là en championnat.

Malheureusement, la DNCG n’autorise pas l’OM à remonter en Ligue 1. Le club provençal est très endetté et va devoir passer une saison de plus en Ligue 2.

Tableau Récapitulatif de l'Équipe de Départ de l'OM en Finale de la Ligue des Champions 1993

Poste Joueur
Gardien Fabien Barthez
Défenseur Droit Jean-Jacques Eydelie
Défenseur Central Droit Jocelyn Angloma
Libéro Basile Boli
Défenseur Central Gauche Marcel Desailly
Défenseur Gauche Éric Di Meco
Milieu Défensif Didier Deschamps (cap)
Milieu Central Franck Sauzée
Ailier Droit Abedi Pelé
Attaquant Rudi Völler
Attaquant Alen Bokšić

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