L'été pourrait être historique pour l'Algérie. En effet, la Coupe d'Afrique 2025 offrira à son vainqueur un billet direct pour la Coupe du Monde 2027 en Australie. En lice, la sélection algérienne n'a pas l'intention de laisser passer cette chance.
Finaliste de l'édition 2024, elle sera opposée à la Côte d'Ivoire en quart de finale le 8 juillet prochain. Mais le chemin vers le titre et le Mondial promet d'être semé d'embûches. Au tour suivant, elle pourrait retrouver le Sénégal ou la Namibie. Attention à ne pas sous-estimer le Zimbabwe, vainqueur l'an passé, ou encore son adversaire le Maroc. Ils ne sont pas les seuls à rêver de l'Australie.
Remporter un titre mondial, Rayan Barka y est parvenu avec la France chez les moins de 20 ans. Kamil Bouregba, troisième ligne du CS Bourgoin-Jallieu et Mehdi Boudjema, talonneur du RC Narbonne, ont aussi répondu à l'appel de l'Algérie. L'Algérie bénéficie d'une diaspora de plus de cinq millions de personnes en Europe, ce qui lui permet de compter sur des binationaux pour renforcer son équipe.

L'histoire du rugby en Algérie
Le rugby à XV est joué sur le territoire algérien pendant la colonisation française. Disparu au début des années 70, le rugby a retrouvé sa place en Algérie.
En 2006, Salim Tebani explique que son frère Djemaï a introduit le premier ballon de rugby en Algérie et a fondé le premier club à M'Sila. Ils étaient passionnés par l'idée de développer ce sport en Algérie, convaincus de ses valeurs pour la jeunesse.
À l'invitation de la Fédération tunisienne de rugby, l'Algérie réunit à Nabeul une sélection des meilleurs joueurs algériens de rugby à XV et débute sur la scène internationale le 27 février 2007 contre la Tunisie, un match qu'elle gagne 8 à 7 avec un essai de Samir Khamouche jouant à Castres et une pénalité de Nadir Boukhaloua jouant au Lyon OU ; cet événement représente le nouveau point de départ de l'aventure du rugby en Algérie.
En 2010, l'équipe de rugby d'Algérie participe à son premier tournois officiel organisé par la Confédération africaine de rugby, la CAR Development Trophy qui s'est déroulé au Caire en Égypte.
Le 17 novembre 2015, la fédération est officiellement créée à Alger lors d'une assemblée générale constitutive présidée par Mustapha Larfaoui, président d'honneur du Comité olympique et sportif algérien et en présence de 18 clubs représentants 16 wilayas. Sofiane Benhassen est élu à cette occasion premier président de la fédération algérienne de rugby (FAR).
Le premier match joué officiellement sous l'égide de la fédération algérienne a lieu le 18 décembre 2015 à Oran, contre la Tunisie. Salim et Djemaï Tebani sont les sélectionneurs de cette première rencontre officielle sur le sol algérien.
En décembre 2016, la Fédération algérienne de rugby en collaboration avec Rugby Afrique organise la première édition d'un Tri-nations maghrébin regroupant l'Algérie, la Tunisie et le Maroc.
Pour ce qui est de l'intégration au niveau mondial, la Fédération algérienne n'était toujours pas officiellement membre de World Rugby en avril 2018, mais elle jouit déjà d'une certaine reconnaissance de la part de cet organisme, notamment pour ce qui est de son droit à appeler des joueurs de tous niveaux pour ses matchs internationaux.
Le 23 mai 2019, elle intègre finalement World Rugby en tant que membre associé ; l'Algérie devient ainsi la 124e nation reconnue par World Rugby.
Le parcours vers la Coupe du Monde 2023
Les cris et encouragements des nombreux supporters de l'Algérie au stade Delort de Marseille mercredi après-midi n'auront pas suffi. Malgré son courage, sa détermination et la domination de son pack, le quinze aux Deux Lions a fini par s'incliner d'un rien face au Kenya, en demi-finale de la Rugby Africa Cup (36-33). Les Kenyans ont été un peu plus réalistes près de la zone de marque.
Les Algériens ne participeront donc pas à la Coupe du monde en France en 2023, ratant ce qui aurait été une grande première dans leur jeune histoire rugbystique. La déception est grande, forcément, mais la sélection nord-africaine peut au moins se targuer de nets progrès qui en feront à coup sûr un candidat crédible à la qualification lors des prochaines éditions.
Tout avait pourtant commencé comme dans un rêve pour le 82e pays au classement IRB. Après six minutes de jeu, il menait déjà 7-0 à l'issue d'une action magnifique qui a vu le ballon circuler de droite à gauche, puis de gauche à droite, allant des trois-quarts aux avants, puis des avants aux trois-quarts, parfois au prix de passes magnifiques d'une main au contact, pour finalement finir derrière la ligne grâce au troisième-ligne Marvin Youcef.
Mais le Kenya est revenu une première fois grâce au centre John Okeyo (7-7, 12e). Pas grave, l'Algérie est repartie à la charge pour emporter la défense adverse sur un modèle de ballon porté après touche conclu par le talonneur Issam Hamel (14-7, 16e).
Et puis, le match a tourné au moment où l'on s'y attendait le moins, alors que les Nord-Africains avaient à nouveau investi le camp kenyan. Sur une action folle initiée par une touche longue osée par les Simbas dans leurs propres 22 mètres. À la récupération, le troisième-ligne Bethwel Muteshi a crevé le rideau algérien dans l'axe avant de s'enfoncer plein champ et de taper un ballon à suivre au pied pour son centre Okeyo, plus rapide que tout le monde pour aller inscrire son deuxième essai du match (14-14, 19e). Un essai de 100 mètres, superbe, dans la pure tradition de ces joueurs kenyans, pour la plupart biberonnés au rugby à 7.
La rencontre a alors changé de physionomie, avec un Kenya plus dominant et entreprenant qui a fini par concrétiser ses temps forts à quatre minutes de la mi-temps sur un essai de son arrière et buteur Darwin Kinyangi (14-21, 36e).
Piqués au vif, les Algériens sont revenus plus forts après la pause et n'ont pas tardé à égaliser sur un copier-coller de leur deuxième essai sur ballon porté. Plus puissants, ils ont propulsé encore une fois leur n°2 Hamel derrière la ligne (21-21, 45e).
Derrière, alors que l'on commençait à croire que cette partie ne se résumerait qu'à un festival d'art et d'essais, le Kenya a rapidement repris l'avantage sur une pénalité de Jone Kubu Tavaga, tout juste entré en jeu (21-24, 48e). Il ne sera plus repris, même si l'issue de la rencontre fut indécise jusqu'au bout.
Le Kenya a encore marqué deux essais par Eugène Wesonga Sihuna (52e) et Bryceson Agesa Adaka (60e), mais comme l'Algérie en a fait autant grâce à Nadir Megdoud (58) et à un essai de pénalité suite à une emprise totale en mêlée fermée (69e), seulement trois points séparaient les deux équipes à l'entame des dix dernières minutes (33-36).
Épuisées, elles ont alors tout laissé sur le terrain, mais plus rien ne sera marqué. C'est la Kenya qui affrontera donc la Namibie ou le Zimbabwe (qui s'affrontent ce mercredi soir), dimanche soir, en finale à Aix-en-Provence (21h).
Et si c'était la surprise de mondial 2027, l'Algérie n'est plus qu'à trois matchs de la qualification, le rêve de toute une équipe.
Africa Cup 2025 : Un tremplin vers la Coupe du Monde
Dans quelques jours Reda Benlabbad et les frenchies de l’Algérie rugby, prendront l’avion pour Alger afin de préparer l’Africa Cup 2025. Un tournoi de qualification pour la Coupe du monde qui rassemble les 8 meilleures équipes du continent (sauf l’Afrique du Sud, déjà qualifiée). L’occasion de se hisser dans la plus prestigieuse compétition internationale, ce qui serait une grande première et un gage d’évolution certain pour cette sélection émergente.
« L’année dernière, nous étions la surprise » Le format de cette compétition est simple : plusieurs groupes sont créés en fonction du niveau actuel des sélections. L’année passée, le tournoi remporté par le Zimbabwe a permis d’établir un calendrier de confrontations. Ainsi, les tenants du titre affrontent le promu du Groupe B, le Maroc. L’Algérie débutera, elle, contre l’équipe ayant terminé 7ᵉ lors de la précédente édition : la Côte d’Ivoire.
L’Algérie à trois matchs de la Coupe du monde 2027 Si les rangs de l’Algérie se sont quelque peu étoffés depuis la création de cette sélection, il est clair que les coéquipiers de Reda sont de sérieux prétendants à la qualification. Le joueur de Valence d’Agen (Nationale 2) a débuté en 2013, alors que l’Algérie n’était encore qu’une association. Depuis, les choses ont évolué jusqu’à frôler les portes d’une Coupe du monde.
« Le travail réalisé depuis que je suis avec l’Algérie est gigantesque. Toutes les personnes qui gravitent autour du projet ont œuvré pour nous permettre d’atteindre le niveau que l’on a aujourd’hui. Je repense aux anciens, qui ont presque payé leurs dotations et leurs billets d’avion de leur poche pour représenter le pays. Chapeau à eux ! « Participer à une Coupe du monde, c’est le rêve ultime de tous les joueurs de rugby. Nous avons le potentiel pour y arriver, mais le rugby africain est tellement spécial. À tout moment, il peut y avoir une fulgurance ou quelque chose d’imprévisible. Bien sûr que si certains joueurs binationaux nous rejoignaient, ce serait une plus-value pour nous.
« Nous, les joueurs de l’équipe d’Algérie, on se dit qu’à chaque fois qu’on joue pour la sélection, il faut la laisser plus haut dans le classement que lorsqu’on est arrivés », conclut le pilier.
Si l’Algérie obtient sa qualification pour la prochaine Coupe du monde de Rugby, il faudra s’armer avec les meilleurs arguments possibles. Alors, cette sélection pourrait bien venir chercher les joueurs dans l’élite française. En Top 14, ils sont nombreux à être éligibles pour rejoindre les Lions. Parmi eux : Hamza Kaabeche (LOU), Alexandre Kaddouri (La Rochelle), Kylan Hamdaoui (Clermont) ou Théo Chabouni (Castres).
Des options qui pourraient pousser le staff d’Ousmane Mané (le sélectionneur de l’Algérie), à une hypothétique revue d’effectif. Loin d’en être là, il reste encore 3 matchs pour l’Algérie avant de rêver de cette Coupe du monde.
| Compétition | Année | Statut de l'Algérie |
|---|---|---|
| Coupe d'Afrique | 2024 | Finaliste |
| Africa Cup | 2025 | Quart de finale contre la Côte d'Ivoire |
| Coupe du Monde | 2023 | Non qualifiée |
| Coupe du Monde | 2027 | En lice pour la qualification |